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L'un des « experts » de Grammarly poursuit l'entreprise en justice pour sa fonctionnalité d'IA qui usurpe son identité
ÉthiqueThe Verge AI · 1 min de lecture

L'un des « experts » de Grammarly poursuit l'entreprise en justice pour sa fonctionnalité d'IA qui usurpe son identité

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La journaliste Julia Angwin a déposé une plainte collective contre Grammarly, accusant la société d'avoir utilisé son identité sans consentement dans sa fonctionnalité "Expert Review" basée sur l'IA. Cette fonctionnalité exploitait les noms et la réputation de vraies personnalités publiques pour des suggestions éditoriales, violant les lois sur les droits à l'image et à la vie privée. Angwin a découvert l'utilisation de son identité via le journaliste Casey Newton, également concerné par la pratique.

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La journaliste Julia Angwin mène une action collective contre Grammarly, accusant l'entreprise de violer ses droits à la vie privée et à l'image. Elle reproche à Grammarly d'avoir utilisé ses écrits et ceux d'autres auteurs pour former des fonctionnalités d'édition IA sans leur consentement. Ce procès soulève la question de l'exploitation des données personnelles d'écrivains à des fins commerciales par les outils d'IA.

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Grammarly, rebaptisée Superhuman, a lancé en août dernier une fonctionnalité baptisée Expert Review permettant d'obtenir des suggestions de rédaction à partir d'« experts » clonés par intelligence artificielle, parmi lesquels figuraient des journalistes réels, dont le présentateur du podcast Decoder, sans qu'aucune autorisation n'ait jamais été sollicitée. La fonctionnalité a depuis été supprimée, et Shishir Mehrotra, PDG de Superhuman, s'est présenté malgré tout à l'interview pour répondre de ses décisions. L'affaire illustre une tension profonde dans le secteur de l'IA : celle entre la rapidité de déploiement des fonctionnalités et le respect de l'identité des personnes dont les noms, la réputation ou le style sont exploités sans consentement. La journaliste d'investigation Julia Angwin, particulièrement choquée, est allée jusqu'à déposer une action collective en justice contre la société, signal fort d'une industrie qui commence à faire face à des conséquences légales concrètes pour ce type de pratiques. Superhuman, dont le chiffre d'affaires repose largement sur l'outil d'assistance à l'écriture Grammarly, utilisé via un clavier intégré sur des millions d'appareils, a d'abord proposé une désinscription par email avant de retirer entièrement la fonctionnalité. La société a depuis élargi son périmètre avec Coda (traitement de documents), Mail (client email) et le nouveau produit Superhuman Go, une plateforme d'agents IA proactifs. Selon Mehrotra, le groupe traite désormais environ un million d'applications et d'agents différents chaque jour. L'entretien, tendu par moments, révèle un désaccord de fond entre le PDG et ses interlocuteurs sur ce que l'IA a de potentiellement « extractif » pour les créateurs de contenu. Mehrotra a renouvelé ses excuses, mais la question de savoir où s'arrête l'exploitation légitime des identités numériques reste entière, et de plus en plus susceptible de se régler devant les tribunaux.

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Shishir Mehrotra, PDG de Superhuman (société éditrice de Grammarly), tente de défendre sa fonctionnalité « Expert Review » tout en admettant sa suppression précipitée. Lancée sans supervision suffisante, la décision aurait été prise par « un gestionnaire de produit et quelques ingénieurs » parmi les 1 500 employés de l'entreprise, elle permettait de réviser des textes en imitant le style d'auteurs, scientifiques et journalistes réels, sans leur consentement. Suspendue le 12 mars, quelques heures après que des médias francophones eurent identifié les noms de personnalités comme Valérie Masson-Delmotte, Annie Ernaux ou Florence Aubenas dans l'outil, la fonctionnalité cristallise désormais un débat plus large sur l'usage commercial des identités par l'IA. La controverse touche à une question fondamentale pour le secteur : peut-on utiliser le nom et l'œuvre d'une personnalité publique pour alimenter un produit commercial sans compensation ni accord préalable ? Mehrotra balaie d'abord les accusations d'usurpation d'identité comme « un peu exagérées », arguant que la visibilité en ligne constitue en soi une forme de bénéfice pour les experts cités. Cette position, vivement rejetée par la communauté des journalistes et des universitaires, place Grammarly dans une posture délicate à l'heure où la jurisprudence sur les droits des créateurs face aux LLM reste largement à construire. Sur le plan juridique, la journaliste Julia Angwin et d'autres plaignants ont engagé des poursuites aux États-Unis pour usage non consenti du nom et de l'identité. Techniquement, Mehrotra précise que les noms intégrés à l'outil « viennent directement des LLM populaires », Grammarly n'aurait fait qu'encapsuler une requête adressée à des modèles comme Claude ou Gemini, leur demandant d'améliorer un texte en s'appuyant sur les travaux des profils les plus pertinents. Aucune base de données propriétaire n'aurait donc été constituée, ce qui soulève une autre question : la responsabilité incombe-t-elle à l'éditeur du produit ou aux fournisseurs de modèles sous-jacents ? Pressé trois fois sur la question de la rémunération, le dirigeant finit par esquisser un modèle économique futur : des agents IA personnalisés représentant un expert, monétisables selon une répartition 70 % pour l'auteur, 30 % pour la plateforme, un schéma calqué sur l'économie des créateurs de contenu, sans que soit abordée la question du consentement initial. Cette proposition, formulée après une levée de fonds de un milliard de dollars, illustre la tendance du secteur à construire des modèles de partage de revenus après coup, une fois les usages établis et les contestations juridiques engagées.

UELe RGPD et l'AI Act encadrent strictement l'usage de l'identité et des données personnelles sans consentement, rendant une fonctionnalité similaire illégale en Europe avant même tout recours judiciaire.

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Grammarly a lancé une fonctionnalité "Expert Review" qui utilise les noms réels de journalistes et auteurs connus, dont Nilay Patel et Tom Warren de The Verge, pour crédibiliser ses suggestions IA, sans leur consentement préalable. Face aux critiques, Grammarly n'a ni présenté d'excuses ni retiré la fonctionnalité, se contentant d'offrir une option de désinscription (opt-out). Les auteurs concernés doivent donc activement refuser une utilisation de leur identité à laquelle ils n'ont jamais consenti.

UECette pratique d'utilisation d'identités sans consentement préalable contreviendrait directement au RGPD européen, exposant Grammarly à des sanctions potentielles de la part des autorités de protection des données de l'UE.

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