Aller au contenu principal
BusinessFrandroid · 1 min de lecture

« Un tournant décisif de l’histoire de l’humanité » : Google chamboule tout chez DeepMind et ça en dit long sur sa stratégie long terme

Source originale ↗·

Demis Hassabis, cofondateur et PDG de Google DeepMind, se retire de la direction opérationnelle quotidienne de la division pour se consacrer presque exclusivement à un seul objectif : l'intelligence artificielle générale, cette IA capable d'égaler ou de dépasser les capacités cognitives humaines dans la quasi-totalité des domaines. La gestion courante des équipes produits et de la stratégie commerciale doit désormais reposer sur des responsables de confiance, tandis que le dirigeant britannique concentre son temps sur la recherche fondamentale. Hassabis résume l'enjeu par une formule marquante, qualifiant l'arrivée de l'AGI de tournant décisif de l'histoire de l'humanité. DeepMind, fondée en 2010 puis rachetée par Google en 2014, est devenue le laboratoire central de la stratégie IA du groupe américain, à l'origine de Gemini, d'AlphaFold et d'AlphaGo.

Ce repositionnement traduit une bascule assumée des priorités de Google : la firme mise sur la recherche de rupture plutôt que sur la seule exécution produit à court terme, quitte à réorganiser sa chaîne de commandement interne. Pour l'industrie, le signal est net : la course à l'AGI, déjà disputée avec OpenAI et Anthropic, devient la priorité stratégique numéro un des grands laboratoires, au risque de reléguer au second plan certains arbitrages commerciaux immédiats.

Ce mouvement s'inscrit dans un contexte de compétition mondiale intense autour de l'IA générale, où chaque acteur majeur cherche à concentrer ses meilleurs talents sur la recherche de pointe. Il relance aussi le débat sur les risques et les responsabilités liés à une technologie que ses propres promoteurs décrivent comme potentiellement transformatrice pour l'ensemble de la société, avec des implications économiques, sociales et géopolitiques encore largement incertaines.

Cet article vous a été utile ?

Vu une erreur factuelle dans cet article ? Signalez-la. Toutes les corrections valides sont publiées sur /corrections.

À lire aussi

1Numerama 

Journée noire pour l’IA chez Google : Demis Hassabis n’est plus à la tête de DeepMind

Demis Hassabis quitte la direction opérationnelle de Google DeepMind pour se consacrer à la recherche scientifique et à la quête de l'intelligence artificielle générale (AGI), dans un poste taillé sur mesure au sein d'Alphabet. Prix Nobel de chimie, il était devenu ces dernières années le visage de Google dans la course aux grands modèles de langage, portant notamment les avancées de Gemini et les percées scientifiques de DeepMind comme AlphaFold. L'annonce tombe le même jour que le départ de Jeff Dean, figure historique de Google après 27 ans de maison, où il avait notamment codirigé les infrastructures et les efforts d'IA du groupe. Conséquence immédiate en Bourse : l'action Alphabet a chuté de 4,05 % dans la foulée de ces deux annonces conjuguées. Ce double départ interroge sur la solidité de la gouvernance IA d'Alphabet à un moment charnière de la compétition mondiale face à OpenAI, Anthropic ou Meta. Hassabis restait perçu comme le garant scientifique de la crédibilité de Google dans l'IA, et son retrait des opérations quotidiennes prive le groupe d'un porte-parole rassurant pour les investisseurs, alors même que les dépenses en infrastructures IA explosent et que les attentes sur la rentabilité de Gemini s'intensifient. Depuis le rachat de DeepMind par Google en 2014, Hassabis avait progressivement fusionné le laboratoire londonien avec Google Brain pour former Google DeepMind en 2023, dans une course effrénée à l'AGI face à la concurrence. Son repositionnement vers la recherche pure pourrait signaler un recentrage stratégique du groupe, entre exploitation commerciale à court terme des modèles existants et pari scientifique à plus long terme, dont l'issue reste incertaine pour les marchés comme pour l'industrie.

