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Vous vous faites avoir : ces influenceurs Instagram n’existent pas (ce sont des IA)
ÉthiqueLe Big Data · 2 min de lecture

Vous vous faites avoir : ces influenceurs Instagram n’existent pas (ce sont des IA)

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Sur Instagram et d'autres plateformes, une pratique discrète mais en pleine expansion bouleverse les codes du marketing d'influence : des marques font appel à des influenceurs entièrement générés par intelligence artificielle pour promouvoir leurs produits, sans en informer clairement les internautes. Ces personnages virtuels, visages hyperréalistes, voix synthétisées, mises en scène soignées, publient des vidéos qui imitent les témoignages spontanés de vrais consommateurs. Clarissa Mansbridge, ancienne agente de célébrités et fondatrice du projet Mia Metaverse, confirme que la demande explose : son activité consiste à créer des avatars numériques sur commande pour des campagnes marketing. Une marque de cosmétiques peut ainsi obtenir en quelques heures une vidéo montrant une jeune femme appliquant une crème solaire en bord de piscine, puis la diffuser comme s'il s'agissait de contenu organique. Selon elle, une part significative du contenu de certaines grandes marques serait déjà produite par IA, mais des accords de confidentialité empêchent les prestataires de citer leurs clients. L'application Maket est l'une des rares entreprises à reconnaître publiquement avoir recouru à ces avatars numériques, en précisant toutefois qu'il s'agit avant tout d'une phase d'expérimentation créative.

Le problème central est celui de la tromperie implicite. Ces personnages virtuels reproduisent avec précision les émotions, les anecdotes personnelles et les recommandations enthousiastes qui donnent aux contenus d'influence leur pouvoir de persuasion, sans que le spectateur ait les moyens de détecter l'artifice. L'association de consommateurs britannique Which? l'a mesuré concrètement : 70 % des participants à son étude n'ont pas réussi à distinguer toutes les vidéos authentiques des vidéos générées par IA. Pour les consommateurs, cela signifie qu'une recommandation en apparence sincère peut n'être que le produit d'un outil génératif commandité par l'annonceur lui-même, sans aucune expérience réelle du produit.

Cette pratique s'inscrit dans une logique économique implacable. Produire une campagne classique mobilise photographes, modèles, équipes créatives et parfois des déplacements coûteux. Les outils génératifs actuels permettent de créer du contenu en quelques heures pour une fraction du coût, avec une présence illimitée et sans les contraintes liées aux personnalités humaines. Les marques y voient aussi une façon de tester des concepts créatifs à faible risque avant d'investir dans des campagnes plus importantes. Mais l'absence de réglementation claire sur le sujet laisse un vide juridique que les annonceurs exploitent : tant que la mention "contenu généré par IA" n'est pas obligatoire, la transparence reste à la discrétion des entreprises. Face à la montée en réalisme de ces outils, les régulateurs européens et américains commencent à s'intéresser à la question, mais sans cadre contraignant à ce jour, le phénomène devrait continuer à s'amplifier.

Impact France/UE

Les consommateurs européens sont exposés à des pratiques trompeuses sans obligation légale de divulgation, tandis que les régulateurs européens s'intéressent au phénomène mais n'ont pas encore adopté de cadre contraignant sur la transparence des contenus générés par IA.

💬 L'analyse de Mathieu

L'enjeu, c'est pas le réalisme des avatars, c'est que rien n'oblige les marques à dire que c'est de l'IA. Tant que cette mention n'est pas obligatoire par la loi, le marché va s'en emparer massivement: c'est dix fois moins cher, sans contrat à renégocier ni caprice de célébrité. Les régulateurs s'y intéressent, bon, mais d'ici qu'un cadre contraignant existe, les consommateurs vont avaler des années de fausses recommandations.

