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Actualités IA — page 318

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Apprentissage par renforcement efficace via la dynamique de Koopman linéaire pour les systèmes robotiques non linéaires
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6341arXiv cs.RO 

Apprentissage par renforcement efficace via la dynamique de Koopman linéaire pour les systèmes robotiques non linéaires

Des chercheurs ont publié sur arXiv un nouveau cadre d'apprentissage par renforcement basé sur un modèle, conçu pour contrôler de manière optimale des systèmes robotiques non linéaires. L'approche repose sur la théorie de l'opérateur de Koopman, un outil mathématique qui permet de représenter des dynamiques non linéaires complexes sous une forme linéaire dans un espace de dimension supérieure. Ce modèle linéarisé est ensuite intégré dans une architecture acteur-critique classique afin d'optimiser la politique de contrôle. Pour limiter les coûts de calcul et éviter l'accumulation d'erreurs lors des simulations en plusieurs étapes, les gradients de politique sont estimés à partir de prédictions à un seul pas de temps, ce qui permet un entraînement en ligne sur des mini-lots de données issues d'interactions en continu. Le cadre a été évalué sur plusieurs benchmarks de contrôle simulés ainsi que sur deux plateformes matérielles réelles : un bras robotique Kinova Gen3 et un robot quadrupède Unitree Go1. Les résultats expérimentaux montrent que cette approche surpasse les méthodes d'apprentissage par renforcement sans modèle en termes d'efficacité d'échantillonnage, tout en offrant de meilleures performances de contrôle que les méthodes par renforcement basées sur un modèle classiques. Elle atteint même un niveau comparable aux méthodes de contrôle traditionnel qui nécessitent une connaissance exacte des dynamiques du système, un avantage considérable, car ces connaissances sont rarement disponibles dans des applications réelles. La robotique reste l'un des terrains les plus exigeants pour l'apprentissage automatique : les systèmes physiques sont non linéaires, les interactions avec le monde réel coûteuses, et les erreurs de modèle peuvent endommager le matériel. L'opérateur de Koopman suscite depuis plusieurs années un intérêt croissant dans la communauté du contrôle automatique, précisément parce qu'il permet de réconcilier la puissance expressive des modèles non linéaires avec la tractabilité des méthodes linéaires. En l'intégrant directement dans une boucle d'apprentissage par renforcement, ce travail ouvre la voie à des robots capables d'apprendre des comportements complexes avec moins d'essais et sans nécessiter un modèle analytique complet du système, une propriété clé pour le déploiement industriel à grande échelle.

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FingerEye : capteur vision-tactile continu et unifié pour la manipulation dextère
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6342arXiv cs.RO 

FingerEye : capteur vision-tactile continu et unifié pour la manipulation dextère

Des chercheurs du laboratoire LINS de l'Université nationale de Singapour ont présenté FingerEye, un capteur robotique compact et peu coûteux capable de combiner vision et toucher de manière continue tout au long d'une interaction physique. Publié sur arXiv le 28 avril 2025, le système intègre deux caméras RGB binoculaires pour percevoir l'environnement à courte portée avant tout contact, puis capte les déformations d'un anneau souple instrumenté de marqueurs pour mesurer les forces et couples exercés au moment où le robot touche un objet. Cette architecture permet une transition fluide entre perception visuelle pré-contact et retour tactile post-contact, le tout dans un unique capteur monté sur les doigts d'un bras robotique. Les chercheurs ont également développé une politique d'apprentissage par imitation qui fusionne les signaux de plusieurs capteurs FingerEye pour apprendre des comportements de manipulation à partir d'un nombre limité de démonstrations réelles, en s'appuyant sur un jumeau numérique du système pour renforcer la généralisation. La majorité des capteurs tactiles existants, comme GelSight et ses variantes, ne fournissent de retour d'information qu'une fois le contact établi, ce qui empêche le robot d'ajuster sa trajectoire lors de l'approche. FingerEye supprime cette lacune en offrant une boucle de perception ininterrompue, ce qui améliore sensiblement la précision des gestes fins. Les expériences menées montrent que le système parvient à réaliser des tâches délicates variées : faire tenir une pièce de monnaie debout, saisir une chip individuelle, extraire une lettre d'une enveloppe ou manipuler une seringue, autant de scénarios qui exigent une coordination précise entre vue et toucher. La manipulation dextre reste l'un des problèmes les plus difficiles de la robotique, car elle suppose de gérer simultanément la localisation d'un objet et les forces exercées sur lui. La plupart des approches séparent ces deux modalités ou ne traitent qu'une phase de l'interaction. FingerEye s'inscrit dans un courant de recherche plus large visant à doter les robots de capteurs multimodaux proches des capacités sensorielles humaines. L'intégration d'un jumeau numérique permet par ailleurs de générer des données simulées enrichies visuellement pour améliorer la robustesse aux variations d'apparence des objets, réduisant ainsi la dépendance aux coûteuses démonstrations en conditions réelles. Le code, les fichiers de conception matérielle et les vidéos sont disponibles sur le site du projet.

