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À Berkeley, plus d’un tiers des étudiants en informatique sont recalés à cause de l’IA

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Au printemps 2026, l'université de Californie à Berkeley a enregistré une hausse spectaculaire des échecs dans ses cours d'informatique de première année. Dans le cours d'introduction CS 10 ("La beauté et la joie de l'informatique"), 35,3 % des étudiants ont obtenu un F, contre 6,8 % au printemps 2025, soit une augmentation de 419 % en un an. Le cours CS 61A, consacré à la structure et l'interprétation des programmes, affiche quant à lui 10,6 % d'échecs, contre 3,8 % l'année précédente, soit une hausse de 179 %. Plus frappant encore, le cours d'optimisation EECS 127 a vu son taux d'échec bondir de 1,5 % à 16,8 %, une explosion de plus de 1 000 %. Ces chiffres s'éloignent très largement des directives internes de l'université, qui fixent à 7 % le seuil "typique" de notes D et F en premier cycle. La moyenne générale des deux cours d'intro est tombée à C+, soit 2,3 sur 4, alors que la fourchette attendue se situe entre 2,8 et 3,3.

Ces résultats révèlent une rupture pédagogique profonde liée à la généralisation des outils d'intelligence artificielle. Les enseignants signalent que de nombreux étudiants ont délégué leurs devoirs à des assistants IA sans jamais maîtriser les concepts sous-jacents, ce qui les a laissés démunis lors des examens en présentiel. S'y ajoutent des lacunes mathématiques criantes, un fort absentéisme, un manque de participation en cours, et des cas de tromperie académique. Ces carences, masquées pendant le semestre grâce aux outils génératifs, sont apparues en plein jour lors des évaluations formelles. Pour une université classée quatrième meilleure école d'informatique des États-Unis en 2026, derrière Carnegie Mellon, le MIT et Stanford, et première parmi les universités publiques, ce décrochage représente un signal d'alarme difficile à ignorer.

Berkeley n'est pas un cas isolé : depuis l'explosion de ChatGPT fin 2022, les établissements d'enseignement supérieur du monde entier débattent de l'impact des LLMs sur l'apprentissage réel. La question n'est plus théorique. L'université se retrouve confrontée à un paradoxe : former les ingénieurs et chercheurs qui construiront les systèmes IA de demain, tout en gérant une génération d'étudiants qui utilisent ces mêmes systèmes pour contourner l'apprentissage fondamental. La réponse institutionnelle tarde. Le manque de personnel enseignant mentionné par les professeurs complique toute surveillance renforcée. Les prochains semestres diront si Berkeley adapte ses méthodes d'évaluation, renforce les prérequis mathématiques à l'entrée, ou durcit ses politiques d'intégrité académique face à une technologie que ni les murs ni les règlements ne pourront faire disparaître.

Impact France/UE

Les universités françaises et européennes sont confrontées au même paradoxe pédagogique, et les données chiffrées de Berkeley constituent un signal d'alarme concret pour repenser les méthodes d'évaluation et les politiques d'intégrité académique dans l'enseignement supérieur européen.

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L'IA à base d'agents au service d'une santé mondiale plus humaine

Le secteur mondial de la santé fait face à une pression croissante : l'Organisation mondiale de la santé prévoit un déficit de 11 millions de professionnels de santé d'ici 2030, résultat de décennies de sous-investissement et d'une demande en hausse portée par le vieillissement des populations. Dans ce contexte, de nombreux établissements se tournent vers l'IA agentique, des systèmes capables de prendre des décisions autonomes et d'agir sans intervention humaine constante. Selon une étude KPMG, 68 % des prestataires de santé ont déjà intégré des agents IA dans leur fonctionnement. À New York, le Hospital for Special Surgery (HSS), centre médical académique spécialisé en santé musculo-squelettique, fait figure de pionnier. L'établissement utilise des agents IA pour traiter 1 100 dossiers de remboursements d'assurance par mois, une tâche qui mobilisait auparavant plusieurs semaines de travail impliquant du personnel interne et un prestataire externe. Le délai de traitement des recours est passé de 45 à 5 minutes, et le taux de succès de ces recours est passé de 65 % à 100 % en neuf mois. HSS a également déployé un service d'orientation et de prise de rendez-vous accessible 24h/24 via web, SMS ou téléphone, développé en partenariat avec la société Ema Unlimited, spécialisée dans l'IA agentique pour les entreprises. L'impact est concret et mesurable : là où les outils numériques précédents, dossiers médicaux électroniques, télémédecine, moniteurs connectés, avaient surtout alourdi la charge administrative sans résoudre les problèmes de fond, l'IA agentique libère les cliniciens des tâches répétitives pour qu'ils se concentrent sur les soins à forte valeur ajoutée. Le service de triage conversationnel pose des questions ciblées aux patients, identifie le bon spécialiste en tenant compte de la localisation, de la couverture assurantielle et des disponibilités, et finalise la prise de rendez-vous sans intervention humaine. Selon le Dr. Ashis Barad, directeur digital et technologique de HSS, l'IA agentique ne se contente pas d'automatiser : elle « effondre, augmente et surpuissante » les flux de travail existants. Ce tournant intervient après des années de promesses non tenues du numérique en santé. La migration vers les dossiers électroniques aux États-Unis, au début des années 2000, a fragmenté les données plutôt que de les unifier. Les outils de télémédecine ont amélioré l'accès géographique mais sans reproduire la qualité des consultations en présentiel. L'IA agentique se distingue par sa capacité à gérer des scénarios complexes et nuancés, à consulter des sources cliniques expertes et à s'améliorer dans le temps. Pour autant, la prudence reste de mise : chez HSS, toutes les décisions sont auditables, les cas sensibles ou incertains sont escaladés vers des spécialistes humains, et les données patients sont protégées selon les protocoles internes. La question centrale pour les prochaines années sera de savoir si cette technologie peut être déployée à grande échelle sans sacrifier la confiance des patients et la sécurité des soins.

