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ÉthiqueThe Decoder · 1 min de lecture

Des influenceurs générés par IA inondent les réseaux sociaux de contenus pro-Trump avant les midterms

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Des centaines d'avatars générés par intelligence artificielle inondent TikTok, Instagram et YouTube avec des messages de soutien à Donald Trump à l'approche des élections de mi-mandat américaines. Certains de ces comptes ont déjà accumulé plus de 35 000 abonnés et engrangé des millions de vues. Trump lui-même a partagé du contenu produit par IA, ce qui a contribué à amplifier leur portée. L'origine de cette vague reste floue : s'agit-il d'initiatives d'activistes individuels ou d'une campagne coordonnée, personne ne le sait encore avec certitude.

Ce phénomène soulève des questions majeures sur l'intégrité de l'information politique en ligne. Des influenceurs virtuels, indiscernables de vraies personnes, peuvent diffuser des messages partisans à grande échelle, sans les contraintes légales ou éthiques qui s'appliquent aux acteurs humains. Pour les plateformes comme TikTok et Meta, la détection et la modération de ce type de contenu représentent un défi technique et politique considérable, d'autant que les algorithmes de recommandation amplifient naturellement les contenus engageants, quelle que soit leur origine.

L'utilisation de l'IA à des fins de propagande politique n'est pas nouvelle, mais la facilité avec laquelle ces avatars peuvent être créés et déployés massivement marque un tournant. Après les controverses autour des ingérences étrangères lors des élections de 2016 et 2020, les autorités américaines et les plateformes ont renforcé leurs politiques, sans pour autant anticiper ce scénario. La question de la transparence sur l'origine artificielle du contenu politique devient désormais centrale pour les régulateurs et les législateurs aux États-Unis comme en Europe.

Impact France/UE

La prolifération d'avatars politiques générés par IA interpelle directement les régulateurs européens, le Digital Services Act et l'AI Act imposant des obligations de transparence et de marquage des contenus synthétiques que les plateformes peinent encore à appliquer.

💬 L'analyse de Mathieu

On savait que ça allait arriver, mais la vitesse, là, ça surprend quand même. Des centaines de comptes coordonnés, des millions de vues en quelques semaines, c'est plus de l'expérimentation isolée, c'est une chaîne de production. Le DSA impose le marquage des contenus synthétiques, sur le papier c'est exactement pour ça qu'il existe, mais modérer à cette échelle sur TikTok sans faux positifs massifs, personne ne l'a encore réussi.

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L’intégration des IA génératives dans les réseaux sociaux influence l’opinion
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L’intégration des IA génératives dans les réseaux sociaux influence l’opinion

