La Direction interministérielle du numérique a franchi un cap symbolique vendredi : « L'Assistant », son chatbot d'IA générative développé en interne, est désormais accessible à l'ensemble des agents de la fonction publique française, une annonce portée par le Premier ministre Sébastien Lecornu. Mais les premiers retours d'expérience recueillis par Next INpact laissent percer un scepticisme palpable sur l'utilité réelle de l'outil au quotidien. La promesse politique est là ; l'adoption, elle, reste à construire.
De l'autre côté de l'Atlantique, Stripe donne à voir ce que les agents IA peuvent faire une fois réellement en production. Le géant américain des paiements a déployé sur Amazon Bedrock un système d'agents autonomes dédié à la conformité financière, pour gérer la complexité réglementaire de ses opérations dans 50 pays, soit 1 400 milliards de dollars de volume de paiements annuels. Une démonstration concrète que l'ère du prototype est bel et bien révolue pour les infrastructures critiques.
Pendant ce temps, DeepSeek confirme son statut de concurrent mondial à prendre au sérieux : le laboratoire d'IA chinois a bouclé à la mi-juin 2026 une levée de fonds de 7,4 milliards de dollars, valorisant la startup à plus de 50 milliards de dollars, la plus grande première levée jamais réalisée par une startup chinoise. Selon The Information, c'est en partie la réputation d'Anthropic qui a servi d'étalon aux investisseurs pour jauger les ambitions de DeepSeek. Entre un État qui expérimente prudemment, des entreprises qui industrialisent et une startup chinoise qui lève à cette échelle, l'IA en 2026 se joue simultanément sur trois fronts qui n'ont pas du tout le même rythme.
