La Corée du Sud a frappé fort lundi 29 juin : le gouvernement et ses plus grands groupes technologiques ont annoncé conjointement un plan d'investissement de 1 000 milliards de dollars, centré sur l'expansion de la production de puces mémoire et le développement de robots humanoïdes. C'est le signal le plus fort envoyé depuis des années dans la course aux infrastructures IA : Séoul mise tout sur sa capacité industrielle à produire le silicium et les machines du futur.
De l'autre côté du Pacifique, les restrictions imposées par l'administration Trump sur l'accès aux modèles d'OpenAI et d'Anthropic produisent un effet inattendu : les développeurs se tournent massivement vers les modèles open source. Plusieurs dirigeants tech ont confié avoir payé cher leur dépendance aux solutions propriétaires, et les décisions de la Maison Blanche leur servent désormais d'argument pour accélérer la migration de leurs équipes. Un paradoxe que Washington n'avait probablement pas anticipé.
Sur le terrain de la création, l'écrivain français Julien Blanc-Gras a découvert début 2026 que son nom figurait sur Amazon comme auteur d'un livre qu'il n'a jamais écrit, un guide de survie vendu 17,05 euros. Ce cas illustre une dérive qui dépasse les simples livres générés par IA : c'est désormais l'identité des auteurs réels qui est usurpée pour crédibiliser de l'AI slop. La course aux infrastructures, les retournements réglementaires et la pollution de l'espace culturel confirment ensemble que l'IA recompose tout à la fois, les équilibres industriels, les marchés et la confiance que nous accordons à ce que nous lisons.