Des chercheurs, dont les travaux ont été publiés sur la plateforme de prépublication arXiv et acceptés à la conférence ICML 2026 selon un communiqué de l'université d'Oxford, montrent que les suggestions de reformulation proposées par les IA génératives sur les réseaux sociaux peuvent biaiser durablement les débats collectifs. LinkedIn propose depuis 2024 une fonction permettant de reformuler ses publications via un grand modèle de langage avant publication, tandis que Grok, l'IA intégrée à X, propose d'ajouter du contexte à des messages publiés par d'autres utilisateurs. Pour mesurer l'ampleur du phénomène, l'équipe a d'abord testé plusieurs modèles de langage ouverts en leur demandant de rédiger et d'améliorer des publications portant sur 13 sujets politiques, à partir d'arguments originaux et de textes rédigés par des humains : tous les modèles ont introduit des biais, parfois différents de ceux exprimés lors d'une simple conversation avec le même modèle, comme sur le thème de l'athéisme. Les chercheurs ont ensuite appliqué un modèle mathématique de dynamique d'opinion établi en 1990 pour simuler l'effet de ces biais à l'échelle d'un réseau social entier. En rejouant, avec le modèle gemma-3-12b-it de Google, des données issues de Twitter, Facebook et Google+ datant de 2012 sur le thème de l'avortement, la simulation montre qu'une population initialement anti-avortement peut basculer vers une opinion majoritairement pro-choix dès que les suggestions de reformulation générées par IA entrent en jeu. Ce résultat concerne directement des centaines de millions d'utilisateurs de plateformes proposant déjà ce type d'assistance à l'écriture. Un biais individuellement minime, presque imperceptible pour l'utilisateur qui accepte une suggestion parce qu'elle lui semble « plus convaincante », peut se propager et s'amplifier via les mécanismes d'influence interpersonnelle propres aux réseaux sociaux, jusqu'à faire basculer une opinion collective sur des sujets aussi sensibles que l'avortement, l'éducation ou la religion. Contrairement à une manipulation frontale, cette influence agit sans que l'utilisateur en ait conscience : il continue de croire qu'il exprime son propre point de vue, alors que le choix des mots, effectué par le modèle de la plateforme, a orienté le sens du message. Pour LinkedIn comme pour X, cela pose la question de la transparence de ces outils, en particulier à l'approche d'échéances électorales où la formation de l'opinion publique est un enjeu majeur. Les biais des grands modèles de langage sont documentés depuis plusieurs années, mais cette étude est l'une des premières à modéliser mathématiquement leur propagation à l'échelle d'un réseau social plutôt que d'une seule conversation. Les chercheurs se sont notamment penchés sur la fonction « explique ce message » de Grok sur X, qui ajoute du contexte à une publication sans jamais réécrire le texte de son auteur, une caractéristique qui la rend, selon eux, particulièrement difficile à détecter. L'enjeu dépasse les deux plateformes étudiées : à mesure que les fonctions d'aide à l'écriture par IA se généralisent sur les messageries professionnelles et les outils de productivité, la neutralité politique et culturelle de ces systèmes devient centrale pour les régulateurs et les entreprises qui les déploient. Les auteurs appellent à davantage de transparence sur ces biais et à des audits réguliers, avant que ces outils ne deviennent un vecteur d'influence à l'échelle de millions de conversations quotidiennes.

UELes fonctions de reformulation par IA de plateformes tres utilisees en France et en Europe (LinkedIn, X) pourraient orienter subtilement l'opinion publique lors de debats sensibles ou d'echeances electorales, posant un enjeu de transparence pour les regulateurs europeens.

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Vous vous faites avoir : ces influenceurs Instagram n’existent pas (ce sont des IA)
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Sur Instagram et d'autres plateformes, une pratique discrète mais en pleine expansion bouleverse les codes du marketing d'influence : des marques font appel à des influenceurs entièrement générés par intelligence artificielle pour promouvoir leurs produits, sans en informer clairement les internautes. Ces personnages virtuels, visages hyperréalistes, voix synthétisées, mises en scène soignées, publient des vidéos qui imitent les témoignages spontanés de vrais consommateurs. Clarissa Mansbridge, ancienne agente de célébrités et fondatrice du projet Mia Metaverse, confirme que la demande explose : son activité consiste à créer des avatars numériques sur commande pour des campagnes marketing. Une marque de cosmétiques peut ainsi obtenir en quelques heures une vidéo montrant une jeune femme appliquant une crème solaire en bord de piscine, puis la diffuser comme s'il s'agissait de contenu organique. Selon elle, une part significative du contenu de certaines grandes marques serait déjà produite par IA, mais des accords de confidentialité empêchent les prestataires de citer leurs clients. L'application Maket est l'une des rares entreprises à reconnaître publiquement avoir recouru à ces avatars numériques, en précisant toutefois qu'il s'agit avant tout d'une phase d'expérimentation créative. Le problème central est celui de la tromperie implicite. Ces personnages virtuels reproduisent avec précision les émotions, les anecdotes personnelles et les recommandations enthousiastes qui donnent aux contenus d'influence leur pouvoir de persuasion, sans que le spectateur ait les moyens de détecter l'artifice. L'association de consommateurs britannique Which? l'a mesuré concrètement : 70 % des participants à son étude n'ont pas réussi à distinguer toutes les vidéos authentiques des vidéos générées par IA. Pour les consommateurs, cela signifie qu'une recommandation en apparence sincère peut n'être que le produit d'un outil génératif commandité par l'annonceur lui-même, sans aucune expérience réelle du produit. Cette pratique s'inscrit dans une logique économique implacable. Produire une campagne classique mobilise photographes, modèles, équipes créatives et parfois des déplacements coûteux. Les outils génératifs actuels permettent de créer du contenu en quelques heures pour une fraction du coût, avec une présence illimitée et sans les contraintes liées aux personnalités humaines. Les marques y voient aussi une façon de tester des concepts créatifs à faible risque avant d'investir dans des campagnes plus importantes. Mais l'absence de réglementation claire sur le sujet laisse un vide juridique que les annonceurs exploitent : tant que la mention "contenu généré par IA" n'est pas obligatoire, la transparence reste à la discrétion des entreprises. Face à la montée en réalisme de ces outils, les régulateurs européens et américains commencent à s'intéresser à la question, mais sans cadre contraignant à ce jour, le phénomène devrait continuer à s'amplifier.