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1The Decoder 

Des influenceurs générés par IA inondent les réseaux sociaux de contenus pro-Trump avant les midterms

Des centaines d'avatars générés par intelligence artificielle inondent TikTok, Instagram et YouTube avec des messages de soutien à Donald Trump à l'approche des élections de mi-mandat américaines. Certains de ces comptes ont déjà accumulé plus de 35 000 abonnés et engrangé des millions de vues. Trump lui-même a partagé du contenu produit par IA, ce qui a contribué à amplifier leur portée. L'origine de cette vague reste floue : s'agit-il d'initiatives d'activistes individuels ou d'une campagne coordonnée, personne ne le sait encore avec certitude. Ce phénomène soulève des questions majeures sur l'intégrité de l'information politique en ligne. Des influenceurs virtuels, indiscernables de vraies personnes, peuvent diffuser des messages partisans à grande échelle, sans les contraintes légales ou éthiques qui s'appliquent aux acteurs humains. Pour les plateformes comme TikTok et Meta, la détection et la modération de ce type de contenu représentent un défi technique et politique considérable, d'autant que les algorithmes de recommandation amplifient naturellement les contenus engageants, quelle que soit leur origine. L'utilisation de l'IA à des fins de propagande politique n'est pas nouvelle, mais la facilité avec laquelle ces avatars peuvent être créés et déployés massivement marque un tournant. Après les controverses autour des ingérences étrangères lors des élections de 2016 et 2020, les autorités américaines et les plateformes ont renforcé leurs politiques, sans pour autant anticiper ce scénario. La question de la transparence sur l'origine artificielle du contenu politique devient désormais centrale pour les régulateurs et les législateurs aux États-Unis comme en Europe.

UELa prolifération d'avatars politiques générés par IA interpelle directement les régulateurs européens, le Digital Services Act et l'AI Act imposant des obligations de transparence et de marquage des contenus synthétiques que les plateformes peinent encore à appliquer.

💬 On savait que ça allait arriver, mais la vitesse, là, ça surprend quand même. Des centaines de comptes coordonnés, des millions de vues en quelques semaines, c'est plus de l'expérimentation isolée, c'est une chaîne de production. Le DSA impose le marquage des contenus synthétiques, sur le papier c'est exactement pour ça qu'il existe, mais modérer à cette échelle sur TikTok sans faux positifs massifs, personne ne l'a encore réussi.

ÉthiqueOpinion
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Scandale OpenAI : Ils ont créé des journalistes qui n’existent pas !
2Le Big Data 

Scandale OpenAI : Ils ont créé des journalistes qui n’existent pas !

The Wire by Acutus, site d'information lancé le 29 décembre 2025, utilise des agents d'IA qui se présentent comme de vrais journalistes pour obtenir des citations d'experts humains. L'enquête, publiée par Model Republic via The Midas Project, révèle qu'aucun contributeur humain n'est identifiable sur le site, et que le détecteur Pangram estime à 97 % la proportion de contenus générés automatiquement. L'analyse du code source confirme un processus éditorial largement automatisé : sur cinq étapes de révision, une seule implique un humain, pour une durée moyenne de 44 secondes par article. Les enquêteurs ont retrouvé des champs destinés à alimenter l'IA en informations de base, des suggestions de questions d'interview, et un champ nommé « aiOriginalText » permettant de comparer le texte brut généré aux modifications apportées. L'affaire prend une dimension concrète avec Nathan Calvin, vice-président et conseiller juridique de l'association Encode : il a reçu un email d'un certain Michael Chen, se présentant comme journaliste pour Acutus et proposant un questionnaire sur une loi liée à l'IA au Tennessee. Ce journaliste n'existe nulle part en ligne, et l'adresse utilisée était le contact générique du site. Ce cas franchit un seuil inédit par rapport aux fermes à contenus IA déjà documentées. Jusqu'ici, l'IA produisait des textes ; ici, elle contacte de vraies personnes en se faisant passer pour un journaliste, ce qui lui permet d'extraire des citations authentiques pour crédibiliser un contenu entièrement automatisé. Pour les experts sollicités, il est impossible de distinguer un agent IA d'un journaliste humain. Pour l'ensemble du secteur médiatique, cela signifie qu'un processus éditorial complet, de l'interview à la publication, peut désormais s'exécuter sans intervention humaine réelle en moins d'une minute. La dimension politique aggrave les risques : le site cible aussi des voix critiques envers l'IA. Le chercheur John Sherman, défenseur de la sécurité de l'IA, a fait l'objet d'un article à charge accompagné de prises de contact avec les organisations avec lesquelles il collabore. Les liens entre The Wire by Acutus et OpenAI restent indirects mais troublants. Plusieurs articles du site ont été relayés par Patrick Hynes, figure des relations publiques proche du Parti républicain, dont le réseau se connecte à des structures liées à d'importants financements autour de l'IA, certains impliquant des personnalités associées à OpenAI. Aucune implication directe n'est formellement établie, mais l'hypothèse avancée est sensible : ce type de plateforme pourrait servir à diffuser des positions favorables à l'IA sous couvert de journalisme indépendant. L'affaire survient au moment où OpenAI renforce sa présence dans les médias, ayant récemment racheté l'émission TPBN, très suivie dans la Silicon Valley. Elle relance une question urgente : en l'absence de cadre légal imposant la transparence sur l'origine des contenus, rien n'empêche des agents automatisés de mener des interviews et de publier des articles sans que ni les sources humaines ni les lecteurs ne le sachent.

