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Éthique · Reglementation ·

☕️ Accusée d’acheter de vieux livres pour entrainer des IA, Zoom Books nie

Depuis plusieurs semaines, des libraires alertent sur Reddit à propos de Zoom Books, une entreprise canadienne qui passerait commande en masse de vieux ouvrages dans plusieurs pays simultanément : Allemagne, Espagne, États-Unis, Nouvelle-Zélande, Australie, Bulgarie et Grande-Bretagne. L'affaire a été révélée par les médias suisses RTS et SRF ainsi que par le quotidien allemand taz. Les libraires soupçonnent Zoom Books de numériser le contenu de ces livres pour entraîner des modèles d'intelligence artificielle générative, avant de détruire les exemplaires physiques. La société affirme, elle, n'acheter que des "invendus poussiéreux" datant de 1970 ou après, dotés d'un numéro ISBN, à raison d'un seul exemplaire par titre, et nie formellement numériser ou détruire quoi que ce soit. Sur la question de savoir à qui les livres sont revendus, un responsable de l'entreprise refuse de donner toute information sur les acheteurs.

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Source

Résumé et traduction réalisés par Le Fil IA à partir de Next INpact. Lire l'article original →

Ce type de pratique, si elle était confirmée, ouvrirait une voie juridique inédite pour contourner le droit d'auteur dans l'entraînement des IA. En achetant légalement des ouvrages physiques puis en les numérisant, une entreprise pourrait invoquer le "fair use", doctrine juridique américaine souvent mobilisée par les acteurs de l'IA générative pour légitimer l'utilisation massive de contenus protégés. Pour les éditeurs et les auteurs déjà fragilisés par la montée des IA, cette approche représente une menace supplémentaire : elle contourne les plateformes de licences numériques en s'attaquant directement au stock physique.

L'affaire s'inscrit dans un contexte de tensions croissantes autour des données d'entraînement des grands modèles de langage. Plusieurs géants du secteur font face à des procès intentés par des auteurs et des éditeurs qui leur reprochent d'avoir ingéré leurs œuvres sans autorisation ni compensation. La stratégie consistant à passer par des intermédiaires discrets pour constituer des corpus d'entraînement à moindre risque juridique est déjà documentée. Le refus de Zoom Books de nommer ses acheteurs alimente les soupçons d'une chaîne d'approvisionnement délibérément opaque, conçue pour alimenter des acteurs de l'IA tout en maintenant une distance plausible avec les questions de droits.

Impact France / UEChamp produit par Le Fil IA

Les achats documentés en Allemagne, Espagne et Bulgarie exposent cette pratique au droit d'auteur européen (directive DSM) et aux futures obligations de transparence sur les données d'entraînement prévues par l'AI Act.

Notre lecture

Le refus de nommer les acheteurs, c'est l'aveu involontaire qui dit tout. Si l'affaire se confirme, on tient le modèle industriel pour contourner le droit d'auteur à grande échelle : acheter physique, numériser, invoquer le fair use, intercaler un intermédiaire discret pour brouiller les pistes. Les prochains procès sur les données d'entraînement ne vont pas cibler que les grands labs.

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