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Des actions à la compréhension : interprétabilité conformale des concepts temporels dans les agents LLM
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6343arXiv cs.RO 

Des actions à la compréhension : interprétabilité conformale des concepts temporels dans les agents LLM

Des chercheurs ont publié un article (arXiv:2604.19775) présentant un nouveau cadre d'interprétabilité pour les agents basés sur des grands modèles de langage (LLM). Baptisé "conformal interpretability framework for temporal tasks", ce système combine la modélisation des récompenses étape par étape avec la prédiction conforme, une méthode statistique rigoureuse, pour étiqueter les représentations internes du modèle à chaque instant : succès, échec ou dérive du raisonnement. Des sondes linéaires sont ensuite entraînées sur ces représentations afin d'identifier des directions latentes dans l'espace d'activation du modèle, des vecteurs qui correspondent à des notions cohérentes de réussite ou d'échec. Les expériences ont été menées sur deux environnements interactifs simulés, ScienceWorld et AlfWorld, et confirment que ces concepts temporels sont linéairement séparables. Cette capacité à "lire" ce qui se passe à l'intérieur d'un agent LLM en cours d'action représente une avancée concrète pour la fiabilité des systèmes autonomes. Jusqu'ici, les agents capables de planification multi-étapes restaient des boîtes noires : impossible de savoir, avant la fin d'une tâche, si le modèle était en train de dériver ou de raisonner correctement. Ce cadre ouvre la voie à une détection précoce des défaillances, mais aussi à des interventions actives : les auteurs montrent des résultats préliminaires indiquant qu'il est possible de "piloter" l'agent vers les directions de succès identifiées, améliorant ainsi ses performances en cours d'exécution. L'interprétabilité des LLM est devenue l'un des chantiers les plus actifs de la recherche en IA, notamment sous la pression des exigences de transparence portées par des régulateurs comme la Commission européenne. Ce travail s'inscrit dans un mouvement plus large qui cherche à dépasser la simple observation des sorties pour comprendre les mécanismes internes, en particulier dans des tâches séquentielles où l'erreur peut se propager et s'amplifier. Les outils développés ici pourraient à terme être intégrés dans des systèmes de supervision d'agents déployés dans des contextes critiques, que ce soit en robotique, en assistance médicale ou en automatisation industrielle.

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AdaTracker : politique adaptative pour le suivi visuel actif sur différents robots
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6344arXiv cs.RO 

AdaTracker : politique adaptative pour le suivi visuel actif sur différents robots

Des chercheurs ont publié le 29 avril 2026 sur arXiv un article présentant AdaTracker, un nouveau cadre d'apprentissage conçu pour résoudre un problème persistant en robotique : permettre à un seul modèle d'assurer le suivi visuel actif d'une cible sur des plateformes robotiques radicalement différentes. Aujourd'hui, chaque type de robot, qu'il s'agisse d'un drone, d'un bras manipulateur ou d'un robot mobile, requiert son propre modèle entraîné séparément, car les contraintes physiques et les dynamiques de mouvement varient considérablement d'une machine à l'autre. AdaTracker propose une architecture unifiée articulée autour de deux composants clés : un Embodiment Context Encoder, qui infère les contraintes spécifiques à chaque robot à partir de son historique de mouvements, et un Context-Aware Policy, qui ajuste dynamiquement les actions de contrôle en conséquence. Les expériences menées en simulation et dans le monde réel montrent que ce système surpasse les méthodes existantes en termes de généralisation inter-plateformes, d'efficacité d'échantillonnage et d'adaptation sans données d'entraînement préalables, ce que les chercheurs appellent l'adaptation zéro-shot. L'enjeu est considérable pour l'industrie robotique : développer et maintenir des modèles distincts pour chaque morphologie de robot est coûteux, peu scalable et freine le déploiement à grande échelle. AdaTracker pourrait permettre à un seul modèle d'être déployé sur une flotte hétérogène de robots sans réentraînement, réduisant drastiquement les coûts de développement. La capacité d'adaptation zéro-shot est particulièrement significative : le système peut contrôler un robot qu'il n'a jamais vu auparavant, en inférant ses contraintes physiques uniquement à partir de quelques interactions récentes. Ce travail s'inscrit dans une tendance de fond visant à construire des modèles fondationnels pour la robotique, à l'image de ce que des projets comme RT-2 de Google ou OpenVLA ont tenté pour la manipulation. Le suivi visuel actif, capacité fondamentale pour les drones de surveillance, les robots d'inspection ou les systèmes de sécurité, reste un défi technique non résolu dans sa dimension multi-plateforme. AdaTracker ouvre une voie vers des systèmes robotiques plus généraux et plus facilement transférables, une priorité alors que les déploiements industriels de robots diversifiés s'accélèrent.

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QuadPiPS : planificateur de pas pour quadrupèdes avec perception et prédiction d'affordances sémantiques
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6345arXiv cs.RO 

QuadPiPS : planificateur de pas pour quadrupèdes avec perception et prédiction d'affordances sémantiques

Des chercheurs ont publié QuadPiPS, un système de planification de pas pour robots quadrupèdes qui intègre la perception visuelle en temps réel pour naviguer sur des terrains complexes. Le système repose sur une représentation locale appelée "legged egocan", une carte ego-centrique de l'environnement immédiat du robot qui combine des données géométriques et sémantiques pour identifier les zones de pose sûres. Pour planifier les mouvements, QuadPiPS segmente le sol en "superpixels", des régions planes candidates pour les appuis, puis calcule des trajectoires optimisées entre ces points d'appui via des méthodes d'optimisation non linéaire. Le tout est exécuté sous contrôle prédictif de modèle (MPC) et contrôle de corps entier. Les tests ont été menés sur dix environnements de simulation avec cinq systèmes de référence, puis validés physiquement sur le quadrupède Unitree Go2 équipé d'un calculateur embarqué sur mesure, ainsi que sur le robot ANYmal C de ANYbotics. Les résultats montrent que QuadPiPS surpasse ses concurrents dans les scénarios à faible nombre de points d'appui disponibles, précisément les situations les plus dangereuses pour un robot mobile. C'est dans ces environnements critiques, comme des terrains escarpés, des surfaces trouées ou des obstacles rapprochés, que la planification précise des pas fait toute la différence entre un robot qui trébuche et un système fiable. La capacité à raisonner sur les affordances du terrain en temps réel ouvre la voie à un déploiement dans des milieux industriels risqués, des opérations de recherche en zone sinistrée ou l'inspection d'infrastructures inaccessibles. La locomotion des robots à pattes reste l'un des défis majeurs de la robotique mobile : contrairement aux robots à roues, ils doivent planifier chaque appui individuellement en tenant compte de la dynamique du corps entier. QuadPiPS s'appuie sur le cadre de planification ALEF, qu'il étend en séparant explicitement les sous-espaces de décision discrets et continus pour gagner en efficacité. L'essor des LLM embarqués et des capteurs compacts rend ce type d'approche perception-action de plus en plus viable hors laboratoire, et les prochaines étapes devraient viser une intégration dans des pipelines de navigation autonome plus larges.

