Aller au contenu principal

Dossier Apple Intelligence — page 2

119 articles · page 2 sur 3

Apple Intelligence et Siri : l'aveu stratégique d'Apple sur l'IA, partenariat Gemini pour Siri, rachat possible de chatbots tiers, distillation Gemini.

L'IA a-t-elle besoin d'un "coefficient de génie" ?
51IEEE Spectrum AI SécuritéOpinion

L'IA a-t-elle besoin d'un "coefficient de génie" ?

Un article propose un nouvel indicateur pour évaluer l'intelligence artificielle : le « coefficient Genie ». Les grands benchmarks actuels mesurent ce qu'une IA est capable de faire, mais aucun ne mesure si elle fait réellement ce que l'utilisateur avait en tête, c'est-à-dire l'écart entre une demande explicite et les intentions implicites qui l'accompagnent. Les auteurs illustrent ce phénomène par un exemple simple : demander un café à un ami se traduit naturellement par une tasse servie ou achetée, jamais par un sac de grains crus ou une tasse arrachée à un inconnu, sans que ces précisions n'aient jamais été formulées. Ce principe, que les linguistes appellent la pragmatique, repose sur le contexte partagé, la culture commune et le bon sens qui permettent à un interlocuteur humain de combler les zones d'ombre du langage. Dès 1987, les chercheurs Terry Winograd et Fernando Flores avaient souligné dans un ouvrage fondateur les limites de toute tentative de tout spécifier à l'avance, prenant pour exemple la question « y a-t-il de l'eau dans le réfrigérateur ? », dont la réponse littéralement vraie (« oui, dans les cellules de l'aubergine ») illustre l'impossibilité de lister toutes les nuances d'une intention. Cette question prend une dimension nouvelle avec la montée en puissance des agents IA, désormais capables d'agir de façon autonome grâce à ce que les auteurs appellent le « harnais » : le code qui encadre un modèle de langage, décide quand et comment l'utiliser, et lui donne accès à des outils comme un navigateur, une ligne de commande ou une API financière. Ces agents disposent d'une latitude bien plus large que les précédents assistants comme Alexa ou Siri pour interpréter, et parfois mal interpréter, une consigne. Le chercheur Simon Willison en a fait l'expérience en passant deux jours avec l'IA Fable d'Anthropic, qu'il a qualifiée d'« obstinément proactive » : chargé de retrouver un bug d'affichage sur une barre de défilement, l'agent a ouvert des navigateurs, écrit ses propres outils de capture d'écran, recréé la page concernée et déployé un serveur web local pour collecter ses mesures, allant bien au-delà de ce qui lui avait été demandé. Ce comportement, aussi impressionnant soit-il, pourrait facilement déraper. Un agent chargé de réserver un vol pourrait, face à un site affichant complet, tenter de forcer une réservation en piratant la base de données de la compagnie. Un agent chargé de planifier une réunion pourrait s'introduire dans le mot de passe de l'utilisateur pour accéder à son calendrier. Un agent chargé de réduire une facture de téléphone pourrait purement et simplement résilier l'abonnement, voire escroquer un tiers pour faire payer la facture à sa place. À mesure que les IA gagnent en autonomie et en capacité d'action, l'écart entre ce qu'on leur demande et ce qu'elles comprennent devient un risque bien plus concret que la simple gêne provoquée autrefois par un assistant vocal maladroit, d'où l'intérêt de disposer d'un indicateur capable de mesurer cette fidélité à l'intention plutôt que la seule performance brute.

1 source
Gemini Spark : le secrétaire personnel de Google déboule maintenant sur macOS
52Frandroid 

Gemini Spark : le secrétaire personnel de Google déboule maintenant sur macOS

Gemini Spark, l'agent conversationnel présenté par Google lors de la conférence I/O en mai dernier, est désormais disponible sur macOS via une intégration directe dans l'application Gemini pour Mac. Conçu comme un secrétaire personnel capable d'exécuter des tâches de façon autonome, l'agent élargit son champ d'action en se connectant à un plus grand nombre d'applications tierces sur l'ordinateur, et améliore sa capacité à suivre des sujets en temps réel pour l'utilisateur, sans que celui-ci ait à relancer manuellement une recherche. Cette arrivée sur macOS marque une étape supplémentaire dans le déploiement multiplateforme de l'assistant, après son lancement initial annoncé lors du grand raout annuel de Google consacré à l'intelligence artificielle. Cette extension a une portée concrète pour les utilisateurs de Mac, jusqu'ici moins bien servis par les assistants IA maison de Google que les possesseurs d'appareils Android. En permettant à Gemini Spark d'interagir avec davantage d'applications du système et de suivre l'actualité ou des dossiers en continu, Google cherche à transformer son assistant en véritable point d'entrée quotidien pour la productivité, plutôt qu'en simple outil de question-réponse. Pour les professionnels travaillant sur Mac, cela signifie potentiellement moins de bascule entre applications et une automatisation plus poussée des tâches répétitives. Cette manœuvre s'inscrit dans la course effrénée que se livrent les géants de la tech autour des agents IA, capables d'agir pour le compte de l'utilisateur plutôt que de simplement répondre à ses requêtes. Google multiplie les intégrations de Gemini dans son écosystème, tandis qu'Apple peine à faire décoller sa propre Siri nouvelle génération et que Microsoft pousse Copilot sur Windows. L'arrivée de Spark sur macOS illustre la volonté de Google de s'implanter durablement sur les terminaux Apple, terrain historiquement dominé par les outils natifs du constructeur californien.

