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ÉthiqueThe Verge AI · 1 min de lecture

L'article sur l'IA n'a pas besoin d'illustrations générées par l'IA

Source originale ↗·

Le New Yorker a publié un portrait de Sam Altman, PDG d'OpenAI, illustré par une image générée avec l'intelligence artificielle, signée de l'artiste David Szauder. L'illustration montre Altman entouré de visages flottants aux expressions diverses, certains à peine reconnaissables. La mention "Generated using A.I." figure en bas de page, dans une transparence qui n'est pas passée inaperçue dans le milieu de l'illustration professionnelle.

Ce choix éditorial relance le débat sur l'utilisation de l'IA générative dans les médias de prestige. Pour les illustrateurs et artistes, voir une publication aussi établie que le New Yorker recourir à l'IA pour illustrer un article sur... le PDG d'OpenAI lui-même, représente une forme d'ironie doublée d'une menace concrète. Cela normalise le recours à ces outils dans des contextes où des artistes humains auraient traditionnellement été commissionnés, pesant directement sur leurs revenus et leur visibilité.

David Szauder n'est pas un novice en la matière : il travaille depuis plus d'une décennie avec des processus d'art génératif et de collage vidéo, antérieurs aux outils commerciaux d'IA. Son profil brouille donc la frontière entre artiste établi et simple utilisateur d'IA. Ce cas illustre une tension croissante dans les rédactions : comment encadrer l'usage de l'IA dans la création visuelle, à qui en attribuer la paternité, et quand ce choix est-il justifié face à l'alternative humaine disponible ?

Impact France/UE

Le recours à l'IA générative par des médias de prestige accentue la pression économique sur les illustrateurs européens et alimente le débat sur les droits d'auteur dans le cadre de l'AI Act.

💬 L'analyse de Mathieu

Illustrer un article sur Sam Altman avec de l'IA générative, c'est soit du second degré assumé, soit une erreur de jugement assez flagrante. Le vrai sujet, c'est que le New Yorker valide le geste, et quand une publication comme ça normalise le truc, les commandes perdues pour les illustrateurs ne sont plus une abstraction. Szauder a un vrai parcours d'artiste, d'accord, mais le signal envoyé, lui, est limpide.

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Pourquoi Wikipédia bannit presque totalement les articles générés par l’IA

La communauté de Wikipédia a adopté une politique stricte interdisant quasi-totalement l'utilisation de textes générés par des intelligences artificielles génératives pour rédiger ou modifier des articles de l'encyclopédie. Cette décision, fruit de longs débats entre éditeurs bénévoles, s'applique aux principales éditions linguistiques du site. Quelques exceptions limitées subsistent, notamment pour des tâches techniques précises comme la correction grammaticale ou la traduction assistée, mais la rédaction de contenu encyclopédique par IA reste prohibée. Cette interdiction répond à des préoccupations concrètes sur la fiabilité et la neutralité de l'information. Les modèles de langage sont connus pour produire des « hallucinations » — des affirmations fausses présentées avec confiance — ce qui est incompatible avec les standards de vérifiabilité de Wikipédia. Pour une encyclopédie consultée par des centaines de millions de personnes chaque mois, laisser entrer massivement du contenu non vérifiable représenterait un risque systémique pour la qualité de l'information publique mondiale. Cette prise de position s'inscrit dans un contexte plus large de tension entre la démocratisation des outils génératifs et les institutions de connaissance structurée. Alors que des plateformes comme Medium ou des sites d'actualité ont été inondés de contenu IA de faible qualité depuis 2022, Wikipédia choisit une voie opposée, en défendant le travail humain et la traçabilité des sources. La décision pourrait influencer d'autres plateformes collaboratives confrontées aux mêmes enjeux.

UEL'édition francophone de Wikipédia est directement concernée : les contributeurs français et européens ne peuvent plus utiliser de textes génératifs pour rédiger ou modifier des articles encyclopédiques.