UELe déficit de professionnels de santé prévu par l'OMS d'ici 2030 touche également les systèmes de santé européens, mais les déploiements décrits restent pour l'instant limités au marché américain.

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Une enquête publiée par la CNIL en partenariat avec l'institut Ipsos BVA et le Groupe VYV dresse un portrait inédit de la relation entre les jeunes Européens et l'intelligence artificielle conversationnelle. Menée en janvier 2026 auprès de 3 800 jeunes âgés de 11 à 25 ans dans quatre pays, France, Allemagne, Irlande et Suède, l'étude révèle que 86 % des jeunes Français utilisent déjà des outils d'IA, un chiffre qui place la France en dernière position : l'Allemagne atteint 92 %, l'Irlande 89 % et la Suède 87 %. L'usage est ancré dans la durée : trois jeunes sur cinq s'en servent depuis plus d'un an, un quart y recourt chaque jour, et 58 % au moins une fois par semaine. Plus frappant encore, un tiers des répondants interroge une IA sur sa vie personnelle au moins une fois par semaine, dont 16 % quotidiennement. Un jeune sur cinq va jusqu'à la considérer comme un amoureux. Ces chiffres prennent un relief particulier quand on les croise avec les données sur la santé mentale. Si 84 % des jeunes Français déclarent se sentir bien au quotidien, 65 % présenteraient simultanément des troubles anxieux, une proportion similaire dans les trois autres pays. La CNIL note que les jeunes les plus anxieux déclarent parler plus facilement de leurs problèmes à une IA qu'à leurs proches ou à des professionnels de santé, notamment parce qu'elle est disponible à toute heure et que, pour 40 % des sondés français, il est plus simple de s'y confier qu'à un être humain. Plus de six jeunes Français sur dix considèrent désormais l'IA comme un conseiller de vie ou un confident, un sur deux comme un ami ou un substitut au psychologue. Pourtant, un jeune sur trois ayant utilisé l'IA pour des sujets personnels déclare s'être déjà senti mal à l'aise suite à un conseil reçu. Cette étude s'inscrit dans une réflexion plus large que mènent les régulateurs européens sur l'encadrement des IA conversationnelles, notamment leur accès aux mineurs et leur usage thérapeutique non supervisé. La CNIL, dont le mandat inclut la protection des données personnelles mais aussi l'accompagnement des usages numériques, souligne la tension entre adoption massive et confiance relative : 80 % des jeunes admettent ne pas faire totalement confiance à l'IA, tout en continuant de lui confier des pans intimes de leur vie. Ce paradoxe, similaire à celui des mots de passe que l'on sait risqués mais qu'on réutilise, illustre la difficulté à traduire la lucidité en comportement réel, et interroge la responsabilité des plateformes comme des institutions éducatives face à une génération pour qui l'IA est déjà un interlocuteur émotionnel ordinaire.

UEL'étude menée par la CNIL sur quatre pays européens est susceptible d'alimenter directement les réflexions réglementaires de l'UE sur l'encadrement des IA conversationnelles pour les mineurs et leur usage thérapeutique non supervisé.

💬 80% ne font pas totalement confiance à l'IA, mais lui confient quand même des trucs intimes. C'est pas de la naïveté: un interlocuteur disponible à 3h du mat, gratuit, sans jugement, ça écrase tout ce qu'on a proposé d'autre à ces gamins. Ce qui me préoccupe, c'est pas l'usage, c'est qu'on soit en train de refiler à une génération entière un confident par défaut, sans jamais avoir vraiment décidé que c'était une bonne idée.

