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IA : séries d’achats « bizarres » auprès de librairies d’occasion anglaises et irlandaises

Des libraires d'occasion du Royaume-Uni et d'Irlande signalent depuis environ trois mois des commandes de livres inhabituelles, sans lien thématique apparent, provenant d'acheteurs basés aux États-Unis, au Canada et en Europe. Stuart Manley, copropriétaire de Barker Books à Alnwick, en Angleterre, explique au Guardian avoir observé ce phénomène depuis mai 2026 : une commande a ainsi porté sur une traduction estonienne d'un roman de John Le Carré, une autre sur une édition de 1983 d'Agnes Grey d'Anne Brontë parue dans le magazine Warship. À Clargalway, en Irlande, le libraire Jim Shaughnessy reçoit lui aussi depuis mai des demandes mêlant des ouvrages sur les outils agricoles africains du XVIIIe siècle à des biographies de pilotes de course des années 1950. Une partie de ces achats est attribuée à la société canadienne Zoom Books, spécialisée dans la numérisation destructive de livres et active en Allemagne, en Espagne, aux États-Unis et en Australie ; elle dément tout lien avec l'entraînement de systèmes d'intelligence artificielle mais refuse de nommer ses clients.

2 min de lecturePertinence 56
Source

Résumé et traduction réalisés par Le Fil IA à partir de Next INpact. Lire l'article original →

Ces achats atypiques inquiètent un secteur du livre d'occasion habitué à des commandes cohérentes par thème, et relancent les soupçons sur l'origine des données utilisées pour entraîner les grands modèles de langage. L'enjeu dépasse le simple marché de l'occasion : il touche au respect du droit d'auteur, à la traçabilité des chaînes d'approvisionnement des entreprises d'IA et à la destruction physique d'ouvrages, parfois rares, pour les numériser. Le cas le plus documenté reste celui d'Anthropic, éditrice de Claude, dont le Washington Post a révélé début janvier 2026 le « projet Panama » : des millions de dollars investis dans l'achat puis la destruction de livres pour entraîner ses modèles à « bien écrire » plutôt qu'à reproduire un langage internet de mauvaise qualité.

Lancé en 2024, ce programme s'est appuyé sur de grands revendeurs comme le britannique World of Books et l'américain Better World Books, avant de recourir à des prestataires découpant les reliures et numérisant les pages de façon industrielle, selon Euronews. Poursuivie en justice par un collectif d'auteurs, Anthropic a accepté de verser environ 1,5 milliard de dollars pour éviter un procès, bien que le juge William Alsup ait par ailleurs estimé que l'entraînement d'une IA sur des livres relevait du « fair use » prévu par le droit américain. D'autres concurrents font face à des accusations similaires. Anthropic, cofondée par Dario et Daniela Amodei, prépare par ailleurs une entrée en bourse à l'automne 2026, certains investisseurs évoquant une valorisation record pouvant atteindre 2 000 milliards de dollars.

Impact France / UEChamp produit par Le Fil IA

Des librairies irlandaises, membres de l'UE, sont directement concernées par ce phénomène, qui relance le débat sur la traçabilité des données d'entraînement de l'IA au regard du droit d'auteur européen.

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