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Calibration par différence temporelle dans les tâches séquentielles : application aux modèles vision-langage-action
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6346arXiv cs.RO 

Calibration par différence temporelle dans les tâches séquentielles : application aux modèles vision-langage-action

Des chercheurs ont publié sur arXiv (référence 2504.20472) une nouvelle approche pour améliorer la fiabilité des modèles de robotique dits vision-language-action (VLA), capables d'interpréter simultanément des images, du langage et des actions physiques. Le problème qu'ils adressent est celui de la calibration de l'incertitude dans les tâches séquentielles : lorsqu'un robot exécute une tâche en plusieurs étapes, à quel point ses estimations de succès sont-elles fiables à chaque instant, sachant que le résultat final n'est connu qu'en fin d'épisode ? Les auteurs formalisent ce problème et introduisent une extension séquentielle du score de Brier, une mesure classique de calibration probabiliste, adaptée aux trajectoires partielles. Ils démontrent que, dans le cas de résultats binaires, le minimiseur de risque de ce score coïncide mathématiquement avec la fonction de valeur de la politique VLA, concept central en apprentissage par renforcement. Concrètement, ils proposent d'utiliser l'estimation de valeur par différence temporelle (TD), technique issue du reinforcement learning, comme mécanisme de calibration. Les expériences menées sur des données de robots simulés et réels montrent que cette approche surpasse les méthodes de calibration actuelles. Ce travail a des implications directes pour le déploiement de robots dans des environnements réels. Un robot mal calibré peut surestimer sa confiance et poursuivre une tâche vouée à l'échec, ou au contraire s'arrêter prématurément. Améliorer la calibration permet donc d'accroître la sécurité et la robustesse des systèmes autonomes, un enjeu critique à mesure que ces modèles quittent les laboratoires pour intégrer des usines, des entrepôts ou des environnements domestiques. Le résultat le plus surprenant de l'étude est que, une fois calibrées par TD, les probabilités d'action à chaque pas isolé du modèle VLA suffisent à produire des estimations d'incertitude compétitives, contrairement à ce que des travaux récents utilisant d'autres méthodes de calibration avaient conclu. Ce résultat s'inscrit dans une dynamique plus large d'intégration entre l'apprentissage par renforcement et les grands modèles multimodaux appliqués à la robotique. Les modèles VLA, popularisés par des projets comme RT-2 de Google DeepMind ou OpenVLA, sont devenus un axe de recherche majeur ces deux dernières années, mais la question de leur fiabilité probabiliste était restée en marge. En établissant un pont formel entre calibration et RL, les auteurs ouvrent une voie méthodologique qui pourrait influencer la conception de futurs systèmes robotiques, notamment ceux devant opérer en autonomie prolongée sans supervision humaine.

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Planification kinodynamique ultra-rapide par échantillonnage via la platitude différentielle
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6347arXiv cs.RO 

Planification kinodynamique ultra-rapide par échantillonnage via la platitude différentielle

Des chercheurs ont développé FLASK, un nouveau cadre de planification de mouvement cinodynamique pour robots, capable de générer des trajectoires dynamiquement réalisables en quelques microsecondes à quelques millisecondes seulement. Présenté dans un preprint arXiv mis à jour (arXiv:2603.16059v2), le système s'applique à une large classe de robots dits "différentiellement plats", incluant les bras manipulateurs à plusieurs degrés de liberté, les véhicules terrestres et les drones. L'approche repose sur une transformation mathématique du problème de planification depuis l'espace d'état classique vers un "espace de sortie plat", où les équations de trajectoire admettent une solution analytique en forme fermée, éliminant ainsi le recours à des résolutions numériques itératives. La planification cinodynamique, qui intègre les contraintes physiques réelles du robot dans le calcul des trajectoires, est un verrou majeur pour le déploiement sûr de robots en environnements encombrés ou dynamiques. Les approches existantes exigent soit de résoudre des problèmes aux valeurs limites à deux points (BVP), soit de propager les équations de dynamique pas à pas, deux méthodes coûteuses en temps de calcul qui peuvent ralentir drastiquement la planification. FLASK contourne ce goulot d'étranglement en exploitant la platitude différentielle pour obtenir une solution analytique exacte, puis en la validant massivement en parallèle via le paradigme SIMD ("single instruction, multiple data"). Le résultat : un planificateur exact, compatible avec n'importe quel algorithme d'échantillonnage existant, et assorti de garanties théoriques formelles sur l'exhaustivité probabiliste et l'optimalité asymptotique. La planification de mouvement sous contraintes dynamiques est un défi fondamental en robotique depuis des décennies, notamment pour les manipulateurs industriels et les robots mobiles autonomes amenés à opérer près des humains. Les planificateurs géométriques rapides, bien qu'efficaces en millisecondes grâce à la parallélisation GPU, ignorent la dynamique réelle et produisent des trajectoires que le robot ne peut pas toujours suivre fidèlement. FLASK comble cet écart en combinant la vitesse de l'échantillonnage massif parallèle avec la rigueur des trajectoires physiquement faisables. Les expériences menées en simulation et en conditions réelles dans des environnements encombrés et dynamiques confirment l'efficacité de l'approche, ouvrant la voie à des robots industriels, chirurgicaux ou autonomes capables de planifier en temps réel sans compromis sur la sécurité.