BusinessOpinion
1 source
Google DeepMind : les investissements massifs (capex) sont en réalité un pari sur la "RSI" (auto-amélioration récursive)
2The Information AI 

Google DeepMind : les investissements massifs (capex) sont en réalité un pari sur la "RSI" (auto-amélioration récursive)

Chez Google DeepMind, le directeur de la stratégie Jasjeet Sekhon a employé un terme précis pour justifier les dépenses d'investissement sans précédent de son secteur : l'auto-amélioration récursive, ou RSI (récursive self-improvement). Il s'exprimait ce week-end lors de l'Agentic AI Summit, organisé à l'Université de Californie à Berkeley. Selon lui, cette capacité d'une IA à créer automatiquement des versions plus performantes d'elle-même constitue un "élément clé de la thèse d'investissement" qui sous-tend les milliards dépensés actuellement par les géants de la tech en infrastructures et en puissance de calcul pour l'intelligence artificielle. Cette déclaration marque un tournant dans le discours public de l'industrie. Le RSI devient le nouvel objectif affiché, au même titre que l'AGI (intelligence artificielle générale, soit une IA surpassant les humains dans la plupart des tâches à valeur économique) l'a été ces dernières années. La distinction entre les deux n'est pourtant pas anodine : on ignore encore si le RSI précédera l'AGI, coïncidera avec elle, ou en découlera. Pour les investisseurs et les dirigeants du secteur, présenter le RSI comme horizon justifie des budgets colossaux difficiles à rentabiliser sur les seuls usages actuels des chatbots et outils d'IA générative. Le concept lui-même n'a rien de nouveau. Des chercheurs en discutaient déjà dès début 2023, bien avant qu'il ne s'invite dans la communication officielle des entreprises. Ce basculement récent, des laboratoires vers les discours corporate, illustre une pression croissante à légitimer des investissements en capital jugés disproportionnés par certains observateurs, faute de retours financiers immédiats. Que Google DeepMind, l'un des laboratoires les plus avancés au monde, place désormais le RSI au cœur de sa communication stratégique traduit aussi une course entre grands acteurs de l'IA, tous engagés à des degrés divers dans cette quête d'une intelligence artificielle capable de s'améliorer elle-même, sans intervention humaine directe.

💬 Ce qui se joue, c'est un changement de vocabulaire qui n'a rien d'innocent : la RSI remplace l'AGI comme horizon officiel, parce que ça justifie mieux les milliards dépensés en capex. Bon, sur le papier, si une IA arrive à s'auto-améliorer sans intervention humaine, ça change tout, d'accord. Mais quand un directeur de la stratégie chez DeepMind sort ce terme un week-end de summit, c'est surtout qu'il faut bien vendre aux investisseurs un pari qui ne rapporte pas encore assez sur les chatbots seuls. Retenez la phrase : quand un labo se met à parler de RSI plutôt que d'AGI, c'est le signe que le capex cherche une nouvelle histoire à raconter.

BusinessOpinion
1 source
Google réorganise DeepMind pour accélérer sur Gemini
3Next INpact 

Google réorganise DeepMind pour accélérer sur Gemini

Google DeepMind a annoncé une réorganisation majeure de ses équipes d'intelligence artificielle, touchant à la fois sa direction et son organisation scientifique. Demis Hassabis, cofondateur du laboratoire, devient président de DeepMind et chef scientifique d'Alphabet, un rôle stratégique qui l'éloigne de la gestion quotidienne des opérations. Il conserve toutefois la direction d'Isomorphic Labs, la filiale dédiée à la découverte de médicaments par IA qu'il a fondée en 2021 et qui compte Novartis et Eli Lilly parmi ses partenaires pharmaceutiques. Koray Kavukcuoglu, actuel directeur technologique de DeepMind et collaborateur de Hassabis depuis treize ans, prend le poste de vice-président senior : il pilotera désormais le développement des modèles Gemini, dont la version 4 est en préparation, ainsi que la recherche en IA de frontière et les outils pour développeurs. Jeff Dean, chef scientifique de DeepMind et trentième employé de Google, quitte quant à lui l'entreprise pour fonder Discovery Loop avec le Google Fellow Sanjay Ghemawat, une société à mission soutenue par Google et destinée à automatiser la résolution de problèmes en apprentissage automatique, en science et en ingénierie. En parallèle, l'équipe AlphaFold, selon le Financial Times, a été démantelée : environ un quart des auteurs des publications scientifiques associées ont quitté Google, les autres ayant été réaffectés vers les modèles Gemini ou vers des projets de conception d'enzymes, de fusion nucléaire et de génomique, certains rejoignant Isomorphic Labs. Ce remaniement traduit un changement de priorité assumé chez Alphabet : concentrer les ressources humaines et techniques sur Gemini plutôt que sur les projets scientifiques historiques qui ont pourtant valu à DeepMind sa notoriété, notamment le prix Nobel de chimie 2024 obtenu grâce à AlphaFold, système développé depuis 2018 pour prédire la structure tridimensionnelle des protéines. Pour les chercheurs concernés, cela signifie une bascule vers des applications plus commerciales ou vers des filiales séparées comme Isomorphic Labs, où la recherche devra désormais faire ses preuves sur le terrain économique, en partenariat avec l'industrie pharmaceutique. Pour Google, l'enjeu est de renforcer sa compétitivité face à OpenAI et Anthropic sur le développement d'agents IA avancés, un terrain où la pression concurrentielle s'est nettement intensifiée ces derniers mois. Cette réorganisation illustre aussi une tension plus large dans l'industrie entre recherche fondamentale et course aux produits commerciaux. Cette évolution s'inscrit dans une compétition de plus en plus vive autour de l'IA appliquée aux sciences. Anthropic a par exemple lancé cette année Claude Science, une déclinaison de sa technologie pensée pour accompagner la recherche en biologie et la découverte de médicaments, signe que les grands acteurs de l'IA générative cherchent tous à s'imposer sur ce segment. Pushmeet Kohli, vice-président de la recherche chez Google DeepMind et fondateur de l'équipe IA pour les sciences, résume ce basculement stratégique en expliquant que l'organisation, après neuf ans centrés sur de grands défis scientifiques indépendants, se réoriente désormais vers la construction de systèmes fondés sur Gemini capables d'épauler directement les scientifiques. Les changements annoncés par Alphabet viseraient également à faciliter le recrutement de nouveaux talents, dans un contexte où la guerre des compétences entre laboratoires d'IA reste l'un des principaux facteurs déterminant qui prendra l'avantage dans la course à l'intelligence artificielle générale.