UELes consommateurs européens sont exposés à des pratiques trompeuses sans obligation légale de divulgation, tandis que les régulateurs européens s'intéressent au phénomène mais n'ont pas encore adopté de cadre contraignant sur la transparence des contenus générés par IA.

💬 L'enjeu, c'est pas le réalisme des avatars, c'est que rien n'oblige les marques à dire que c'est de l'IA. Tant que cette mention n'est pas obligatoire par la loi, le marché va s'en emparer massivement: c'est dix fois moins cher, sans contrat à renégocier ni caprice de célébrité. Les régulateurs s'y intéressent, bon, mais d'ici qu'un cadre contraignant existe, les consommateurs vont avaler des années de fausses recommandations.

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Après les livres générés par IA, les noms d’auteurs détournés pour promouvoir de l’AI slop
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L'écrivain français Julien Blanc-Gras, connu pour ses récits de voyage comme Gringoland (2005) ou Bungalow (2024), a découvert début 2026 que son nom était associé sur Amazon à un ouvrage qu'il n'a jamais écrit : Guide complet d'aventure : le manuel de survie du voyageur moderne, vendu 17,05 euros. Mis en ligne le 20 mars, le livre de 134 pages se présentait comme l'oeuvre de « l'auteur baroudeur et écrivain Julien Blanc-Gras ». L'auteur, dans une chronique publiée dans Le Monde, raconte avoir acheté l'objet « dans un geste masochiste » pour en examiner le contenu : couverture « hideuse », quatrième de couverture en bullet points, numéro ISBN « bidon », et des pages truffées de termes inventés comme l'« inflatrooting », le tout rédigé dans ce qu'il appelle une « novlangue de camelot sous ayahuasca refourguant des investissements en cryptomonnaies sur Instagram ». Il s'agit du premier cas documenté en langue française, mais des autrices anglophones comme Jane Friedman ou Vanessa Fox O'Loughlin avaient déjà subi le même traitement dès 2023. Ce type d'usurpation constitue une attaque directe contre la réputation d'auteurs réels, dont le nom sert à conférer une apparence de légitimité à du contenu généré automatiquement. L'IA générative abaisse le coût de production de ces livres fantômes à presque zéro, rendant l'arnaque massivement scalable. Amazon, pour sa part, avait initialement refusé d'agir dans le cas Jane Friedman, arguant que son nom n'était pas une marque déposée et donc pas protégé juridiquement, les livres n'ont disparu qu'après une prise de parole publique de l'autrice. Cette logique expose une faille systémique : les plateformes d'e-commerce ne sont pas équipées pour arbitrer entre un auteur légitime et un imposteur algorithmique, et les mécanismes de réclamation existants n'ont pas été conçus pour ce type de fraude à l'identité. La mécanique derrière ces arnaques est précise : selon David-Julien Rahmil, rédacteur en chef adjoint de l'ADN, des acteurs issus de la mouvance « hustle bros » ciblent des niches éditoriales spécifiques, ici le voyage, puis associent un nom d'auteur crédible pour faire remonter leur produit dans les algorithmes de recommandation d'Amazon. Le livre sert moins à être lu qu'à exister comme preuve d'une « méthode » revendue ensuite à prix fort sur les réseaux sociaux. Avec la démocratisation des outils de génération de texte, ce phénomène risque de s'accélérer et de s'étendre à d'autres langues et d'autres domaines, posant une question inédite sur la capacité des plateformes et du droit à protéger l'identité et l'oeuvre des créateurs face à des acteurs qui opèrent dans les angles morts des systèmes en place.

