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Un PDG confronté après que son entreprise d'IA a usurpé mon identité
ÉthiqueThe Verge AI12sem· 1 min de lecture

Un PDG confronté après que son entreprise d'IA a usurpé mon identité

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Grammarly, rebaptisée Superhuman, a lancé en août dernier une fonctionnalité baptisée Expert Review permettant d'obtenir des suggestions de rédaction à partir d'« experts » clonés par intelligence artificielle — parmi lesquels figuraient des journalistes réels, dont le présentateur du podcast Decoder, sans qu'aucune autorisation n'ait jamais été sollicitée. La fonctionnalité a depuis été supprimée, et Shishir Mehrotra, PDG de Superhuman, s'est présenté malgré tout à l'interview pour répondre de ses décisions.

L'affaire illustre une tension profonde dans le secteur de l'IA : celle entre la rapidité de déploiement des fonctionnalités et le respect de l'identité des personnes dont les noms, la réputation ou le style sont exploités sans consentement. La journaliste d'investigation Julia Angwin, particulièrement choquée, est allée jusqu'à déposer une action collective en justice contre la société — signal fort d'une industrie qui commence à faire face à des conséquences légales concrètes pour ce type de pratiques.

Superhuman, dont le chiffre d'affaires repose largement sur l'outil d'assistance à l'écriture Grammarly — utilisé via un clavier intégré sur des millions d'appareils —, a d'abord proposé une désinscription par email avant de retirer entièrement la fonctionnalité. La société a depuis élargi son périmètre avec Coda (traitement de documents), Mail (client email) et le nouveau produit Superhuman Go, une plateforme d'agents IA proactifs. Selon Mehrotra, le groupe traite désormais environ un million d'applications et d'agents différents chaque jour.

L'entretien, tendu par moments, révèle un désaccord de fond entre le PDG et ses interlocuteurs sur ce que l'IA a de potentiellement « extractif » pour les créateurs de contenu. Mehrotra a renouvelé ses excuses, mais la question de savoir où s'arrête l'exploitation légitime des identités numériques reste entière — et de plus en plus susceptible de se régler devant les tribunaux.

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UELe RGPD et l'AI Act encadrent strictement l'usage de l'identité et des données personnelles sans consentement, rendant une fonctionnalité similaire illégale en Europe avant même tout recours judiciaire.

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