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SociétéArs Technica AI7h· 2 min de lecture

Soupçonnant une triche à l'IA, un prof Ivy League impose un examen en présentiel : les notes chutent de 50%

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Un scandale de triche à l'intelligence artificielle secoue actuellement l'université Brown, l'une des institutions de la prestigieuse Ivy League. Roberto Serrano, professeur d'économie non-voyant à Brown, soupçonnait ses étudiants d'utiliser des chatbots pour réussir ses examens. Face à ce doute, il a décidé d'imposer un examen final en présentiel, sans accès aux outils numériques habituels. Le résultat a été spectaculaire: les notes ont chuté de 50 pour cent par rapport aux évaluations précédentes, réalisées à distance ou sans surveillance stricte. Ce chiffre suggère qu'une part considérable de la performance affichée par les étudiants lors des évaluations classiques reposait en réalité sur une aide générée par IA plutôt que sur une maîtrise personnelle du contenu. Le cas s'inscrit dans un contexte plus large: une enquête récente menée auprès des étudiants de Princeton, autre membre de l'Ivy League, a révélé que 29,9 pour cent d'entre eux admettent avoir triché avec l'intelligence artificielle sur au moins un examen ou un devoir.

Cette affaire illustre un problème qui dépasse largement le cas de Brown et interroge la valeur même des diplômes délivrés par les universités d'élite. Ces étudiants, admis pour leur intelligence et leur excellence académique, n'ont en théorie pas besoin de tricher: ils pourraient simplement apprendre la matière. Mais la pression de la compétition, l'ambition et des emplois du temps surchargés poussent nombre d'entre eux à voir dans les chatbots un raccourci pratique, libérant du temps pour d'autres activités jugées prioritaires. Pour les établissements, l'enjeu est de taille: si les évaluations à distance ou peu surveillées ne mesurent plus les compétences réelles, c'est toute la crédibilité des parcours universitaires qui est mise en doute, avec des conséquences potentielles pour les employeurs et la société.

Le professeur Serrano refuse de laisser l'affaire sans suite et continue de la porter publiquement, ce qui a contribué à médiatiser le phénomène. Son cas relance un débat déjà vif dans l'enseignement supérieur américain sur la nécessité de repenser les formats d'évaluation, entre retour aux examens surveillés en présentiel, nouveaux outils de détection de contenu généré par IA, ou refonte plus profonde des méthodes pédagogiques face à la généralisation de ces technologies.

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Au printemps 2026, l'université de Californie à Berkeley a enregistré une hausse spectaculaire des échecs dans ses cours d'informatique de première année. Dans le cours d'introduction CS 10 ("La beauté et la joie de l'informatique"), 35,3 % des étudiants ont obtenu un F, contre 6,8 % au printemps 2025, soit une augmentation de 419 % en un an. Le cours CS 61A, consacré à la structure et l'interprétation des programmes, affiche quant à lui 10,6 % d'échecs, contre 3,8 % l'année précédente, soit une hausse de 179 %. Plus frappant encore, le cours d'optimisation EECS 127 a vu son taux d'échec bondir de 1,5 % à 16,8 %, une explosion de plus de 1 000 %. Ces chiffres s'éloignent très largement des directives internes de l'université, qui fixent à 7 % le seuil "typique" de notes D et F en premier cycle. La moyenne générale des deux cours d'intro est tombée à C+, soit 2,3 sur 4, alors que la fourchette attendue se situe entre 2,8 et 3,3. Ces résultats révèlent une rupture pédagogique profonde liée à la généralisation des outils d'intelligence artificielle. Les enseignants signalent que de nombreux étudiants ont délégué leurs devoirs à des assistants IA sans jamais maîtriser les concepts sous-jacents, ce qui les a laissés démunis lors des examens en présentiel. S'y ajoutent des lacunes mathématiques criantes, un fort absentéisme, un manque de participation en cours, et des cas de tromperie académique. Ces carences, masquées pendant le semestre grâce aux outils génératifs, sont apparues en plein jour lors des évaluations formelles. Pour une université classée quatrième meilleure école d'informatique des États-Unis en 2026, derrière Carnegie Mellon, le MIT et Stanford, et première parmi les universités publiques, ce décrochage représente un signal d'alarme difficile à ignorer. Berkeley n'est pas un cas isolé : depuis l'explosion de ChatGPT fin 2022, les établissements d'enseignement supérieur du monde entier débattent de l'impact des LLMs sur l'apprentissage réel. La question n'est plus théorique. L'université se retrouve confrontée à un paradoxe : former les ingénieurs et chercheurs qui construiront les systèmes IA de demain, tout en gérant une génération d'étudiants qui utilisent ces mêmes systèmes pour contourner l'apprentissage fondamental. La réponse institutionnelle tarde. Le manque de personnel enseignant mentionné par les professeurs complique toute surveillance renforcée. Les prochains semestres diront si Berkeley adapte ses méthodes d'évaluation, renforce les prérequis mathématiques à l'entrée, ou durcit ses politiques d'intégrité académique face à une technologie que ni les murs ni les règlements ne pourront faire disparaître.