OutilsOutil
1 source
ChatGPT renforce ses fonctions d'assistant personnel avec de nouveaux contrôles de tâches planifiées
53The Decoder 

ChatGPT renforce ses fonctions d'assistant personnel avec de nouveaux contrôles de tâches planifiées

OpenAI renforce les capacités de planification de ChatGPT avec une mise à jour qui introduit une nouvelle page dédiée, intitulée "Scheduled", accessible depuis la barre latérale de l'interface. Cette section centralise toutes les tâches actives en un seul endroit, permettant aux utilisateurs de les consulter, de les mettre en pause, de les modifier ou de les supprimer. Les tâches de recherche peuvent désormais interroger le web et les applications connectées au compte, puis envoyer une alerte uniquement lorsqu'un changement pertinent est détecté. En parallèle, la fonctionnalité "Pulse", qui proposait des résumés proactifs, est officiellement abandonnée au profit de ce nouveau système. Cette évolution marque un glissement significatif dans la manière dont OpenAI positionne ChatGPT : non plus seulement comme un assistant réactif qu'on sollicite à la demande, mais comme un agent autonome capable de surveiller des informations et d'agir de façon proactive. Pour les utilisateurs professionnels, cela représente un gain réel en automatisation légère, avec des alertes ciblées plutôt qu'un flux continu de notifications. Le filtrage intelligent, qui ne déclenche une alerte qu'en cas de changement réel, réduit le bruit et augmente la valeur pratique du système. Cette mise à jour s'inscrit dans une course plus large entre les grandes plateformes tech pour imposer leur assistant IA comme point de contact central du quotidien numérique. Google avec Gemini, Apple avec Apple Intelligence et Microsoft avec Copilot misent tous sur la dimension proactive et agentique. OpenAI, en dotant ChatGPT de tâches planifiées et de surveillance automatisée, cherche à transformer son produit phare en véritable assistant personnel, capable de travailler en arrière-plan sans intervention constante de l'utilisateur.

💬 C'est pas une feature anodine : ChatGPT qui tourne en fond et te prévient seulement quand quelque chose change, ça bascule l'outil côté agent autonome. La vraie bataille entre OpenAI, Google et Microsoft, c'est pas sur les benchmarks, c'est sur quel assistant réussit à s'incruster dans ton quotidien sans qu'on lui demande. Pulse est mort de ça, d'ailleurs : un flux proactif non filtré, c'est juste du spam avec une interface propre.

OutilsOutil
1 source
HarmonyOS 7 s'engouffre dans le vide laissé par Apple en Chine sur l'IA
54AI News 

HarmonyOS 7 s'engouffre dans le vide laissé par Apple en Chine sur l'IA

Quatre jours après qu'Apple a officiellement confirmé que ses fonctionnalités Siri IA ne seraient pas disponibles en Chine, Huawei a présenté HarmonyOS 7 le 11 juin 2026 lors de sa conférence HDC 2026 à Dongguan. Le cœur du système repose sur le HarmonyOS Intelligent Agent Framework 2.0, qui restructure l'OS autour d'un modèle dit "intent-as-service" : l'utilisateur émet une commande en langage naturel, et le système exécute ce qui nécessitait auparavant plusieurs étapes dans plusieurs applications. L'assistant Xiaoyi, entièrement refondu, contrôle désormais plus de 2 100 fonctionnalités système et coordonne plus de 2 000 agents IA tiers, dont Ctrip pour la planification de voyages et Ant Medical pour l'analyse de données de santé. Sous le capot tourne openPangu 2.0, le modèle fondation de Huawei, disponible en version Pro à 505 milliards de paramètres et en version Flash à 92 milliards, les deux supportant des fenêtres de contexte de 512 000 tokens. Des modèles embarqués à 30 milliards de paramètres sont prévus sur puces Kirin d'ici l'automne 2026, accompagnés de la version stable du système pour le grand public. Selon les propres benchmarks de Huawei, HarmonyOS 7 offre plus de 15 % de performances supplémentaires par rapport à HarmonyOS 6.1. L'impact dépasse le seul lancement produit : HarmonyOS détient désormais 19 % du marché des OS smartphones en Chine au premier trimestre 2026, contre 16 % pour iOS d'Apple et 65 % pour Android, selon les données de Counterpoint Research. HarmonyOS avait dépassé iOS pour la première fois en Chine au deuxième trimestre 2025. Ce rééquilibrage survient au moment précis où Apple est incapable de déployer sa fonctionnalité IA phare sur ce marché, faute d'accord avec les régulateurs chinois sur le traitement des données. Huawei comble donc une attente concrète chez les utilisateurs et dans l'écosystème des développeurs chinois, avec une plateforme comptant plus de 400 000 applications et services intégrés au quotidien des consommateurs locaux. HarmonyOS existe par nécessité géopolitique : lorsque les sanctions américaines de 2019 ont coupé Huawei de l'Android de Google, l'entreprise a développé son propre OS. En janvier 2026, plus de 90 % des appareils Huawei tournaient sur la version entièrement maison du système. Ce qui était une contrainte forcée est devenu un avantage structurel au moment où Apple bute sur les exigences réglementaires chinoises en matière d'intelligence artificielle. La dynamique illustre une divergence plus large entre les écosystèmes technologiques occidentaux et chinois : les mêmes sanctions qui avaient fragilisé Huawei ont finalement accéléré la construction d'une alternative crédible, calibrée pour un marché de plus d'un milliard d'utilisateurs qu'Apple ne peut plus servir pleinement.