ÉthiqueOpinion
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☕️ Google généralise le signalement des publicités générées par IA
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Google, l'une des plus grandes régies publicitaires au monde, va généraliser le signalement des publicités créées ou modifiées par intelligence artificielle générative sur ses services de recherche, Discover et YouTube. Le panneau « Mes préférences publicitaires », déjà accessible en touchant les trois petits points sous une annonce ou son icône d'information, va intégrer une nouvelle catégorie baptisée « Comment cette annonce est faite », qui précisera si le contenu a été généré ou édité avec de l'IA. Lorsqu'un annonceur utilise les outils d'IA maison de Google, la mention sera ajoutée automatiquement. Si des outils tiers ont servi à produire une publicité diffusée sur les espaces de Google, l'annonceur pourra volontairement préciser le recours à l'IA. Selon les exigences locales, une étiquette pourra aussi apparaître directement sur la publicité elle-même, de façon automatique ou à l'initiative de l'annonceur. Cette généralisation s'appuie sur une règle déjà en vigueur depuis 2023, qui imposait le signalement des contenus IA ou numériquement altérés dans les publicités électorales. Cette évolution répond à un problème concret : les outils d'IA générative permettent désormais à n'importe quel annonceur de produire des visuels et vidéos publicitaires quasiment indiscernables de contenus authentiques. Si Google interdit officiellement les publicités trompeuses ou mensongères, rien n'empêche un annonceur de recourir à l'IA pour créer des contenus lourdement retouchés, brouillant la frontière entre mise en valeur légitime d'un produit et tromperie pure. Pour l'internaute, qui n'a souvent aucun moyen de vérifier l'origine d'une image ou d'une vidéo publicitaire, cette opacité complique l'exercice d'un jugement éclairé. En rendant visible l'usage de l'IA, Google cherche à redonner aux utilisateurs un repère minimal pour évaluer ce qu'ils voient, sans pour autant interdire la pratique elle-même, ce qui laisse une marge d'appréciation importante aux annonceurs sur le degré de retouche à signaler. Cette annonce s'inscrit dans un mouvement plus large de la part des grandes plateformes pour encadrer la publicité générée par IA, sur fond d'inquiétudes autour de la désinformation, notamment en période électorale : une enquête a récemment révélé que 16 % des électeurs ont consulté une IA pour savoir pour qui voter aux dernières municipales. Meta a mis en place un dispositif comparable, avec une étiquette « Infos IA » obligatoire pour les publicités politiques utilisant des contenus audio, vidéo ou images générés ou modifiés par IA, et une signalisation plus générale pour les autres publicités utilisant des outils maison ou tiers. Selon la fiche d'assistance de Meta, mise à jour il y a cinq semaines, le déploiement reste toutefois partiel, si bien que toutes les publicités concernées ne portent pas encore systématiquement la mention. Reste à savoir si ces mesures, encore largement déclaratives et dépendantes de la bonne foi des annonceurs, suffiront à contenir la multiplication des contenus publicitaires synthétiques à mesure que les outils de génération deviennent plus accessibles et plus convaincants.

UELes internautes francais seront concernes par ce signalement sur les annonces Google, notamment en periode electorale ou une etude recente montre que 16% des electeurs francais consultent une IA avant de voter.

💬 Enfin un peu de transparence sur un truc qui était devenu incontrôlable. La pub générée par IA est déjà indiscernable d'un vrai visuel, et Google se contente d'une étiquette qui dépend en grande partie de la bonne foi de l'annonceur, pas d'un contrôle systématique. Le vrai signal, c'est que ça arrive juste avant les municipales où 16% des électeurs ont consulté une IA pour choisir leur vote : la publicité électorale synthétique n'est plus une hypothèse, c'est le sujet du moment.

ÉthiqueActu
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Deezer : les chansons générées par IA, « un problème pour toute la filière musicale »
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Deezer : les chansons générées par IA, « un problème pour toute la filière musicale »

Deezer a révélé que 44 % des chansons soumises quotidiennement à ses serveurs sont générées par intelligence artificielle, soit environ 75 000 titres chaque jour. Ce chiffre, communiqué par Aurélien Hérault, directeur de l'innovation de la plateforme française, marque une accélération brutale : le volume de musique IA a doublé en seulement trois mois. Ces contenus transitent principalement par des distributeurs indépendants, des plateformes intermédiaires qui permettent à n'importe qui de livrer des morceaux à Deezer sans contrôle éditorial préalable. Pour les identifier, l'entreprise a développé son propre outil de détection, qui analyse le signal audio à la recherche de traces numériques invisibles à l'oreille humaine mais caractéristiques des modèles génératifs. Ces modèles laissent des empreintes statistiques dans le fichier sonore, que la technologie de Deezer est conçue à repérer avec une précision suffisante pour alimenter un système de signalement à grande échelle. L'enjeu dépasse la simple question de goût ou de qualité artistique. La prolifération de titres générés automatiquement s'accompagne fréquemment de fraudes au streaming, où des scripts font tourner en boucle des morceaux pour générer des revenus artificiels de droits voisins, au détriment des artistes humains. Deezer a choisi de répondre sur deux fronts : informer les auditeurs en affichant la mention « contenu généré par IA » sur les pages des albums concernés, et exclure ces titres de ses algorithmes de recommandation, refusant ainsi de leur accorder la même visibilité qu'aux productions humaines. Cette décision éditoriale, assumée publiquement, constitue une prise de position rare dans un secteur qui préfère souvent minimiser le problème. La situation met en lumière une faille structurelle du secteur du streaming musical : les standards de métadonnées censés encadrer ces déclarations, notamment le format DDEX adopté par l'industrie, ne sont pas encore suffisamment déployés ni harmonisés entre les acteurs pour constituer un rempart efficace. Deezer se retrouve donc à investir dans ses propres outils en attendant qu'une réponse collective émerge. Hérault plaide pour que l'ensemble de la filière, distributeurs, labels et plateformes, s'empare collectivement du problème. La question d'une suppression pure et simple de ces contenus du catalogue reste épineuse : des obligations contractuelles avec les distributeurs compliquent toute décision unilatérale. Le secteur musical s'approche d'un point de bascule où la majorité des morceaux uploadés pourraient être d'origine artificielle, rendant urgente une gouvernance commune que personne n'a encore réussi à mettre en place.

