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ÉthiqueThe Verge AI · 1 min de lecture

L'image générée par IA dans Google Earth pose problème

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Google Earth intègre désormais un générateur d'images par intelligence artificielle qui permet de créer des visuels réalistes à partir d'un simple texte, en s'appuyant sur les imageries satellite, aérienne et 3D de la plateforme. Le chercheur Henk van Ess, du site Digital Digging, a démontré les risques de cet outil baptisé Nano Banana en générant des images trompeuses : l'une montre de prétendus "réfugiés près de la frontière mexicaine", une autre simule un cratère de bombe près d'un hôpital à Gaza. Ces images, bien que fabriquées de toutes pièces, apparaissent avec un réalisme suffisant pour être confondues avec de véritables clichés satellites. Face à ces révélations, Google a répondu que chaque image générée avec Nano Banana dans Google Earth intègre le filigrane numérique SynthID, permettant de vérifier son authenticité via l'application Gemini ou l'outil Lens de la recherche Google.

Cette affaire illustre un problème majeur à l'heure où la désinformation visuelle se propage rapidement sur les réseaux sociaux, notamment autour de sujets sensibles comme les crises migratoires ou les conflits armés. Des images générées par IA calquées sur de vraies coordonnées géographiques pourraient être utilisées pour fabriquer de fausses preuves, alimenter des récits politiques trompeurs, ou discréditer des zones de conflit réelles, avec des conséquences potentiellement graves sur l'opinion publique et les décisions politiques.

L'incident s'inscrit dans un débat plus large sur la responsabilité des géants technologiques qui déploient des outils génératifs puissants sans toujours anticiper leurs usages détournés. Le tag "@verifyai" et le watermark SynthID constituent des garde-fous, mais leur efficacité dépend de la vigilance des utilisateurs et des plateformes de diffusion, posant la question de la régulation future de ces technologies.

Impact France/UE

Le risque de désinformation visuelle généré par cet outil pourrait toucher l'opinion publique en France/UE et nourrit le débat sur l'encadrement des IA génératives au titre de l'AI Act.

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☕️ Google généralise le signalement des publicités générées par IA

Google, l'une des plus grandes régies publicitaires au monde, va généraliser le signalement des publicités créées ou modifiées par intelligence artificielle générative sur ses services de recherche, Discover et YouTube. Le panneau « Mes préférences publicitaires », déjà accessible en touchant les trois petits points sous une annonce ou son icône d'information, va intégrer une nouvelle catégorie baptisée « Comment cette annonce est faite », qui précisera si le contenu a été généré ou édité avec de l'IA. Lorsqu'un annonceur utilise les outils d'IA maison de Google, la mention sera ajoutée automatiquement. Si des outils tiers ont servi à produire une publicité diffusée sur les espaces de Google, l'annonceur pourra volontairement préciser le recours à l'IA. Selon les exigences locales, une étiquette pourra aussi apparaître directement sur la publicité elle-même, de façon automatique ou à l'initiative de l'annonceur. Cette généralisation s'appuie sur une règle déjà en vigueur depuis 2023, qui imposait le signalement des contenus IA ou numériquement altérés dans les publicités électorales. Cette évolution répond à un problème concret : les outils d'IA générative permettent désormais à n'importe quel annonceur de produire des visuels et vidéos publicitaires quasiment indiscernables de contenus authentiques. Si Google interdit officiellement les publicités trompeuses ou mensongères, rien n'empêche un annonceur de recourir à l'IA pour créer des contenus lourdement retouchés, brouillant la frontière entre mise en valeur légitime d'un produit et tromperie pure. Pour l'internaute, qui n'a souvent aucun moyen de vérifier l'origine d'une image ou d'une vidéo publicitaire, cette opacité complique l'exercice d'un jugement éclairé. En rendant visible l'usage de l'IA, Google cherche à redonner aux utilisateurs un repère minimal pour évaluer ce qu'ils voient, sans pour autant interdire la pratique elle-même, ce qui laisse une marge d'appréciation importante aux annonceurs sur le degré de retouche à signaler. Cette annonce s'inscrit dans un mouvement plus large de la part des grandes plateformes pour encadrer la publicité générée par IA, sur fond d'inquiétudes autour de la désinformation, notamment en période électorale : une enquête a récemment révélé que 16 % des électeurs ont consulté une IA pour savoir pour qui voter aux dernières municipales. Meta a mis en place un dispositif comparable, avec une étiquette « Infos IA » obligatoire pour les publicités politiques utilisant des contenus audio, vidéo ou images générés ou modifiés par IA, et une signalisation plus générale pour les autres publicités utilisant des outils maison ou tiers. Selon la fiche d'assistance de Meta, mise à jour il y a cinq semaines, le déploiement reste toutefois partiel, si bien que toutes les publicités concernées ne portent pas encore systématiquement la mention. Reste à savoir si ces mesures, encore largement déclaratives et dépendantes de la bonne foi des annonceurs, suffiront à contenir la multiplication des contenus publicitaires synthétiques à mesure que les outils de génération deviennent plus accessibles et plus convaincants.