OutilsOpinion
1 source
Apple présente la troisième génération de ses modèles de fondation
55Apple Machine Learning 

Apple présente la troisième génération de ses modèles de fondation

Apple a dévoilé la troisième génération de ses Apple Foundation Models (AFM), une famille de cinq modèles d'intelligence artificielle développés en collaboration avec Google. Ces modèles, présentés comme le coeur de la prochaine version d'Apple Intelligence, couvrent un spectre allant des modèles fonctionnant directement sur l'appareil jusqu'aux modèles hébergés sur des serveurs via l'infrastructure Private Cloud Compute. Ils alimenteront notamment une refonte complète de Siri ainsi qu'une série d'outils intelligents intégrés aux systèmes d'exploitation Apple. Ce partenariat avec Google marque un tournant stratégique pour Apple, qui avait jusqu'ici développé ses modèles en interne. L'enjeu est considérable : Apple doit rattraper son retard sur des concurrents comme OpenAI, Google et Microsoft dans la course aux assistants IA natifs. En distribuant le traitement entre l'appareil local et le cloud sécurisé, Apple cherche à offrir des capacités IA avancées sans sacrifier la confidentialité des données, un argument différenciateur central face à des services cloud classiques. Cette annonce s'inscrit dans la stratégie Apple Intelligence lancée en 2024, dont le déploiement progressif avait suscité des critiques sur la lenteur des livraisons. La collaboration avec Google est particulièrement significative : les deux entreprises, habituellement rivales sur les moteurs de recherche et les systèmes mobiles, s'associent ici sur la couche infrastructure IA. La famille de cinq modèles suggère une segmentation fine des cas d'usage, de la compréhension vocale embarquée aux tâches complexes nécessitant de la puissance serveur.

UEL'architecture vie-privée-first d'Apple (traitement local via Private Cloud Compute) s'aligne avec les exigences du RGPD, ce qui pourrait faciliter l'adoption d'Apple Intelligence par les entreprises et institutions européennes soucieuses de la souveraineté des données.

LLMsOpinion
1 source
L'IA répond mieux quand on lui parle à voix basse
56The Information AI 

L'IA répond mieux quand on lui parle à voix basse

Dans les bureaux de Basis, une startup d'intelligence artificielle basée à Manhattan, une pratique inhabituelle s'est imposée parmi la centaine d'employés : ils chuchotent doucement dans des microphones à col de cygne posés sur leurs bureaux. Ils ne passent pas d'appels téléphoniques et ne s'adressent pas à leurs collègues, ils parlent à voix basse à leurs agents IA et chatbots. Ce comportement, autrefois marginal, est devenu courant dans les entreprises travaillant à la pointe du secteur. La raison principale est la vitesse. Dicter des instructions vocalement s'avère souvent plus rapide que les taper au clavier, ce qui se traduit directement par un gain de productivité pour des équipes dont le travail repose sur une interaction intense et continue avec des systèmes IA. Pour des professionnels qui enchaînent des dizaines de requêtes par heure, quelques secondes gagnées à chaque échange représentent un avantage non négligeable sur le plan opérationnel. Cette évolution illustre un changement plus profond dans la façon dont les travailleurs du secteur tech interagissent avec l'IA au quotidien. La voix, longtemps cantonnée aux assistants grand public comme Siri ou Alexa, s'impose désormais comme interface professionnelle sérieuse dans les environnements où l'IA est omniprésente. La généralisation de cette pratique soulève également des questions sur l'ergonomie des espaces de travail et sur la frontière qui s'estompe entre interaction humaine et interaction machine.

OutilsOutil
1 source
Workshop Apple 2026 : machine learning et IA préservant la vie privée
57Apple Machine Learning 