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Apprentissage du contrôle multimodal du corps entier pour robots humanoïdes réels
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6348arXiv cs.RO 

Apprentissage du contrôle multimodal du corps entier pour robots humanoïdes réels

Des chercheurs en robotique ont publié sur arXiv une avancée notable dans le contrôle des robots humanoïdes, présentant le Masked Humanoid Controller (MHC), un système d'apprentissage automatique capable de piloter l'ensemble du corps d'un robot à partir d'une interface unifiée. Concrètement, le MHC reçoit des commandes sous forme de trajectoires partiellement spécifiées, seules certaines parties du corps sont ciblées à la fois, et les exécute en maintenant l'équilibre général de la machine. Le système a été validé sur le robot humanoïde réel Digit V3 du fabricant Agility Robotics, démontrant que les comportements appris en simulation se transfèrent effectivement au monde physique. Ce qui distingue le MHC, c'est sa capacité à traiter des entrées radicalement différentes avec un seul contrôleur : séquences de pas planifiées par un algorithme d'optimisation, clips de capture de mouvement humain, vidéos retransposées sur le robot, ou signaux de téléopération en temps réel via joystick. Jusqu'ici, chacun de ces modes nécessitait généralement un pipeline dédié. Cette unification simplifie considérablement l'architecture des systèmes robotiques et ouvre la voie à des robots capables de recevoir des instructions hybrides, par exemple suivre une trajectoire planifiée tout en imitant simultanément des gestes captés sur une vidéo. Le problème du contrôle corps entier est l'un des verrous majeurs de la robotique humanoïde commerciale, alors que des acteurs comme Boston Dynamics, Figure AI ou Tesla Optimus investissent massivement dans ce secteur. La tendance actuelle consiste à entraîner des contrôleurs en simulation, moins coûteux et plus sûr, puis à les transférer sur du matériel réel, une approche que le MHC illustre avec le Digit V3. L'utilisation d'un curriculum d'entraînement couvrant l'ensemble des modalités d'entrée est la clé qui permet cette polyvalence sans sacrifier la robustesse. Les prochaines étapes logiques concerneront l'intégration de modèles de langage comme interface de haut niveau, permettant à terme de donner des instructions verbales à un humanoïde qui les traduirait en commandes motrices complexes.

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OmniUMI : vers un apprentissage robotique ancré dans le monde physique par interaction multimodale alignée sur l'humain
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6349arXiv cs.RO 

OmniUMI : vers un apprentissage robotique ancré dans le monde physique par interaction multimodale alignée sur l'humain

Des chercheurs ont présenté OmniUMI, un nouveau cadre d'apprentissage robotique conçu pour dépasser les limites des systèmes actuels en intégrant des données multimodales physiquement ancrées. Là où les interfaces de type UMI existantes se limitent à des observations visuelles RGB et des trajectoires, OmniUMI capture simultanément six types de données : images RGB, profondeur, trajectoire, retour tactile, force de préhension interne et couple d'interaction externe. Ce dispositif tient dans la main et maintient une cohérence entre la phase de collecte des démonstrations humaines et le déploiement sur le robot, grâce à une conception d'embodiment partagé. Les politiques apprises reposent sur une extension de la diffusion policy intégrant ces signaux visuels, tactiles et de force, déployée via une exécution à impédance pour réguler conjointement le mouvement et le contact. Les expériences valident le système sur des tâches comme le saisissement et le dépôt sensibles à la force, l'effacement de surface interactif, et le relâchement sélectif guidé par le toucher. La portée de cette avancée tient à un problème fondamental de la robotique : les tâches impliquant un contact physique riche, comme assembler des pièces fragiles, manipuler des objets déformables ou effectuer des gestes précis avec pression calibrée, restent hors de portée des systèmes purement visuels. La vision seule ne peut pas inférer la dynamique de contact, la force exercée, ni les micro-glissements tactiles. En permettant au démonstrateur humain de percevoir et moduler naturellement ces forces via un retour bilatéral du préhenseur, OmniUMI aligne la démonstration humaine sur la réalité physique du robot, rendant les données collectées directement exploitables. Le contexte est celui d'une course à la manipulation robotique généraliste, où des laboratoires et entreprises comme Google DeepMind, Physical Intelligence ou Boston Dynamics investissent massivement. Les interfaces UMI, popularisées ces dernières années pour leur facilité de collecte de données à grande échelle, butaient précisément sur ce mur du toucher et de la force. OmniUMI ouvre une voie vers des systèmes capables d'apprendre des tâches industrielles ou médicales où la précision physique est critique, tout en conservant le paradigme de démonstration humaine qui a fait le succès des approches d'imitation à grande échelle.

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JoyAI-RA 0.1 : un modèle de base pour l'autonomie robotique
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6350arXiv cs.RO 

JoyAI-RA 0.1 : un modèle de base pour l'autonomie robotique

Des chercheurs ont publié le 28 avril 2026 sur arXiv un nouveau modèle de fondation baptisé JoyAI-RA 0.1, conçu pour doter les robots d'une autonomie généralisable dans des environnements réels et variés. Ce modèle de type vision-langage-action (VLA) s'appuie sur un cadre d'entraînement multi-sources et multi-niveaux inédit : il combine des données issues du web, des vidéos en vue subjective de manipulations humaines à grande échelle, des trajectoires générées par simulation, et des données collectées sur de vrais robots. Selon les résultats présentés, JoyAI-RA surpasse les méthodes les plus avancées sur des benchmarks en simulation comme en environnement réel, particulièrement sur des tâches variées nécessitant une capacité de généralisation. L'enjeu central de ce travail est la généralisation inter-robots, un problème récurrent dans le domaine : les modèles entraînés sur un type de robot peinent à s'adapter à d'autres architectures mécaniques ou capteurs différents. JoyAI-RA propose une unification explicite des espaces d'action, ce qui lui permet de transférer efficacement des comportements appris depuis des vidéos de manipulation humaine vers le contrôle robotique. Ce pont entre geste humain et mouvement machine est particulièrement prometteur pour réduire les coûts de collecte de données et accélérer le déploiement de robots polyvalents dans des contextes industriels, logistiques ou domestiques. La robotique autonome bute depuis des années sur deux obstacles structurels : la faible diversité des jeux de données disponibles et l'impossibilité de réutiliser des comportements appris d'un robot à l'autre. JoyAI-RA s'inscrit dans une tendance de fond qui voit émerger des modèles de fondation généralistes pour la robotique, à l'image de RT-2 de Google DeepMind ou d'OpenVLA. La particularité de cette approche réside dans l'intégration massive de vidéos de manipulation humaine comme source de supervision implicite, une stratégie qui contourne partiellement la rareté des données robotiques annotées. La publication en version 0.1 suggère que l'équipe, vraisemblablement liée à l'écosystème chinois au vu du nom JoyAI, entend faire évoluer ce modèle rapidement.

