
Images et vidéos pédocriminelles crédibles générées par IA se multiplient, alerte l’IWF
L'Internet Watch Foundation (IWF), organisation britannique indépendante spécialisée dans la lutte contre les contenus pédocriminels en ligne, tire la sonnette d'alarme : les images et vidéos d'agressions sexuelles sur mineurs générées par intelligence artificielle atteignent désormais un niveau de réalisme tel qu'elles deviennent difficiles à distinguer de contenus réels. Ce qui relevait encore de la curiosité technologique en 2024 est aujourd'hui qualifié de phénomène « routinier » par les analystes de l'ONG.
L'enjeu dépasse la seule question technique. Ces contenus, même synthétiques, ne sont pas considérés comme moins dangereux que les images réelles : ils renforcent l'intérêt sexuel pour les enfants, contribuent à la normalisation des violences et peuvent favoriser le passage à l'acte. De plus, l'entraînement des modèles génératifs repose sur des images d'agressions réelles, ce qui signifie que chaque nouveau contenu produit prolonge et démultiplie la victimisation des survivants dont l'image a été utilisée.
Les chiffres publiés par l'IWF dans son rapport « Violence sans limites » sont saisissants. En 2025, l'organisation a recensé plus de 8 000 images et près de 3 500 vidéos crédibles générées par IA — contre seulement 13 vidéos l'année précédente. Plus préoccupant encore, 65 % de ces vidéos relèvent de la « catégorie A », soit les contenus les plus extrêmes, contre 43 % pour les vidéos criminelles non générées par IA traitées sur la même période. Par ailleurs, 97 % des enfants représentés dans ces contenus sont des filles, une surreprésentation encore plus marquée que dans les affaires de pédocriminalité traditionnelles.
Des cas concrets illustrent déjà les dérives dans l'espace réel, notamment en Espagne, à Almendralejo, où des images de mineures ont été manipulées par IA. Face à cette escalade, l'IWF appelle à un renforcement urgent de la régulation des outils génératifs et à une coopération accrue entre plateformes, forces de l'ordre et organisations comme le réseau INHOPE, dont fait partie l'association française Point de Contact.
Le réseau INHOPE, dont fait partie l'association française Point de Contact, est directement impliqué dans la lutte contre ces contenus, et la multiplication de ces matériaux générés par IA accroît la pression sur le cadre réglementaire européen pour encadrer les outils génératifs.
Vu une erreur factuelle dans cet article ? Signalez-la. Toutes les corrections valides sont publiées sur /corrections.




