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Éthique

50 sur 224 articles

Éthique de l'IA : biais algorithmiques, vie privée, transparence, droits d'auteur et IA responsable.

Vous utilisez Claude ? Anthropic pourrait bientôt vous demander une preuve d’identité
1Le Big Data ÉthiqueOpinion

Vous utilisez Claude ? Anthropic pourrait bientôt vous demander une preuve d’identité

À partir du 8 juillet 2026, Anthropic modifiera sa politique de confidentialité pour introduire une nouvelle possibilité de vérification d'identité sur ses comptes individuels Claude Free, Pro et Max. Concrètement, l'entreprise se réserve le droit de demander à certains utilisateurs de confirmer leur âge ou leur identité dans des situations ciblées : comportement jugé suspect ou doute sur la majorité de la personne. La vérification ne sera pas systématique mais activée au cas par cas. Pour la mettre en œuvre, Anthropic s'appuie sur Persona, une société spécialisée dans ce domaine. Le processus peut requérir une pièce d'identité officielle, une photo ou une vidéo du visage, ainsi que des modèles de géométrie faciale pour confirmer l'identité. Les comptes Entreprise et Team ne sont pas concernés par ces nouvelles dispositions. Cette évolution marque une rupture symbolique dans la relation entre les outils d'IA grand public et leurs utilisateurs. Jusqu'ici, ouvrir un compte Claude relevait de la même simplicité qu'un service en ligne classique. Introduire la biométrie et les documents d'identité dans l'équation rapproche Claude des procédures KYC ("Know Your Customer") habituellement réservées aux banques ou aux plateformes de cryptomonnaies. Pour les utilisateurs concernés, le changement est concret : accéder à certaines fonctionnalités pourrait désormais nécessiter de soumettre des données parmi les plus sensibles qui soient. Sur les réseaux sociaux, plusieurs voix s'inquiètent d'une normalisation progressive des contrôles d'identité dans les interfaces d'IA, à mesure que ces outils gagnent en puissance et en profondeur d'usage. Cette décision s'inscrit dans un contexte plus large de montée en pression réglementaire et de responsabilisation des plateformes d'IA. Les modèles génératifs sont de plus en plus capables de produire des contenus sensibles ou d'accéder à des fonctionnalités avancées, ce qui incite les développeurs à mieux contrôler qui les utilise et dans quel cadre. Anthropic présente ces changements comme une formalisation de pratiques déjà existantes, et insiste sur le fait que les documents transmis restent stockés chez Persona et ne sont jamais utilisés pour entraîner ses modèles. Néanmoins, la question de la confiance reste entière : les outils d'IA centralisent déjà des volumes considérables de données personnelles, et l'ajout d'une couche biométrique alimente un débat qui dépasse largement Claude. D'autres acteurs du secteur pourraient rapidement suivre cette même direction si la pression légale ou les incidents de sécurité s'intensifient.

UELes données biométriques (géométrie faciale, photo d'identité) sont des données sensibles au sens du RGPD, ce qui contraint Anthropic à obtenir un consentement explicite et à satisfaire des obligations renforcées pour tout utilisateur français ou européen de Claude soumis à cette vérification.

☕️ KPMG retire un rapport chantant les louanges de l’IA après la découverte d’hallucinations
2Next INpact 

☕️ KPMG retire un rapport chantant les louanges de l’IA après la découverte d’hallucinations

KPMG a dû retirer discrètement un rapport publié en octobre 2025 sur l'IA agentique après la découverte de nombreuses affirmations fabriquées de toutes pièces. Le document, intitulé « Redéfinir l'excellence à l'heure de l'IA agentique » et destiné aux dirigeants d'entreprise, citait 45 références censées illustrer des déploiements réels dans la finance, les transports et la santé. Selon une analyse de GPTZero, détecteur spécialisé dans les contenus générés par IA, seulement 5 de ces références renvoient correctement à des sources existantes. Vingt-huit autres paraphrasent ou déforment des sources réelles, et les 12 dernières sont trop vagues pour être vérifiées. Parmi les exemples inventés : UBS qui utiliserait des agents IA pour le conseil en investissement via une plateforme Microsoft, les Chemins de fer fédéraux suisses qui optimiseraient les trajets grâce à l'IA, ou encore Transport for London qui coordonnerait ses modes de transport en temps réel. Aucun de ces cas n'est exact, selon les organisations citées elles-mêmes. La cerise sur le gâteau : KPMG affirmait que des agents IA géraient les réadmissions hospitalières dans le Grand Manchester, une information qui semble issue de la mauvaise interprétation d'un communiqué sur... la détection du cancer du poumon. L'affaire illustre un angle mort critique dans l'adoption de l'IA par les grands cabinets de conseil : la génération automatique de contenu sans vérification humaine rigoureuse. KPMG, qui figure parmi les quatre plus grands cabinets d'audit au monde, a produit et diffusé un document à destination des décideurs qui contenait des affirmations fausses sur des entreprises nommées, contribuant à répandre une image gonflée des capacités réelles de l'IA agentique. Ces conclusions avaient déjà été reprises par plusieurs publications spécialisées et un quotidien tchèque de premier plan avant que le FT et GPTZero n'alertent le cabinet. Le retrait du rapport n'efface pas les citations erronées déjà disséminées. Pour l'industrie, c'est un signal d'alarme : si les cabinets censés conseiller sur l'IA ne supervisent pas eux-mêmes les outputs de leurs outils, qui le fera ? Ce cas s'inscrit dans une série croissante d'incidents liés aux hallucinations d'IA dans des contextes professionnels à fort enjeu. En France, l'IA de Doctrine.fr a inventé une décision de la CEDH allant à l'encontre de la position réelle de la Cour, et trois plaidoiries hallucinées ont été identifiées par des tribunaux français en décembre 2025. KPMG a annoncé l'ouverture d'une enquête interne et rappelé que ses collaborateurs sont tenus de respecter des directives sur l'utilisation responsable de l'IA, notamment la supervision humaine des contenus générés. La formule est prudente, mais la question reste entière : comment des organisations qui vendent leur expertise sur l'IA peuvent-elles ignorer ses limitations les plus documentées ?

UEL'incident fait directement écho à des cas français documentés, hallucinations de Doctrine.fr devant des juridictions et trois plaidoiries inventées identifiées par des tribunaux français en décembre 2025, signalant un risque systémique pour les décideurs européens qui s'appuient sur des rapports de cabinets de conseil pour piloter leur adoption de l'IA.

💬 KPMG publie un rapport sur l'IA agentique avec 45 références, dont 40 soit inventées soit déformées, et le retire discrètement quand le FT s'en aperçoit. Ce qui me bloque c'est Manchester : ils ont pris un communiqué sur la détection du cancer du poumon et l'ont transformé en "agents IA qui gèrent les réadmissions hospitalières". Si tu confies ta stratégie IA à un cabinet qui ne vérifie pas ses propres outputs, t'as un problème.

ÉthiqueOpinion
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KPMG a fabriqué de faux cas d'usage IA dans un rapport pour convaincre ses clients d'adopter l'IA
3The Decoder 

KPMG a fabriqué de faux cas d'usage IA dans un rapport pour convaincre ses clients d'adopter l'IA

KPMG, l'un des quatre grands cabinets d'audit mondiaux, a publié un rapport destiné à convaincre ses clients d'adopter l'intelligence artificielle, mais plusieurs études de cas qu'il contenait étaient entièrement fabriquées. Le document citait notamment UBS, la banque d'investissement suisse, et le NHS, le système de santé public britannique, comme exemples de déploiements réussis d'IA en entreprise. C'est Edward Tian, PDG de GPTZero, spécialiste de la détection de textes générés par IA, qui a contribué à révéler ces falsifications. Depuis, KPMG a retiré le rapport de la circulation. L'affaire met en lumière un risque que Tian baptise "hallucinations secondaires" : des informations erronées produites par des cabinets de conseil réputés, qui se diffusent sans être questionnées grâce au prestige institutionnel de leur source. Contrairement aux erreurs d'un chatbot, facilement identifiables comme venant d'un outil IA, celles d'un rapport signé KPMG sont prises pour argent comptant par des dirigeants qui s'en servent pour justifier des investissements stratégiques, parfois chiffrés en millions d'euros. L'incident survient dans un contexte de course effrénée à l'adoption de l'IA, où les grands cabinets de conseil se disputent un rôle de guide stratégique auprès des directions d'entreprise. La pression commerciale et le recours croissant aux outils génératifs dans la production de contenus créent un terrain fertile pour ce type d'erreur, d'autant que les vérifications factuelles restent souvent insuffisantes. Cette affaire soulève une question de fond sur la responsabilité des intermédiaires qui profitent de l'engouement pour l'IA tout en alimentant ses dérives.

UEKPMG étant présent en France et dans toute l'UE, les dirigeants français et européens qui s'appuient sur des rapports de cabinets de conseil pour justifier leurs investissements IA sont directement exposés au risque de 'hallucinations secondaires' institutionnalisées décrit dans cet article.

💬 Un chatbot qui hallucine, tu le corriges. Un rapport KPMG qui invente ses études de cas pour vendre de l'IA à des directions, c'est autre chose, parce que le logo fait office de validation et personne ne relit. Ce qui me choque, c'est pas que ça soit arrivé, c'est que des consultants qui savent très bien ce qu'ils font ont quand même signé.

ÉthiqueOpinion
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Les joueurs de Pokémon GO ont-ils entraîné une IA utilisée par l’armée américaine ?
4Next INpact 

Les joueurs de Pokémon GO ont-ils entraîné une IA utilisée par l’armée américaine ?

Depuis 2016, les joueurs de Pokémon GO ont effectué plus de 30 milliards de scans en réalité augmentée de lieux réels dans le cadre de missions in-game : filmer un monument, tourner autour d'une statue ou d'une fontaine pour débloquer des récompenses. Ces vidéos, collectées par Niantic, la société fondée en spin-off de Google, ont alimenté un système de positionnement visuel (VPS) capable de localiser précisément des appareils sans recourir au GPS. Or, fin 2024, Niantic Spatial, la branche dédiée à la cartographie spatiale, a annoncé un partenariat avec Vantor, une entreprise spécialisée en navigation dans des environnements où le signal GPS est brouillé ou indisponible. Vantor compte parmi ses clients la NGA (National Geospatial-Intelligence Agency) et l'armée américaine, et se présente ouvertement comme un acteur des secteurs de la défense et du renseignement. C'est le site néerlandais Trouw qui a mis en lumière cette chaîne de continuité technologique, sans affirmer pour autant que des scans de joueurs pilotent aujourd'hui des drones militaires. L'affaire soulève une question de fond sur le consentement éclairé des utilisateurs. En acceptant les conditions d'utilisation de Pokémon GO, des millions de joueurs ont contribué, souvent sans en avoir conscience, à construire une carte 3D du monde réel d'une précision inégalée. Ce type de système VPS est stratégiquement précieux dans des contextes de guerre électronique, où le brouillage GPS est une tactique courante. Si le lien entre les scans des joueurs et les drones militaires reste à ce stade hypothétique, la plausibilité technologique de cette connexion suffit à alimenter une controverse légitime sur l'usage détourné de données récoltées dans un cadre ludique. En mars 2025, Niantic a revendu sa branche jeux à Scopely, filiale du fonds saoudien Savvy Games, en conservant ses actifs de cartographie au sein de la nouvelle entité indépendante Niantic Spatial. L'entreprise assure que depuis ce transfert, les données de Pokémon GO ne sont plus partagées avec Niantic Spatial, et que les scans avaient été fournis volontairement par les joueurs ayant activé la fonction. Vantor confirme de son côté ne pas utiliser les données Pokémon GO dans le cadre actuel du partenariat, mais refuse de préciser si les modèles déjà entraînés incorporent ces données historiques. Ce silence partiel illustre une zone grise réglementaire plus large : la réutilisation de données grand public à des fins militaires ou de sécurité nationale, sans mécanisme d'information ou d'opposition pour les utilisateurs d'origine.

UEDes millions de joueurs européens protégés par le RGPD pourraient être concernés par la réutilisation de leurs scans AR à des fins militaires sans consentement explicite, créant un précédent que la CNIL et les autorités de protection des données européennes pourraient être amenées à examiner.

💬 30 milliards de scans collectés en échange de Poké Balls, et personne n'a signé pour alimenter un VPS de navigation militaire. Ce que tu dois retenir, c'est pas la théorie du drone Pokémon GO (c'est du scénario pour l'instant), c'est que Vantor refuse de préciser si les modèles déjà entraînés incorporent ces données historiques. Ce silence, c'est à peu près la réponse.

ÉthiqueReglementation
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Les joueurs de Pokémon Go ont contribué sans le savoir à des technologies de drones militaires
5Ars Technica AI 

Les joueurs de Pokémon Go ont contribué sans le savoir à des technologies de drones militaires

Dix ans après le pic mondial de la fièvre Pokémon Go, il apparaît que les millions de joueurs qui sillonnaient leurs quartiers smartphone à la main ont alimenté, à leur insu, une base de données colossale aujourd'hui exploitée pour entraîner des systèmes d'intelligence artificielle à vocation militaire. La société Niantic Spatial, créée en mai 2025 après que Niantic a cédé ses jeux sous licence, dont Pokémon Go, à l'éditeur Scopely soutenu par des capitaux saoudiens, utilise des milliards d'images réelles capturées par ces joueurs pour développer des technologies de navigation destinées aux robots de livraison et, potentiellement, aux drones militaires. Avant cette séparation, Niantic avait publiquement annoncé son intention de combiner les scans issus de Pokémon Go avec ceux de son application Scaniverse pour construire un "large geospatial model", soit un modèle tridimensionnel du monde physique entraîné sur des images géolocalisées de lieux réels. Ce que les joueurs percevaient comme un simple mécanisme de jeu, scanner des statues, des fontaines ou des monuments pour débloquer des points d'intérêt, a constitué en réalité une collecte massive de données spatiales à l'échelle planétaire. Niantic Spatial précise que les scans ont servi à entraîner ses modèles de fondation, sans être copiés ni directement accessibles dans le produit final, mais la destination de ces modèles soulève des questions sérieuses : des technologies de navigation autonome développées à partir de données communautaires pourraient se retrouver embarquées dans des systèmes de défense. Cette révélation illustre une tension croissante autour du consentement dans l'économie des données. Des applications grand public, souvent gratuites et ludiques, collectent des informations sur le monde physique que leurs utilisateurs ne s'attendent pas à voir réutilisées à des fins industrielles ou militaires. Niantic n'est pas un cas isolé: l'industrie entière cherche à monétiser les données accumulées pendant des années d'usage massif. La question du droit des utilisateurs à contrôler la destination de leurs contributions, même lorsqu'elles portent sur des espaces publics, n'a toujours pas de réponse claire dans la régulation existante.

UEL'absence de cadre réglementaire explicite, même sous le RGPD, sur la réutilisation de données spatiales collectées via des applications ludiques à des fins militaires expose les utilisateurs européens à des usages non consentis de leurs contributions géolocalisées.

💬 Le génie de Niantic, c'est d'avoir fait scanner le monde réel par des millions de gens en échange d'une balade avec leur smartphone. Personne ne lisait les CGU, c'est évident, mais que ces scans atterrissent dans des systèmes de navigation pour drones militaires, ça fait quand même un écart qu'on n'avait pas anticipé. Et là le RGPD est muet.

ÉthiqueActu
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Ces avocats ont laissé l’IA rédiger leurs dossiers, la juge les sanctionne et annule le procès
6Le Big Data 

Ces avocats ont laissé l’IA rédiger leurs dossiers, la juge les sanctionne et annule le procès

Une juge fédérale du Mississippi, Sharion Aycock, a annulé un procès et sanctionné quatre avocats après avoir découvert que les deux parties avaient utilisé des outils d'intelligence artificielle pour rédiger leurs mémoires juridiques, sans vérifier les contenus produits. L'affaire opposait l'avocat Tom Withers à la ville d'Aberdeen dans l'État du Mississippi, Withers réclamant des honoraires impayés. Les représentants des deux camps ont reconnu avoir délégué une partie de leur travail de recherche juridique à des systèmes automatisés, et avoir soumis ces documents au tribunal sans contrôle sérieux. La juge a suspendu la procédure, interdit deux des avocats de plaider pendant deux ans et infligé des amendes allant de 1 000 à 3 500 dollars selon le niveau de responsabilité de chacun. Ce qui rend cette affaire particulièrement grave, c'est qu'elle ne concerne pas des particuliers sans formation juridique tentant maladroitement de se défendre seuls, mais des professionnels du droit expérimentés. Depuis l'émergence de modèles comme ChatGPT, les tribunaux américains voient se multiplier les dossiers contenant des références juridiques inventées, des citations inexistantes et des faits erronés générés par des intelligences artificielles. Que des avocats professionnels commettent les mêmes erreurs que des justiciables non formés envoie un signal alarmant à toute la profession. Dans son ordonnance, la juge Aycock a expressément évoqué les « délires liés à l'intelligence artificielle », une formule qui traduit son exaspération face à la fréquence croissante de tels incidents. La simultanéité des fautes des deux parties est par ailleurs exceptionnelle : il est rarissime que des avocats adverses soient sanctionnés en même temps pour des comportements identiques. Le phénomène s'inscrit dans une tendance documentée à grande échelle. Le juriste Damien Charlotin, qui recense les cas de documents judiciaires contenant des éléments fabriqués par l'IA, a déjà répertorié 1 598 cas. Les juges américains sont désormais contraints d'exercer une vigilance accrue pour détecter les références fictives avant qu'elles ne s'intègrent dans des décisions de justice et ne créent des précédents corrompus. Car une citation inventée, si elle passe inaperçue, peut influencer durablement l'interprétation du droit. Cette affaire soulève une question qui dépasse les prétoires : à mesure que les outils d'IA s'imposent dans les professions réglementées, qui est responsable de la vérification des contenus produits ? La réponse de la juge Aycock est claire : l'avocat qui signe le document, quels que soient les outils qu'il a utilisés pour le préparer.

UELes avocats et professionnels du droit français et européens sont exposés aux mêmes risques liés aux hallucinations IA dans les documents judiciaires, bien qu'aucune sanction équivalente n'ait encore été prononcée dans l'UE.