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Apprentissage de l'assemblage tenon-mortaise par désassemblage visuo-tactile
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Apprentissage de l'assemblage tenon-mortaise par désassemblage visuo-tactile

Des chercheurs ont publié sur arXiv (référence 2604.20712) un nouveau cadre d'apprentissage pour les robots chargés d'effectuer des assemblages de type "goupille dans un trou" (peg-in-hole, PiH), une tâche de manipulation fondamentale en robotique industrielle. L'idée centrale : plutôt que d'entraîner directement le robot sur cette tâche difficile, l'équipe lui apprend d'abord la tâche inverse, retirer une goupille d'un trou (peg-out-of-hole, PooH), puis utilise ces trajectoires inversées temporellement comme données d'expertise pour maîtriser l'insertion. Le système combine deux modalités sensorielles, la vision et le toucher, formalisées dans un cadre de processus de décision markovien partiellement observable. Les résultats sont convaincants : un taux de réussite moyen de 87,5 % sur des géométries déjà vues en entraînement, et de 77,1 % sur des objets inédits, soit une amélioration de 18,1 points de pourcentage par rapport aux méthodes d'apprentissage par renforcement classiques partant de zéro. Les forces de contact mesurées lors des assemblages sont également 6,4 % inférieures à celles des systèmes n'utilisant qu'une seule modalité sensorielle. L'enjeu de cette avancée est considérable pour l'automatisation industrielle. L'assemblage de pièces mécaniques avec précision reste l'un des goulots d'étranglement de la robotique manufacturière : un robot qui rate son insertion peut bloquer une ligne de production entière ou endommager des composants coûteux. La combinaison vision-toucher permet ici au robot de s'approcher du trou grâce aux informations visuelles, puis de corriger des désalignements millimétriques grâce aux capteurs tactiles, reproduisant le geste naturel d'un technicien humain qui "sent" la résistance avant d'ajuster. La généralisation à des objets non vus lors de l'entraînement est particulièrement prometteuse pour un déploiement industriel réel, où les pièces varient constamment d'un lot à l'autre. La tâche peg-in-hole est un problème de référence en robotique depuis les années 1980, longtemps résolu par des méthodes analytiques rigides, peu adaptables. L'apprentissage par renforcement a ouvert de nouvelles perspectives, mais se heurte à un obstacle majeur : l'exploration est coûteuse et risquée, chaque tentative ratée pouvant provoquer des chocs mécaniques. La clé de l'approche proposée est d'exploiter l'asymétrie entre insertion et extraction : retirer une goupille ne nécessite pas d'alignement précis et génère des données d'entraînement bien plus facilement. Le code, les démonstrations vidéo et les jeux de données de l'équipe sont disponibles en ligne, ce qui pourrait accélérer l'adoption de ce type d'apprentissage hybride dans la communauté robotique internationale.

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ALAS : synthèse adaptative d'actions à long terme par séparation de flux asynchrones
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ALAS : synthèse adaptative d'actions à long terme par séparation de flux asynchrones

Des chercheurs ont publié ALAS (Adaptive Long-Horizon Action Synthesis), un nouveau cadre d'apprentissage pour la robotique présenté dans un préprint arXiv (2604.20721). Ce système s'attaque à un problème central : permettre à un agent robotique d'accomplir des tâches longues et multi-étapes dans des scènes variées, ce qu'on appelle les tâches à "horizon long" dans le domaine de l'interaction humain-scène. Lors des tests comparatifs, ALAS affiche une amélioration moyenne de 23 % du taux de réussite par sous-tâche et de 29 % de l'efficacité d'exécution par rapport aux méthodes existantes. Ces résultats comptent parce que la robotique bute depuis des années sur un plafond de généralisation : les agents actuels apprennent à enchaîner des sous-tâches pré-entraînées, mais échouent dès que l'environnement ou la combinaison de compétences change légèrement. Un robot qui sait ranger une table dans un bureau peut se retrouver paralysé dans une cuisine. ALAS rompt cette dépendance en séparant explicitement la compréhension de l'environnement de l'exécution motrice, ce qui autorise le transfert vers des scènes et des compétences inédites sans tout réapprendre depuis zéro. Pour les applications industrielles et domestiques, cela rapproche concrètement la perspective d'un robot polyvalent capable de s'adapter sans reconfiguration lourde. L'architecture d'ALAS s'inspire du cerveau humain, plus précisément de la distinction neurologique entre les voies "où" et "quoi" du cortex visuel. Elle repose sur deux modules distincts : l'un dédié à la compréhension spatiale de la scène (fonctions des objets, relations géométriques, sémantique de l'environnement), l'autre au traitement des états moteurs de l'agent (degrés de liberté des articulations, schémas de mouvement). Ce découplage complet entre perception environnementale et contrôle moteur est la clé du transfert inter-domaines. La recherche en robotique s'oriente de plus en plus vers ces architectures bio-inspirées pour dépasser les limites du simple apprentissage par imitation, et ALAS constitue une étape notable dans cette direction, même si des validations sur des systèmes physiques réels restent à venir.