UEAucun impact réglementaire direct sur la France ou l'UE, mais ce recentrage de Google sur les produits commerciaux accentue la pression concurrentielle pesant sur les laboratoires de recherche en IA européens.

💬 Démanteler l'équipe qui a valu un Nobel de chimie à Google pour la rebasculer sur Gemini, ça en dit long. Hassabis monte en grade mais quitte les manettes, Jeff Dean se casse pour monter sa boîte : chez Google, même un Nobel ne protège plus une équipe de recherche quand la course aux produits s'accélère. Le message est clair, tout doit maintenant nourrir Gemini 4 face à OpenAI et Anthropic, AlphaFold compris.

BusinessActu
1 source
Microsoft mise tout sur le business avec sa nouvelle stratégie d'IA de pointe
4The Verge AI 

Microsoft mise tout sur le business avec sa nouvelle stratégie d'IA de pointe

Mustafa Suleyman, PDG de l'IA chez Microsoft, a annoncé un changement majeur de cap stratégique pour l'entreprise : après une restructuration d'envergure opérée mi-mars 2026, il a délégué une partie de ses responsabilités opérationnelles pour se concentrer exclusivement sur la poursuite de la superintelligence artificielle. Ce repositionnement, révélé publiquement le mois dernier, était en réalité préparé depuis neuf mois selon ses propres déclarations à The Verge. C'est la renégociation du contrat de Microsoft avec OpenAI qui a officiellement "débloqué la capacité de Microsoft à poursuivre la superintelligence", mais Suleyman affirme avoir planifié cette transition bien avant la signature de cet accord. Ce virage stratégique signale que Microsoft ne se contente plus de déployer des outils d'IA dans ses produits existants, mais ambitionne désormais de jouer un rôle central dans la course à l'AGI et à la superintelligence. En séparant les enjeux opérationnels des ambitions de recherche fondamentale, le groupe de Redmond adopte une structure similaire à celle de ses concurrents comme Google DeepMind ou Anthropic, où la recherche de pointe est isolée des contraintes commerciales quotidiennes. Cette évolution intervient dans un contexte de tension croissante entre Microsoft et OpenAI, deux partenaires dont les intérêts divergent à mesure que les enjeux financiers et technologiques s'amplifient. La renégociation contractuelle entre les deux entités constitue un tournant dans leur relation, Microsoft cherchant à réduire sa dépendance tout en conservant un accès aux modèles les plus avancés. La nomination de Suleyman, cofondateur de DeepMind, à ce nouveau rôle centré sur la superintelligence témoigne de l'ampleur des ambitions que le groupe nourrit pour la prochaine décennie.

UELa concentration des ambitions AGI chez Microsoft creuse davantage l'écart technologique entre les États-Unis et l'Europe, où aucun acteur comparable n'est en mesure de rivaliser dans la course à la superintelligence.

BusinessOpinion
1 source

Recevez l'essentiel de l'IA chaque jour

Une sélection éditoriale quotidienne, sans bruit. Directement dans votre boîte mail.

Recevez l'essentiel de l'IA chaque jour

Gratuit · 1 email le matin, l'essentiel de l'IA · désinscription en un clic