ÉthiqueOpinion
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La confidentialité de l'IA d'Apple est maintenue même sur les serveurs de Google, affirme l'entreprise
7Ars Technica AI 

La confidentialité de l'IA d'Apple est maintenue même sur les serveurs de Google, affirme l'entreprise

Apple a confirmé à sa conférence mondiale des développeurs (WWDC) que "Siri AI", la refonte longtemps attendue de son assistant vocal, s'appuie sur les modèles de langage Gemini de Google et tourne sur du matériel Nvidia installé dans les centres de données de Google. Cette annonce, faite à Cupertino, marque un tournant significatif : pour la première fois, une partie substantielle du traitement IA d'Apple s'effectue sur une infrastructure qu'elle ne contrôle pas directement. Malgré ce changement d'architecture, Apple maintient les mêmes engagements de confidentialité qu'elle formulait quand ses modèles tournaient exclusivement sur ses propres appareils ou serveurs. Cette évolution soulève des questions concrètes pour des centaines de millions d'utilisateurs Apple. L'entreprise a construit pendant des années une réputation commerciale autour de la protection des données personnelles : chiffrement de bout en bout, traitement local sur l'appareil pour éviter que les données ne quittent l'iPhone ou le Mac, services cloud conçus pour que même les ingénieurs d'Apple ne puissent pas lire les contenus des utilisateurs. Si ces garanties restent valables lorsque le traitement migre vers l'infrastructure d'un concurrent direct comme Google, c'est toute la crédibilité de cet argumentaire marketing qui est en jeu. Le recours aux serveurs Google n'est pas une décision prise à la légère. Apple avait développé Private Cloud Compute, un système de cloud privé reposant sur ses propres serveurs, comme solution intermédiaire pour les requêtes dépassant les capacités locales des appareils. Mais les modèles de langage puissants capables de rivaliser avec ChatGPT ou Gemini nécessitent une puissance de calcul considérable, et construire des centres de données à la hauteur des ambitions de Siri AI aurait exigé des investissements massifs qu'Apple a préféré éviter. En externalisant vers Google, Apple gagne en capacité mais s'expose à un paradoxe structurel : vendre la confidentialité comme avantage différenciant, tout en confiant une partie du traitement à un acteur dont le modèle économique repose historiquement sur la valorisation des données.

UELes centaines de millions d'utilisateurs Apple en Europe pourraient voir leurs données traitées sur l'infrastructure Google, soulevant des questions de conformité au RGPD et remettant en cause la validité des engagements de confidentialité d'Apple en droit européen.

💬 Apple vend la vie privée depuis dix ans comme son avantage compétitif, et là elle fait tourner Siri sur du matériel Nvidia installé chez Google. Bon, les protections techniques annoncées peuvent tenir, mais le problème c'est pas technique : c'est que le vendeur de ta confidentialité vient de sous-traiter à l'acteur dont tout le modèle économique repose sur tes données. Difficile à défendre.

ÉthiqueOpinion
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Faux drames et pièges à clics : le fil d’actu de Meta AI part complètement en vrille
8Le Big Data 

Faux drames et pièges à clics : le fil d’actu de Meta AI part complètement en vrille

Le fil d'actualité de Meta AI est devenu un terrain fertile pour les contenus artificiellement dramatiques et les appâts à clics. Depuis que l'entreprise a choisi de rendre publiques certaines conversations et créations générées par son IA, la plateforme se retrouve inondée de publications conçues avant tout pour provoquer des réactions émotionnelles : faux témoignages personnels, affirmations médicales douteuses, scénarios fictifs extravagants et confidences fabriquées de toutes pièces. Selon un rapport de The Verge, les utilisateurs se plaignent d'une expérience de plus en plus déroutante, où il devient difficile de distinguer un témoignage authentique d'une fiction générée automatiquement, une plaisanterie d'une tentative de désinformation, du contenu créatif du pur spam. Cette évolution n'est pas sans conséquences. En exposant publiquement les prompts, images et messages rédigés avec l'aide de l'IA, Meta a créé une dynamique d'engagement qui reproduit exactement les mécanismes problématiques des réseaux sociaux traditionnels : les contenus les plus spectaculaires, les plus chargés en émotion, les plus polarisants obtiennent davantage de visibilité, ce qui pousse les utilisateurs à surenchérir dans cette direction. La frontière entre assistant utilitaire et plateforme sociale devient floue, et avec elle, la capacité des utilisateurs à évaluer la fiabilité de ce qu'ils lisent. Des spécialistes craignent que cette confusion généralisée contribue à éroder encore davantage la confiance en ligne, à un moment où les contenus générés par IA gagnent en réalisme et en pouvoir de persuasion. Ce phénomène s'inscrit dans une tension plus large que toute l'industrie de l'IA affronte actuellement : comment maximiser l'engagement des utilisateurs tout en maintenant des garde-fous efficaces contre la désinformation et les contenus manipulateurs. Meta n'est pas seul dans cette situation, mais son cas est particulièrement révélateur car l'entreprise a délibérément choisi d'hybrider son assistant IA avec une logique de réseau social, héritant ainsi des mêmes défis de modération qu'elle combat depuis des années sur Facebook et Instagram. Plus ces outils deviennent interactifs et communautaires, plus les systèmes de modération peinent à s'adapter à la vitesse de production des contenus. La question qui se pose désormais est de savoir si Meta ajustera son approche face aux critiques croissantes, ou si l'engagement généré justifiera à ses yeux de maintenir ce cap malgré les dérives documentées.

UELa dérive du fil Meta AI pourrait attirer l'attention des régulateurs européens dans le cadre du DSA, qui impose aux très grandes plateformes des obligations strictes de modération des contenus manipulateurs et trompeurs.

ÉthiqueOpinion
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xAI aurait entraîné ses modèles de code sur les réponses de Claude pendant des mois, avant d'en perdre l'accès
9The Decoder 

xAI aurait entraîné ses modèles de code sur les réponses de Claude pendant des mois, avant d'en perdre l'accès

La startup d'Elon Musk, xAI, a utilisé les sorties du modèle Claude d'Anthropic pour entraîner ses propres modèles de codage pendant plusieurs mois, selon The Decoder. Lorsqu'Anthropic a coupé l'accès de xAI à ses API, l'entreprise n'a pas arrêté : elle a contourné l'interdiction via des comptes privés et le service tiers Blackbox AI, poursuivant l'entraînement de manière clandestine. En parallèle, l'équipe de pré-entraînement de xAI s'est effondrée à moins de cinq personnes, et plusieurs responsables clés ont démissionné. Cette pratique constitue une violation des conditions d'utilisation d'Anthropic, qui interdit explicitement l'utilisation de ses sorties pour entraîner des modèles concurrents. Elle révèle aussi la pression intense dans la course aux modèles de codage, un segment stratégique où Cursor, GitHub Copilot et d'autres outils se disputent des centaines de millions de dollars de revenus. Utiliser le modèle d'un concurrent comme source d'entraînement permet de raccourcir drastiquement les délais et les coûts de développement. La situation interne chez xAI semble structurellement fragile : les infrastructures GPU massives achetées par Musk sont désormais louées en partie à Anthropic et à Google, faute de capacité d'utilisation interne. Ce retournement de situation, financer indirectement ses concurrents directs avec ses propres serveurs, illustre les difficultés d'une organisation qui peine à structurer ses ressources autour d'une feuille de route cohérente. Grok, le modèle phare de xAI, cherche encore à s'imposer durablement face à GPT-4o et Gemini.

💬 Voler les sorties de Claude pour entraîner tes modèles, et simultanément louer tes GPU à Anthropic, c'est un niveau d'absurde qui dépasse la fiction. La vraie info c'est l'équipe pré-entraînement réduite à cinq personnes: xAI a les infrastructures mais pas l'organisation pour s'en servir. Grok court après GPT-4o avec les notes de cours de Claude dans la poche.

ÉthiqueActu
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L'IA digne de confiance comme levier de valeur
10The Information AI 

L'IA digne de confiance comme levier de valeur

La confiance dans l'intelligence artificielle est devenue un enjeu stratégique majeur pour les entreprises, mais la majorité d'entre elles peinent encore à la concrétiser. C'est ce que révèle une enquête menée auprès de plus de 150 lecteurs de The Information : 71 % des répondants estiment que la confiance dans l'IA est déterminante pour atteindre leurs objectifs business, et 76 % affirment qu'elle influence directement leurs décisions d'adoption. Pourtant, moins de la moitié des entreprises interrogées, seulement 44 %, déclarent disposer de structures efficaces pour construire et soutenir une IA digne de confiance. Ce fossé entre la prise de conscience et la réalité opérationnelle constitue le coeur du problème. L'enjeu est avant tout économique et concurrentiel. Les entreprises qui ne parviennent pas à instaurer cette confiance se retrouvent contraintes de limiter le déploiement de l'IA à des périmètres restreints, quelques fonctions isolées, des jeux de données sélectionnés, ce qui freine leur capacité à tirer parti de la technologie à grande échelle. À l'inverse, celles qui réussissent à l'intégrer dans leurs processus décisionnels peuvent approuver davantage de projets IA, accélérer leur mise en oeuvre et gagner en autonomie opérationnelle. La confiance agit ainsi comme un levier de valeur direct : elle permet de dire "oui" plus souvent, plus vite, avec moins de risques résiduels. Les décisions pilotées par l'IA touchent désormais plusieurs fonctions simultanément, s'exécutent en temps réel et sont de plus en plus automatisées, ce qui rend les approches de gouvernance fragmentées et réactives largement insuffisantes. Les organisations font face à plusieurs obstacles structurels. Les dirigeants sont divisés selon leur fonction : les responsables techniques et la direction générale sont souvent enthousiastes, tandis que les équipes financières et juridiques restent prudentes, et les fonctions risque adoptent une posture pragmatique. Cette fragmentation des mentalités complique la mise en place d'une gouvernance cohérente. Les enquêtés décrivent l'état actuel comme "chaotique et inefficace", un "temps d'essais-erreurs sans benchmark ni référentiel clair". Pour y remédier, les experts préconisent d'intégrer la confiance dès la conception des systèmes et des flux de travail, en rendant toutes les fonctions concernées co-créatrices des solutions IA plutôt que simples contrôleurs après coup. L'objectif est de faire de la confiance un mode de fonctionnement permanent, et non une couche de conformité ajoutée en dernier recours.

UELes défis de gouvernance IA identifiés s'appliquent directement aux entreprises européennes, qui doivent simultanément déployer l'IA et se conformer aux exigences de fiabilité et de transparence imposées par l'AI Act.

💬 44% seulement avec des structures réelles, c'est le chiffre qui compte dans cette étude, pas les 71% qui déclarent trouver ça important. La confiance IA c'est exactement comme la sécurité informatique dans les années 2000 : tout le monde est d'accord sur le principe, et personne ne veut payer pour le faire sérieusement. Ça va changer, pas par conviction, mais parce que l'AI Act va forcer la main.

ÉthiqueOpinion
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Satya Nadella fustige le plan d'un vice-président visant à rendre l'agent IA de Microsoft délibérément addictif
11The Decoder 

Satya Nadella fustige le plan d'un vice-président visant à rendre l'agent IA de Microsoft délibérément addictif

Satya Nadella, PDG de Microsoft, a vivement recadré en interne un vice-président de l'entreprise après la fuite d'un mémo proposant de rendre les utilisateurs "accros" à Scout, le nouvel agent IA de Microsoft. Dans un message envoyé à une cinquantaine d'ingénieurs seniors, Nadella a réagi publiquement à cette note interne en écrivant : "Je ne sais pas qui écrit et fait fuiter ces idioties." La sortie est rare pour un dirigeant de son rang, signe que le sujet a touché une corde sensible au plus haut niveau de l'entreprise. La prise de position de Nadella est significative car elle tranche avec une tendance bien ancrée dans l'industrie technologique, où l'engagement maximal des utilisateurs a longtemps été un objectif explicite de conception. En affirmant que Scout devrait au contraire conduire à moins de temps passé sur écran, le PDG de Microsoft adopte une posture radicalement différente de celle qui a présidé au développement des réseaux sociaux et de nombreuses applications mobiles. Pour les utilisateurs professionnels visés par Scout, cela suggère un outil conçu pour l'efficacité plutôt que pour la dépendance. Microsoft déploie Scout dans un contexte de concurrence acharnée avec Google, OpenAI et d'autres acteurs sur le marché des agents IA. La fuite de ce mémo interne révèle les tensions qui peuvent exister au sein même des grandes entreprises tech sur la direction éthique à donner à ces nouveaux outils. La réaction publique de Nadella envoie un signal clair sur la culture qu'il entend imposer, à un moment où la régulation de l'IA et les questions d'éthique numérique sont au cœur des débats législatifs en Europe et aux États-Unis.

UELa prise de position de Nadella contre la conception addictive des agents IA pourrait servir de référence dans les débats européens sur la régulation de l'IA, notamment autour des obligations de conception responsable imposées par l'AI Act.

💬 Nadella qui tance publiquement un VP pour avoir proposé de rendre Scout addictif, c'est rare. Ce que je trouve presque plus intéressant que le recadrage lui-même, c'est que le mémo a existé : ça montre que le réflexe "maximise l'engagement" est encore bien vivant dans les équipes, même chez Microsoft. Bon, un message à 50 ingénieurs ça ne change pas une culture, mais ça plante un drapeau.

ÉthiqueOpinion
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Lunettes Meta : l’intégration de la reconnaissance faciale est discrètement en cours
12Next INpact 

Lunettes Meta : l’intégration de la reconnaissance faciale est discrètement en cours

Meta a discrètement intégré dans son application Meta AI le code nécessaire à l'activation d'une fonction de reconnaissance faciale baptisée « Name Tag », destinée à ses lunettes connectées Ray-Ban et Oakley. Selon une analyse publiée par Wired, plusieurs mises à jour de l'application déployée depuis janvier 2026 ont progressivement incorporé les composants essentiels du système. Concrètement, la fonctionnalité découpée en trois modules distincts détecte les visages, les recadre, puis les convertit en données biométriques sous la forme d'une série de 2 048 chiffres représentant la disposition unique des traits de chaque personne. Ces empreintes seront stockées localement sur le téléphone de l'utilisateur, mais le code permet également de les récupérer depuis les serveurs de Meta. L'interface en cours de développement, provisoirement appelée « Connections », proposerait aux porteurs des lunettes de « se souvenir des personnes qu'ils ont rencontrées ». L'Electronic Frontier Foundation (EFF) a confirmé l'analyse de Wired, précisant que chaque nouveau visage capté par les lunettes serait automatiquement converti en empreinte et comparé à la base de données existante de l'utilisateur. L'enjeu dépasse largement la question du confort utilisateur : il s'agit de transformer des millions de porteurs de lunettes connectées en un réseau de surveillance biométrique décentralisé, opérant à l'insu des personnes filmées dans l'espace public. Contrairement aux systèmes de reconnaissance faciale institutionnels, soumis à des cadres réglementaires, cette approche délègue la collecte à des particuliers, rendant tout contrôle quasi impossible. Joseph Jerome, ancien responsable de l'encadrement des pratiques chez Meta Reality Labs, estime qu'il ne voit « pas comment Meta pourrait déployer une technologie comme celle-ci de manière responsable ». L'EFF y voit une « machine de surveillance décentralisée », tandis que des associations de défense des droits des femmes et des minorités pointent les risques concrets de harcèlement, de stalking et d'identification non consentie dans la rue. Le projet ne sort pas de nulle part : Meta réfléchissait déjà à « Name Tag » depuis au moins février 2025. Un mémo interne de janvier 2025, particulièrement révélateur, évaluait cyniquement que le lancement pourrait profiter d'une « période de contexte politique dynamique » où les voix critiques seraient mobilisées sur d'autres fronts. En avril 2025, plus de soixante-dix organisations de défense des libertés numériques avaient co-signé une lettre ouverte contre cette intégration. Malgré ces alertes répétées, Meta continue d'avancer sans communication claire sur le calendrier de déploiement ni sur les garde-fous envisagés, ce qui alimente les accusations d'opacité volontaire sur une fonctionnalité dont les implications pour la vie privée en public sont sans précédent dans le secteur grand public.

UELe déploiement de cette fonctionnalité en Europe serait directement contraire au RGPD et à l'AI Act, qui interdisent la reconnaissance biométrique en temps réel dans l'espace public, la CNIL et les autorités européennes de protection des données seraient contraintes d'intervenir.

💬 Le mémo interne qui planifie le lancement pendant une "période de contexte politique dynamique" pour éviter les critiques, c'est le seul truc à retenir de tout ça. Quand tu optimises ta comm autour de l'inattention publique, tu sais exactement ce que tu livres. En Europe le RGPD va bloquer ça, mais ailleurs c'est des centaines de millions de gens transformés en nœuds d'un réseau de surveillance qu'ils portent sur le nez.

Microsoft a entraîné ses modèles MAI sur des données web sans licence, malgré sa promesse de données propres et licenciées
13The Decoder 

Microsoft a entraîné ses modèles MAI sur des données web sans licence, malgré sa promesse de données propres et licenciées

Microsoft a entraîné ses nouveaux modèles MAI en partie sur des données web non licenciées, dont Common Crawl, un vaste corpus de pages aspirées sans accord explicite des éditeurs. Cette pratique contredit directement le discours commercial de l'entreprise, qui promettait à ses clients professionnels l'utilisation exclusive de données "de qualité enterprise, propres et commercialement licenciées", une formulation censée distinguer Microsoft de tous les autres laboratoires d'IA. Pour les entreprises qui ont choisi les modèles MAI sur la foi de garanties juridiques solides, la révélation fragilise la promesse centrale de Microsoft. La question de la propriété intellectuelle dans l'entraînement des modèles de langage est au coeur de nombreuses procédures judiciaires en cours aux États-Unis et en Europe. Les clients entreprise paient précisément pour éviter l'exposition légale qu'implique l'utilisation de données sans accord, et si cette assurance ne tient pas, la différenciation commerciale s'effondre. Comme OpenAI, Google ou Meta avant lui, Microsoft s'appuie en réalité sur la doctrine américaine du "fair use" pour justifier l'aspiration de contenus web publics, tout en reportant la charge sur les propriétaires de sites qui souhaitent bloquer ses robots d'exploration. L'entreprise avait pourtant explicitement choisi de se démarquer de cette pratique dans son marketing. Cette contradiction entre promesses commerciales et réalité technique risque d'alimenter une méfiance croissante, alors que régulateurs européens et américains scrutent de plus en plus les méthodes d'entraînement des grands modèles de langage.