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Agent robotique évolutif pour la manipulation via réflexion et optimisation à court et long terme
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Agent robotique évolutif pour la manipulation via réflexion et optimisation à court et long terme

Des chercheurs ont publié sur arXiv un nouveau cadre algorithmique, baptisé EEAgent (Evolvable Embodied Agent), conçu pour doter les robots d'une capacité d'adaptation continue sans nécessiter de réentraînement lourd. Le système s'appuie sur des modèles de vision et de langage (VLMs) de grande taille pour interpréter l'environnement et planifier les actions du robot. Sa pièce maîtresse est un mécanisme appelé LSTRO (Long Short-Term Reflective Optimization), qui affine dynamiquement les instructions en combinant les expériences passées et les leçons récemment apprises. Évalué sur six tâches du benchmark VIMA-Bench, EEAgent établit un nouvel état de l'art et surpasse significativement les systèmes concurrents, notamment dans les scénarios les plus complexes. Ce travail s'attaque à un obstacle central de la robotique moderne : la généralisation. Les approches traditionnelles nécessitent des données d'entraînement massives et peinent à transférer leurs compétences d'une tâche à une autre, tout en restant difficiles à interpréter. EEAgent contourne ce problème en remplaçant le réentraînement par une réflexion structurée sur l'expérience accumulée, une approche analogue à ce qu'un opérateur humain ferait naturellement. La distinction court terme / long terme dans LSTRO permet au robot de ne pas simplement mémoriser ses erreurs récentes, mais d'en distiller des principes généraux réutilisables, améliorant les taux de réussite sur des tâches variées sans intervention humaine supplémentaire. La course à la robotique généraliste s'est intensifiée ces dernières années, portée par des acteurs comme Boston Dynamics, Figure, Physical Intelligence ou Google DeepMind. Tous cherchent à créer des systèmes capables d'opérer dans des environnements non structurés sans reprogrammation constante. L'apprentissage par prompts, que EEAgent pousse plus loin avec LSTRO, s'affirme comme une alternative légère aux pipelines d'apprentissage par renforcement classiques, coûteux en calcul et en données. Si les résultats sur VIMA-Bench sont encourageants, la prochaine étape sera de valider ce type de système dans des environnements physiques réels, là où la robustesse et l'adaptabilité sont véritablement mises à l'épreuve.

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Avantages de la bio-inspiration économique à l'ère de la surparamétrisation
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Avantages de la bio-inspiration économique à l'ère de la surparamétrisation

Des chercheurs ont publié sur arXiv (arXiv:2604.20365) une étude empirique comparant deux grandes familles de contrôleurs pour robots : les générateurs de patterns centraux (CPG), inspirés de la neurologie animale, et les perceptrons multicouches (MLP), omniprésents en apprentissage automatique. L'expérience soumet un robot à proprioception limitée à des protocoles d'optimisation variés, en faisant varier systématiquement la taille des espaces de paramètres sous deux régimes d'entraînement, évolutionnaire et par renforcement, et en mesurant les performances sur plusieurs fonctions de récompense. Le résultat central contredit une intuition répandue dans le domaine : plus de paramètres ne signifie pas de meilleures performances. Dans les contextes où les espaces d'entrée et de sortie sont restreints et où les gains maximaux sont bornés, les architectures légères, MLP peu profonds et CPG densément connectés, surpassent systématiquement les MLP profonds et les architectures Actor-Critic du renforcement. Pour quantifier cet écart, les auteurs introduisent une métrique inédite baptisée "Parameter Impact", qui mesure la proportion de paramètres supplémentaires se traduisant effectivement en gains de performance. Les résultats montrent que les paramètres additionnels exigés par les méthodes de renforcement ne produisent aucun bénéfice mesurable, plaidant en faveur des stratégies évolutionnaires sur ce type de tâche. Ce travail s'inscrit dans un débat de fond qui traverse la robotique et l'IA : l'ère des grands modèles a installé un réflexe de surparamétrage, mais cette logique ne se transfère pas uniformément à tous les problèmes. Les CPG sont une approche bio-inspirée classique, calquée sur les circuits neuronaux responsables de la locomotion animale, et longtemps délaissée au profit des réseaux profonds. L'étude rappelle que pour des morphologies robotiques contraintes, la frugalité computationnelle peut être une force, et non un compromis. Ces résultats ouvrent des pistes concrètes pour la conception de contrôleurs embarqués efficaces sur des robots à faibles ressources, un enjeu central pour la robotique mobile et les systèmes autonomes déployés hors datacenter.

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Cadre cinématique pour évaluer les configurations de pincement en robotique, sans modèle d'objet ni de contact
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6355arXiv cs.RO 

Cadre cinématique pour évaluer les configurations de pincement en robotique, sans modèle d'objet ni de contact

Des chercheurs ont publié sur arXiv (référence 2604.20692) un cadre d'évaluation cinématique permettant d'analyser les configurations de pincement des mains robotiques sans avoir recours à des modèles d'objets ni à des modèles de force de contact. La méthode repose sur le calcul de l'espace de travail atteignable par chaque bout de doigt à partir des configurations articulaires, puis sur la détection de configurations de pincement réalisables en évaluant les relations géométriques entre les paires de bouts de doigts. Quatre structures cinématiques différentes de main ont été comparées afin d'examiner leur influence sur les configurations de pincement possibles. Pour les concepteurs de mains robotiques, cet apport est concret : il devient possible d'évaluer la dextérité de préhension d'un prototype dès les premières phases de conception, sans avoir à modéliser les objets à saisir ni à simuler les forces de contact. Ces étapes, traditionnellement coûteuses en temps de calcul et en données, constituaient un frein majeur à l'itération rapide sur les designs. En permettant une évaluation fondée uniquement sur la structure cinématique de la main, le framework ouvre la voie à des cycles de développement plus courts et à une comparaison objective entre différentes architectures mécaniques. La robotique de manipulation traverse une période d'intense compétition, portée par l'essor des robots humanoïdes et des bras industriels autonomes. Les mains robotiques dotées d'une dextérité fine restent l'un des grands défis non résolus du secteur, que ce soit pour des usages industriels ou médicaux. Les méthodes d'évaluation existantes supposent généralement que l'objet à manipuler est connu à l'avance, ce qui les rend peu utiles lors des premières étapes de conception matérielle. Ce travail s'inscrit dans un courant de recherche visant à abstraire l'évaluation de la dextérité, et pourrait à terme être intégré dans des outils de conception assistée par ordinateur pour accélérer le développement de nouvelles générations de mains robotiques polyvalentes.

