Jeudi noir pour l’IA : la fin de l’investissement sans limite ?
Les valeurs technologiques américaines ont connu jeudi 5 novembre leur pire séance depuis avril 2025 à Wall Street. Le Nasdaq a reculé de 5,5 % et le S&P 500 de 4,36 %, tandis que le Financial Times évalue la perte de valorisation totale à environ 3 200 milliards de dollars, dont près de 1 000 milliards pour les seules « sept magnifiques ». Apple, Google, Amazon, Meta et Microsoft ont cédé entre 1,5 % et 4 %, mais la chute a surtout frappé les fournisseurs d'infrastructures d'IA. AMD a perdu 17,26 %, Micron 17,5 %, Sandisk 22,26 %, Marvell 16,43 %, Broadcom 10,43 %, Intel 10,5 % et NVIDIA 9,26 %. Les constructeurs et opérateurs de capacités cloud ont suivi : Dell (-14,70 %), Nebius (-15 %), CoreWeave (-9,83 %) et Oracle (-6,93 %). SpaceX, devenue l'un des principaux fournisseurs de puissance de calcul, a lâché 9,05 %, et Tesla 10,77 %, peut-être par ricochet. En Asie, le Nikkei et le Kospi ont suspendu leur cotation après une forte chute à l'ouverture, et SK Hynix comme Samsung Electronics reculaient de 10,44 % et 6,35 % vendredi matin.
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Résumé et traduction réalisés par Le Fil IA à partir de Next INpact. Lire l'article original →
Pour les investisseurs, particuliers comme institutionnels, la journée est brutale, d'autant que la baisse du pétrole laissait attendre un effet plutôt favorable sur le reste de l'économie. Le choc touche d'abord les entreprises les plus exposées de la chaîne de l'IA, celles dont les carnets de commandes et les résultats dépendent directement des dépenses des centres de données. Les fabricants de mémoire, dont les valorisations s'étaient envolées en 2026, payent cette envolée. Marvell subit en outre l'effet de l'annonce récente du rachat de Lumentum, destiné à renforcer sa position dans l'IA et mal accueilli par le marché. L'épisode ravive la crainte d'un éclatement de la bulle de l'IA et interroge la poursuite d'un investissement sans limite dans les capacités de calcul, dont dépend une large part de la croissance boursière récente.
Cette séance intervient au lendemain d'une journée de mercredi plutôt calme, durant laquelle les marchés avaient légèrement progressé, soulagés de la fin des incertitudes liées aux élections américaines de mi-mandat. Le Monde y voit une conséquence de la victoire des démocrates, mais l'article source nuance : le décrochage semble découler de deux phénomènes distincts, l'un immédiat et l'autre de plus long terme, sans que la partie détaillant ces causes soit accessible. Intel était déjà malmené depuis fin octobre, et AMD a publié des résultats qui soulignent sa dépendance au secteur des centres de données. La suite dépendra de la capacité des grands acteurs à justifier leurs investissements colossaux dans l'IA et de la réaction des marchés asiatiques et américains dans les prochaines séances.
La chute des valeurs technologiques et des fabricants de puces pèse sur les marchés boursiers mondiaux, dont ceux de l'Europe, et ravive les craintes d'une bulle de l'IA pour les investisseurs européens.