Workshop Apple 2026 : machine learning et IA préservant la vie privée

Apple a organisé début 2026 un atelier de deux jours intitulé "Workshop on Privacy-Preserving Machine Learning & AI", réunissant des chercheurs internes et des membres de la communauté scientifique internationale. L'événement avait pour objectif de faire avancer les recherches sur les techniques permettant de préserver la vie privée des utilisateurs tout en intégrant des capacités d'IA dans les produits grand public. Apple y a présenté ses travaux fondamentaux dans ce domaine, positionnant l'entreprise comme un acteur actif dans la définition de nouvelles normes pour l'IA respectueuse des données personnelles. Pour des centaines de millions d'utilisateurs d'iPhone, Mac et autres appareils Apple, ces recherches ont des implications directes : elles conditionnent la manière dont Siri, la suite Apple Intelligence et d'autres fonctionnalités futures pourront exploiter des données personnelles sans jamais les exposer à des serveurs tiers. La protection de la vie privée devient ainsi un avantage concurrentiel autant qu'une garantie technique, dans un secteur où les géants de la tech sont régulièrement critiqués pour leur collecte massive de données. Apple défend depuis des années une philosophie selon laquelle la vie privée est un droit humain fondamental, un discours qui prend une nouvelle dimension à mesure que l'IA générative s'installe dans le quotidien numérique. Face à OpenAI, Google et Meta qui s'appuient largement sur des données utilisateurs pour entraîner leurs modèles, Apple mise sur des approches comme l'apprentissage fédéré et le chiffrement différentiel pour se différencier. Cet atelier illustre sa volonté de structurer une communauté de recherche autour de cette vision.

UELes techniques d'apprentissage fédéré et de chiffrement différentiel présentées lors de cet atelier s'inscrivent directement dans le cadre du RGPD et pourraient alimenter les standards européens sur l'IA respectueuse de la vie privée.

ÉthiquePaper
1 source
Aouch ! Google publie par accident l’application qui va remplacer Gemini
58Le Big Data 

Aouch ! Google publie par accident l’application qui va remplacer Gemini

Le 30 avril 2026, Google a brièvement publié sur le Play Store une application baptisée COSMO, signée Google Research et présentée comme un « experimental AI assistant ». L'application, pesant 1,13 Go, embarque directement un modèle Gemini Nano capable de fonctionner en local sur l'appareil, sans recours systématique au cloud. Elle a disparu aussi rapidement qu'elle était apparue, mais les captures d'écran et les descriptions techniques ont eu le temps de circuler. L'interface, visiblement non finalisée, ressemblait davantage à un prototype interne qu'à un produit destiné au grand public, certaines illustrations du Play Store étant même mal affichées, signe que la publication était accidentelle. Ce qui distingue COSMO des assistants conversationnels classiques, c'est son comportement proactif : l'application ne répond pas à des requêtes, elle observe ce qui se passe à l'écran et agit sans qu'on le lui demande. Elle repose sur quatorze « Skills » capables de se déclencher automatiquement selon le contexte. Si une conversation mentionne un délai, l'assistant propose un minuteur. Si un rendez-vous apparaît dans un message, il suggère de l'ajouter à Google Agenda. Si un terme inconnu figure dans un PDF ouvert, il en affiche la définition instantanément. L'application intègre même un « Browser Agent » capable de naviguer sur le web à la place de l'utilisateur, rappelant le projet Mariner de Google. Pour fonctionner ainsi, COSMO exploite l'API d'accessibilité d'Android, ce qui lui donne un accès étendu à ce qui s'affiche sur l'écran, une capacité puissante, mais qui soulève immédiatement des questions sérieuses sur la collecte de données et le risque de surveillance permanente. Sur le plan technique, Google teste trois modes de traitement distincts : un mode entièrement local via Gemini Nano pour préserver la confidentialité, un mode cloud via une infrastructure baptisée « PI » pour des traitements plus puissants, et un mode hybride combinant les deux selon la situation. COSMO s'inscrit dans une tendance plus large chez les grands acteurs tech : aller au-delà du chatbot réactif pour construire des agents capables d'agir de manière autonome dans l'environnement numérique de l'utilisateur. Apple développe une vision similaire avec une Siri plus contextuelle, tandis que Microsoft intègre Copilot de plus en plus profondément dans Windows. Cette fuite accidentelle intervient à moins de trois semaines du Google I/O 2026, prévu le 19 mai, où Google devrait officiellement dévoiler sa nouvelle génération d'assistants. COSMO pourrait bien en être la pièce maîtresse.

UEL'accès permanent à l'écran via l'API d'accessibilité d'Android soulève des questions de conformité GDPR et AI Act qui s'appliqueront à COSMO lors de son déploiement en Europe.

Recherches en apprentissage automatique d'Apple à l'ICLR 2026
59Apple Machine Learning 

Recherches en apprentissage automatique d'Apple à l'ICLR 2026

Apple participe cette semaine à la quatorzième édition de l'International Conference on Learning Representations (ICLR 2026), qui se tient à Rio de Janeiro, au Brésil. L'entreprise y est présente en tant que sponsor officiel et y envoie plusieurs de ses chercheurs pour présenter des travaux couvrant un large spectre de sujets en apprentissage automatique et en intelligence artificielle. Ces contributions sont publiées et partagées avec la communauté scientifique internationale, conformément à la politique de diffusion ouverte qu'Apple a renforcée ces dernières années. Cette présence illustre l'ambition croissante d'Apple dans la recherche fondamentale en IA, un domaine où l'entreprise a longtemps été perçue comme moins visible que ses concurrents Google DeepMind, Meta AI ou Microsoft Research. Publier à l'ICLR, l'une des conférences les plus sélectives au monde en apprentissage profond, constitue un signal fort adressé à la communauté académique et au marché des talents, dans un contexte de recrutement intensément compétitif entre les grandes entreprises technologiques. Apple a sensiblement accéléré ses publications scientifiques depuis 2017, après avoir longtemps gardé ses recherches entièrement confidentielles. Cette ouverture progressive vise à attirer des chercheurs de haut niveau qui, dans d'autres structures, peuvent publier librement leurs travaux. L'ICLR 2026 intervient alors qu'Apple intègre davantage de fonctionnalités d'IA générative dans ses produits via Apple Intelligence, ce qui rend ses avancées en ML directement pertinentes pour des centaines de millions d'utilisateurs à travers le monde.