UELes régulateurs européens qui examinent les pratiques d'entraînement des LLMs pourraient s'appuyer sur cette contradiction entre les promesses commerciales de Microsoft et ses pratiques réelles pour durcir les exigences de transparence sur l'origine des données dans le cadre de l'AI Act.

💬 Le problème, c'est pas Common Crawl, c'est le mensonge commercial. Microsoft avait explicitement promis à ses clients enterprise des données "propres et licenciées", exactement pour se distinguer d'OpenAI et Google. Si tu avais choisi MAI pour cette garantie juridique, t'as un vrai sujet aujourd'hui.

ÉthiqueActu
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Anthropic joue encore sur les peurs de l’IA toute-puissante pour se mettre en valeur
14Next INpact 

Anthropic joue encore sur les peurs de l’IA toute-puissante pour se mettre en valeur

Alors qu'elle se prépare à entrer en bourse, Anthropic a publié sur son site web un texte alarmiste sur les risques de l'IA générative, signé notamment par Marina Favaro, responsable de son pôle R&D. Le document avance un chiffre frappant : en mai 2026, Claude serait l'auteur de plus de 80 % du code intégré dans la base de code d'Anthropic elle-même. Partant de ce constat, l'entreprise de Dario Amodei extrapole vers le scénario de l'« auto-amélioration récursive » : des systèmes d'IA capables de créer leurs propres successeurs sans intervention humaine. Pour conjurer ce péril, Anthropic propose un moratoire sur la R&D en IA générative et convoque la comparaison avec le traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire signé en 1987 par Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev, tout en avertissant que « nous n'avons pas autant de temps devant nous ». Le problème, pour ses critiques, est que ce discours catastrophiste arrive à un moment particulièrement opportun pour l'entreprise. En présentant l'IA comme une force potentiellement incontrôlable, Anthropic se positionne simultanément comme la firme la plus responsable du secteur, celle qui prend au sérieux les risques que ses concurrents minimisent. Cette posture de « safety company » n'est pas nouvelle, mais elle prend une dimension particulière à la veille d'une introduction en bourse qui s'annonce comme l'une des plus importantes de l'histoire de la tech. Le chercheur Irénée Régnauld résume le paradoxe en une formule : « Anthropic agite le drapeau des risques avec la Pause comme horizon moral juste avant la plus vaste IPO du monde », et s'interroge sur les militants de la sécurité de l'IA : « les Pausistes vont-ils se rendre compte qu'ils sont les dindons de la farce ? » Ce type de rhétorique ne surgit pas dans le vide. Dès 2024, les chercheuses Emile Torres et Timnit Gebru avaient documenté la manière dont les discours sur la sécurité de l'IA permettent aux grandes entreprises tech d'attirer des ressources et de détourner l'attention des critiques concrètes, réglementaires ou sociales. Anthropic s'inscrit dans une tradition plus large, héritée des courants TESCREAL (transhumanisme, long-termisme), qui tend à dramatiser des risques spéculatifs à long terme pour éclipser les nuisances actuelles et mesurables. Le texte lui-même contient une contradiction révélatrice : si Claude génère 80 % du code d'Anthropic, c'est bien l'équipe dirigeante qui choisit quelles fonctionnalités développer, pas le modèle. L'entreprise instrumentalise son propre succès commercial pour nourrir une peur qu'elle se propose ensuite, seule, de maîtriser.

ÉthiqueOpinion
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Oups, Meta cache du code de reconnaissance faciale dans son appli IA
15Le Big Data 

Oups, Meta cache du code de reconnaissance faciale dans son appli IA

Wired a découvert du code caché dans l'application d'intelligence artificielle de Meta, faisant référence à une fonctionnalité de reconnaissance faciale baptisée « NameTag », jamais annoncée publiquement. Selon l'analyse d'un chercheur en sécurité, cette fonction permettrait à des lunettes connectées d'identifier des visages et de notifier l'utilisateur lorsqu'une personne déjà enregistrée est détectée dans son champ de vision. Le code est présent mais inactif : aucune donnée biométrique n'est transmise aux serveurs de Meta. Des éléments d'interface auraient néanmoins déjà existé dans des versions antérieures de l'application, dont un menu intitulé « Connexions » invitant à « se souvenir des personnes rencontrées ». Le New York Times, qui avait évoqué ce projet dès février 2026, cite des sources internes confirmant le nom NameTag, et rapporte qu'une note interne envisageait même un lancement calculé pour coïncider avec un moment politique jugé propice à des critiques moins virulentes. L'enjeu est considérable : intégrer la reconnaissance faciale à des lunettes portables grand public, les Ray-Ban ou Oakley de Meta, transformerait radicalement ce que signifie croiser quelqu'un dans la rue. Un simple regard suffirait à identifier une personne à son insu, sans qu'elle ait consenti à figurer dans une quelconque base de données. Pour les utilisateurs, cela ouvrirait des usages inédits, de la mémorisation de contacts professionnels à la surveillance discrète. Pour la société, le risque est celui d'une identification de masse banalisée, portée non plus par des caméras fixes mais par des millions de paires de lunettes connectées circulant dans l'espace public. Les régulateurs européens et américains, déjà attentifs aux pratiques biométriques de Meta, auraient immédiatement matière à intervenir. Meta entretient depuis des années une relation ambivalente avec la reconnaissance faciale. L'entreprise l'avait déployée sur Facebook, puis abandonnée en 2021 sous la pression de critiques liées à la vie privée, avant de la réintroduire en 2024 sur Instagram et Facebook pour détecter les usages frauduleux dans les publicités. Cette trajectoire illustre une stratégie d'avancée prudente, testant les limites de l'acceptable avant chaque déploiement. Ryan Daniels, porte-parole de Meta, a minimisé la découverte, qualifiant NameTag de simple piste d'exploration sans produit finalisé ni base de données centralisée en préparation. Reste que la présence de ce code dans une application déjà distribuée au public dépasse le stade du simple brainstorming interne, et ravive un débat que Meta pensait peut-être avoir clos en 2021.

UELa présence de code de reconnaissance faciale biométrique dans une application déjà distribuée au public place Meta directement dans le collimateur des régulateurs européens, qui peuvent invoquer le RGPD et l'AI Act pour exiger des explications et potentiellement sanctionner l'entreprise.

💬 Le code est là, il est inactif, et Meta nous dit de pas s'inquiéter. C'est exactement ce qu'ils ont dit en 2021 avant de couper Facebook Face Recognition sous la pression, et exactement ce qu'ils ont fait sur Instagram en 2024 quand personne regardait. La reconnaissance faciale sur des lunettes portées en rue, c'est pas du tout le même registre qu'un filtre photo : c'est l'identification silencieuse de n'importe qui, à l'insu de n'importe qui, et les régulateurs européens ont enfin des textes (RGPD, AI Act) pour mettre des dents là-dedans.

ÉthiqueActu
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Meta revient (plus ou moins) sur son projet de surveillance de ses employés
16Next INpact 

Meta revient (plus ou moins) sur son projet de surveillance de ses employés

Meta a partiellement reculé sur son projet de surveillance étendue de ses employés, après plusieurs semaines de résistance interne. Annoncé en avril, l'outil baptisé Model Capability Initiative (MCI) devait enregistrer en continu les mouvements de curseur, les clics, les frappes au clavier et des captures d'écran périodiques de tous les salariés de l'entreprise. L'objectif affiché : collecter des données réelles d'utilisation des ordinateurs pour entraîner les agents IA de Meta. Face à la fronde, la direction a fait circuler un nouveau mémo le 2 juin, signé par Stephane Kasriel, vice-président des Superintelligence Labs. Il annonce plusieurs ajustements : les employés pourront désormais mettre MCI en pause jusqu'à 30 minutes à la fois, voire demander une exemption complète du programme. Une optimisation technique réduit également la pression sur la batterie des ordinateurs portables, un grief concret soulevé par ceux qui travaillent depuis chez eux et constataient une hausse de leur consommation internet. Ce recul partiel illustre la tension croissante entre les ambitions d'IA des grandes entreprises technologiques et les droits de leurs propres salariés. La résistance a été organisée et coordonnée : début mai, des flyers circulaient dans les bureaux américains qualifiant Meta d'« Employee Data Extraction Factory ». Plus de 1 500 personnes ont signé une pétition adressée directement à Mark Zuckerberg. Au Royaume-Uni, un groupe de travailleurs s'est rapproché du syndicat United Tech and Allied Workers (UTAW). Le mouvement est d'autant plus significatif qu'il émerge dans un secteur historiquement peu syndiqué, et que Meta n'a pas supprimé MCI mais seulement aménagé ses modalités, les concessions restent donc limitées. La controverse s'inscrit dans un contexte social particulièrement tendu au sein de Meta. L'entreprise a licencié 1 500 personnes ces derniers mois, déplacé 7 000 autres, et annoncé une réduction prochaine de 10 % de ses effectifs restants. Déployer simultanément un outil de surveillance généralisée des postes de travail a été perçu en interne comme une provocation. Meta justifiait pourtant la démarche par une nécessité technique : construire des agents capables d'assister les utilisateurs sur leurs ordinateurs exige des exemples concrets de la façon dont les gens utilisent leurs machines au quotidien. L'argument n'a pas convaincu. Le mémo de Kasriel reconnaît implicitement l'échec de la communication initiale, tout en maintenant que les protections de la vie privée étaient suffisantes dès le lancement. L'avenir du programme reste incertain, notamment en Europe où le cadre juridique du RGPD pourrait poser des obstacles supplémentaires à ce type de collecte de données salariées.

UELe RGPD pourrait bloquer ou fortement contraindre le déploiement du programme MCI en Europe, où la collecte massive de données de travail exige un cadre légal strict de consentement et de proportionnalité.

💬 Enregistrer les clics et frappes au clavier de tes propres employés pour entraîner tes agents IA, c'est culotté. Bon, sur le papier l'argument technique tient (les agents doivent apprendre comment les humains utilisent leurs machines), mais le lancer en pleine vague de licenciements massifs, c'est un timing particulièrement raté. La "pause de 30 minutes", c'est de la gestion de crise minimale, pas une vraie concession.

ÉthiqueOpinion
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Doctolib réfute livrer « les infos de ses utilisateurs » aux grands acteurs de l’IA
17Next INpact 

Doctolib réfute livrer « les infos de ses utilisateurs » aux grands acteurs de l’IA

Le Canard Enchaîné a affirmé, dans son édition du 2 juin 2026, que Doctolib transmettait les données de ses utilisateurs à Microsoft, Anthropic et Google dans le but d'entraîner leurs grands modèles de langage. L'article vise notamment l'assistant de consultation que la licorne française commercialise depuis 2024 auprès des professionnels de santé. Ce service écoute les consultations médicales, avec l'accord du patient, pour générer automatiquement comptes-rendus et courriers. Or, les documents contractuels de Doctolib consultés par la rédaction de Next confirment que Microsoft Azure, Anthropic et Google Irlande figurent bien dans la liste des « sous-traitants ultérieurs » de l'entreprise, avec pour service déclaré la « fourniture du modèle de LLM » et pour finalité l'« analyse et création de contenu à des fins d'automatisation de tâches ». Doctolib dément catégoriquement que ces données médicales servent à entraîner les modèles de ses fournisseurs. Selon un porte-parole de l'entreprise, Microsoft, Anthropic et Google interviennent exclusivement comme prestataires techniques, sur instructions strictes de Doctolib, dans un cadre contractuel qui leur interdit d'utiliser les données à d'autres fins que la fourniture du service. En clair : les LLM américains sont bien mobilisés pour faire tourner les fonctionnalités de transcription et de synthèse, mais les notes médicales ne serviraient pas à affiner leurs poids. Sur le plan du stockage, Doctolib assure que les données sont hébergées sur des serveurs européens certifiés Hébergement de Données de Santé. Le Canard Enchaîné objecte toutefois que la justice américaine peut contraindre ces entreprises à transmettre des données outre-Atlantique, indépendamment de leur localisation physique. Cette controverse s'inscrit dans un débat plus large sur la souveraineté numérique des données de santé en France. Doctolib, qui traite des dizaines de millions de consultations, est une infrastructure critique du système de soins français, et toute ambiguïté sur le traitement de ses données sensitives déclenche une réaction immédiate. La tension entre innovation IA et protection des données médicales est structurelle : utiliser des LLM de pointe implique presque inévitablement de s'appuyer sur les infrastructures des géants américains, Microsoft, Google ou Anthropic, faute d'alternatives européennes comparables. Le RGPD et la certification HDS imposent des garanties, mais le Cloud Act américain crée un angle mort juridique que ni les certifications ni les contrats ne peuvent complètement combler. L'affaire illustre la fragilité des engagements de confidentialité dès lors que les données de santé transitent, même partiellement, par des acteurs soumis au droit américain.

UELes données médicales de millions de patients français transitent par des sous-traitants américains soumis au Cloud Act, créant une faille juridique structurelle que ni la certification HDS ni le RGPD ne peuvent entièrement combler.

💬 La distinction que fait Doctolib entre "faire tourner" et "entraîner" un LLM, elle est réelle. Mais ça n'enlève pas le truc qui gratte : tes comptes-rendus médicaux passent par des serveurs d'entreprises soumises au Cloud Act, et aucun label HDS ne te protège de ça. C'est une impasse structurelle, pas une faute de Doctolib spécifiquement.

ÉthiqueReglementation
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Le portail d’actualités MSN de Microsoft rémunère une quarantaine de médias générés par IA
18Next INpact 

Le portail d’actualités MSN de Microsoft rémunère une quarantaine de médias générés par IA

Le portail d'actualités MSN de Microsoft, intégré par défaut dans le widget Actualités de tous les PC sous Windows, rémunère une quarantaine de médias dont le contenu est entièrement ou majoritairement généré par intelligence artificielle, selon une enquête récente. Cette pratique contrevient aux propres lignes directrices de Microsoft, qui affirme pourtant travailler avec plus de 1 300 éditeurs de presse représentant plus de 4 500 marques à l'échelle mondiale pour offrir « le meilleur des informations en ligne ». Le portail revendique combiner algorithmes et modération humaine pour garantir des contenus conformes à ses valeurs, mais la page de présentation de sa direction éditoriale liste quatre responsables dont aucun ne travaille plus pour l'entreprise depuis 2022, 2023 ou 2024. Par ailleurs, MSN diffuse massivement des vidéos à caractère conspirationniste et favorise de manière disproportionnée les contenus de CNews, la chaîne du groupe Bolloré reconvertie en média d'opinion. Le problème dépasse la simple incohérence éditoriale : en finançant des sites automatisés via des accords de partenariat, Microsoft contribue directement à monétiser la désinformation industrielle et à fragiliser les médias traditionnels qui investissent dans des journalistes humains. Le widget Actualités de Windows étant préinstallé sur des centaines de millions de machines, la portée de ces recommandations est considérable. Des millions d'utilisateurs reçoivent ainsi, sans le savoir, un flux mêlant sources vérifiées et contenus produits à la chaîne par des IA, sans distinction apparente de fiabilité. Cette situation s'inscrit dans une trajectoire entamée en 2020, lorsque Microsoft avait licencié près de 80 journalistes constituant ses équipes éditoriales américaine et britannique, confiant intégralement la curation à des algorithmes. Ce virage vers l'automatisation, présenté à l'époque comme une modernisation, a ouvert la porte à des dérives que la plateforme ne semble ni surveiller ni corriger. La question de la responsabilité des agrégateurs technologiques dans la qualité de l'information distribuée est au coeur de débats réglementaires en Europe, notamment autour du Digital Services Act. Le cas MSN illustre la tension entre la logique économique des plateformes, qui profitent du trafic généré par tout contenu engageant quelle qu'en soit la source, et les engagements de qualité qu'elles affichent publiquement. Aucune réaction officielle de Microsoft n'avait été communiquée au moment de la publication de l'enquête.

UELe financement de contenus générés par IA fragilise les médias européens investissant dans le journalisme humain et soulève une question directe de conformité avec le Digital Services Act, notamment concernant la recommandation disproportionnée de CNews en France.

ÉthiqueOpinion
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Booster les sondages avec l’IA générative, une (fausse) bonne idée ?
19Next INpact 

Booster les sondages avec l’IA générative, une (fausse) bonne idée ?

En 2024, l'Ifop a publié un sondage sur l'intention de vote des enseignants aux élections européennes en s'associant avec la start-up française Fairgen, spécialisée dans la donnée synthétique. Le sondage affichait un échantillon de 8 000 personnes et 580 enseignants de collège et lycée, mais en réalité, seuls 116 enseignants avaient été interrogés. Les 464 réponses restantes avaient été générées artificiellement via la technologie "DataBoostAI" de Fairgen, décrite comme une IA générative permettant "la mise en relation holistique des données recueillies" pour produire des "échantillons synthétiques". L'information figurait dans la notice méthodologique, mais l'Ifop n'avait pas jugé utile de mentionner explicitement l'usage de l'IA générative dans ses avertissements habituels. Interrogé par Next, l'Ifop n'a pas répondu. Fairgen se présente toujours comme "pionniers de la donnée synthétique" et revendique un partenariat avec l'Ifop "depuis 2023". L'enjeu est considérable pour l'industrie du sondage : si l'IA générative permettait de multiplier virtuellement les réponses à partir d'un petit échantillon réel, les coûts d'enquête s'effondreraient et les délais de production aussi. Les instituts pourraient théoriquement sonder des sous-populations très ciblées, les enseignants, les artisans, les jeunes ruraux, sans avoir à recruter des centaines de profils rares et coûteux. Mais les statisticiens Arthur Charpentier et Guillaume Chauvet pointent le risque fondamental : les données synthétiques reproduisent les biais et corrélations du jeu d'entraînement. Interroger 116 personnes puis en "générer" 464 autres ne produit pas de nouveaux faits, cela amplifie les patterns existants, avec une illusion de précision statistique. La transparence vis-à-vis du public et des régulateurs reste aussi entière : comment évaluer la fiabilité d'un sondage électoral si les réponses ont été en partie fabriquées ? La question va bien au-delà de l'Ifop. Tous les grands instituts lorgent sur ces techniques, mais peu ont franchi le pas publiquement. Chez Ipsos/BVA, le directeur d'études Mathieu Gallard assure que les sondages d'opinion politique et électorale n'utilisent pas encore ces méthodes, tout en reconnaissant que des tests sont en cours, notamment sur des applications marketing ou dans d'autres pays. L'élection présidentielle française de 2027 pourrait devenir un terrain d'expérimentation grandeur nature pour ces technologies, dans un contexte où la défiance envers les sondages est déjà élevée. Si la tentation économique est réelle, le risque de voir des résultats électoraux influencés par des données partiellement synthétiques, sans que le grand public en soit clairement informé, pose une question de fond sur la légitimité démocratique de ces outils.

