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ÉthiqueNumerama · 1 min de lecture

L’IA aurait dû rester en laboratoire : le patron de Google DeepMind regrette que ChatGPT soit sorti trop vite

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Demis Hassabis, PDG de Google DeepMind et lauréat du prix Nobel de chimie 2024, a exprimé publiquement ses regrets quant à la vitesse à laquelle l'IA générative a été déployée auprès du grand public. Invité du podcast de Cleo Abram, il est revenu sur le choc de novembre 2022 : le lancement de ChatGPT par OpenAI avait alors pris Google complètement par surprise, forçant l'entreprise à accélérer brutalement ses propres calendriers de publication.

Hassabis se demande ouvertement si cette course à la commercialisation n'a pas été prématurée. Selon lui, les laboratoires de recherche auraient pu consacrer davantage de temps à comprendre en profondeur les modèles, à résoudre des problèmes fondamentaux de sécurité et d'alignement, plutôt que de se battre pour des parts de marché et des titres de presse. La sortie rapide de ChatGPT a enclenché une dynamique compétitive qui contraint désormais tous les acteurs à publier vite, parfois au détriment de la rigueur scientifique.

Ce témoignage illustre une tension de fond dans l'industrie de l'IA : la pression commerciale des entreprises technologiques entre en conflit direct avec les recommandations des chercheurs qui plaident pour une approche plus prudente et progressive. Google, Microsoft, Anthropic et Meta sont aujourd'hui engagés dans une compétition effrénée où chaque annonce de modèle déclenche une réaction en chaîne. Les propos d'Hassabis alimentent un débat plus large sur la gouvernance de l'IA et la responsabilité des laboratoires face à des technologies dont les implications à long terme restent mal comprises.

Impact France/UE

Les propos d'Hassabis renforcent la position européenne en faveur d'une régulation prudente de l'IA, soutenant les arguments derrière l'AI Act face à la pression compétitive des grandes plateformes américaines.

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Les assistants conversationnels comme ChatGPT, Gemini ou Claude sont devenus des confidents numériques pour des millions d'utilisateurs, mais ces échanges apparemment privés ne le sont pas. Partager des informations personnelles, médicales ou professionnelles avec ces outils expose à des risques concrets et souvent méconnus, allant de la collecte de données à leur réutilisation à des fins commerciales. L'enjeu touche directement la souveraineté des données personnelles. Contrairement à une conversation privée, les échanges avec un chatbot sont soumis aux conditions d'utilisation des plateformes, des documents que la grande majorité des utilisateurs ne lisent jamais. Ces données peuvent être conservées sur des serveurs, analysées par des équipes humaines pour améliorer les modèles, ou transmises à des tiers partenaires. La confidentialité supposée de ces interactions est une illusion que les géants de la tech n'ont aucune obligation légale de maintenir dans la plupart des juridictions. Parmi les 5 risques identifiés figurent notamment l'utilisation des conversations pour entraîner de futurs modèles d'IA, les fuites de données en cas de faille de sécurité, et l'exploitation commerciale non anticipée d'informations sensibles. Pour les utilisateurs ayant déjà partagé trop d'informations, des recours existent : supprimer l'historique des conversations depuis les paramètres du compte, désactiver les options de collecte de données dédiées à l'entraînement, une fonctionnalité disponible chez OpenAI et Google, et éviter systématiquement tout détail identifiant lors des prochaines interactions. Alors que l'IA conversationnelle s'intègre dans les usages quotidiens à une vitesse inédite, la question de la confidentialité des échanges reste largement sous-estimée par le grand public. Le sujet monte pourtant en puissance dans les débats réglementaires, notamment en Europe où le RGPD pourrait s'appliquer plus strictement aux données traitées par ces systèmes, une pression croissante sur des acteurs encore peu transparents sur leurs pratiques réelles.

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Google déploie progressivement une nouvelle fonctionnalité nommée « Historique des services de recherche », qui permet à l'entreprise d'utiliser certaines activités des utilisateurs pour entraîner ses modèles d'intelligence artificielle. Concrètement, Google collecte les contenus envoyés directement à ses services : les photos soumises via Google Lens, les recherches et commandes vocales, ainsi que les données issues de Google Translate. L'entreprise précise qu'elle ne récupère pas les fichiers externes simplement consultés ou écoutés, mais uniquement ceux transmis activement par l'utilisateur. Ces données sont associées au compte Google, donc au nom de la personne concernée. Même en cas de suppression ultérieure de l'historique, les fichiers déjà exploités pour l'entraînement peuvent subsister dans les systèmes de Google sous une forme anonymisée, et ce pendant une durée pouvant aller jusqu'à quatre ans. Cette annonce soulève des questions concrètes de confidentialité pour des centaines de millions d'utilisateurs des services Google. Le fait que des photos, des commandes vocales ou des traductions personnelles puissent servir à entraîner des modèles d'IA, tout en restant liées à l'identité du compte, interroge sur le contrôle réel que les usagers conservent sur leurs propres données. La persistance des fichiers pendant quatre ans, même après suppression et sous forme anonymisée, complique également la possibilité d'un effacement total et immédiat. Pour les professionnels ou les utilisateurs sensibles à la protection de leurs données, cette fonctionnalité impose une vigilance accrue sur les paramètres de confidentialité, d'autant que son activation semble par défaut plutôt qu'optionnelle à l'inscription. Heureusement, il est possible de désactiver cette collecte en quelques étapes. Il faut se rendre sur myactivity.google.com, se connecter à son compte, puis chercher l'onglet « Historique des services de recherche » s'il est déjà visible, et désactiver l'option correspondante ainsi que la case « Enregistrer les médias ». Pour les comptes où cette fonctionnalité n'est pas encore apparue, la fonctionnalité étant déployée progressivement, il faut se rendre dans la section « Activité Web et applications », puis décocher l'option « Inclure l'activité vocale et audio ». Cette démarche s'inscrit dans un contexte plus large où les géants technologiques, dont Google, cherchent à alimenter leurs modèles d'IA avec des volumes croissants de données réelles issues de l'usage quotidien de leurs utilisateurs, une pratique qui alimente les débats sur la régulation des données personnelles et la transparence des entreprises technologiques envers leurs utilisateurs.

UELes utilisateurs européens des services Google doivent désactiver manuellement cette collecte pour protéger leurs données personnelles.

ÉthiqueTuto
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