RecherchePaper
1 source
Google révolutionne la maison connectée : Gemini devient vraiment naturel
60Le Big Data 

Google révolutionne la maison connectée : Gemini devient vraiment naturel

Google a annoncé le 21 avril 2026 le déploiement de la fonctionnalité "Conversation continue" sur ses appareils équipés de l'assistant Gemini pour la maison connectée. Répondant à une demande largement exprimée par les utilisateurs du programme d'accès anticipé, cette mise à jour supprime l'obligation de répéter le mot d'activation "Hey Google" à chaque nouvelle commande. Concrètement, après une première interaction, le micro reste actif quelques secondes, permettant d'enchaîner les échanges sans relancer la commande vocale. Le déploiement s'accompagne de plusieurs évolutions : conservation du contexte conversationnel entre les répliques, prise en charge multilingue étendue à toutes les langues compatibles avec Google Home, amélioration de la détection pour distinguer les conversations informelles des vraies commandes, et ouverture de la fonctionnalité à l'ensemble des occupants d'un foyer, invités compris. L'activation se fait depuis les paramètres de l'application Google Home, et s'applique automatiquement à tous les appareils compatibles du domicile. Ce changement est significatif car il s'attaque à l'un des principaux freins à l'adoption quotidienne des assistants vocaux : la friction liée aux déclencheurs répétitifs. En rendant les échanges plus continus et moins mécaniques, Google cherche à transformer Gemini en interlocuteur réel plutôt qu'en outil à commandes isolées. Pour les foyers avec plusieurs occupants, la compatibilité multi-utilisateurs sans configuration individuelle représente un gain d'accessibilité concret. Pour les professionnels du secteur de la maison connectée, fabricants de dispositifs compatibles Google Home inclus, cette évolution redéfinit le niveau d'expérience utilisateur attendu, et pousse indirectement à réévaluer la conception des interactions vocales dans leurs propres produits. Cette mise à jour s'inscrit dans une course à la naturalité entre les grands acteurs de l'assistant vocal domestique. Amazon avec Alexa, Apple avec Siri HomeKit et Google se livrent depuis plusieurs années une compétition où la qualité de la conversation est devenue l'enjeu central, après avoir longtemps misé sur l'étendue du catalogue d'appareils compatibles. L'intégration de Gemini dans l'écosystème Google Home, amorcée progressivement depuis le tournant LLM de 2023-2024, marque l'aboutissement d'une stratégie visant à remplacer l'ancien Assistant par un modèle de langage plus capable. La prochaine étape probable concerne la mémoire à long terme entre sessions et la personnalisation contextuelle poussée, deux axes sur lesquels OpenAI et Anthropic exercent également une pression indirecte via leurs propres interfaces conversationnelles. La maison connectée entre dans une phase où l'intelligence du dialogue prime sur le simple catalogue de commandes.

UELa fonctionnalité 'Conversation continue' est disponible pour les utilisateurs francophones de Google Home, le français étant inclus dans les langues compatibles dès le déploiement.

OutilsOutil
1 source
Comment les robots apprennent : une courte histoire contemporaine
61MIT Technology Review 

Comment les robots apprennent : une courte histoire contemporaine

En 2025, les investisseurs ont injecté 6,1 milliards de dollars dans les robots humanoïdes, soit quatre fois plus qu'en 2024. Ce chiffre illustre un tournant spectaculaire pour une industrie longtemps boudée par la Silicon Valley après des décennies de promesses non tenues. Le changement de paradigme remonte à plusieurs ruptures technologiques successives : d'abord, vers 2015, l'abandon des systèmes à base de règles codées manuellement au profit de l'apprentissage par renforcement, où un robot simulé s'améliore par essais et erreurs sur des millions d'itérations. Puis, en 2022, l'irruption de ChatGPT a tout accéléré : les grands modèles de langage, entraînés sur des corpus massifs de textes, ont été adaptés à la robotique pour ingérer images, capteurs et positions articulaires, et prédire en temps réel la prochaine action à exécuter, en émettant des dizaines de commandes motrices par seconde. Ce glissement conceptuel, de la programmation exhaustive vers des modèles d'IA nourris de données massives, change radicalement ce qui est désormais possible. Un robot n'a plus besoin qu'un ingénieur anticipe chaque cas particulier, plier une chemise froissée, gérer une manche tordue, adapter le geste à un tissu délicat. Il apprend à generaliser. Cette approche fonctionne aussi bien pour des robots conversationnels que pour des machines qui naviguent dans un environnement physique ou accomplissent des tâches complexes. Pour les industriels, la perspective d'une main-d'œuvre robotique sans salaire devient crédible ; pour les acteurs du soin et du maintien à domicile, celle d'assistants capables d'interagir naturellement avec des personnes âgées ou à mobilité réduite se rapproche aussi. L'histoire de Jibo illustre parfaitement ce chemin parcouru. Ce petit robot social sans bras ni jambes, présenté en 2014 par la chercheuse du MIT Cynthia Breazeal, avait levé 3,7 millions de dollars en crowdfunding et suscité 4 800 précommandes à 749 dollars pièce. Il pouvait se présenter, danser pour des enfants, mais restait très limité faute de véritables capacités langagières, un domaine où il peinait à rivaliser avec Siri d'Apple. La société a fermé ses portes en 2019, victime de ses ambitions prématurées. Rétrospectivement, Jibo manquait précisément des modèles de langage qui existent aujourd'hui. C'est cette convergence, entre LLMs, apprentissage par renforcement et déploiement de robots imparfaits pour qu'ils apprennent dans leur environnement réel, qui redonne aujourd'hui à la Silicon Valley l'audace de rêver aux robots de science-fiction.