UEUn auteur français est directement victime d'usurpation d'identité éditoriale par IA, exposant une faille juridique systémique en France et en Europe : ni les plateformes ni le droit actuel ne protègent efficacement les créateurs contre cette fraude algorithmique à l'identité.

💬 Ce bouquin n'est pas fait pour être lu : c'est un support marketing, la preuve physique d'une "méthode" que des hustle bros vont revendre en story Instagram à 497 euros. Le nom de Blanc-Gras, c'est du référencement humain, rien de plus. Et quand Amazon explique qu'il ne peut pas agir parce que son nom n'est pas une marque déposée, ça dit tout sur l'angle mort dans lequel ces plateformes laissent les créateurs.

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Le portail d’actualités MSN de Microsoft rémunère une quarantaine de médias générés par IA
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Le portail d’actualités MSN de Microsoft rémunère une quarantaine de médias générés par IA

Le portail d'actualités MSN de Microsoft, intégré par défaut dans le widget Actualités de tous les PC sous Windows, rémunère une quarantaine de médias dont le contenu est entièrement ou majoritairement généré par intelligence artificielle, selon une enquête récente. Cette pratique contrevient aux propres lignes directrices de Microsoft, qui affirme pourtant travailler avec plus de 1 300 éditeurs de presse représentant plus de 4 500 marques à l'échelle mondiale pour offrir « le meilleur des informations en ligne ». Le portail revendique combiner algorithmes et modération humaine pour garantir des contenus conformes à ses valeurs, mais la page de présentation de sa direction éditoriale liste quatre responsables dont aucun ne travaille plus pour l'entreprise depuis 2022, 2023 ou 2024. Par ailleurs, MSN diffuse massivement des vidéos à caractère conspirationniste et favorise de manière disproportionnée les contenus de CNews, la chaîne du groupe Bolloré reconvertie en média d'opinion. Le problème dépasse la simple incohérence éditoriale : en finançant des sites automatisés via des accords de partenariat, Microsoft contribue directement à monétiser la désinformation industrielle et à fragiliser les médias traditionnels qui investissent dans des journalistes humains. Le widget Actualités de Windows étant préinstallé sur des centaines de millions de machines, la portée de ces recommandations est considérable. Des millions d'utilisateurs reçoivent ainsi, sans le savoir, un flux mêlant sources vérifiées et contenus produits à la chaîne par des IA, sans distinction apparente de fiabilité. Cette situation s'inscrit dans une trajectoire entamée en 2020, lorsque Microsoft avait licencié près de 80 journalistes constituant ses équipes éditoriales américaine et britannique, confiant intégralement la curation à des algorithmes. Ce virage vers l'automatisation, présenté à l'époque comme une modernisation, a ouvert la porte à des dérives que la plateforme ne semble ni surveiller ni corriger. La question de la responsabilité des agrégateurs technologiques dans la qualité de l'information distribuée est au coeur de débats réglementaires en Europe, notamment autour du Digital Services Act. Le cas MSN illustre la tension entre la logique économique des plateformes, qui profitent du trafic généré par tout contenu engageant quelle qu'en soit la source, et les engagements de qualité qu'elles affichent publiquement. Aucune réaction officielle de Microsoft n'avait été communiquée au moment de la publication de l'enquête.

UELe financement de contenus générés par IA fragilise les médias européens investissant dans le journalisme humain et soulève une question directe de conformité avec le Digital Services Act, notamment concernant la recommandation disproportionnée de CNews en France.

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