UEDeezer, plateforme française leader du streaming, est en première ligne face à l'inondation de contenus IA, ce qui fragilise directement les revenus des artistes français et révèle une faille de gouvernance collective urgente pour toute la filière musicale européenne.

💬 44 % de musique IA en upload quotidien, ça veut dire que le problème n'est plus hypothétique. Ce qui m'intéresse chez Deezer, c'est qu'ils ont construit leur propre détecteur plutôt que d'attendre que l'industrie se réveille, parce que DDEX n'est clairement pas prêt. Reste à voir ce que ça donne quand les modèles génératifs commenceront à lisser leurs empreintes statistiques.

ÉthiqueOpinion
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Amnesty appelle à interdire les IA génératives entraînées sur du pillage de données
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Amnesty appelle à interdire les IA génératives entraînées sur du pillage de données

Amnesty International a publié un rapport détaillé sur les violations des droits humains causées par l'intelligence artificielle générative, appelant explicitement à interdire les modèles entraînés sur du scraping de données non consenti. L'organisation analyse l'ensemble de la chaîne de production de l'IA, des fabricants de puces GPU jusqu'aux contenus générés, en passant par la constitution des jeux de données. Elle cible directement les outils grand public les plus utilisés : ChatGPT, DALL-E, Gemini, Midjourney, LLaMA, Stable Diffusion et DeepSeek. Selon Amnesty, ces modèles ont été construits à partir de données collectées "sans la connaissance ni le consentement des personnes à l'origine des données", qu'il s'agisse d'utilisateurs de réseaux sociaux ou d'artistes. La conclusion est sans appel : le scraping massif et non consenti est "fondamentalement incompatible avec le droit international relatif aux droits humains", notamment le Pacte international relatif aux droits civils et politiques adopté par l'ONU en 1966. L'impact dépasse la seule question de la vie privée. Amnesty identifie des violations du droit à la non-discrimination, à la liberté d'expression et à la liberté de pensée. Le rapport pointe également les coûts environnementaux de l'IA générative, dont l'augmentation continue de la taille des modèles et des volumes de données nécessaires à leur entraînement affecte de manière disproportionnée les pays du Sud global. À cela s'ajoute une domination culturelle et linguistique anglophone structurelle, intégrée dès la phase de collecte des données. Pour l'ONG, derrière l'apparence de sophistication technologique se cache "une réalité faite de principes de conception qui bafouent les droits humains", comparables aux dérives des outils d'IA antérieurs à la générative. Ce rapport s'inscrit dans un mouvement plus large de contestation juridique et institutionnelle du modèle économique des grandes plateformes d'IA. En Europe, l'organisation noyb a déjà menacé Meta d'une class action pour l'entraînement de ses modèles sur des données d'utilisateurs européens, et plusieurs artistes ainsi que des éditeurs de presse ont engagé des procédures similaires aux États-Unis contre OpenAI et Google. Le règlement européen sur l'IA impose des obligations de transparence sur les données d'entraînement, mais les ONG estiment ces mesures insuffisantes. En demandant une interdiction pure et simple des systèmes bâtis sur du scraping non consenti, Amnesty franchit un cap rhétorique notable : il ne s'agit plus de réguler ces pratiques, mais de les proscrire au nom du droit international, ce qui pourrait alimenter de nouvelles stratégies judiciaires et législatives dans les mois à venir.

UEL'AI Act impose déjà des obligations de transparence sur les données d'entraînement, et noyb menace Meta d'une class action pour l'exploitation des données d'utilisateurs européens, la position d'Amnesty pourrait renforcer ces procédures et peser sur les stratégies législatives et judiciaires dans l'UE dans les mois à venir.

💬 La position d'Amnesty est radicale, et c'est exactement là son intérêt : plus de régulation molle, on interdit ce qui viole les droits humains, point. Interdire ChatGPT et Gemini du jour au lendemain c'est pas pour demain, mais ancrer ce débat dans le droit international plutôt que dans la soft law de l'AI Act, c'est un changement de registre qui peut nourrir des procédures vraiment musclées. Reste à voir si les juges suivront.

ÉthiqueReglementation
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