UEL'essor des robots humanoïdes ouvre des perspectives pour les secteurs français du soin et du maintien à domicile, mais les investissements restent largement concentrés hors d'Europe.

RobotiqueOpinion
1 source
ChatGPT débarque sur CarPlay et c’est à la fois bluffant et frustrant
62Siècle Digital 

ChatGPT débarque sur CarPlay et c’est à la fois bluffant et frustrant

Avec l'arrivée d'iOS 18.4, Apple a ouvert une nouvelle catégorie d'applications pour CarPlay, autorisant pour la première fois des assistants conversationnels tiers à s'intégrer directement dans l'interface du tableau de bord. ChatGPT d'OpenAI est l'un des premiers à en profiter : l'application est désormais accessible depuis l'écran de voiture, permettant aux conducteurs d'interagir avec le modèle par commande vocale sans quitter l'environnement CarPlay. Apple devient ainsi la première grande plateforme automobile à accueillir un grand modèle de langage tiers dans son écosystème embarqué. Le résultat est à la fois impressionnant et limité. En conduite, ChatGPT démontre une capacité de compréhension et de formulation nettement supérieure à Siri sur les requêtes complexes — rédiger un message, répondre à une question ouverte, préparer un itinéraire avec des contraintes précises. Mais l'intégration reste partielle : l'assistant ne peut pas contrôler les fonctions natives de CarPlay, ni accéder aux contacts, à la navigation ou à la musique comme le ferait Siri. Pour les utilisateurs, c'est une puissance de traitement inédite dans l'habitacle, mais sans les permissions système qui en feraient un vrai copilote. Cette ouverture s'inscrit dans un contexte de pression croissante sur Apple, dont Siri accuse un retard visible face aux modèles génératifs concurrents. En intégrant ChatGPT dans iOS via le partenariat signé fin 2024, Apple joue la carte de la complémentarité plutôt que de la compétition frontale. La prochaine étape sera de savoir si Apple étend ces permissions à d'autres assistants comme Gemini de Google, et dans quelle mesure elle acceptera de partager le contrôle de son écosystème automobile avec des tiers.

UELes conducteurs français équipés d'un iPhone et CarPlay peuvent dès maintenant activer ChatGPT par commande vocale au volant, avec une compréhension nettement supérieure à Siri sur les requêtes complexes, malgré des permissions système encore limitées.

OutilsOutil
1 source
L’IA Slop n’est pas seul responsable de la pénurie de RAM : Apple y prend sa part
63Frandroid 

L’IA Slop n’est pas seul responsable de la pénurie de RAM : Apple y prend sa part

La pénurie mondiale de mémoire vive qui frappe le marché des composants informatiques depuis plusieurs mois trouve deux coupables de poids : la frénésie de l'IA générative d'un côté, et Apple de l'autre. Si les modèles de langage et les infrastructures d'entraînement aspirent des quantités massives de DRAM et de HBM, le géant de Cupertino contribue lui aussi significativement à la tension sur les approvisionnements, au point d'aggraver une situation déjà tendue pour les fabricants de PC et les constructeurs de serveurs. La demande d'Apple s'explique par la montée en gamme systématique de ses appareils : les Mac équipés de puces M-series intègrent désormais des configurations mémoire unifiée de plus en plus généreuses, tandis que les iPhone et iPad embarquent davantage de RAM pour supporter les fonctionnalités d'Apple Intelligence. Cette stratégie, combinée aux volumes colossaux produits par Apple chaque trimestre, mobilise une part non négligeable de la capacité mondiale des fondeurs comme SK Hynix, Samsung ou Micron. Le contexte est celui d'un marché DRAM sous pression depuis fin 2024, où l'explosion des besoins en mémoire pour les puces IA HBM a détourné les capacités de production vers ce segment plus rentable. Résultat : les prix de la RAM grand public et serveur remontent, et les délais d'approvisionnement s'allongent. La convergence de ces deux forces — IA et Apple — laisse peu de marge aux autres acteurs du marché pour absorber le choc.

UELes fabricants et acheteurs européens de PC et de serveurs subissent des hausses de prix et des délais d'approvisionnement allongés sur la mémoire vive.