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MATT-Diff : suivi actif de cibles multimodal par politique de diffusion
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6356arXiv cs.RO 

MATT-Diff : suivi actif de cibles multimodal par politique de diffusion

Des chercheurs du laboratoire CINAPS ont publié MATT-Diff, un système de contrôle permettant à un agent mobile autonome de pister plusieurs cibles simultanément dans des environnements inconnus. Présenté dans un article arXiv (2511.11931), le système repose sur une politique de diffusion, une approche inspirée des modèles génératifs d'images, pour piloter le comportement de l'agent selon trois modes distincts : exploration de zones inconnues, suivi de cibles détectées, et réacquisition de cibles perdues. L'ensemble du système fonctionne sans connaissance préalable du nombre de cibles, de leurs positions ou de leurs dynamiques de déplacement. Ce qui distingue MATT-Diff des approches existantes, c'est sa capacité à gérer le compromis fondamental en robotique de surveillance : quand explorer pour trouver des cibles encore inconnues, et quand exploiter l'information déjà disponible pour réduire l'incertitude sur les cibles déjà repérées. Le modèle utilise un vision transformer pour tokeniser les cartes égocentrées de l'agent, et un mécanisme d'attention pour intégrer des estimations variables des cibles représentées sous forme de densités gaussiennes. Entraîné comme un modèle de diffusion, il apprend à générer des séquences d'actions multimodales via un processus de débruitage, ce qui lui permet d'adopter des comportements variés face à une même situation, là où les politiques classiques produiraient une seule réponse déterministe. Pour constituer les données d'entraînement, les chercheurs ont combiné les démonstrations de trois planificateurs experts distincts : un planificateur à base de frontières pour l'exploration, un planificateur hybride basé sur l'incertitude alternant entre exploration et suivi via l'algorithme RRT*, et un planificateur hybride temporel déclenchant la réacquisition selon le temps écoulé depuis la dernière détection. Cette diversité des sources d'apprentissage explique la richesse comportementale du système final. Les évaluations montrent des performances supérieures aux autres baselines d'apprentissage dans des environnements inédits. Le code est disponible publiquement sur GitHub, ouvrant la voie à des applications en surveillance autonome, recherche et sauvetage, ou gestion de drones en milieu complexe.

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Optimisation cinématique des rapports de longueur des phalanges dans les mains robotiques par dextérité potentielle
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6357arXiv cs.RO 

Optimisation cinématique des rapports de longueur des phalanges dans les mains robotiques par dextérité potentielle

Des chercheurs ont publié sur arXiv (référence 2604.20686) un cadre méthodologique permettant d'optimiser les proportions des phalanges dans les mains robotiques à cinq doigts, sans avoir à définir au préalable des objets précis ou des tâches de manipulation. Le système repose sur quatre métriques d'évaluation : la manipulabilité globale, le volume de l'espace de travail atteignable, le volume d'espace de travail partagé entre les doigts, et la sensibilité des extrémités. L'espace de travail est discrétisé via une représentation en voxels, et les mouvements articulaires sont découpés à intervalles uniformes pour permettre une évaluation systématique. L'optimisation s'applique séparément au pouce et aux quatre autres doigts, en excluant les combinaisons de conception qui ne génèrent pas de chevauchement d'espace de travail entre les doigts. Ce travail répond à un problème concret du développement robotique : jusqu'ici, évaluer quantitativement l'impact des ratios de longueur des phalanges sur la dextérité nécessitait de simuler des scénarios de manipulation spécifiques, ce qui rendait la phase de conception longue et peu généralisable. En proposant une fonction objectif pondérée applicable dès la phase de conception cinématique, les auteurs offrent aux ingénieurs un outil de décision précoce, indépendant des cas d'usage. Les résultats montrent que chaque phalange ne contribue pas de manière égale à la dextérité globale, et que le choix des coefficients de pondération ne conduit pas mécaniquement à maximiser chaque indicateur individuellement, en raison de la distribution non uniforme des mesures dans l'espace de conception. La conception des mains robotiques multi-doigts constitue l'un des défis persistants de la robotique humanoïde et de la manipulation industrielle. Des acteurs comme Boston Dynamics, Shadow Robot ou Agility Robotics investissent massivement dans la dextérité des effecteurs, qui conditionne directement l'utilisabilité des robots dans des environnements non structurés. Ce cadre méthodologique, en analysant systématiquement les compromis entre accessibilité, dextérité et contrôlabilité, pourrait accélérer les cycles de prototypage et s'imposer comme référence dans la conception cinématique des mains robotiques de nouvelle génération.

