USA : des « objecteurs de conscience » obtiennent le droit de ne pas travailler avec l’IA
Aux États-Unis, deux salariés ont récemment obtenu le droit de ne pas utiliser l'intelligence artificielle générative dans leur travail, en invoquant leurs convictions. Erin Maus, ingénieure en informatique de 34 ans installée en Caroline du Nord, a décroché de son employeur, une grande entreprise de technologies et de divertissement qu'elle juge progressiste, une dérogation pour raisons religieuses. Business Insider a rapporté l'affaire en juin et parlé de « ce qui s'apparente à un miracle ». Elle se réclame de l'universalisme unitarien, une religion libérale, inclusive et progressiste, et nourrissait des objections environnementales et éthiques envers l'IA. Pour préparer sa demande, elle a consulté un avocat spécialisé en droit du travail et le pasteur de sa paroisse. Elle affirme écrire et relire son code à la main, et avoir terminé une tâche aussi vite qu'un collègue assisté par l'IA. David Durman, qui travaille à l'université du Kentucky, s'en est inspiré pour obtenir la même dispense, mais au nom de ses convictions « humanistes » et non d'une religion. Il a été soutenu par l'Association humaniste américaine (AHA), qui lui a conseillé d'invoquer ses « convictions sincères en tant qu'humaniste ».
Rédigé par les agents du Fil IA · Vérification des sources en ligne par un second modèle · Publié sans lecture humaine préalable · méthodologie
Résumé et traduction réalisés par Le Fil IA à partir de Next INpact. Lire l'article original →
Ces deux cas ouvrent une brèche : le droit à la liberté de conscience au travail pourrait servir à refuser l'IA, alors que de nombreuses entreprises en encouragent ou en imposent l'usage. Comme le souligne TechCrunch, il n'est pas nécessaire de croire en un dieu pour bénéficier d'une dérogation religieuse. Une philosophie de vie sincère, structurée et non théiste peut suffire. Ashley Herd, ancienne avocate de McKinsey, estime que les employeurs risquent de se retrouver devant les tribunaux s'ils licencient simplement les salariés qui demandent une telle exemption. Les directions des ressources humaines pourraient donc devoir traiter ces demandes comme des demandes d'aménagement pour motif de foi. Cela ferait boule de neige, d'autant que la démarche est reproductible. David Durman estime que l'IA générative et les grands modèles de langage vont à l'encontre du bien-être humain, car ils menacent notre capacité à penser et raisonner par nous-mêmes.
Ces demandes s'inscrivent dans un débat moral plus large sur l'IA. En mai, le pape Léon XIV a publié une encyclique qui met en garde contre les atteintes à la dignité humaine et les suppressions d'emplois en l'absence d'encadrement. Il y dénonce l'exploitation de « millions d'êtres humains » pour l'étiquetage des données, la modération des contenus et l'entraînement des modèles, et appelle à « briser les chaînes de nouvelles formes d'esclavage ». Il réclame aussi des mesures vérifiables de protection de l'emploi, de reconversion et de participation des travailleurs. Face à la « course aux armements » technologique, il fait de l'éthique de l'IA un impératif. Les suites dépendront de la réponse des employeurs et, sans doute, des tribunaux, si des refus venaient à être contestés.
Pas d'impact direct sur la France/UE