Soupçonnant une triche à l'IA, un prof Ivy League impose un examen en présentiel : les notes chutent de 50%
Un scandale de triche à l'intelligence artificielle secoue actuellement l'université Brown, l'une des institutions de la prestigieuse Ivy League. Roberto Serrano, professeur d'économie non-voyant à Brown, soupçonnait ses étudiants d'utiliser des chatbots pour réussir ses examens. Face à ce doute, il a décidé d'imposer un examen final en présentiel, sans accès aux outils numériques habituels. Le résultat a été spectaculaire: les notes ont chuté de 50 pour cent par rapport aux évaluations précédentes, réalisées à distance ou sans surveillance stricte. Ce chiffre suggère qu'une part considérable de la performance affichée par les étudiants lors des évaluations classiques reposait en réalité sur une aide générée par IA plutôt que sur une maîtrise personnelle du contenu. Le cas s'inscrit dans un contexte plus large: une enquête récente menée auprès des étudiants de Princeton, autre membre de l'Ivy League, a révélé que 29,9 pour cent d'entre eux admettent avoir triché avec l'intelligence artificielle sur au moins un examen ou un devoir.
Cette affaire illustre un problème qui dépasse largement le cas de Brown et interroge la valeur même des diplômes délivrés par les universités d'élite. Ces étudiants, admis pour leur intelligence et leur excellence académique, n'ont en théorie pas besoin de tricher: ils pourraient simplement apprendre la matière. Mais la pression de la compétition, l'ambition et des emplois du temps surchargés poussent nombre d'entre eux à voir dans les chatbots un raccourci pratique, libérant du temps pour d'autres activités jugées prioritaires. Pour les établissements, l'enjeu est de taille: si les évaluations à distance ou peu surveillées ne mesurent plus les compétences réelles, c'est toute la crédibilité des parcours universitaires qui est mise en doute, avec des conséquences potentielles pour les employeurs et la société.
Le professeur Serrano refuse de laisser l'affaire sans suite et continue de la porter publiquement, ce qui a contribué à médiatiser le phénomène. Son cas relance un débat déjà vif dans l'enseignement supérieur américain sur la nécessité de repenser les formats d'évaluation, entre retour aux examens surveillés en présentiel, nouveaux outils de détection de contenu généré par IA, ou refonte plus profonde des méthodes pédagogiques face à la généralisation de ces technologies.
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