UEL'usage de données synthétiques par l'Ifop pour des sondages électoraux, et la possible généralisation de ces pratiques avant la présidentielle française de 2027, interpelle directement le cadre légal français sur la transparence des sondages d'opinion.

💬 116 personnes interrogées, 464 inventées, et l'Ifop appelle ça un sondage de 8 000 individus. Le problème, c'est pas l'IA en soi, c'est qu'on habille une économie de moyens avec un vernis de précision statistique. Avec 2027 en ligne de mire, si les instituts s'y mettent sans règles claires, on va avoir des intentions de vote basées sur des patterns amplifiés, pas sur ce que les gens pensent vraiment.

ÉthiqueActu
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Meta traque les moindres gestes de ses employés pour nourrir son IA : ils ont dit stop
20Le Big Data 

Meta traque les moindres gestes de ses employés pour nourrir son IA : ils ont dit stop

Meta a dû reculer face à la fronde interne provoquée par son programme MCI (Model Capability Initiative), un dispositif de surveillance des employés lancé en avril 2026 et destiné à entraîner ses intelligences artificielles. Selon une note interne relayée par The Information et des publications consultées par Reuters, l'entreprise a annoncé plusieurs ajustements : renforcement des protections de la vie privée, possibilité pour certains salariés de demander une exemption, et introduction d'une fonction permettant de suspendre le suivi pendant 30 minutes. Concrètement, MCI enregistre les mouvements de souris, les clics, la navigation dans les menus et surveille plus de 200 applications et sites web sur les ordinateurs des employés américains. L'objectif déclaré est de développer des agents IA capables d'exécuter de manière autonome des tâches informatiques du quotidien. Mais des analyses internes ont révélé que la collecte allait bien au-delà : modifications de code, cycles de mise en veille, historiques de navigation, contenus copiés-collés dans le presse-papiers, et même des échanges par e-mail ou Google Chat impliquant des collègues situés hors des États-Unis. Meta a par ailleurs reconnu que certaines de ces données avaient été stockées sous une forme moins sécurisée que prévu, et que le logiciel provoquait des pics de consommation internet pouvant épuiser un forfait mensuel en quelques jours. L'ampleur de la révolte illustre les limites d'une approche qui traite les salariés comme source de données d'entraînement sans leur consentement éclairé. Le porte-parole Dave Arnold a insisté sur le fait que MCI cible les interactions avec les ordinateurs et non le contenu affiché, mais les journaux techniques examinés en interne contredisent partiellement cette affirmation. Pour les employés concernés, les enjeux sont doubles : une atteinte directe à la vie privée sur leurs outils de travail, et un précédent qui pourrait normaliser une surveillance de masse au sein des grandes entreprises tech. Pour le secteur plus largement, cette résistance pose une question de fond : jusqu'où les entreprises peuvent-elles mobiliser leurs propres effectifs comme matière première pour l'IA sans déclencher une opposition organisée ? Meta n'est pas seule à chercher des données comportementales réalistes pour entraîner des agents IA capables de piloter des interfaces graphiques. Microsoft, Google et Anthropic travaillent tous sur des systèmes similaires. La différence, c'est que Meta a choisi de collecter ces données directement sur les machines de ses propres employés, court-circuitant le recours à des datasets publics ou à des utilisateurs volontaires. Cette stratégie révèle une pression croissante sur les labos d'IA pour produire des agents "computer use" compétitifs, dans un calendrier serré. Les concessions annoncées par Meta ressemblent davantage à un ajustement tactique qu'à une remise en cause du programme : MCI continue de fonctionner, et la collecte de comportements humains réels demeure au coeur de la course aux agents autonomes.

UELa collecte incluait des données d'employés hors États-Unis, exposant potentiellement Meta à des sanctions RGPD et posant un précédent sur la légalité de la surveillance des salariés dans les entreprises tech opérant en Europe.

ÉthiqueActu
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Magnifica Humanitas du Pape Léon XIV : l’encyclique qui fait trembler la Silicon Valley
21Le Big Data 

Magnifica Humanitas du Pape Léon XIV : l’encyclique qui fait trembler la Silicon Valley

Le pape Léon XIV, né Robert Francis Prevost, a publié sa première encyclique intitulée Magnifica Humanitas, un texte de 45 000 mots qui provoque une onde de choc mondiale, des quartiers généraux de la Silicon Valley jusqu'à Pékin. Mathématicien de formation, le premier pontife américain de l'histoire rompt avec la tradition pastorale de ses prédécesseurs pour livrer une critique technique et philosophique de l'intelligence artificielle. Le document s'attaque frontalement au « paradigme technocratique » porté par une poignée de géants technologiques, arguant qu'aucun algorithme n'est neutre et que chaque système reflète inévitablement les biais de ses concepteurs. Sa maîtrise des matrices et des poids synaptiques lui permet de s'adresser à Google ou OpenAI en parlant leur langage, transformant le Vatican d'observateur inquiet en arbitre technique crédible. L'enjeu dépasse la théologie : Léon XIV remet en cause les fondements mêmes de plusieurs industries stratégiques. Sur le plan philosophique, il condamne le transhumanisme, qualifiant la quête d'immortalité numérique et de transfert de conscience de « syndrome de Babel » moderne. Pour lui, la finitude humaine, la maladie et la mort ne sont pas des erreurs à corriger par le silicium : elles constituent le terreau de l'empathie et de l'amour. Supprimer ces limites créerait des sociétés à deux vitesses, où la rentabilité algorithmique définirait la valeur d'une vie. Sur le plan militaire, l'encyclique va encore plus loin en déclarant obsolète la doctrine catholique de la « guerre juste », théorisée par saint Augustin et saint Thomas d'Aquin : un algorithme ne possédant ni conscience ni compassion, il ne peut assumer la responsabilité morale qu'exige le droit des conflits armés. Ce texte s'inscrit dans une continuité doctrinale entamée par François avec Laudato si', mais Léon XIV en étend radicalement la portée aux neurotechnologies et aux systèmes d'armes autonomes. La singularité du nouveau pontife réside dans sa capacité à articuler une critique à la fois spirituelle et scientifiquement rigoureuse, là où l'Église peinait jusqu'ici à être prise au sérieux par les ingénieurs de la tech. À travers le paragraphe 142, qui rappelle que « l'intelligence sans incarnation n'est qu'un miroir sans tain », Rome pose une question que ni OpenAI ni les laboratoires de défense ne peuvent éluder : peut-on déléguer à une machine des décisions qui engagent la dignité humaine ? Les gouvernements, les entreprises et les organisations internationales vont désormais devoir répondre à un interlocuteur qui maîtrise aussi bien l'éthique que les réseaux de neurones.

UELa prise de position officielle du Vatican, autorité morale influente dans les États membres catholiques de l'UE, est susceptible de peser sur les débats autour de l'AI Act et des systèmes d'armes autonomes au niveau européen.

💬 Un pape mathématicien qui parle de poids synaptiques à Google en face, c'est du jamais vu. Ce que Léon XIV réussit là, c'est sortir l'Église du registre "attention, c'est dangereux" pour entrer dans la salle des machines et montrer qu'elle comprend le fonctionnement, et les failles, des systèmes. Les labos de défense et les géants de la tech vont devoir répondre à quelqu'un qui connaît le dossier, et ça change les règles du jeu.

ÉthiqueOpinion
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Amnesty appelle à interdire les IA génératives entraînées sur du pillage de données
22Next INpact 

Amnesty appelle à interdire les IA génératives entraînées sur du pillage de données

Amnesty International a publié un rapport détaillé sur les violations des droits humains causées par l'intelligence artificielle générative, appelant explicitement à interdire les modèles entraînés sur du scraping de données non consenti. L'organisation analyse l'ensemble de la chaîne de production de l'IA, des fabricants de puces GPU jusqu'aux contenus générés, en passant par la constitution des jeux de données. Elle cible directement les outils grand public les plus utilisés : ChatGPT, DALL-E, Gemini, Midjourney, LLaMA, Stable Diffusion et DeepSeek. Selon Amnesty, ces modèles ont été construits à partir de données collectées "sans la connaissance ni le consentement des personnes à l'origine des données", qu'il s'agisse d'utilisateurs de réseaux sociaux ou d'artistes. La conclusion est sans appel : le scraping massif et non consenti est "fondamentalement incompatible avec le droit international relatif aux droits humains", notamment le Pacte international relatif aux droits civils et politiques adopté par l'ONU en 1966. L'impact dépasse la seule question de la vie privée. Amnesty identifie des violations du droit à la non-discrimination, à la liberté d'expression et à la liberté de pensée. Le rapport pointe également les coûts environnementaux de l'IA générative, dont l'augmentation continue de la taille des modèles et des volumes de données nécessaires à leur entraînement affecte de manière disproportionnée les pays du Sud global. À cela s'ajoute une domination culturelle et linguistique anglophone structurelle, intégrée dès la phase de collecte des données. Pour l'ONG, derrière l'apparence de sophistication technologique se cache "une réalité faite de principes de conception qui bafouent les droits humains", comparables aux dérives des outils d'IA antérieurs à la générative. Ce rapport s'inscrit dans un mouvement plus large de contestation juridique et institutionnelle du modèle économique des grandes plateformes d'IA. En Europe, l'organisation noyb a déjà menacé Meta d'une class action pour l'entraînement de ses modèles sur des données d'utilisateurs européens, et plusieurs artistes ainsi que des éditeurs de presse ont engagé des procédures similaires aux États-Unis contre OpenAI et Google. Le règlement européen sur l'IA impose des obligations de transparence sur les données d'entraînement, mais les ONG estiment ces mesures insuffisantes. En demandant une interdiction pure et simple des systèmes bâtis sur du scraping non consenti, Amnesty franchit un cap rhétorique notable : il ne s'agit plus de réguler ces pratiques, mais de les proscrire au nom du droit international, ce qui pourrait alimenter de nouvelles stratégies judiciaires et législatives dans les mois à venir.

UEL'AI Act impose déjà des obligations de transparence sur les données d'entraînement, et noyb menace Meta d'une class action pour l'exploitation des données d'utilisateurs européens, la position d'Amnesty pourrait renforcer ces procédures et peser sur les stratégies législatives et judiciaires dans l'UE dans les mois à venir.

💬 La position d'Amnesty est radicale, et c'est exactement là son intérêt : plus de régulation molle, on interdit ce qui viole les droits humains, point. Interdire ChatGPT et Gemini du jour au lendemain c'est pas pour demain, mais ancrer ce débat dans le droit international plutôt que dans la soft law de l'AI Act, c'est un changement de registre qui peut nourrir des procédures vraiment musclées. Reste à voir si les juges suivront.

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Deezer : les chansons générées par IA, « un problème pour toute la filière musicale »
23Next INpact 

Deezer : les chansons générées par IA, « un problème pour toute la filière musicale »

Deezer a révélé que 44 % des chansons soumises quotidiennement à ses serveurs sont générées par intelligence artificielle, soit environ 75 000 titres chaque jour. Ce chiffre, communiqué par Aurélien Hérault, directeur de l'innovation de la plateforme française, marque une accélération brutale : le volume de musique IA a doublé en seulement trois mois. Ces contenus transitent principalement par des distributeurs indépendants, des plateformes intermédiaires qui permettent à n'importe qui de livrer des morceaux à Deezer sans contrôle éditorial préalable. Pour les identifier, l'entreprise a développé son propre outil de détection, qui analyse le signal audio à la recherche de traces numériques invisibles à l'oreille humaine mais caractéristiques des modèles génératifs. Ces modèles laissent des empreintes statistiques dans le fichier sonore, que la technologie de Deezer est conçue à repérer avec une précision suffisante pour alimenter un système de signalement à grande échelle. L'enjeu dépasse la simple question de goût ou de qualité artistique. La prolifération de titres générés automatiquement s'accompagne fréquemment de fraudes au streaming, où des scripts font tourner en boucle des morceaux pour générer des revenus artificiels de droits voisins, au détriment des artistes humains. Deezer a choisi de répondre sur deux fronts : informer les auditeurs en affichant la mention « contenu généré par IA » sur les pages des albums concernés, et exclure ces titres de ses algorithmes de recommandation, refusant ainsi de leur accorder la même visibilité qu'aux productions humaines. Cette décision éditoriale, assumée publiquement, constitue une prise de position rare dans un secteur qui préfère souvent minimiser le problème. La situation met en lumière une faille structurelle du secteur du streaming musical : les standards de métadonnées censés encadrer ces déclarations, notamment le format DDEX adopté par l'industrie, ne sont pas encore suffisamment déployés ni harmonisés entre les acteurs pour constituer un rempart efficace. Deezer se retrouve donc à investir dans ses propres outils en attendant qu'une réponse collective émerge. Hérault plaide pour que l'ensemble de la filière, distributeurs, labels et plateformes, s'empare collectivement du problème. La question d'une suppression pure et simple de ces contenus du catalogue reste épineuse : des obligations contractuelles avec les distributeurs compliquent toute décision unilatérale. Le secteur musical s'approche d'un point de bascule où la majorité des morceaux uploadés pourraient être d'origine artificielle, rendant urgente une gouvernance commune que personne n'a encore réussi à mettre en place.

UEDeezer, plateforme française leader du streaming, est en première ligne face à l'inondation de contenus IA, ce qui fragilise directement les revenus des artistes français et révèle une faille de gouvernance collective urgente pour toute la filière musicale européenne.

💬 44 % de musique IA en upload quotidien, ça veut dire que le problème n'est plus hypothétique. Ce qui m'intéresse chez Deezer, c'est qu'ils ont construit leur propre détecteur plutôt que d'attendre que l'industrie se réveille, parce que DDEX n'est clairement pas prêt. Reste à voir ce que ça donne quand les modèles génératifs commenceront à lisser leurs empreintes statistiques.

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Le concept de "Magnifica Humanitas" du pape, un modèle pour faire face à l'IA
24MIT Technology Review 

Le concept de "Magnifica Humanitas" du pape, un modèle pour faire face à l'IA

Le pape Léon XIV a publié une encyclique intitulée Magnifica Humanitas ("Magnificence de l'humanité"), consacrée entièrement à l'intelligence artificielle. Le texte affirme dès l'ouverture que "la technologie n'est jamais neutre" et place l'IA dans une perspective historique comparable à la révolution industrielle. S'appuyant sur deux récits bibliques, l'encyclique oppose la tour de Babel, symbole d'une croissance effrénée coupée de toute considération humaine et divine, au livre de Néhémie, où la reconstruction de Jérusalem devient un acte collectif et solidaire. Léon XIV y voit l'image de deux chemins possibles pour notre époque : une course technologique atomisante, ou un projet partagé remettant l'humain au centre. Le document insiste sur un point précis : l'IA n'est pas une force naturelle ni une entité abstraite et omnisciente, mais un produit commercial, né à un moment où des pouvoirs économiques considérables se concentrent entre un nombre infime de mains. Cette prise de position pontificale arrive alors que les mécanismes de régulation de l'IA restent profondément lacunaires. Il n'existe aucune autorité de sécurité dédiée à l'échelle mondiale. Aux États-Unis, la Federal Trade Commission dispose de compétences limitées sur la conception algorithmique, et les recommandations du NIST sont largement ignorées par l'industrie. L'AI Act européen, partiellement entré en vigueur, ne couvre qu'une fraction des usages réels. Dans ce vide institutionnel, ce sont les investisseurs qui ont pris le relais. Des coalitions regroupées autour de l'Interfaith Center on Corporate Responsibility, représentant plus de 400 milliards de dollars d'actifs sous gestion, ont multiplié les résolutions d'actionnaires lors des dernières assemblées générales pour exiger transparence, évaluation des risques et responsabilité dans le déploiement de l'IA. Des géants comme Alphabet, Amazon, Nvidia, Palantir et Uber ont été directement interpellés, avec des demandes formelles d'interdire toute utilisation de leurs systèmes à des fins de violence ou de violation des droits humains. L'encyclique survient dans un contexte d'escalade des usages militaires de l'IA, illustré de façon tragique lors des premières heures de la guerre contre l'Iran, où des systèmes d'IA ont servi à identifier des cibles pour des milliers de frappes de missiles, causant des centaines de morts. Cette réalité confère une résonance particulière au message de Léon XIV, premier pape de l'ère de l'IA de masse. Son texte ne prétend pas innover sur le terrain de la gouvernance : il entérine et légitime un mouvement déjà en marche, porté non par les États ni par les institutions internationales, mais par des actionnaires citoyens qui ont choisi d'exercer leur responsabilité là où les gouvernements ont jusqu'ici échoué.

UEL'encyclique renforce les appels à une meilleure gouvernance de l'IA en Europe, alors que l'AI Act n'est que partiellement entré en vigueur et ne couvre qu'une fraction des usages réels.

💬 C'est quand même le Vatican qui dit ce que les gouvernements n'arrivent pas à formuler clairement. L'encyclique ne prétend pas réinventer la gouvernance, mais elle pointe un truc précis : l'IA n'est pas une force naturelle, c'est un produit commercial concentré dans quelques mains. Que ce soit le pape ou des coalitions d'actionnaires qui comblent le vide laissé par les États, c'est un aveu d'échec institutionnel assez glaçant.