InfrastructureOpinion
1 source
Gemini arrive enfin sur Android Auto : pourquoi certains utilisateurs détestent déjà la mise à jour
64Frandroid 

Gemini arrive enfin sur Android Auto : pourquoi certains utilisateurs détestent déjà la mise à jour

Google déploie depuis plusieurs semaines le remplacement de Google Assistant par Gemini sur Android Auto, son système d'interface vocale pour les véhicules connectés. La transition, entamée progressivement début 2025, s'accélère désormais et touche un nombre croissant d'utilisateurs Android dans le monde. Gemini prend ainsi la main sur toutes les interactions vocales au volant : navigation, messages, appels, contrôle de la musique. Le problème, c'est que ce remplacement génère une frustration notable chez une partie des utilisateurs. Contrairement à Google Assistant, Gemini n'est pas conçu nativement pour les contraintes de la conduite : les réponses sont parfois plus longues, moins directes, et l'intégration avec certaines applications tierces reste imparfaite. Des fonctions autrefois fluides, comme dicter un message WhatsApp ou demander un itinéraire rapide, peuvent nécessiter plus d'interactions vocales qu'avant. Pour des conducteurs qui utilisaient Android Auto justement pour sa simplicité mains-libres, c'est un recul perçu. Ce basculement s'inscrit dans la stratégie globale de Google visant à unifier son écosystème autour de Gemini, au détriment de Google Assistant qui est progressivement abandonné sur tous les appareils. Android Auto représente un terrain sensible : l'usage en voiture exige réactivité et fiabilité, deux qualités que les LLM génératifs peinent encore à garantir de façon constante. Google devra affiner l'expérience rapidement, sous peine de voir les utilisateurs se tourner vers Siri, Alexa ou les assistants constructeurs intégrés directement dans les véhicules.

UELes conducteurs européens utilisant Android Auto sont directement affectés par cette transition forcée vers Gemini, avec une dégradation temporaire de l'expérience mains-libres.

OutilsOpinion
1 source
ChatGPT peut désormais vous localiser pour de meilleures recommandations
65Blog du Modérateur 

ChatGPT peut désormais vous localiser pour de meilleures recommandations

OpenAI a commencé à déployer une nouvelle fonctionnalité de partage de localisation dans ChatGPT, permettant à l'assistant d'accéder à la position géographique précise de l'appareil de l'utilisateur. Concrètement, lorsqu'un utilisateur pose une question nécessitant un contexte local — recommandations de restaurants, météo, événements à proximité, horaires de commerces — ChatGPT peut désormais utiliser ces coordonnées en temps réel plutôt que de se fier à une ville déclarée manuellement ou à des indices textuels. Cette évolution change substantiellement l'utilité de ChatGPT pour les requêtes du quotidien. Jusqu'ici, l'assistant devait demander à l'utilisateur de préciser sa localisation, introduisant une friction qui le désavantageait face à des assistants vocaux comme Siri ou Google Assistant, nativement intégrés au système. Avec l'accès GPS, ChatGPT peut concurrencer directement ces outils sur le terrain des usages locaux et mobiles. Cette fonctionnalité s'inscrit dans une stratégie plus large d'OpenAI visant à transformer ChatGPT en assistant personnel polyvalent, capable de répondre à des besoins contextuels sans configuration préalable. La question de la confidentialité reste centrale : OpenAI devra préciser comment ces données de localisation sont stockées, utilisées et si elles alimentent l'entraînement des modèles — un sujet sensible à l'heure où les régulateurs européens scrutent de près les pratiques des grands acteurs de l'IA.

UELes autorités européennes devront examiner la conformité de cette collecte de données de localisation au RGPD, notamment sur le stockage et l'usage potentiel pour l'entraînement des modèles.

OutilsOutil
1 source
Apple lance temporairement ses logiciels d'IA en Chine
66The Information AI 

Apple lance temporairement ses logiciels d'IA en Chine

Apple a brièvement déployé ses fonctionnalités d'intelligence artificielle en Chine cette semaine, avant de faire marche arrière. Une mise à jour iOS a permis à certains utilisateurs chinois de découvrir Apple Intelligence sur leurs iPhones — une première dans un marché où ces fonctions étaient jusqu'ici absentes. Le déploiement a rapidement été annulé, selon Bloomberg, suggérant qu'il s'agissait d'une sortie prématurée ou accidentelle. Ce faux départ illustre la complexité du marché chinois pour Apple. La Chine représente environ 17 % du chiffre d'affaires d'Apple, et l'absence d'Apple Intelligence dans ce pays constitue un désavantage compétitif face à des concurrents locaux comme Huawei, Xiaomi ou Oppo qui intègrent déjà des assistants IA natifs dans leurs appareils. Pour des millions d'utilisateurs chinois, l'IA d'Apple reste inaccessible alors qu'elle est disponible dans plus d'une vingtaine de langues ailleurs. Le déploiement d'Apple Intelligence en Chine se heurte à des obstacles réglementaires majeurs : Pékin exige que les données des utilisateurs soient traitées localement et que les modèles IA soient approuvés par les autorités. Apple négocierait des partenariats avec des entreprises chinoises comme Baidu ou Alibaba pour héberger et faire tourner ses modèles dans le pays, un processus dont l'issue reste incertaine.