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En février dernier, Alicia Kalogeropoulos, 35 ans, et son mari Alex ont appris que sa tumeur cérébrale était de retour. Diagnostiquée une première fois en 2018, Alicia avait alors subi une opération, avant de rejoindre trois ans plus tard un essai clinique pour un traitement oral qui avait réussi à contenir la maladie pendant plusieurs années. Mais la rémission avait ses limites. Face à la récidive, les oncologues du Memorial Sloan Kettering Cancer Center de New York ont recommandé une nouvelle chirurgie, suivie probablement d'une chimiothérapie et d'une radiothérapie. Son mari, PDG dans la tech, savait ce que les études lui avaient appris : ce protocole ne guérit pas. Il a alors ouvert ChatGPT et formulé une demande précise : concevoir un plan de traitement centré sur les thérapies n'affaiblissant pas le système immunitaire, en explorant toutes les voies d'attaque disponibles contre la tumeur. Ce recours à l'intelligence artificielle comme conseiller médical de second rang illustre une tension croissante entre l'urgence vécue par les patients et les limites institutionnelles de la médecine. Pour des familles confrontées à des diagnostics pronostiquement sombres, les chatbots d'IA représentent un accès immédiat à une synthèse d'une littérature médicale impossible à lire seul. L'enjeu n'est pas de remplacer le médecin, mais d'arriver en consultation avec des questions que personne d'autre n'aurait pensé à poser. Cette histoire s'inscrit dans un débat plus large sur la place de l'IA dans la prise de décision médicale. Des outils comme ChatGPT ou ses concurrents ne disposent pas de données patients en temps réel, ne peuvent pas commander d'examens ni évaluer des images médicales, et leurs recommandations ne sont pas validées cliniquement. Pourtant, à mesure que ces modèles intègrent davantage de littérature biomédicale, certains médecins commencent eux-mêmes à les utiliser comme aide à la décision. La question de fond reste entière : jusqu'où peut-on faire confiance à une IA pour explorer des options que des spécialistes humains, submergés de patients, n'auraient pas le temps d'envisager ?

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En mai 2025, 35 % des sites internet nouvellement créés contenaient des textes entièrement ou majoritairement générés par intelligence artificielle, selon un rapport publié par Internet Archive. Cette étude, signée par Mark Graham, responsable de la Wayback Machine, accompagné d'un chercheur maison et de deux doctorants, s'appuie sur l'analyse du texte brut de milliers de sites archivés. Pour détecter l'origine des contenus, l'équipe a comparé plusieurs outils, Binoculars, Desklib, DivEye, avant de retenir l'API commerciale Pangram v3, choisie pour sa capacité à traiter le HTML et à analyser des textes en plusieurs langues, avec un taux de précision annoncé à 99,98 %. La proportion de sites à contenu genAI est passée de zéro avant le lancement de ChatGPT fin 2022 à ce tiers des nouvelles publications en l'espace de deux ans et demi. Ce que révèle ce rapport va à l'encontre des craintes les plus répandues. Sondés par les chercheurs, 75 % des internautes redoutaient d'être davantage exposés à des informations factuellement erronées, et 83 % anticipaient une homogénéisation du style des textes sur le web. Or, les données d'Internet Archive ne confirment ni l'une ni l'autre de ces hypothèses : les fact-checkers mandatés par l'équipe n'ont pas trouvé de corrélation statistiquement significative entre la hausse du contenu IA et une augmentation des fausses informations. L'homogénéisation stylistique, elle non plus, ne progresse pas mécaniquement. En revanche, deux effets distincts sont bien documentés : une contraction sémantique mesurable, les textes générés couvrent un spectre de vocabulaire et d'idées plus étroit, et un glissement artificiel vers la positivité, les contenus IA affichant systématiquement un ton plus optimiste et lissé que ceux rédigés par des humains. Ce travail s'inscrit dans un débat plus large sur ce que certains chercheurs appellent la "théorie de l'Internet mort", formulée dès 2021 et relancée début 2024 : l'idée que le web serait progressivement peuplé de contenus automatisés où des machines s'adressent à d'autres machines, au détriment d'une production humaine authentique. La méthode du rapport comporte toutefois des limites importantes : Pangram v3 est un outil commercial dont la méthode n'a pas été évaluée par des chercheurs indépendants, et les résultats dépendent donc directement de sa fiabilité réelle. Reste que cette étude est l'une des premières à quantifier l'empreinte de l'IA générative à l'échelle du web archivé, et elle devrait pousser les plateformes, moteurs de recherche et régulateurs à affiner leur compréhension des effets concrets, moins spectaculaires que redoutés, mais bien réels, de cette prolifération silencieuse.

UECette étude quantitative sur la prolifération des contenus IA pourrait alimenter les travaux des régulateurs européens, notamment sur les obligations de transparence et de marquage des contenus générés par IA prévues dans l'AI Act.

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