
Siri AI : pourquoi votre iPhone européen sera moins intelligent
Apple a officiellement annoncé lors de la WWDC 2026 que le nouveau Siri dopé à l'IA, présenté comme un assistant entièrement repensé, ne sera pas disponible sur iPhone et iPad dans l'Union européenne. La restriction concerne également l'Apple Watch, qui dépend de ces appareils. Les autres fonctionnalités d'Apple Intelligence seront bien déployées en Europe, et Siri AI restera accessible sur macOS et visionOS, mais les quelque 100 millions d'utilisateurs européens d'iPhone se retrouveront avec un appareil moins capable que leurs homologues américains ou asiatiques. Greg Joswiak, vice-président d'Apple, a confirmé qu'Apple avait informé les autorités européennes dès fin 2025 de son intention de lancer Siri AI, et affirme avoir soumis plusieurs propositions techniques pour concilier ouverture à la concurrence et protection des données, toutes rejetées selon lui par la Commission européenne.
Le blocage prive des millions d'utilisateurs d'une fonctionnalité centrale du nouveau cycle produit d'Apple, creusant un fossé technologique entre l'Europe et le reste du monde. Au coeur du désaccord se trouve une question concrète de sécurité : Apple soutient que les exigences actuelles du Digital Markets Act obligeraient la firme à donner à des assistants virtuels tiers un accès direct aux messages, fichiers, photos et actions dans les applications sans intervention de l'utilisateur, supprimant des mécanismes de protection jugés essentiels. Joswiak a résumé la position d'Apple sans détour, refusant de faire des dizaines de millions d'utilisateurs européens un terrain d'expérimentation. Parmi les solutions proposées figurait un système baptisé Trusted System Agent, conçu comme intermédiaire sécurisé pour permettre à des assistants concurrents d'accéder aux mêmes fonctions que Siri AI, avec un déploiement progressif sur 18 mois.
Ce conflit s'inscrit dans une tension plus large et ancienne entre Apple et les régulateurs européens autour du Digital Markets Act, entré en vigueur en 2024. Le DMA a déjà contraint Apple à ouvrir son écosystème aux boutiques d'applications alternatives et à des solutions concurrentes d'Apple Pay, défiant directement le modèle fermé que la marque défend depuis des années au nom de la sécurité et de la vie privée. Apple, désignée comme contrôleur d'accès par la Commission, fait l'objet d'enquêtes et de pressions continues. Si les discussions se poursuivent selon la firme, le climat est décrit comme particulièrement tendu. L'enjeu dépasse Siri : il s'agit de savoir si les grands acteurs technologiques américains peuvent imposer leurs propres standards de sécurité face aux exigences réglementaires européennes, ou si l'Europe acceptera de voir ses utilisateurs équipés d'appareils volontairement bridés.
Les 100 millions d'utilisateurs européens d'iPhone sont directement privés de Siri AI en raison du Digital Markets Act, creusant un fossé technologique mesurable entre l'Europe et le reste du monde et posant la question de savoir si la réglementation européenne peut contraindre les géants tech sans pénaliser les consommateurs.
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