UEL'AI Act européen impose la transparence sur les contenus générés par IA, ce qui rendrait de telles pratiques illicites en Europe, mais l'absence de mécanismes de vérification concrets expose les experts et médias européens à des risques identiques d'interviews menées par des agents automatisés se faisant passer pour des journalistes.

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Muse Image sous le feu des critiques : Meta fait machine arrière dans Instagram
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Muse Image sous le feu des critiques : Meta fait machine arrière dans Instagram

Instagram vient de suspendre l'une des fonctionnalités les plus controversées de son nouveau générateur d'images par intelligence artificielle, Muse Image. Dévoilé par Meta le 8 juillet, cet outil intégré au chatbot Meta AI permettait aux utilisateurs d'Instagram de créer, modifier ou fictionnaliser des images, avec des options allant de simples filtres à des transformations complètes, comme donner à une photo l'apparence de pâte à modeler. Sa fonctionnalité la plus problématique autorisait aussi la représentation d'autres internautes à partir d'une simple mention de leur identifiant Instagram. Le système fonctionnait par défaut en opt-out : les utilisateurs étaient automatiquement inscrits, et ne pouvaient s'y soustraire qu'en allant modifier manuellement leurs paramètres, dans l'onglet « Partages et réutilisations ». Face à la controverse, Meta a annoncé le 10 juillet la suspension de cette possibilité de faire figurer d'autres utilisateurs dans les images générées. Ce 13 juillet, l'entreprise a également modifié la formulation de ses paramètres, qui proposaient encore vendredi d'« autoriser la réutilisation de votre contenu sur Instagram et avec les fonctionnalités IA de Meta », pour ne plus mentionner que la réutilisation générale du contenu. Cette marche arrière illustre les risques que ce type d'outil fait peser sur la vie privée et le droit à l'image de millions d'utilisateurs, à commencer par les artistes graphiques qui utilisent massivement Instagram pour diffuser leur travail et qui se retrouvaient exposés à une réutilisation non consentie de leurs créations. Des voix influentes se sont mobilisées contre le dispositif, dont l'actrice Hannah Einbinder, révélée par la série Hacks, et le syndicat américain des acteurs SAG-AFTRA, qui a dénoncé publiquement toute modalité autre qu'un choix explicite d'opt-in comme « inacceptable » et révélatrice d'une « incompréhension totale » des dangers associés à ce genre de fonctionnalité. Le précédent le plus frappant reste la vague de deepfakes pornographiques qui avait submergé X à l'hiver 2025, après le déploiement d'outils similaires sur la plateforme d'Elon Musk, un épisode qui plane désormais sur toute nouvelle initiative de génération d'images à partir de photos réelles d'utilisateurs. Meta justifie sa décision en expliquant vouloir offrir un « outil créatif utile » tout en laissant le contrôle aux utilisateurs sur la réutilisation de leur contenu public, tout en reconnaissant que la fonctionnalité n'a « pas répondu aux attentes ». L'épisode s'inscrit dans un contexte plus large de course effrénée des géants technologiques à intégrer l'IA générative dans leurs réseaux sociaux, souvent au détriment d'une réflexion approfondie sur le consentement et les droits d'auteur. Reste à savoir si Meta reviendra un jour sur cette fonctionnalité avec un modèle de consentement plus strict, ou si la pression publique et syndicale aura durablement enterré le projet.