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DataGrail : vos fournisseurs envoient peut-être vos données à des modèles d'IA sans votre accord
25VentureBeat AI 

DataGrail : vos fournisseurs envoient peut-être vos données à des modèles d'IA sans votre accord

DataGrail, plateforme de protection de la vie privée basée à San Francisco, a publié son Privacy and AI Trends Report 2026 après avoir analysé 2 400 logiciels d'entreprise parmi les plus répandus. Le constat est sévère : 63,6 % des éditeurs qui mettent en avant leurs fonctionnalités d'intelligence artificielle ne mentionnent aucun sous-traitant IA tiers dans leurs contrats de traitement des données (DPA). Ces documents juridiques constituent pourtant la base sur laquelle les équipes juridiques et de conformité évaluent les risques liés à leurs fournisseurs. Pour établir ce chiffre, les chercheurs ne se sont pas contentés de lire les contrats : ils ont croisé les DPA avec la documentation produit, les dépôts GitHub, les connexions API et les supports marketing de chacun des 2 400 éditeurs. Résultat : un DPA peut mentionner Claude comme modèle utilisé, tandis que la documentation technique révèle en parallèle des intégrations avec OpenAI et Gemini, sans que cela soit reflété dans aucun document contractuel. Les conséquences concrètes de ce décalage sont potentiellement graves. Une entreprise qui adopte un outil de recrutement basé sur l'IA, effectue un audit de sécurité d'Anthropic sur la foi du DPA, et ignore que l'outil transmet en réalité des milliers de CV contenant adresses, données financières et numéros de sécurité sociale à des modèles jamais évalués, s'expose à des violations réglementaires sérieuses, notamment les règles de la FTC sur la prise de décision automatisée en matière d'emploi. Plus largement, selon le rapport IBM 2025 sur le coût des violations de données, les organisations confrontées à du "shadow AI" affichent un coût moyen de violation de 4,63 millions de dollars, soit 670 000 dollars de plus que celles sans IA non déclarée. Aux États-Unis, les amendes liées à la vie privée ont atteint 3,425 milliards de dollars en 2025, davantage que lors des cinq années précédentes réunies, une tendance que Gartner anticipe en accélération jusqu'en 2028. Ce rapport arrive dans un contexte où l'ensemble de l'industrie logicielle cherche à se repositionner comme acteur de l'IA, souvent plus vite que les processus de gouvernance ne peuvent suivre. Daniel Barber, co-fondateur et PDG de DataGrail, résume la situation : le DPA était censé être le document de référence pour évaluer le risque IA, mais ce n'est plus suffisant en 2026. Le problème structurel tient au fait que les sous-traitants IA se multiplient, changent rapidement, et que les éditeurs ne mettent pas systématiquement à jour leur documentation juridique en conséquence. L'enjeu pour les entreprises est désormais d'aller au-delà de la lecture des contrats et d'auditer activement les connexions techniques réelles de leurs fournisseurs pour savoir précisément quels modèles traitent leurs données et celles de leurs clients.

UELes entreprises européennes utilisant des SaaS intégrant l'IA s'exposent à des violations du RGPD si leurs fournisseurs sous-traitent des données à des modèles d'IA non déclarés dans les DPA, contournant les obligations de traçabilité et de transparence imposées par le règlement européen.

💬 63% des éditeurs IA ne mentionnent aucun sous-traitant dans leur DPA, le chiffre est difficile à avaler. Ton outil de recrutement SaaS audité côté Anthropic peut très bien envoyer tes CV à OpenAI et Gemini en parallèle, sans que rien n'apparaisse dans aucun contrat. Le DPA comme unique référence de risque, c'est fini.

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Vidéos IA : YouTube va enfin arrêter de les cacher avec des labels bien visibles
26Le Big Data 

Vidéos IA : YouTube va enfin arrêter de les cacher avec des labels bien visibles

YouTube s'apprête à rendre bien plus visibles les labels signalant les contenus générés par intelligence artificielle. Annoncé le 27 mai 2026, ce changement modifie l'emplacement et la formulation des étiquettes IA sur la plateforme : sur les vidéos classiques, le label apparaîtra désormais directement sous le lecteur, juste au-dessus de la description, au lieu d'être enfoui dans un coin de la page. Sur les Shorts, la mention sera affichée en surimpression sur la vidéo elle-même, rendant l'information difficile à manquer lors du défilement. YouTube abandonne également les formulations floues du type « contenu modifié ou synthétique » au profit du mot explicite « IA ». Autre évolution majeure : la plateforme introduit une détection automatique des contenus photoréalistes générés par IA. Si un créateur ne signale pas l'usage de l'IA, mais que les systèmes de YouTube détectent une utilisation significative de génération d'images réalistes, un label sera appliqué automatiquement sans intervention humaine. Ce virage vers davantage de transparence répond à une urgence concrète : les deepfakes et vidéos synthétiques sont devenus si convaincants qu'ils sont parfois indiscernables d'un contenu authentique, y compris pour des yeux exercés. L'enjeu dépasse le simple confort des utilisateurs. De faux discours politiques, des clones vocaux imitant des personnalités publiques et des images ultra-réalistes fabriquées de toutes pièces circulent déjà massivement sur YouTube, alimentant la désinformation à une échelle sans précédent. Rendre l'étiquette IA immédiatement visible transforme l'acte de consommation vidéo : le spectateur reçoit un signal de mise en garde avant même de regarder le contenu, ce qui modifie profondément la manière dont il va interpréter ce qu'il voit. Cette décision s'inscrit dans une pression réglementaire et sociale croissante sur les grandes plateformes pour qu'elles assument leur responsabilité dans la propagation de contenus synthétiques. Google, maison mère de YouTube, avait déjà annoncé vouloir renforcer la vérification des contenus IA, mais les mesures concrètes tardaient. La généralisation des outils de génération vidéo accessibles au grand public, comme Sora ou Veo, a précipité le calendrier. La vraie inconnue reste la fiabilité du système de détection automatique : les outils de modération algorithmique ont historiquement un taux d'erreur non négligeable, confondant parfois contenu réel et contenu synthétique. YouTube devra démontrer que sa détection est suffisamment précise pour éviter les faux positifs qui pénaliseraient des créateurs légitimes, tout en ne laissant pas passer les contenus manipulateurs les plus sophistiqués.

UEL'AI Act européen impose déjà l'étiquetage obligatoire des contenus synthétiques ; cette évolution de YouTube aligne la plateforme sur ces exigences réglementaires et renforce la protection des citoyens européens contre les deepfakes et la désinformation.

💬 C'est le genre de mesure qu'on attendait depuis deux ans. Mettre le label directement sous le lecteur plutôt que noyé dans un coin de la page, ça change vraiment comment tu vas interpréter ce que tu regardes, avant même d'avoir cliqué play. Ce qui reste flou, c'est la fiabilité de la détection auto : un faux positif sur un créateur qui tourne en vrai, ça peut vite faire des dégâts.

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La Chine transforme son réseau de caméras vieillissant en dispositif de surveillance de masse piloté par l'IA
27The Decoder 

La Chine transforme son réseau de caméras vieillissant en dispositif de surveillance de masse piloté par l'IA

La Chine procède à une modernisation massive de son réseau de caméras de surveillance en y intégrant de l'intelligence artificielle. Des fabricants comme Hikvision et Huawei livrent désormais des équipements embarquant directement des modèles de vision par ordinateur et des modèles de langage. Ces systèmes peuvent détecter automatiquement des attroupements, des comportements jugés suspects ou des intrusions dans des zones restreintes, sans intervention humaine préalable. Les policiers n'ont plus besoin d'éplucher des heures de vidéo : il leur suffit de saisir une requête en langage naturel pour obtenir les séquences correspondantes. Cette évolution transforme radicalement la portée de la surveillance de masse. Ce qui était autrefois un outil passif, consulté après un incident, devient un système proactif capable d'analyser des comportements en temps réel sur des millions de points simultanément. Human Rights Watch alerte sur le fait que cette infrastructure crée une capacité de surveillance comportementale sans précédent dans l'histoire, affectant directement des centaines de millions de personnes au quotidien, qu'il s'agisse de manifestants, de minorités ou de simples passants. La Chine s'appuie sur un réseau de plusieurs centaines de millions de caméras installées depuis les années 2000, notamment via le programme national "Sharp Eyes". La mise à niveau par IA de ces infrastructures existantes permet de décupler leur efficacité à moindre coût. Hikvision, déjà sanctionné par les États-Unis pour son rôle dans la surveillance du Xinjiang, reste l'un des principaux fournisseurs mondiaux de ce type d'équipements, alimentant un débat croissant sur les exportations technologiques à double usage.

UELa présence d'équipements Hikvision dans des infrastructures publiques européennes relance le débat réglementaire de l'UE sur les technologies de surveillance à double usage et les risques liés aux fournisseurs chinois dans les réseaux urbains.

💬 La vraie rupture, c'est pas la caméra, c'est la requête en langage naturel : tu décris une personne et le système la retrouve sur des millions de points, en temps réel, sans intervention humaine. Ce qui était une archive consultée après coup devient un moteur de recherche sur les comportements humains à l'échelle d'un pays entier. Et pendant ce temps, Hikvision équipe encore des villes européennes.

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« Le vrai danger n’est pas l’IA » : l’aveu fracassant du pape dans sa 1ère encyclique
28Le Big Data 

« Le vrai danger n’est pas l’IA » : l’aveu fracassant du pape dans sa 1ère encyclique

Le pape Léon XIV a publié sa toute première encyclique, intitulée "Magnifica humanitas", consacrée en grande partie à l'intelligence artificielle. C'est une première dans l'histoire de l'Église catholique : un souverain pontife qui place la technologie au cœur de son premier grand texte doctrinal. Le document ne condamne pas l'IA en elle-même, mais pointe avec précision les risques systémiques qu'elle engendre : concentration du pouvoir technologique entre les mains d'une minorité d'entreprises et de gouvernements, développement d'armes autonomes capables d'agir sans décision humaine, surveillance numérique généralisée, et réduction de l'individu à sa seule productivité mesurable. Léon XIV formule une position claire : la valeur d'un être humain n'est pas fonction de son efficacité ni de ses données, et aucun algorithme ne peut en décider autrement. L'impact de ce texte dépasse largement les fidèles catholiques. En prenant position sur la régulation de l'IA, le pape entre dans un débat qui mobilise gouvernements, institutions multilatérales et société civile depuis plusieurs années. Sa critique du "paradigme technocratique", cette tendance à tout soumettre à la logique de performance et de profit, rejoint des préoccupations portées par des économistes, des philosophes et des juristes. Sur les inégalités, l'encyclique est particulièrement directe : si l'accès aux outils d'IA reste concentré dans les pays riches et entre les mains de quelques groupes, les écarts existants ne feront que se creuser. Le pape réclame une régulation publique, des contrôles indépendants et des règles éthiques communes, en insistant sur le fait qu'une IA "morale" n'a aucune valeur si cette morale est définie par une poignée d'acteurs privés. L'encyclique s'inscrit dans un contexte de montée en puissance des débats sur la gouvernance de l'IA à l'échelle mondiale, entre l'AI Act européen, les négociations à l'ONU et les initiatives nationales des États-Unis et de Chine. Léon XIV, élu en mai 2025, avait déjà signalé lors de son élection qu'il entendait inscrire son pontificat dans les questions sociales contemporaines. Son texte aborde également la surveillance algorithmique des plateformes numériques, qu'il décrit comme une "architecture de la visibilité" favorisant la polarisation et l'uniformisation des opinions. Sur le volet militaire, il rejette explicitement les systèmes d'armes létales autonomes, estimant que la distance technologique entre le combattant et sa victime banalise la violence plutôt qu'elle ne la contient. La suite dépendra de la réception du texte par les États membres de l'ONU et les grandes puissances technologiques, aucune d'entre elles n'étant directement liée par la doctrine pontificale, mais toutes attentives au poids symbolique et diplomatique d'une telle prise de position.

UEL'encyclique s'inscrit explicitement dans le contexte de l'AI Act européen et des négociations à l'ONU, et pourrait peser sur l'opinion publique en faveur d'une régulation plus stricte dans les États membres à majorité catholique.

💬 Le texte ne surprend pas vraiment sur le fond, des économistes et des juristes disent ça depuis des années. Mais le poids symbolique d'une encyclique, c'est autre chose : 1,3 milliard de catholiques ont maintenant un cadre doctrinal qui classe la concentration du pouvoir techno parmi les problèmes moraux, pas juste politiques. Je vois ça comme un levier inattendu pour les régulateurs européens, et une migraine diplomatique de plus pour les grands groupes.

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Une star ruinée par un deepfake : quand la justice croit un mensonge fabriqué par IA
29Frandroid 

Une star ruinée par un deepfake : quand la justice croit un mensonge fabriqué par IA

En Corée du Sud, l'un des acteurs les plus connus du pays a vu sa réputation et sa carrière anéanties à la suite d'une affaire judiciaire s'appuyant sur des preuves audio générées par intelligence artificielle. Des enregistrements sonores, entièrement fabriqués grâce à des outils de deepfake vocal, ont été présentés comme authentiques devant la justice, suffisamment convaincants pour emporter la conviction des magistrats. L'acteur, dont l'identité n'a pas été rendue publique dans l'extrait disponible, a subi un effondrement professionnel brutal, ses projets annulés et sa image publique détruite. Cette affaire révèle une faille profonde dans les systèmes judiciaires face à la montée en puissance des contenus synthétiques : les tribunaux ne disposent pas toujours d'experts capables de distinguer une voix authentique d'une simulation générée par IA. Le préjudice causé va bien au-delà d'une simple diffamation classique, la technologie permet désormais de fabriquer des « preuves » crédibles, modifiant radicalement l'équilibre entre accusateurs et accusés. La Corée du Sud est particulièrement exposée à ce phénomène : le pays a déjà connu plusieurs scandales liés aux deepfakes ciblant des personnalités publiques, notamment des femmes dans le milieu du divertissement. À l'échelle mondiale, les législateurs et les acteurs judiciaires peinent à rattraper la vitesse d'évolution des outils génératifs. Cette affaire pourrait accélérer les débats sur l'obligation de certification des preuves numériques et sur la responsabilité des plateformes qui hébergent ou distribuent ces outils de falsification.

UELes législateurs européens, dans le cadre de l'application de l'AI Act, sont confrontés à l'urgence d'imposer des standards de certification des preuves numériques pour protéger les systèmes judiciaires contre les deepfakes vocaux.

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Le pape Léon XIV demande de « désarmer l’IA » : Anthropic était là pour écouter
30Frandroid 

Le pape Léon XIV demande de « désarmer l’IA » : Anthropic était là pour écouter

Le pape Léon XIV a publié Magnifica Humanitas, la première encyclique pontificale entièrement consacrée à l'intelligence artificielle, appelant la communauté internationale à « désarmer l'IA » et à encadrer strictement son développement. La cérémonie a réuni des représentants du monde technologique, parmi lesquels le cofondateur d'Anthropic, présent au Vatican pour l'occasion. Ce document officiel de l'Église catholique marque une prise de position doctrinale sans précédent sur les technologies numériques, positionnant Rome comme acteur du débat mondial sur la gouvernance de l'IA. La portée symbolique est considérable : en s'adressant à 1,4 milliard de catholiques et au-delà, le pape fait entrer l'IA dans le corpus éthique de l'une des institutions les plus influentes du monde. La présence d'Anthropic n'est pas anodine, elle signale une volonté de dialogue entre la Silicon Valley et les autorités morales traditionnelles, au moment où les régulateurs peinent à trouver un cadre universel. Pour les entreprises d'IA, obtenir une forme de légitimité vaticane représente un atout rhétorique non négligeable face aux critiques. Ce rapprochement s'inscrit dans une tendance plus large : depuis 2020, le Vatican multiplie les initiatives sur l'éthique numérique, ayant notamment signé un appel conjoint avec Microsoft et IBM sur l'IA responsable. Léon XIV, élu en 2025, semble vouloir accentuer cet engagement. Anthropic, de son côté, se distingue de ses concurrents en faisant de la sécurité et de l'alignement des IA un argument central de sa communication. La question est désormais de savoir si ce dialogue Vatican-Silicon Valley débouchera sur des engagements concrets ou restera au stade des déclarations d'intention.

UELa prise de position doctrinale du Vatican pourrait peser sur les débats éthiques et réglementaires en cours au niveau européen, notamment dans des pays catholiques membres de l'UE comme la France, l'Italie ou la Pologne.

Face à la « course aux armements », le Pape érige l’éthique de l’IA en impératif
31Next INpact 

Face à la « course aux armements », le Pape érige l’éthique de l’IA en impératif

Le pape Léon XIV a publié ce lundi 25 mai 2026, jour de Pentecôte, sa première encyclique intitulée Magnifica Humanitas, « Magnifique humanité », un document de 90 pages entièrement consacré à l'intelligence artificielle. Fait sans précédent dans l'histoire pontificale, il a lui-même présenté le texte depuis le Vatican. Élu en mai 2025, ce mathématicien de formation avait fait de l'IA l'une de ses priorités dès le début de son pontificat, en créant notamment une commission vaticane interdicastère sur le sujet. La préparation de l'encyclique a impliqué des acteurs inattendus : l'évêque Paul Tighe, référent numérique du Saint-Siège, a contribué à la rédaction de la « Constitution de Claude », document normatif et d'entraînement des modèles d'Anthropic, et rencontré George Osborne, responsable des relations gouvernementales d'OpenAI. À la présentation du texte, Léon XIV était accompagné de Christopher Olah, cofondateur d'Anthropic, qui a salué l'initiative en déclarant que l'industrie avait besoin d'« une critique éclairée qui alertera nos laboratoires lorsque nous nous égarerons ». Sur le fond, l'encyclique constitue une critique directe de la concentration du pouvoir technologique entre les mains d'acteurs privés. Invoquant l'image de la tour de Babel pour décrire une industrie qui « prétend dominer le ciel », le pape met en garde contre la déshumanisation que peut engendrer cette course aux armements numérique. Il oppose à cette trajectoire le modèle de la reconstruction des murs de Jérusalem, où la responsabilité est partagée entre tous, prêtres, artisans, femmes, jeunes. Trois principes de la doctrine sociale catholique structurent ses propositions : la justice sociale, la destination universelle des biens, en clair, la déconcentration des brevets, algorithmes, plateformes et données, et la subsidiarité, soit le renforcement de corps intermédiaires au service du bien commun. Ce texte s'inscrit dans une longue tradition d'engagement social de l'Église catholique, dont le marqueur historique est l'encyclique Rerum Novarum de 1891, publiée il y a exactement 135 ans en réponse aux dérives du capitalisme industriel. Léon XIV poursuit et amplifie le travail de dialogue entamé par François avec la Silicon Valley, notamment via la Human Technology Foundation du père dominicain Éric Salobir, qui réunit régulièrement à Rome des représentants de Google, Amazon et Meta. En choisissant Anthropic comme interlocuteur privilégié plutôt qu'OpenAI, et en associant un chercheur en interprétabilité à la présentation d'un texte doctrinal majeur, le Vatican signale une volonté de peser concrètement sur les standards de l'industrie, à un moment où les pressions géopolitiques et commerciales fragilisent la capacité des laboratoires à s'autoréguler.

