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« Les emplois du secteur tertiaire sont désormais exposés à la baisse des embauches et à des licenciements »
SociétéLe Monde Pixels12sem· 1 min de lecture

« Les emplois du secteur tertiaire sont désormais exposés à la baisse des embauches et à des licenciements »

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Les emplois du secteur tertiaire — longtemps considérés comme des refuges face à l'automatisation industrielle — se retrouvent désormais en première ligne des transformations économiques. Adrien Charbuy, spécialiste des politiques de l'emploi au sein de l'État, tire la sonnette d'alarme dans une tribune publiée dans Le Monde : la convergence de l'intelligence artificielle, de la mondialisation et de l'e-commerce fragilise massivement ces emplois, dans un mouvement encore largement sous-estimé par les décideurs publics.

L'enjeu est considérable car le secteur tertiaire représente la grande majorité de l'emploi dans les économies développées. Contrairement aux destructions d'emplois industriels des décennies passées, qui avaient fini par s'inscrire dans le débat politique, cette nouvelle vague touche des fonctions jusqu'ici perçues comme intrinsèquement humaines : analyse, rédaction, service client, comptabilité, assistance juridique. L'IA générative accélère ce processus en rendant automatisables des tâches cognitives complexes, là où les précédentes vagues technologiques se limitaient aux tâches répétitives.

Charbuy pointe un double mécanisme : la baisse des embauches d'une part — les entreprises remplaçant les départs naturels par des outils IA plutôt que par de nouveaux recrutements — et les licenciements d'autre part, notamment dans les fonctions supports et les centres de services partagés. La mondialisation numérique amplifie le phénomène en permettant la délocalisation de services intellectuels vers des marchés à moindre coût, tandis que l'e-commerce érode structurellement le commerce de détail et la logistique de proximité.

L'auteur appelle à une réévaluation urgente des politiques publiques de l'emploi, qui restent calibrées sur un modèle économique en voie d'obsolescence. Face à cette transformation silencieuse mais profonde, la question de l'accompagnement des reconversions et de la régulation de l'IA dans le travail s'impose comme un chantier politique prioritaire — encore trop absent des agendas gouvernementaux.

Impact France/UE

L'emploi tertiaire français est directement menacé par les suppressions de postes liées à l'automatisation par l'IA, avec un risque de hausse du chômage structurel en France.

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Meta a annoncé le 18 mai la réassignation de 7 000 de ses employés vers des équipes dédiées au développement de l'intelligence artificielle. Ces salariés seront répartis dans quatre nouveaux groupes internes chargés de concevoir des outils et des applications fondés sur l'IA. L'annonce a été faite par la directrice des ressources humaines Jannelle Gale dans un mémo interne, qui précise que ces nouvelles structures fonctionneront avec moins de niveaux hiérarchiques que le reste de l'entreprise, selon un modèle dit "AI native". Cette réorganisation intervient quelques jours avant la suppression de 8 000 postes, prévue à partir du 20 mai, sur un effectif total de 78 000 personnes qui font tourner Facebook, Instagram et WhatsApp au quotidien, soit environ 10 % des effectifs du groupe. Cette double opération, réassignation massive et licenciements, illustre la vitesse à laquelle Meta pivote vers l'IA comme axe stratégique central. En regroupant des milliers d'ingénieurs et de product managers dans des structures dédiées et allégées, le groupe cherche à accélérer le développement de produits IA tout en réduisant les coûts opérationnels liés aux activités moins prioritaires. Pour les salariés concernés, le signal est sans ambiguïté : ceux qui ne s'intègrent pas dans cette nouvelle logique n'ont plus de place dans l'organisation. Pour l'industrie, cela confirme que l'IA n'est plus un projet parallèle mais la colonne vertébrale autour de laquelle les grandes plateformes restructurent leur capital humain. Meta n'est pas seule dans cette démarche. Microsoft, Block et Coinbase ont annoncé des réorganisations comparables ces derniers mois, invoquant elles aussi leurs ambitions en matière d'intelligence artificielle. Depuis le début de l'année 2026, le site layoffs.fyi a recensé plus de 110 000 suppressions de postes dans le secteur technologique, un mouvement que les dirigeants présentent systématiquement comme une transition vers l'IA plutôt que comme une simple réduction des coûts. Mark Zuckerberg, qui a fait de l'IA la priorité absolue de Meta pour les prochaines années, dispose désormais d'une organisation entière reconfigurée pour concrétiser cette ambition.

UELa restructuration touche potentiellement des milliers de salariés de Meta en Europe et accélère la pression sur les travailleurs du numérique à se repositionner sur des compétences IA pour rester employables.

💬 7 000 réassignations plus 8 000 licenciements en même temps, c'est pas une transition, c'est un tri. Meta dit clairement aux siens : soit tu construis l'IA, soit tu n'as plus ta place, et le calendrier (réorganisation annoncée deux jours avant les coupes) montre que c'est pas une décision prise à la légère. Le truc un peu vertigineux, c'est que Microsoft, Coinbase, Block font exactement pareil en ce moment, et que tout le monde appelle ça "transition vers l'IA" alors qu'on recense déjà 110 000 postes supprimés depuis janvier.

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