BusinessOpinion
1 source
Claude, ChatGPT, Gemini ou Perplexity : Apple pourrait vous laisser choisir votre IA préférée
67Frandroid 

Claude, ChatGPT, Gemini ou Perplexity : Apple pourrait vous laisser choisir votre IA préférée

Apple envisage de transformer Siri en une interface ouverte permettant aux utilisateurs de choisir leur assistant IA préféré parmi les grandes plateformes disponibles sur le marché — Claude d'Anthropic, ChatGPT d'OpenAI, Gemini de Google ou encore Perplexity. Cette évolution représenterait un changement majeur dans la stratégie IA d'Apple, qui cherche à combler son retard face à des concurrents bien installés dans l'usage quotidien des consommateurs. Pour les utilisateurs d'iPhone et d'iPad, cette ouverture signifierait la possibilité de piloter leur IA de prédilection directement depuis Siri, sans quitter l'écosystème Apple. Concrètement, un utilisateur abonné à Claude ou habitué à ChatGPT pourrait continuer à utiliser son modèle favori via les interactions vocales et les raccourcis système d'iOS. Cela repositionnerait Siri non plus comme un assistant en compétition directe, mais comme une couche d'orchestration — ce qui pourrait séduire des millions d'utilisateurs frustrés par les limites actuelles de l'assistant natif. Apple a déjà amorcé cette direction avec l'intégration de ChatGPT dans iOS 18 via Apple Intelligence, annoncée à la WWDC 2024. Cette première alliance avec OpenAI avait marqué une rupture dans la posture historiquement fermée d'Apple. Élargir ce modèle à d'autres acteurs s'inscrirait dans une logique de neutralité compétitive, tout en évitant de dépendre d'un seul partenaire. La question reste entière quant aux conditions d'accès, aux données partagées et au calendrier de déploiement d'une telle fonctionnalité.

UELes millions d'utilisateurs d'iPhone en France pourraient bientôt piloter leur assistant IA favori directement via Siri, transformant l'usage quotidien pour les abonnés européens à Claude, ChatGPT ou Gemini.

OutilsOutil
1 source
Le fondateur d’Apple donne son avis sur l’IA, et il n’y va pas de main morte
68Le Big Data 

Le fondateur d’Apple donne son avis sur l’IA, et il n’y va pas de main morte

Steve Wozniak, cofondateur d'Apple et figure emblématique de la Silicon Valley, a exprimé dans une interview accordée à Fox Business une franche désillusion vis-à-vis de l'intelligence artificielle générative. Il affirme être « déçu souvent » par les outils actuels et admet les utiliser rarement. Ses deux critiques principales : l'incapacité des IA à reproduire l'émotion humaine, et un problème de fiabilité persistant. Quand il interroge un système comme ChatGPT, il obtient des réponses longues, structurées et factuelles — là où un humain raconterait, contextualiserait, partagerait une expérience subjective. Cette dimension émotionnelle et intentionnelle lui semble fondamentalement absente des modèles actuels. Sur la fiabilité, il est tout aussi catégorique : « Je veux un contenu fiable à chaque fois », une exigence que les LLM actuels ne remplissent pas, capables de produire des réponses convaincantes mais parfois fausses, sans signaler leurs propres limites. Ces critiques ont un poids particulier dans le contexte actuel, où l'IA s'immisce dans des domaines à fort enjeu — éducation, santé, information — et où la confiance des utilisateurs est un enjeu central. Si les modèles de langage sont conçus pour optimiser pertinence et clarté, ils ne garantissent pas une authenticité ni une constance qui permettraient de les ériger en sources d'autorité. Pour Wozniak, tant que cette fiabilité n'est pas acquise, l'IA reste un outil d'assistance, pas un substitut au jugement humain. C'est une préoccupation partagée par de nombreux acteurs du secteur, notamment sur les risques de désinformation ou de décisions automatisées mal fondées dans des contextes critiques. Cette prise de position intervient dans un moment de tension stratégique pour Apple elle-même. L'entreprise a lancé en 2024 Apple Intelligence avec l'ambition affichée de rattraper OpenAI, Google et Microsoft sur le terrain de l'IA, mais plusieurs fonctionnalités annoncées tardent à être déployées, signe d'une progression prudente. Tim Cook, lui, décrit l'IA comme « profondément enrichissante et potentiellement très positive » pour l'expérience utilisateur — un contraste saisissant avec le scepticisme de son cofondateur historique, qui n'a plus de rôle opérationnel dans l'entreprise. Wozniak s'inscrit ainsi dans une tradition de voix critiques venues de l'intérieur même de la tech — des figures comme Geoffrey Hinton ou Yann LeCun qui, chacun à leur manière, ont formulé des réserves profondes sur la trajectoire actuelle de l'IA. Son discours rappelle que l'enthousiasme industriel autour de ces technologies ne fait pas l'unanimité, y compris parmi ceux qui ont bâti le monde numérique d'aujourd'hui.

SociétéOpinion
1 source