UELes utilisateurs français d'Instagram, notamment les artistes graphiques diffusant leurs créations sur la plateforme, étaient exposés au même risque de réutilisation non consentie de leur image avant la suspension de la fonctionnalité par Meta.

💬 Meta recule, mais uniquement après que SAG-AFTRA et une actrice connue se soient mobilisées, pas parce que le design opt-out posait un problème évident en interne. C'est ça le vrai signal : chez les géants, le consentement par défaut reste une variable d'ajustement produit, pas un principe, tant que personne d'influent ne crie. Reste à voir si Meta relance un jour la fonctionnalité en opt-in strict, ou si elle l'enterre discrètement une fois la controverse retombée.

ÉthiqueActu
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Les agents IA ne sont pas vos collègues
4MIT Technology Review 

Les agents IA ne sont pas vos collègues

Une étude conduite par Emma Wiles, professeure en management à l'Université de Boston, révèle un paradoxe troublant : appeler un agent IA "collègue" rend les travailleurs humains moins performants. En analysant le comportement de 1 261 managers, elle a constaté que les participants détectaient 18 % d'erreurs en moins lorsque le travail était présenté comme produit par un "employé IA" plutôt que par un simple chatbot. Plus alarmant encore, ils étaient 44 % plus susceptibles d'escalader le travail douteux de l'IA à leur propre supérieur, annulant ainsi le gain de temps censé justifier le recours à ces outils. Près d'un tiers des managers interrogés indiquent que leur entreprise positionne déjà les agents IA comme des employés à part entière, 23 % allant jusqu'à les inscrire dans les organigrammes officiels. Cette confusion sémantique n'est pas anodine : elle redistribue insidieusement la responsabilité. Lorsqu'un outil est présenté comme un subordonné, les humains qui le supervisent se sentent moins imputables de ses résultats. Dans des secteurs comme la santé, l'éducation, la défense ou les institutions publiques, ce glissement peut avoir des conséquences graves. L'exemple de la frappe sur une école de filles en Iran, promptement attribuée dans l'opinion publique au modèle Claude, alors que tout indique une cascade d'erreurs humaines, illustre ce risque : les agents IA deviennent des boucs émissaires commodes pour des défaillances qui sont, en réalité, le produit de mauvaises décisions et d'une supervision insuffisante. Daron Acemoglu, économiste au MIT et lauréat du prix Nobel 2024, est direct sur ce point : "Les agents IA sont actuellement vendus comme des remplaçants de l'humain, et c'est une proposition perdante." Ce marketing du "collègue digital" s'est accéléré depuis début 2025, avec Microsoft, OpenAI, Anthropic et Google qui ont tous lancé des plateformes de gestion d'équipes d'agents IA présentés comme dotés de la flexibilité et de la puissance cognitive de véritables humains. Jensen Huang, PDG de Nvidia, évoquait dès l'an dernier des lieux de travail peuplés de "digital humans". Pourtant, une étude de Stanford portant sur 1 500 travailleurs dans 104 métiers révèle un décalage profond entre ce que les experts tech jugent automatisable et ce que les travailleurs eux-mêmes souhaitent déléguer. La conclusion s'impose : renommer un logiciel "Alex" et lui attribuer un titre ne le rend ni plus compétent, ni plus digne de confiance. Cela rend surtout les humains autour de lui moins vigilants.

UELes organisations européennes intégrant des agents IA dans leurs équipes s'exposent à une dilution de la chaîne de responsabilité, risque particulièrement grave dans les secteurs régulés comme la santé, l'éducation ou les services publics soumis au cadre de l'AI Act.

ÉthiqueOpinion
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