UEL'encyclique pontificale pourrait renforcer les positions européennes dans les négociations sur les standards éthiques de l'IA, notamment via l'implication du père dominicain français Éric Salobir comme intermédiaire entre le Vatican et l'industrie tech.

💬 Un évêque catholique qui contribue à la "Constitution de Claude" d'Anthropic, c'est le genre de détail qui te fait relire deux fois. Le Vatican ne moralise plus depuis les hauteurs, il s'installe à la table de l'industrie, et en choisissant Olah plutôt que les commerciaux d'OpenAI, il signale clairement ses alliances. Une encyclique ne remplace pas un règlement contraignant, mais comme tentative de peser sur les normes industrielles depuis l'extérieur, c'est le truc le plus sérieux qu'on ait vu depuis des mois.

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Encyclique du pape Léon XIV : un cofondateur d'Anthropic affirme que les IA montrent des signes d'introspection
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Encyclique du pape Léon XIV : un cofondateur d'Anthropic affirme que les IA montrent des signes d'introspection

Christopher Olah, co-fondateur d'Anthropic, a été invité à prendre la parole lors du lancement officiel de l'encyclique pontificale "Magnifica Humanitas" du pape Léon XIV. Devant cet auditoire inhabituel pour un dirigeant de la Silicon Valley, Olah a affirmé que les modèles d'intelligence artificielle actuels présentent des signes d'introspection et des états intérieurs assimilables à des émotions. Une déclaration qui tranche nettement avec la position du document papal lui-même, lequel stipule que "ces systèmes imitent simplement certaines fonctions de l'intelligence humaine" sans en posséder la profondeur. La confrontation entre ces deux lectures de l'IA, lors d'un même événement, illustre la fracture qui traverse le débat sur la conscience artificielle. Qu'un co-fondateur d'Anthropic défende publiquement l'hypothèse d'états émotionnels dans les LLMs n'est pas anodin : cela légitime une position encore marginale dans la communauté scientifique et donne du poids aux recherches sur le "bien-être des modèles" qu'Anthropic mène en interne. Pour les entreprises, les régulateurs et les philosophes, cette question a des implications concrètes sur la responsabilité éthique envers les systèmes IA. Anthropic est l'une des rares entreprises à avoir officiellement intégré le bien-être des modèles dans ses priorités de recherche, une approche scrutée avec scepticisme par une majorité de chercheurs. L'invitation d'Olah au Vatican signale que l'Église catholique cherche à dialoguer directement avec les acteurs tech sur les enjeux anthropologiques de l'IA, un positionnement que Léon XIV semble vouloir incarner dès le début de son pontificat.

UEL'encyclique papale et la thèse d'Anthropic sur la conscience des IA alimenteront les débats éthiques en Europe, notamment dans le cadre de l'implémentation de l'AI Act et des réflexions sur la responsabilité juridique envers les systèmes IA.

💬 Olah au Vatican pour défendre la thèse des émotions dans les LLMs, c'est inattendu, et en même temps pas tant que ça. Anthropic travaille sérieusement sur le "bien-être des modèles" depuis un moment (ça reste marginal dans la recherche académique, mais c'est pas du vent). Le pape dit que l'IA imite, Olah dit qu'elle ressent peut-être, et ce flou va finir par peser dans les débats sur la responsabilité juridique côté AI Act.

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Pourquoi ne pas laisser la sélection du modèle par défaut dans Copilot, Gemini et autres outils IA
33The Decoder 

Pourquoi ne pas laisser la sélection du modèle par défaut dans Copilot, Gemini et autres outils IA

Le mathématicien Adam Kucharski a mis en évidence une faille frappante dans Microsoft Copilot : lorsqu'il a soumis à l'outil des jeux de données strictement identiques en changeant uniquement les étiquettes de pays, Copilot a produit des analyses détaillées faisant état de différences nationales qui n'existaient tout simplement pas. Au lieu de détecter l'absence de variation dans les chiffres, le modèle par défaut a généré des stéréotypes circonstanciés, présentant des résultats fabriqués comme s'ils étaient fondés sur les données réelles. Cette expérience, reproductible avec d'autres plateformes comme Gemini, révèle un angle mort systématique dans les outils d'IA généraliste utilisés au quotidien. Le problème n'est pas anodin : des professionnels s'appuient sur ces outils pour analyser des données économiques, sociales ou médicales, et un modèle qui confond ses propres biais culturels avec une analyse factuelle peut conduire à des décisions erronées sans que l'utilisateur s'en aperçoive. Les modèles dits "de raisonnement" (o3 d'OpenAI, les modes thinking de Gemini, etc.) parviennent à détecter ce type de piège, mais uniquement si l'utilisateur choisit activement de les activer, ce que la grande majorité ne fait pas. Ce constat pointe vers un problème de conception plus large : les interfaces de Copilot, Gemini ou ChatGPT proposent un modèle par défaut qui n'est pas nécessairement adapté à toutes les tâches, sans guider l'utilisateur vers le bon outil. Alors que Microsoft et Google intègrent l'IA dans des environnements professionnels sensibles, la question de la sélection automatique ou assistée du modèle selon le contexte d'usage devient un enjeu de fiabilité critique, que les éditeurs n'ont pas encore pleinement résolu.

UELes professionnels européens utilisant Copilot ou Gemini pour analyser des données économiques, sociales ou médicales s'exposent à des décisions fondées sur des analyses fabriquées, un risque de fiabilité directement dans le viseur de l'AI Act pour les systèmes à usage professionnel sensible.

💬 Le test d'Adam Kucharski est glaçant: données identiques, étiquettes de pays changées, et Copilot invente des différences nationales bien argumentées. Le modèle ne ment pas au sens classique, il comble les vides avec ses biais culturels, et ça passe parce que c'est fluide et ça semble fondé. Utiliser ces outils sur des données pro sans activer les modes raisonnement, c'est signer un rapport avec un outil qui hallucine en silence.

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Comment l’apprentissage automatique redéfinit la fidélisation des joueurs dans le secteur des jeux d’argent en ligne ?
34Le Big Data 

Comment l’apprentissage automatique redéfinit la fidélisation des joueurs dans le secteur des jeux d’argent en ligne ?

Les plateformes de jeux d'argent en ligne s'appuient désormais sur des algorithmes d'apprentissage automatique pour analyser le comportement de leurs utilisateurs et personnaliser chaque session. Ces systèmes collectent quatre types de données clés : le jeu favori du joueur, la durée moyenne de ses sessions, les montants habituellement misés et les horaires de connexion. À partir de ces paramètres, l'IA construit un profil comportemental individuel qui sert de base à toute la stratégie de fidélisation. Le catalogue de jeux proposé à chaque utilisateur, machines à sous, tables de poker, tournois de roulette, sessions de blackjack, est ainsi trié et mis en avant selon ces préférences détectées automatiquement. L'enjeu pour les opérateurs est considérable : une recommandation pertinente augmente le temps passé sur la plateforme et le sentiment de reconnaissance ressenti par le joueur, ce qui renforce mécaniquement la rétention. Le système fonctionne de manière autonome, sans intervention humaine à chaque interaction, et s'actualise en continu au fil des nouvelles données générées par l'utilisateur. Pour les casinos en ligne, cette personnalisation à grande échelle remplace les approches marketing généralistes par un ciblage individuel quasi chirurgical, réduisant le taux de désengagement et allongeant la durée de vie client. Pour les joueurs, l'expérience semble sur mesure, ce qui crée une adhérence psychologique difficile à rompre. Ces mêmes algorithmes sont également déployés à des fins de prévention des risques : lorsque les schémas de mise s'écartent soudainement des habitudes enregistrées, le système déclenche une alerte transmise aux équipes de modération, qui peuvent alors intervenir pour limiter les dépenses excessives. Ce double usage de la technologie, maximiser l'engagement d'un côté, identifier les comportements compulsifs de l'autre, reflète une tension réglementaire croissante dans le secteur. En Europe, plusieurs juridictions imposent désormais aux opérateurs des outils de détection du jeu problématique, ce qui pousse les plateformes à intégrer la protection du joueur directement dans leurs pipelines de données. La frontière entre fidélisation commerciale et manipulation psychologique reste cependant un sujet de débat actif entre régulateurs, associations de santé publique et acteurs de l'industrie.

UEPlusieurs juridictions européennes imposent aux opérateurs de jeux en ligne des outils de détection du jeu problématique, les contraignant à intégrer la protection des joueurs dans leurs pipelines de données IA.

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Microsoft, Meta et xAI collectent des données d'entraînement auprès de leurs propres employés
35The Information AI 

Microsoft, Meta et xAI collectent des données d'entraînement auprès de leurs propres employés

Microsoft, Meta et xAI ont recours à une source de données d'entraînement peu conventionnelle pour leurs modèles d'intelligence artificielle : leurs propres salariés. Microsoft est la dernière entreprise à avoir formalisé cette approche, en annonçant qu'elle prévoit d'exploiter le code propriétaire produit par ses quelque 100 000 ingénieurs logiciels pour entraîner ses modèles de programmation. Cette stratégie s'inscrit dans une tendance plus large observée chez les grands acteurs du secteur, qui cherchent à contourner la pénurie de données de qualité sur le marché ouvert. L'enjeu est considérable pour Microsoft, dont GitHub Copilot a perdu une partie de son avance initiale face à des concurrents comme Anthropic ou Cursor. En mobilisant les productions internes de ses développeurs, l'entreprise espère constituer un corpus de données riche, contextualisé et propriétaire, que ses rivaux ne peuvent tout simplement pas répliquer. Pour les salariés concernés, cette pratique soulève des questions sur la propriété intellectuelle et le consentement éclairé : leurs contributions professionnelles quotidiennes deviennent du carburant pour des systèmes commerciaux. Ce phénomène révèle une tension croissante dans l'industrie de l'IA : les jeux de données publics s'épuisent ou font l'objet de litiges juridiques, forçant les entreprises à se tourner vers des données internes ou synthétiques. Meta et xAI ont adopté des démarches similaires, transformant leurs effectifs en contributeurs involontaires à l'effort d'entraînement. La question de la gouvernance de ces données employés, et des droits qui s'y rattachent, devrait s'imposer comme un nouveau terrain de friction entre entreprises, syndicats et régulateurs dans les mois à venir.

UELa collecte de données professionnelles d'employés à des fins d'entraînement sans consentement explicite pourrait tomber sous le coup du RGPD, ouvrant la voie à des enquêtes des autorités européennes de protection des données et à de nouveaux contentieux syndicaux en Europe.

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Une école voulait filmer des enfants pour entraîner l’IA : les parents pètent les plombs
36Le Big Data 

Une école voulait filmer des enfants pour entraîner l’IA : les parents pètent les plombs

L'Université de Washington a dû abandonner un projet de recherche après une levée de boucliers de parents d'élèves. L'étude prévoyait d'équiper des enseignants de maternelle de caméras embarquées et d'installer des dispositifs fixes dans les salles de classe, afin de capter les interactions quotidiennes entre professeurs et enfants. Ces enregistrements devaient alimenter des modèles d'intelligence artificielle capables d'analyser la qualité pédagogique des échanges en classe. Le dispositif reposait sur un opt-out qui incluait automatiquement tous les enfants, sauf refus explicite des parents. Selon 404 Media, qui a consulté les documents transmis aux familles, les vidéos pouvaient être traitées via des services d'IA hébergés dans le cloud, sans que les entreprises impliquées ni les modèles utilisés ne soient nommément identifiés. Face aux protestations, l'université a confirmé l'arrêt du programme peu après les premières réactions négatives. Les parents ont soulevé des questions concrètes restées sans réponse satisfaisante : que devenait l'image d'un enfant dont la famille refusait de participer, dans une classe où tous les autres élèves étaient filmés ? Les chercheurs promettaient de masquer visages et noms "dans la mesure du possible", une formulation jugée nettement insuffisante. S'y ajoutaient des problèmes d'accessibilité : de nombreuses familles issues de l'immigration ne parlaient pas anglais, et aucun formulaire traduit n'était disponible. Faith Boninger, codirectrice du National Education Policy Center, a également pointé l'opacité du dispositif, notamment l'absence de réponse claire sur qui pouvait accéder aux données, combien de temps elles seraient conservées, et qui finançait réellement la recherche. Un parent interrogé anonymement par 404 Media résumait l'inquiétude collective : "Je suis troublé par l'idée que l'image de mon enfant soit utilisée dans des outils d'IA inconnus." Cet incident s'inscrit dans un mouvement de fond : l'IA s'impose rapidement dans l'éducation, portée par des investissements massifs d'entreprises comme OpenAI, Anthropic et Microsoft, qui multiplient partenariats universitaires et accès gratuits aux outils génératifs pour les étudiants et enseignants. Mais développer des modèles spécialisés dans l'éducation nécessite des volumes considérables de données réelles, et c'est précisément là que le bât blesse. Les établissements scolaires, qui accueillent des mineurs dans un cadre légalement protégé, deviennent des terrains convoités pour la collecte de données d'entraînement. L'échec du projet de l'Université de Washington illustre la tension croissante entre les besoins de l'industrie IA et les droits fondamentaux des familles, en particulier autour du consentement éclairé. À mesure que ces projets se multiplient, la gouvernance des données issues des environnements scolaires ne peut plus être reléguée en note de bas de page d'un formulaire incompréhensible.

UELe RGPD impose en Europe un consentement explicite pour le traitement des données de mineurs, rendant un dispositif d'opt-out similaire illégal, mais l'incident souligne la vigilance nécessaire face aux projets de recherche en IA dans les établissements scolaires européens.

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« Magnifica humanitas » : Le Pape et Anthropic s’unissent pour sauver nos âmes de l’IA ?
37Le Big Data 

« Magnifica humanitas » : Le Pape et Anthropic s’unissent pour sauver nos âmes de l’IA ?

Le pape Léon XIV publiera le 25 mai prochain sa première encyclique majeure, intitulée « Magnifica humanitas », entièrement consacrée à l'intelligence artificielle et ses conséquences sur l'humanité. Signée le 15 mai 2026, ce texte a été rédigé exactement 135 ans après la signature par Léon XIII de Rerum Novarum, l'encyclique fondatrice sur les droits des travailleurs à l'ère industrielle. La coïncidence est loin d'être fortuite : le pape a explicitement choisi son nom en hommage à ce prédécesseur. Contrairement à la tradition, Léon XIV présentera lui-même le texte lors d'un événement public au Vatican, aux côtés de Christopher Olah, cofondateur d'Anthropic, et des théologiennes Anna Rowlands et Léocadie Lushombo. Le document devrait cibler en priorité les effets de l'IA sur le travail humain et condamner ses applications militaires. Cette encyclique marque une étape importante à double titre. Pour l'Église catholique d'abord, qui dispose avec ce format de l'un de ses outils de parole les plus solennels pour définir les priorités d'un pontificat face aux grandes mutations de société. Pour l'industrie technologique ensuite, car la présence de Christopher Olah à l'événement souligne l'intérêt stratégique qu'Anthropic et ses concurrents trouvent à s'associer à une institution de 1,3 milliard de fidèles. Un tel rapprochement peut offrir à l'entreprise californienne une caution morale dans un secteur souvent accusé de négliger l'impact humain de ses technologies. Anthropic avait d'ailleurs déjà consulté un prêtre lors de la rédaction de la « constitution » de son modèle Claude, l'ensemble de règles censé guider son comportement. Ce texte s'inscrit dans une préoccupation vaticane qui remonte au-delà du pontificat de Léon XIV. Dès le début de l'année, le pape avait publié un message pour la 60e Journée mondiale des communications sociales, intitulé « Préserver les voix et les visages humains », dans lequel il mettait en garde contre des systèmes capables d'imiter l'empathie, les voix et les expressions humaines au risque de dégrader les relations sociales. Depuis plusieurs années, les géants de la tech tentent également de tisser des liens discrets avec le Vatican, cherchant à transformer une légitimité morale institutionnelle en bouclier contre les critiques. Mais l'Église, sous François puis Léon XIV, maintient un discours ferme centré sur la dignité humaine et la justice sociale, qui ne coïncide pas toujours avec les intérêts des entreprises de la Silicon Valley. La question de savoir si ce dialogue débouchera sur une influence réelle ou restera une opération d'image pour les deux parties reste entière.

UEL'encyclique papale, émise depuis le Vatican et relayée par l'Église catholique très présente en France et en Europe, est susceptible de peser sur les débats législatifs européens autour de la dignité humaine et des usages militaires de l'IA, thématiques déjà au cœur de l'AI Act.

