Un site d'abonnement vidéo retrouve un second souffle en licenciant ses vidéos à l'IA
CuriosityStream, service de streaming spécialisé dans les documentaires consacrés notamment à l'Égypte antique ou au Golfe Persique, a frôlé la radiation du Nasdaq il y a trois ans, victime d'un afflux post-pandémie de plateformes concurrentes qui avait fait chuter son chiffre d'affaires de 27% en 2023, à son plus bas niveau en quatre ans. Fondée en 2015 par John Hendricks, le créateur de Discovery Channel, l'entreprise a opéré un redressement spectaculaire depuis l'automne dernier en décidant de céder sous licence des milliers d'heures de films dont elle détient les droits à des entreprises entraînant des modèles d'intelligence artificielle. Début août 2026, CuriosityStream a annoncé des profits records, portés par ces revenus de licence. Selon une source proche du dossier, Meta, Google, xAI, OpenAI et Anthropic ont toutes obtenu des licences sur son catalogue. L'action du groupe, qui avait plongé jusqu'à 45 cents en février 2024, a clôturé lundi à 2,84 dollars, un net rebond même si le titre reste très loin de son pic de 24 dollars atteint en 2021.
Résumé et traduction réalisés par Le Fil IA à partir de The Information AI. Lire l'article original →
Ce redressement illustre une transformation plus large du modèle économique des détenteurs de contenus audiovisuels à l'ère de l'IA générative. Pour des catalogues de niche comme celui de CuriosityStream, la vente de droits d'entraînement à des géants technologiques peut désormais peser plus lourd dans les revenus que l'abonnement lui-même, offrant une bouée de sauvetage financière à des acteurs fragilisés par la concurrence des grandes plateformes de streaming. Cela ouvre aussi la voie à un nouveau marché où la valeur d'un fonds documentaire se mesure autant à son utilité pour nourrir des modèles de langage qu'à son attrait pour les abonnés.
John Higgins, vice-président de CuriosityStream chargé des partenariats de données, résume la situation en expliquant que l'activité de streaming se poursuit, mais que la croissance provient depuis deux ans de la vente de données à l'IA, un mouvement qui s'accélère. Ce cas s'inscrit dans une course plus vaste des laboratoires d'IA à sécuriser des contenus vidéo de qualité et légalement acquis, alors que les questions de droits d'auteur sur les données d'entraînement restent un sujet de tension juridique majeur dans l'industrie technologique.
Pas d'impact direct sur la France/UE