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Planification de trajectoires multi-robots et détection de comportements aberrants
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6358arXiv cs.RO 

Planification de trajectoires multi-robots et détection de comportements aberrants

Des chercheurs ont publié une nouvelle méthode permettant de détecter automatiquement les comportements anormaux dans des flottes de robots autonomes hétérogènes, dans un article référencé arXiv:2510.17261. Le système repose sur deux piliers : un cadre de génération de données structurées baptisé Nets-within-Nets (NWN), qui coordonne les actions des robots à partir de spécifications de mission formalisées en logique temporelle linéaire (LTL), et un pipeline de détection d'anomalies basé sur l'architecture Transformer. L'objectif est d'identifier les exécutions dites "spurious", c'est-à-dire les séquences de tâches incorrectes, les violations de contraintes spatiales, les incohérences temporelles ou les écarts par rapport à la sémantique attendue d'une mission. Les performances mesurées sont significatives : le système atteint 91,3 % de précision pour détecter les inefficacités d'exécution, 88,3 % pour les violations centrales de mission, et 66,8 % pour les anomalies adaptatives liées aux contraintes. Ces résultats positionnent l'approche comme une solution viable pour la supervision en temps réel de flottes robotiques dans des environnements complexes, notamment dans l'industrie, la logistique automatisée ou les missions de secours, où une mauvaise exécution peut avoir des conséquences coûteuses voire dangereuses. La capacité à classer automatiquement une trajectoire comme normale ou anormale sans intervention humaine représente un gain opérationnel concret. Ce travail s'inscrit dans un mouvement de fond visant à rendre les systèmes multi-robots plus fiables et plus auditables, à mesure que leur déploiement s'accélère dans des contextes industriels critiques. La logique temporelle linéaire est depuis longtemps utilisée en vérification formelle de logiciels, mais son application à la supervision de trajectoires robotiques en temps réel reste un terrain de recherche actif. L'usage de Transformers pour cette tâche, couplé à une étude d'ablation sur les représentations d'embedding, suggère que les architectures issues du traitement du langage naturel trouvent une seconde vie dans la robotique multi-agents. Les prochaines étapes naturelles porteraient sur des tests en conditions réelles et l'extension à des missions plus dynamiques.

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Stratégie de planification par apprentissage coopératif autonome intégrant l'incertitude
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Stratégie de planification par apprentissage coopératif autonome intégrant l'incertitude

Des chercheurs ont publié sur arXiv un nouveau cadre algorithmique baptisé DRLACP (Deep Reinforcement Learning-based Autonomous Cooperative Planning), conçu pour améliorer la coordination entre véhicules autonomes dans des environnements de circulation complexes. Le système s'appuie sur une combinaison de deux techniques d'apprentissage automatique : le Soft Actor-Critic (SAC), un algorithme d'apprentissage par renforcement réputé pour sa robustesse, et les Gate Recurrent Units (GRU), un type de réseau de neurones récurrents capable de traiter des séquences temporelles. Les performances du système ont été évaluées sur CARLA, une plateforme de simulation open-source largement utilisée dans la recherche sur la conduite autonome. L'enjeu central est de traiter simultanément trois catégories d'incertitudes qui affectent les systèmes de planification coopérative actuels : les incertitudes de perception (données sensorielles imprécises ou manquantes), de planification (décisions sous information incomplète) et de communication (latences ou pertes de données entre véhicules). Les approches existantes ne parviennent généralement à gérer qu'une ou deux de ces sources d'erreur. Selon les auteurs, DRLACP surpasse les méthodes de référence testées dans plusieurs scénarios de simulation avec des informations d'état imparfaites, ce qui représente une avancée concrète pour la fiabilité des systèmes multi-véhicules. La planification coopérative autonome est considérée comme une brique fondamentale des systèmes de transport intelligents de demain, où des flottes de véhicules doivent coordonner leurs trajectoires en temps réel pour maximiser fluidité et sécurité. La difficulté réside dans la nature distribuée de ces systèmes : chaque véhicule perçoit partiellement son environnement et communique avec ses voisins dans des conditions réseau variables. Les travaux sur DRLACP s'inscrivent dans une tendance plus large qui cherche à rendre ces algorithmes opérationnels hors des conditions idéales des laboratoires. La prochaine étape naturelle sera de valider ces résultats sur des données réelles et dans des scénarios urbains plus denses que ceux testés en simulation.

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Cartographie sûre de champs scalaires par transformée de Hough et processus gaussiens
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Cartographie sûre de champs scalaires par transformée de Hough et processus gaussiens

Des chercheurs ont publié, le 29 avril 2026, un article présenté sur arXiv (référence 2604.20799) décrivant un système permettant à un robot autonome de cartographier des champs scalaires inconnus tout en évitant automatiquement les zones dangereuses. Le cadre proposé repose sur deux composants mathématiques combinés : les processus gaussiens (GP), qui modélisent la distribution spatiale du champ mesuré, et la transformée de Hough (HT), qui détecte en temps réel la géométrie des zones à haute intensité. Concrètement, un robot équipé de capteurs doit mesurer un champ physique, par exemple d'intensité lumineuse ou de radiation, sans jamais pénétrer dans les régions où la valeur dépasse un seuil de sécurité prédéfini. La validation repose sur deux études de simulation numérique et une expérience en intérieur impliquant un robot mobile à roues cartographiant un champ d'intensité lumineuse. L'enjeu concret est de permettre une exploration robuste et sécurisée dans des environnements potentiellement hostiles, tels que des zones de radiation, des champs électromagnétiques intenses ou des atmosphères chimiques, sans exposer le robot à des dommages irréversibles. L'approche bayésienne des processus gaussiens offre un double avantage : elle fournit non seulement une estimation de la valeur du champ en tout point, mais aussi une mesure d'incertitude associée, permettant au système de planifier ses déplacements avec des garanties probabilistes de sécurité. Cela dépasse les approches classiques qui traitent sécurité et cartographie comme deux problèmes séparés. Ce travail s'inscrit dans un champ de recherche actif sur la robotique d'exploration intelligente, où la demande croissante pour des robots capables d'opérer sans supervision humaine dans des environnements extrêmes, nucléaires, industriels ou de défense, pousse à intégrer des garanties formelles de sécurité directement dans la boucle de planification. La transformée de Hough, outil historiquement utilisé en vision par ordinateur pour détecter des formes géométriques, est ici réinterprétée comme un estimateur structurel de zones à risque à partir de données capteurs partielles. Les prochaines étapes naturelles de ce travail incluront des tests en environnements réels non contrôlés et l'extension à des champs vectoriels ou des robots multi-agents.

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