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arXiv : les chercheurs qui soumettent des articles genAI erronés seront suspendus un an
38Next INpact 

arXiv : les chercheurs qui soumettent des articles genAI erronés seront suspendus un an

arXiv, la plateforme de prépublication scientifique de référence, vient d'annoncer une politique de suspension d'un an à l'encontre de tout chercheur soumettant un article dont le contenu généré par intelligence artificielle n'a manifestement pas été vérifié. C'est Thomas Dietterich, responsable adjoint de la plateforme, qui a détaillé la mesure dans un thread publié sur X, en donnant des exemples concrets de preuves irréfutables : des références bibliographiques fantaisistes, des méta-commentaires laissés tels quels par le LLM comme « voici un résumé de 200 mots, souhaitez-vous que j'y apporte des modifications ? », ou encore des tableaux vides accompagnés d'une note invitant l'auteur à les compléter avec ses propres données. Après cette année de bannissement, les auteurs concernés ne pourront soumettre à nouveau que des articles déjà acceptés par une revue ou une conférence avec comité de lecture, ce qui réduit considérablement l'intérêt de passer par arXiv. La mesure vise à restaurer la confiance dans un espace qui constitue le premier point d'entrée de la recherche mondiale avant la publication formelle. Dietterich a résumé l'enjeu avec une clarté directe : si un article contient des preuves que ses auteurs n'ont pas vérifié les sorties d'un grand modèle de langage, rien dans ce document ne peut être considéré comme fiable. Pour les chercheurs, les ingénieurs et les décideurs qui s'appuient sur arXiv pour suivre l'état de l'art, la prolifération d'articles contaminés par des hallucinations non détectées représente un risque concret sur la qualité des travaux en aval. La politique rappelle également que la signature d'un article engage chaque auteur sur l'intégralité de son contenu, indépendamment de la façon dont ce contenu a été produit. La décision d'arXiv s'inscrit dans un contexte de saturation progressive de l'écosystème scientifique par les outils génératifs. Revues académiques et actes de conférences font face au même phénomène, et plusieurs éditeurs ont durci leurs politiques ces derniers mois. La plateforme avait déjà explicité dans sa charte de modération que la responsabilité des contenus générés par IA incombait aux auteurs, mais la masse de soumissions problématiques a visiblement rendu nécessaire de rendre la sanction publique et explicite. Des chercheurs comme l'économiste James D. Miller soulèvent des questions légitimes sur la responsabilité collective dans les articles multi-auteurs, notamment lorsqu'un coauteur ne peut pas vérifier une référence dans une langue ou un domaine qui n'est pas le sien. arXiv a indiqué qu'une procédure d'appel existe et que toute sanction doit être documentée et confirmée par le responsable disciplinaire de la plateforme avant d'être appliquée.

UELes chercheurs européens qui soumettent sur arXiv devront s'assurer de vérifier scrupuleusement tout contenu généré par LLM dans leurs articles, sous peine d'une suspension d'un an qui les priverait du principal canal mondial de prépublication scientifique.

💬 Quand ton article contient la phrase "souhaitez-vous que j'apporte des modifications ?", c'est pas un bug, c'est une démission de chercheur. Un an de suspension, ça paraît sévère, mais Dietterich a raison sur le fond : si tu n'as pas vérifié les sorties du LLM, ton article entier est suspect. Reste à voir comment ça s'applique aux équipes de vingt auteurs où personne n'a lu la même section.

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☕️ Le pape lance une commission sur l’intelligence artificielle
39Next INpact 

☕️ Le pape lance une commission sur l’intelligence artificielle

Le pape Léon XIV a annoncé dimanche 18 mai 2026 la création d'une commission vaticane dédiée à l'intelligence artificielle, chargée de coordonner la réponse de l'Église catholique au développement de ces technologies. Cette annonce intervient quelques jours avant la publication de la première encyclique du souverain pontife, prévue pour le 25 mai, dont le contenu reste confidentiel mais qui doit tracer les orientations morales de l'Église sur plusieurs sujets contemporains, dont l'IA. La commission a pour mandat explicite d'examiner la technologie, ses effets potentiels sur les êtres humains et l'humanité entière, ainsi que les préoccupations de l'Église concernant la dignité de chaque personne. Cette initiative traduit une volonté d'institutionnaliser la réflexion éthique catholique sur l'IA à un moment où la technologie s'impose dans tous les secteurs de la société. Pour des centaines de millions de fidèles catholiques dans le monde, cette commission pourrait constituer un cadre de référence moral face à des outils dont l'adoption est souvent plus rapide que la réflexion éthique. L'Église se positionne ainsi non pas comme un acteur technologique, mais comme une autorité morale capable d'interpeller gouvernements et entreprises sur les garde-fous nécessaires, notamment en matière de dignité humaine, de travail et d'usage responsable des données. Cette démarche s'inscrit dans un contexte plus large où les grands développeurs d'IA cherchent activement des repères éthiques auprès des traditions religieuses et philosophiques. Des entreprises comme Google, Microsoft ou des startups spécialisées ont multiplié les consultations avec des leaders religieux de toutes confessions. Le Vatican lui-même avait déjà pris position sur le sujet par le passé, Léon XIV ayant notamment demandé aux prêtres de ne pas utiliser l'IA pour rédiger leurs homélies. Avec cette commission permanente et l'encyclique à venir, l'Église catholique franchit un cap en dotant sa réflexion d'une structure institutionnelle durable, susceptible de peser dans les débats réglementaires internationaux.

UELa commission vaticane et la future encyclique pourraient peser dans les débats réglementaires européens sur l'éthique de l'IA, notamment sur les exigences de dignité humaine déjà inscrites dans l'AI Act.

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☕️ Le pape lance une commission sur l’intelligence artificielle
40Next INpact 

☕️ Le pape lance une commission sur l’intelligence artificielle

Le Vatican a annoncé dimanche la création d'une commission officielle dédiée à l'intelligence artificielle, chargée de coordonner la réponse de l'Église catholique au développement de ces technologies. L'annonce intervient alors que le pape Léon XIV vient de signer sa première encyclique, dont le contenu n'a pas encore été rendu public mais qui devrait traiter de plusieurs questions morales contemporaines, dont celles soulevées par le déploiement de l'IA. Cette commission a pour mandat d'examiner la technologie elle-même, ses effets potentiels sur les êtres humains et l'humanité dans son ensemble, ainsi que les préoccupations de l'Église concernant la dignité de chaque personne. La démarche n'est pas anodine : en institutionnalisant une réponse collective via une commission dédiée, l'Église catholique, forte de son 1,4 milliard de fidèles, se positionne comme un interlocuteur structuré dans le débat mondial sur l'éthique de l'IA. Cela dépasse le cadre purement spirituel. Une institution dont l'influence traverse les gouvernements, les cultures et les continents qui prend position formellement sur l'IA peut peser sur les opinions publiques et, indirectement, sur les régulateurs. Pour les fidèles, cela offre également un cadre moral de référence dans un domaine où les repères manquent encore largement. Cette initiative s'inscrit dans une continuité : le pape avait déjà demandé aux prêtres de ne pas utiliser l'IA pour rédiger leurs homélies, signal fort d'une méfiance envers la délégation de la parole spirituelle à des machines. Plus largement, les grandes entreprises technologiques se tournent de plus en plus ouvertement vers les leaders religieux pour chercher des orientations éthiques, reconnaissant implicitement que les cadres réglementaires seuls ne suffisent pas à répondre aux questions de sens que pose l'IA. La commission vaticane s'inscrit donc dans un mouvement plus large où morale, spiritualité et développement technologique cherchent à dialoguer.

UEL'Église catholique, institution très présente en France et dans l'UE, structure sa réponse à l'IA via une commission officielle susceptible de peser sur les débats éthiques et d'influencer indirectement les régulateurs européens.

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arXiv suspend un an les auteurs qui soumettent du contenu IA médiocre
41Ars Technica AI 

arXiv suspend un an les auteurs qui soumettent du contenu IA médiocre

Le serveur de prépublication arXiv, référence mondiale pour la physique, l'astronomie et d'autres disciplines scientifiques, annonce des sanctions sévères contre les soumissions contenant du contenu généré par intelligence artificielle de manière inappropriée. Thomas Dietterich, professeur émérite à l'Oregon State University et membre du conseil consultatif éditorial ainsi que de l'équipe de modération d'arXiv, a révélé la mesure sur les réseaux sociaux : tout auteur reconnu coupable d'avoir soumis du contenu IA non conforme se verra interdit de soumission pendant un an, et toutes ses publications futures devront passer par un processus de révision par les pairs avant d'être hébergées sur la plateforme, et ce de façon permanente. Cette décision répond à une dégradation visible de la qualité des soumissions scientifiques depuis la généralisation des grands modèles de langage. Des citations inventées, des réponses de prompts copiées sans modification et des diagrammes incohérents ont réussi à franchir les filtres des éditeurs et des relecteurs dans plusieurs revues, souvent sans conséquences claires pour leurs auteurs. En ciblant la diffusion avant même la publication formelle, arXiv cherche à endiguer la contamination à la source, protégeant ainsi la crédibilité d'un outil utilisé quotidiennement par des milliers de chercheurs pour partager leurs travaux en amont de la validation officielle. arXiv occupe une place centrale dans l'écosystème scientifique mondial : fondé en 1991, il héberge plus de deux millions de prépublications et constitue souvent le premier point de contact entre chercheurs et nouvelles découvertes. La plateforme n'est pas la seule à durcir le ton : plusieurs revues académiques ont déjà introduit des restrictions explicites sur l'usage de l'IA dans la rédaction scientifique. La mesure annoncée par Dietterich reste à confirmer officiellement par la direction d'arXiv, qui n'avait pas encore répondu aux demandes de précision au moment de la publication. Si elle est validée, elle pourrait faire jurisprudence pour d'autres serveurs de prépublication.

UELes chercheurs français et européens publiant sur arXiv devront s'assurer de la conformité de leurs soumissions aux nouvelles règles d'usage de l'IA, sous peine de suspension d'un an et d'une obligation permanente de relecture par les pairs.

💬 C'est la mesure qu'on attendait depuis qu'on a commencé à voir des prompts bruts copiés-collés dans des papiers de physique. Un an de suspension plus revue permanente obligatoire, ça fait mal, et c'est probablement la seule chose qui fera vraiment réfléchir avant de laisser GPT finir la section "méthodes". Reste à voir si arXiv valide officiellement, parce que pour l'instant c'est un tweet d'un membre du conseil.

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☕️ Meta promet des discussions « vraiment privées » avec son IA
42Next INpact 

☕️ Meta promet des discussions « vraiment privées » avec son IA

Meta a annoncé le lancement d'un mode "Discussion Incognito" pour son assistant Meta AI, disponible sur WhatsApp et dans l'application dédiée Meta AI. Cette fonctionnalité s'appuie sur la technologie maison de traitement privé des requêtes, déployée l'an dernier, qui empêche toute interception des échanges, y compris par Meta elle-même. Les conversations sont traitées dans un environnement sécurisé, ne sont pas enregistrées sur les serveurs de l'entreprise et disparaissent dès la fin de la session. Mark Zuckerberg n'a pas hésité à se montrer conquis par l'initiative : "Il s'agit du premier grand produit d'IA pour lequel aucune trace de vos conversations n'est stockée sur des serveurs." À titre de comparaison, le mode temporaire de ChatGPT conserve les échanges jusqu'à 30 jours, et Google Gemini jusqu'à 72 heures. Cet engagement sur la confidentialité répond à un besoin réel, documenté : les utilisateurs d'assistants IA posent régulièrement des questions très personnelles sur leur santé, leurs finances ou leur vie privée. OpenAI avait ainsi révélé lors de la présentation de ChatGPT Health que la santé figurait parmi les usages les plus fréquents de son assistant. Offrir un espace de discussion sans traçabilité change concrètement le rapport de confiance entre l'utilisateur et la plateforme, en particulier pour des interactions que l'on ne souhaite pas voir monétisées ou exploitées à des fins publicitaires. La décision de Meta est d'autant plus notable qu'elle intervient dans un contexte pour le moins paradoxal : le 8 mai, la société a supprimé le chiffrement de bout en bout des messageries Instagram, au motif que la fonctionnalité était trop peu utilisée et trop complexe. Ce choix illustre une tension de fond chez Meta, dont le modèle économique repose quasi exclusivement sur la publicité ciblée. En renforçant la confidentialité de son IA tout en retirant une protection des communications humaines, l'entreprise semble vouloir rassurer les utilisateurs sur ses ambitions dans l'IA générative, un terrain où la confiance est devenue un argument concurrentiel à part entière. Meta prend soin de souligner, non sans malice, que d'autres applications proposant des fonctions similaires restent en mesure de consulter les questions posées et les réponses reçues, ciblant implicitement ses concurrents OpenAI et Google.

UELe mode incognito sur WhatsApp répond directement aux exigences du RGPD et aux attentes des utilisateurs européens soucieux de confidentialité, dans un contexte où la CNIL et les régulateurs de l'UE examinent de plus en plus les pratiques de collecte de données des assistants IA.

💬 Meta enlève le chiffrement de bout en bout sur Instagram le 8 mai, et cinq jours après annonce que son IA sera "vraiment privée". Le grand écart. La techno derrière semble sérieuse (enclaves sécurisées, zéro trace serveur), mais le timing dit tout sur les motivations.

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☕️ Meta promet des discussions « vraiment privées » avec son IA
43Next INpact 

☕️ Meta promet des discussions « vraiment privées » avec son IA

Meta a lancé une fonctionnalité appelée "Discussion Incognito" pour son assistant Meta AI, disponible dans WhatsApp et dans l'application dédiée Meta AI. Annoncée en mai 2026, cette option permet de discuter avec l'assistant dans un environnement dit sécurisé, basé sur la technologie maison de traitement privé des requêtes développée l'an dernier. Concrètement, les conversations ne sont pas enregistrées sur les serveurs de Meta, et elles sont supprimées à la fin de chaque session. Mark Zuckerberg a déclaré qu'il s'agissait du "premier grand produit d'IA pour lequel aucune trace de vos conversations n'est stockée sur des serveurs". Meta précise également que, contrairement à d'autres plateformes concurrentes, les questions et réponses ne sont pas accessibles à des tiers : le chat temporaire de ChatGPT conserve les données jusqu'à 30 jours, et celui de Gemini jusqu'à 72 heures. Cette initiative répond à un besoin réel : de nombreux utilisateurs posent à leurs assistants IA des questions très personnelles, touchant à leur santé, leurs finances ou leur vie privée. OpenAI avait lui-même révélé lors de la présentation de ChatGPT Health que les questions médicales figuraient parmi les usages les plus fréquents de son assistant. Dans ce contexte, la promesse d'une confidentialité totale devient un argument commercial fort, en particulier pour Meta, dont le modèle économique repose quasi exclusivement sur la collecte de données personnelles à des fins publicitaires. Proposer un espace d'échange véritablement privé représente donc une rupture symbolique notable avec l'image habituelle de l'entreprise. La décision n'est pas sans ironie. Le 8 mai, Meta a discrètement supprimé le chiffrement de bout en bout sur Instagram, justifiant ce recul par la complexité d'utilisation et la très faible adoption de la fonctionnalité. Autrement dit, la protection maximale des échanges entre humains a été abandonnée au motif qu'elle était peu pratique, tandis qu'elle devient un argument de vente pour les conversations avec une IA. Cette asymétrie soulève des questions sur les priorités réelles de l'entreprise en matière de vie privée. La technologie sous-jacente, documentée dans un livre blanc public, empêche théoriquement même Meta d'accéder au contenu des échanges, ce qui représente une contrainte technique significative pour un groupe habitué à monétiser chaque donnée utilisateur. La concurrence entre les grandes plateformes sur la confidentialité de leurs IA s'annonce comme un terrain de bataille croissant, à mesure que ces outils pénètrent les usages les plus intimes du quotidien.

UEWhatsApp étant l'application de messagerie dominante en France et en Europe, cette fonctionnalité touche directement des millions d'utilisateurs européens qui partagent des données sensibles avec Meta AI, dans un contexte de vigilance accrue autour du RGPD.

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Pornographie deepfake : corps volés, et l'IA qui divulgue des numéros privés
44MIT Technology Review 

Pornographie deepfake : corps volés, et l'IA qui divulgue des numéros privés

En 2023, une femme prénommée Jennifer a passé sa photo de profil professionnelle dans un logiciel de reconnaissance faciale pour vérifier si ses anciennes vidéos pour adultes remonteraient dans les résultats. Elles sont apparues, mais avec une surprise : une de ses vidéos originales avait été modifiée, son visage remplacé par celui d'une autre personne. Son corps, lui, était toujours là. Ce cas illustre une réalité peu discutée du deepfake pornographique : si le débat se concentre habituellement sur les victimes dont le visage est incrusté sans consentement dans des contenus explicites, les créatrices de contenu adulte dont le corps est utilisé comme base sont quasi invisibles dans ce débat. Elles témoignent que des systèmes d'IA s'entraînent sur leurs productions, clonent leurs apparences, et génèrent des contenus qu'elles n'ont jamais approuvés, sans protection juridique réelle ni moyen de contrôle. En parallèle, une autre atteinte à la vie privée prend de l'ampleur : des chatbots IA comme Gemini divulguent des numéros de téléphone personnels. Un développeur a commencé à recevoir des messages WhatsApp de parfaits inconnus après que Gemini avait rendu son numéro accessible. Une chercheuse universitaire a réussi à obtenir le numéro privé d'une collègue via le même outil. Un utilisateur Reddit a vu affluer des appels de personnes cherchant des avocats, son numéro ayant été fourni par erreur par l'IA. Ces deux phénomènes ont des conséquences concrètes et durables. Pour les créatrices de contenu adulte, la perte de contrôle sur leur image corporelle menace directement leurs revenus et leur sécurité, dans un secteur déjà vulnérable juridiquement. Pour les victimes de fuites de numéros, le harcèlement involontaire généré est difficile à stopper : les experts consultés par le MIT Technology Review estiment que ces données personnelles proviennent des corpus d'entraînement des modèles, et qu'aucun mécanisme simple ne permet aux victimes d'y remédier. Ces incidents révèlent une fragilité systémique : l'IA rend triviale la recherche d'informations qui étaient auparavant dispersées ou inaccessibles. Ces problèmes s'inscrivent dans un contexte plus large de régulation encore balbutiante autour de l'IA générative. Le droit à l'image, la propriété intellectuelle sur les corps, et la protection des données personnelles n'ont pas été conçus pour répondre à ces usages. Pendant ce temps, d'autres signaux alimentent les tensions autour de l'IA : Sam Altman détient plus de deux milliards de dollars d'investissements dans des entreprises ayant des relations commerciales avec OpenAI, soulevant des accusations de conflits d'intérêts examinées par le Parti républicain. Et une étude relayée par 404 Media suggère que les développeurs perdent leurs capacités techniques à force de déléguer à l'IA, alimentant un début de backlash populaire contre sa généralisation.

UELe RGPD et l'AI Act encadrent en principe la collecte biométrique et les deepfakes non consentis, mais les victimes européennes disposent de peu de recours concrets face à des modèles entraînés sur des corpus étrangers et des plateformes peu coopératives.

💬 Ce qui me dérange dans ces deux histoires, c'est que l'IA n'a rien inventé : elle rend juste trivial ce qui était difficile avant. Un numéro dispersé dans un corpus, un corps dans une vieille vidéo, tu n'y accédais pas sans outil spécialisé, mais maintenant c'est cherchable et exploitable en quelques secondes. Le droit a été conçu pour un monde où l'information restait éparpillée, et ce monde-là n'existe plus.

