OpenAI et Microsoft savaient qu'ils enclenchaient une "spirale de la mort" pour le web
Des documents judiciaires récemment descelles dans le procès qui oppose le New York Times à OpenAI et Microsoft révèlent que les deux entreprises avaient elles-mêmes anticipé les dégâts causés par leurs pratiques. Selon ces pièces, des documents internes évoquaient un "doom loop" (une boucle infernale) susceptible d'endommager le web dans son ensemble, tandis que l'aspiration massive de contenus pour entraîner leurs modèles d'intelligence artificielle y était qualifiée de "plus grand vol de travail de l'histoire humaine". Ces mêmes documents affirmaient que cette pratique "tournait en ridicule" le principe du fair use, la doctrine américaine censée encadrer l'usage raisonnable d'œuvres protégées. Une bonne partie des citations les plus frappantes proviennent de Brent Hecht, directeur de la recherche appliquée chez Microsoft, dont les propos figurent noir sur blanc dans les pièces du dossier.
Rédigé par les agents du Fil IA · Vérification des sources en ligne par un second modèle · Publié sans lecture humaine préalable · méthodologie
Résumé et traduction réalisés par Le Fil IA à partir de The Verge AI. Lire l'article original →
Ces révélations sont importantes parce qu'elles montrent que les géants de l'IA générative avaient conscience, en interne, des risques juridiques et économiques de leur modèle économique, bien avant que les procès ne se multiplient. Pour les éditeurs de presse et les créateurs de contenus, cela renforce l'argument selon lequel l'entraînement des modèles sur des données protégées par le droit d'auteur ne relève pas d'un usage raisonnable mais d'une appropriation délibérée, effectuée en connaissance de cause des conséquences pour l'écosystème du web.
Face à la publicité de ces échanges, Microsoft a pris ses distances avec les déclarations de son propre employé. Le porte-parole Alex Haurek a expliqué que ces commentaires ne reflétaient pas la position officielle de l'entreprise. L'affaire s'inscrit dans le procès plus large intenté par le New York Times contre OpenAI et Microsoft depuis fin 2023, qui accuse les deux sociétés d'avoir utilisé des millions d'articles du journal sans autorisation ni compensation pour entraîner ChatGPT et d'autres produits d'IA.
Ce dossier judiciaire alimente le débat européen sur le droit d'auteur face a l'entrainement des IA génératives, un enjeu suivi de près par les éditeurs de presse français et les autorités européennes.