UELes universités françaises et européennes sont confrontées au même paradoxe pédagogique, et les données chiffrées de Berkeley constituent un signal d'alarme concret pour repenser les méthodes d'évaluation et les politiques d'intégrité académique dans l'enseignement supérieur européen.

💬 Les chiffres sont brutaux, et pas vraiment surprenants. Des étudiants qui ont délégué leurs devoirs à l'IA se retrouvent seuls face à l'exam, sans fondations. Et le paradoxe qui me tue : on essayait de former ces gamins pour construire les systèmes IA de demain.

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UELes écoles d'art et industries créatives françaises font face aux mêmes tensions autour de l'intégration de l'IA dans les cursus, avec des enjeux similaires pour les droits d'auteur et les débouchés professionnels des diplômés.

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En mai 2025, 35 % des sites internet nouvellement créés contenaient des textes entièrement ou majoritairement générés par intelligence artificielle, selon un rapport publié par Internet Archive. Cette étude, signée par Mark Graham, responsable de la Wayback Machine, accompagné d'un chercheur maison et de deux doctorants, s'appuie sur l'analyse du texte brut de milliers de sites archivés. Pour détecter l'origine des contenus, l'équipe a comparé plusieurs outils, Binoculars, Desklib, DivEye, avant de retenir l'API commerciale Pangram v3, choisie pour sa capacité à traiter le HTML et à analyser des textes en plusieurs langues, avec un taux de précision annoncé à 99,98 %. La proportion de sites à contenu genAI est passée de zéro avant le lancement de ChatGPT fin 2022 à ce tiers des nouvelles publications en l'espace de deux ans et demi. Ce que révèle ce rapport va à l'encontre des craintes les plus répandues. Sondés par les chercheurs, 75 % des internautes redoutaient d'être davantage exposés à des informations factuellement erronées, et 83 % anticipaient une homogénéisation du style des textes sur le web. Or, les données d'Internet Archive ne confirment ni l'une ni l'autre de ces hypothèses : les fact-checkers mandatés par l'équipe n'ont pas trouvé de corrélation statistiquement significative entre la hausse du contenu IA et une augmentation des fausses informations. L'homogénéisation stylistique, elle non plus, ne progresse pas mécaniquement. En revanche, deux effets distincts sont bien documentés : une contraction sémantique mesurable, les textes générés couvrent un spectre de vocabulaire et d'idées plus étroit, et un glissement artificiel vers la positivité, les contenus IA affichant systématiquement un ton plus optimiste et lissé que ceux rédigés par des humains. Ce travail s'inscrit dans un débat plus large sur ce que certains chercheurs appellent la "théorie de l'Internet mort", formulée dès 2021 et relancée début 2024 : l'idée que le web serait progressivement peuplé de contenus automatisés où des machines s'adressent à d'autres machines, au détriment d'une production humaine authentique. La méthode du rapport comporte toutefois des limites importantes : Pangram v3 est un outil commercial dont la méthode n'a pas été évaluée par des chercheurs indépendants, et les résultats dépendent donc directement de sa fiabilité réelle. Reste que cette étude est l'une des premières à quantifier l'empreinte de l'IA générative à l'échelle du web archivé, et elle devrait pousser les plateformes, moteurs de recherche et régulateurs à affiner leur compréhension des effets concrets, moins spectaculaires que redoutés, mais bien réels, de cette prolifération silencieuse.

UECette étude quantitative sur la prolifération des contenus IA pourrait alimenter les travaux des régulateurs européens, notamment sur les obligations de transparence et de marquage des contenus générés par IA prévues dans l'AI Act.

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