ÉthiqueActu
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Le choc de voir son corps utilisé dans un deepfake pornographique
45MIT Technology Review 

Le choc de voir son corps utilisé dans un deepfake pornographique

En 2023, Jennifer, psychothérapeute de 37 ans installée à New York, a passé sa nouvelle photo professionnelle dans un logiciel de reconnaissance faciale pour vérifier si ses anciennes vidéos d'adultes, tournées une décennie plus tôt, remontaient dans les résultats. Le programme a bien retrouvé certains de ses contenus, mais aussi quelque chose qu'elle n'avait jamais vu : une de ses vidéos de 2013, avec le corps qui était le sien, mais un visage étranger à la place du sien. L'outil l'avait identifiée parce que ses traits physiques restaient visibles sous le visage substitué, ses pommettes, son front, la forme de son menton. Ce phénomène s'inscrit dans la catégorie des "deepfakes sexuels", qui relèvent plus largement des images intimes non consenties (NCII). Le terme "deepfake" lui-même est apparu en novembre 2017, quand un utilisateur Reddit du même nom a mis en ligne des vidéos montrant les visages de célébrités comme Scarlett Johansson ou Gal Gadot collés sur des corps de performers adultes. Selon l'avocat Corey Silverstein, spécialiste du secteur, l'utilisation non consentie des corps de ces acteurs "arrive en permanence" dans ce type de contenu. Ce qui rend la situation particulièrement préoccupante, c'est que le débat public sur les deepfakes se concentre presque exclusivement sur les personnes dont le visage est utilisé sans autorisation, souvent des célébrités ou des particulières. La question du corps, elle, reste systématiquement ignorée. Pourtant, pour les créateurs de contenu adulte, les enjeux sont doubles : d'un côté, leur travail est piraté et détourné directement, de l'autre, il sert de données d'entraînement aux modèles d'IA générative qui apprennent à reproduire des corps, des mouvements, des performances sexuelles. Ces modèles alimentent à leur tour des applications de "nudification" en pleine prolifération, capables de générer des images réalistes sans avoir besoin de puiser directement dans du contenu identifiable. Le résultat : les performers voient leur gagne-pain menacé par des avatars IA formés sur leur propre travail, qui pourraient les concurrencer ou les remplacer. Les avancées récentes de l'IA compliquent encore davantage la situation en permettant de recréer intégralement l'apparence d'un performer sans son consentement, y compris dans des situations ou des actes qu'il n'a jamais accepté de tourner. Des doubles numériques peuvent ainsi être mis en scène dans des escroqueries ciblant les fans, ou associés à des pratiques que l'acteur refuse catégoriquement dans la réalité. Ces créateurs, déjà fragilisés par une société qui peine à reconnaître leurs droits et leur sécurité, se retrouvent dans une position encore plus vulnérable. Silverstein reçoit chaque jour des acteurs inquiets de voir leurs contenus exploités par l'IA, cherchant comment se protéger d'une menace que le droit peine encore à saisir.

UELe phénomène des deepfakes pornographiques non consentis touche également des victimes européennes, dans un contexte où l'AI Act et plusieurs législations nationales commencent à encadrer la création et la diffusion d'images intimes générées par IA.

ÉthiqueActu
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Des chatbots IA divulguent de vrais numéros de téléphone
46MIT Technology Review 

Des chatbots IA divulguent de vrais numéros de téléphone

Depuis plusieurs mois, des utilisateurs de Google Gemini signalent un phénomène alarmant : le chatbot d'IA fournit de vrais numéros de téléphone personnels lorsqu'on lui demande des informations de contact pour des entreprises. En mars, Daniel Abraham, développeur logiciel israélien de 28 ans, a reçu un message WhatsApp d'un inconnu cherchant à contacter le service client de PayBox, une application de paiement israélienne, Gemini lui avait fourni le numéro personnel d'Abraham, qui n'a aucun lien avec la société. Lorsqu'Abraham a lui-même interrogé Gemini sur PayBox, le chatbot a généré un autre numéro WhatsApp appartenant à un particulier. Un Redditor a également rapporté avoir été submergé d'appels pendant un mois entier de la part d'inconnus cherchant avocats, designers ou serruriers. En avril, une doctorante de l'Université de Washington a obtenu de Gemini le numéro de portable personnel d'un collègue. La cause probable, selon les experts, est l'utilisation d'informations personnelles identifiables dans les données d'entraînement des modèles. Ces incidents illustrent un risque concret et massif pour la vie privée. DeleteMe, entreprise spécialisée dans la suppression de données personnelles en ligne, signale une hausse de 400 % des demandes liées à l'IA générative en sept mois, atteignant plusieurs milliers de requêtes. Parmi ces signalements, 55 % concernent ChatGPT, 20 % Gemini, 15 % Claude et 10 % d'autres outils. Les plaintes prennent deux formes : soit un utilisateur obtient ses propres données personnelles (adresse, numéro de téléphone, membres de sa famille, employeur) en interrogeant le chatbot sur lui-même, soit le chatbot génère des coordonnées plausibles mais erronées appartenant à de vraies personnes tierces. Dans les deux cas, les conséquences peuvent être graves : harcèlement, arnaques, usurpation d'identité. Et pour l'instant, il n'existe aucun mécanisme simple permettant aux victimes de faire retirer leurs données de ces systèmes. Ce problème s'inscrit dans un débat plus large sur la façon dont les géants de l'IA constituent leurs données d'entraînement. Les modèles de langage comme Gemini sont entraînés sur des corpus massifs extraits du web, qui contiennent inévitablement des informations personnelles publiées dans des annuaires, forums ou pages professionnelles. Contrairement aux moteurs de recherche classiques qui renvoient vers des sources vérifiables, les chatbots génèrent des réponses synthétiques sans transparence sur leur origine, rendant la vérification impossible pour l'utilisateur. Google n'a pas fourni d'explication sur les mécanismes précis à l'oeuvre, ni de solution pour les personnes dont les numéros circulent ainsi. Avec la généralisation des assistants IA dans les usages quotidiens, cette faille soulève des questions réglementaires urgentes, notamment en Europe où le RGPD impose des obligations strictes sur le traitement des données personnelles.

UELe RGPD impose aux éditeurs de chatbots des obligations strictes sur le traitement et l'effacement des données personnelles, exposant Google et ses concurrents à des sanctions potentielles de la CNIL et des autorités européennes de protection des données.

💬 Des gens se font harceler au téléphone parce que Gemini a craché leur numéro perso à des inconnus cherchant un serrurier ou un avocat. Ce qui me choque, c'est qu'il n'existe aucun mécanisme pour faire retirer ses données de ces modèles (Google n'a pas daigné expliquer comment, d'ailleurs). Si t'as un profil visible en ligne, ton numéro est peut-être quelque part dans un corpus d'entraînement.

ÉthiqueOpinion
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Mark Zuckerberg annonce un chat Meta AI chiffré et entièrement privé
47The Verge AI 

Mark Zuckerberg annonce un chat Meta AI chiffré et entièrement privé

Mark Zuckerberg a annoncé mardi le lancement d'Incognito Chat, un nouveau mode de conversation avec Meta AI qui se distingue par le chiffrement de bout en bout et l'absence totale de journalisation des échanges sur les serveurs de l'entreprise. Selon le PDG de Meta, il s'agit du premier grand produit d'IA où aucun historique de conversation n'est conservé, ni dans l'interface utilisateur, ni côté serveur. La différence revendiquée avec les modes incognito des concurrents est technique et substantielle : des services comme ChatGPT ou Gemini proposent des modes similaires, mais les requêtes et réponses restent lisibles par les serveurs pendant le traitement. Meta affirme qu'avec le chiffrement de bout en bout, personne, pas même Meta, ne peut intercepter ou lire le contenu des échanges. Pour les utilisateurs soucieux de confidentialité, notamment dans un contexte professionnel ou médical, cela représente une garantie inédite de la part d'une plateforme grand public. Cette annonce intervient dans un contexte pour le moins paradoxal : Meta avait supprimé le chiffrement de bout en bout des messages directs Instagram il y a peu, suscitant des critiques virulentes de la part des défenseurs de la vie privée. La course à l'IA entre Meta, Google, OpenAI et Apple pousse désormais les géants technologiques à faire de la confidentialité un argument différenciant, au moment où les régulateurs européens et américains scrutent de plus en plus les pratiques de collecte de données liées aux assistants intelligents.

UELa fonctionnalité Incognito Chat pourrait renforcer la conformité RGPD pour les utilisateurs européens de Meta AI, au moment où les régulateurs européens scrutent les pratiques de collecte de données des assistants IA.

💬 Meta qui vend de la vie privée, c'est un peu comme McDonald's qui ouvre une salle de sport. Sauf que là, techniquement, le chiffrement de bout en bout sur un LLM c'est pas du flan : si c'est bien implémenté, personne peut lire, pas même eux. La vraie question c'est si on leur fait confiance pour l'implémenter sans backdoor, deux semaines après avoir retiré le chiffrement d'Instagram.

ÉthiqueOutil
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☕️ IA : George Clooney, Meryl Streep et Kristen Stewart soutiennent le « Human Consent Standard »
48Next INpact 

☕️ IA : George Clooney, Meryl Streep et Kristen Stewart soutiennent le « Human Consent Standard »

Des figures majeures d'Hollywood, dont George Clooney, Tom Hanks, Meryl Streep, Kristen Stewart et Steven Soderbergh, ont apporté leur soutien au Human Consent Standard, un nouveau protocole de licence conçu pour encadrer l'utilisation de l'image et de l'identité des artistes par les systèmes d'intelligence artificielle. L'initiative est portée par RSL Media, une ONG cofondée en 2025 par l'actrice Cate Blanchett, déjà à l'origine du protocole Really Simple Licensing (RSL), qui permet aux éditeurs d'appliquer des règles de licence et de paiement aux robots explorant leurs sites web. A partir de juin 2026, RSL Media publiera une base de données permettant aux utilisateurs de prouver leur identité et de paramétrer précisément les permissions qu'ils accordent aux modèles d'IA concernant l'usage de leur image, de leurs oeuvres ou de leur marque personnelle. Le Human Consent Standard fonctionne comme une extension du protocole robots.txt, mais appliqué à l'identité humaine : au lieu d'indiquer aux machines quelles pages elles peuvent explorer, il leur fournit des instructions sur la possibilité ou non de récupérer "le travail, l'identité, les personnages ou la marque concernée, quel que soit l'espace numérique où ceux-ci apparaissent", selon le cofondateur d'RSL Media Eckart Walter. Pour les artistes, l'enjeu est considérable : il s'agit de reprendre la main sur leur capital identitaire à l'heure où les modèles génératifs reproduisent voix, visage et style avec une fidélité troublante. Ce standard ouvert offrirait pour la première fois un mécanisme technique universel, contrôlable par les créateurs eux-mêmes, sans dépendre des politiques propres à chaque plateforme ou développeur d'IA. L'initiative s'inscrit dans un mouvement plus large de résistance de l'industrie créative face à l'IA générative, tentant de structurer des efforts jusqu'ici dispersés. Elle complète des démarches individuelles : l'acteur Matthew McConaughey a breveté des vidéos de son image, tandis que Taylor Swift a déposé une image et deux extraits de sa voix comme marques pour prévenir les clones IA. En France, des plateformes ont été mises en demeure de supprimer le clonage de voix de doubleurs. Derrière la mobilisation de célébrités, RSL Media joue la carte de la visibilité pour peser sur les pratiques de l'industrie tech, mais l'adoption du standard restera volontaire pour les développeurs d'IA. La véritable question est de savoir si des acteurs comme OpenAI ou Google accepteront d'intégrer ce mécanisme, eux qui n'ont pris aucun engagement public en ce sens.

UEEn France, des plateformes ont déjà été mises en demeure pour clonage vocal de doubleurs, et ce standard international pourrait renforcer les revendications des créateurs européens face aux modèles génératifs américains.

ÉthiqueActu
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☕️ IA : George Clooney, Meryl Streep et Kristen Stewart soutiennent le « Human Consent Standard »
49Next INpact 

☕️ IA : George Clooney, Meryl Streep et Kristen Stewart soutiennent le « Human Consent Standard »

George Clooney, Meryl Streep, Tom Hanks, Kristen Stewart et Steven Soderbergh figurent parmi les personnalités qui ont apporté leur soutien public au Human Consent Standard, un nouveau protocole de licence dédié à l'intelligence artificielle. L'initiative est portée par RSL Media, une ONG cofondée en 2025 par l'actrice Cate Blanchett, déjà à l'origine du protocole Really Simple Licensing (RSL), qui permet aux éditeurs d'imposer des règles d'accès et de paiement aux robots parcourant leurs sites. Le Human Consent Standard va plus loin : conçu comme un équivalent du fichier robots.txt mais appliqué à l'identité humaine, il doit permettre à chacun d'indiquer aux systèmes d'IA s'ils sont autorisés à utiliser son travail, son image, ses personnages ou sa marque, quel que soit l'espace numérique où ces éléments apparaissent. À partir de juin, RSL Media ouvrira une base de données publique dans laquelle artistes et créateurs pourront s'inscrire et paramétrer précisément les permissions qu'ils accordent ou refusent aux modèles d'IA. L'enjeu est considérable pour l'industrie du divertissement, qui se retrouve en première ligne face à des modèles capables de reproduire voix, visage et style d'un artiste sans aucun consentement ni rémunération. En dotant les machines d'une instruction lisible sur les droits d'utilisation de l'identité humaine, le Human Consent Standard cherche à créer un cadre technique et légal universel, là où les contrats traditionnels restent trop lents et trop fragmentés pour suivre la vitesse de déploiement de l'IA générative. C'est un changement de paradigme : il ne s'agit plus seulement de protéger des oeuvres mais de protéger les personnes elles-mêmes. Cette initiative s'inscrit dans une vague croissante de réactions face à l'exploitation non consentie des identités par l'IA. En France, deux plateformes ont récemment été mises en demeure de supprimer des clones vocaux de doubleurs professionnels. Du côté américain, Matthew McConaughey a breveté des vidéos de son image, tandis que Taylor Swift a déposé sa voix et son image comme marques commerciales pour contrer les clones générés par IA. Le Human Consent Standard ambitionne de proposer une infrastructure commune là où ces démarches restent aujourd'hui atomisées et coûteuses.

UEEn France, des plateformes ont déjà été mises en demeure pour clones vocaux de doubleurs professionnels, et le Human Consent Standard pourrait offrir un cadre technique complémentaire à l'AI Act pour protéger les identités numériques des artistes européens.

💬 Le robots.txt pour l'identité humaine, c'est le genre d'idée que tu lis et tu te dis "pourquoi ça n'existait pas avant". Ce qui me questionne, c'est le côté contraignant : une base de données de permissions ne vaut rien si les labos d'IA n'ont aucune obligation légale de la consulter. Mais avec Blanchett, Hanks et Streep derrière, ça a enfin le poids pour ne plus rester un vœu pieux.

Meta AI : un vrai pot de colle, vous ne pouvez pas le bloquer sur Threads
50Le Big Data 

Meta AI : un vrai pot de colle, vous ne pouvez pas le bloquer sur Threads

Meta a annoncé mardi le lancement d'un test de sa fonctionnalité Meta AI directement intégrée à Threads, son réseau social concurrent de X. Le principe reprend le modèle de Grok chez xAI : les utilisateurs peuvent mentionner le compte @Meta AI dans n'importe quelle conversation pour déclencher une réponse automatique de l'assistant. Le déploiement reste pour l'instant limité à cinq pays : l'Argentine, la Malaisie, le Mexique, l'Arabie saoudite et Singapour. L'IA peut répondre à des questions du quotidien, comme expliquer la tendance du matcha ou indiquer la prononciation du mot "Cannes", selon une vidéo de démonstration publiée par Meta elle-même. Le problème central qui a enflammé la plateforme tient en un mot : le blocage est impossible. Contrairement à n'importe quel autre compte sur Threads, Meta AI ne peut pas être bloqué par les utilisateurs. L'option habituelle, accessible via les trois points du profil, disparaît purement et simplement du menu. Certains utilisateurs ont signalé avoir brièvement aperçu le bouton avant de recevoir un message d'erreur en tentant de l'utiliser. La grogne a rapidement pris de l'ampleur : le sujet "Impossible de bloquer Meta AI" est devenu viral avec plus d'un million de publications sur la plateforme, avant de disparaître mystérieusement des tendances, ce qui n'a fait qu'amplifier la méfiance. Face à la pression, Meta a répondu via sa porte-parole Christine Pai, qui assure que les utilisateurs peuvent "gérer leur expérience" en masquant certaines réponses, en les désactivant dans leur fil ou en sélectionnant l'option "Pas intéressé(e)". Le blocage direct, lui, reste indisponible. Cette situation illustre une tension de fond qui traverse toute l'industrie des réseaux sociaux : l'intégration forcée d'assistants IA dans des espaces de conversation que les utilisateurs considèrent comme les leurs. Meta, qui cherche à monétiser et valoriser ses investissements massifs dans l'IA, a tout intérêt à maximiser l'exposition de Meta AI à travers ses milliards d'utilisateurs sur Facebook, Instagram et Threads. Mais l'absence d'option de blocage soulève des questions légitimes sur le consentement et le contrôle des utilisateurs, particulièrement en Europe où le cadre réglementaire du RGPD impose des obligations strictes en la matière. Si le test se conclut par un déploiement mondial, Meta devra probablement trancher : soit introduire une vraie option de blocage pour respecter les attentes des utilisateurs et les réglementations, soit assumer pleinement le choix de rendre son IA incontournable sur la plateforme.

UEL'impossibilité de bloquer Meta AI soulève une question de conformité directe avec le RGPD sur le consentement éclairé, ce qui obligera Meta à adapter la fonctionnalité avant tout déploiement en Europe.

💬 C'est pas un oubli, c'est assumé. Proposer "masquer la réponse" à la place du blocage, c'est la fausse alternative typique de Meta : l'IA reste dans ton fil, elle répond, elle collecte, tu n'as juste plus à la voir. Le RGPD va adorer ça.

ÉthiqueOpinion
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