UELes internautes français seront concernés par ce signalement sur les annonces Google, notamment en période électorale ou une étude récente montre que 16% des électeurs français consultent une IA avant de voter.

💬 Enfin un peu de transparence sur un truc qui était devenu incontrôlable. La pub générée par IA est déjà indiscernable d'un vrai visuel, et Google se contente d'une étiquette qui dépend en grande partie de la bonne foi de l'annonceur, pas d'un contrôle systématique. Le vrai signal, c'est que ça arrive juste avant les municipales où 16% des électeurs ont consulté une IA pour choisir leur vote : la publicité électorale synthétique n'est plus une hypothèse, c'est le sujet du moment.

ÉthiqueActu
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Deezer : les chansons générées par IA, « un problème pour toute la filière musicale »
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Deezer : les chansons générées par IA, « un problème pour toute la filière musicale »

Deezer a révélé que 44 % des chansons soumises quotidiennement à ses serveurs sont générées par intelligence artificielle, soit environ 75 000 titres chaque jour. Ce chiffre, communiqué par Aurélien Hérault, directeur de l'innovation de la plateforme française, marque une accélération brutale : le volume de musique IA a doublé en seulement trois mois. Ces contenus transitent principalement par des distributeurs indépendants, des plateformes intermédiaires qui permettent à n'importe qui de livrer des morceaux à Deezer sans contrôle éditorial préalable. Pour les identifier, l'entreprise a développé son propre outil de détection, qui analyse le signal audio à la recherche de traces numériques invisibles à l'oreille humaine mais caractéristiques des modèles génératifs. Ces modèles laissent des empreintes statistiques dans le fichier sonore, que la technologie de Deezer est conçue à repérer avec une précision suffisante pour alimenter un système de signalement à grande échelle. L'enjeu dépasse la simple question de goût ou de qualité artistique. La prolifération de titres générés automatiquement s'accompagne fréquemment de fraudes au streaming, où des scripts font tourner en boucle des morceaux pour générer des revenus artificiels de droits voisins, au détriment des artistes humains. Deezer a choisi de répondre sur deux fronts : informer les auditeurs en affichant la mention « contenu généré par IA » sur les pages des albums concernés, et exclure ces titres de ses algorithmes de recommandation, refusant ainsi de leur accorder la même visibilité qu'aux productions humaines. Cette décision éditoriale, assumée publiquement, constitue une prise de position rare dans un secteur qui préfère souvent minimiser le problème. La situation met en lumière une faille structurelle du secteur du streaming musical : les standards de métadonnées censés encadrer ces déclarations, notamment le format DDEX adopté par l'industrie, ne sont pas encore suffisamment déployés ni harmonisés entre les acteurs pour constituer un rempart efficace. Deezer se retrouve donc à investir dans ses propres outils en attendant qu'une réponse collective émerge. Hérault plaide pour que l'ensemble de la filière, distributeurs, labels et plateformes, s'empare collectivement du problème. La question d'une suppression pure et simple de ces contenus du catalogue reste épineuse : des obligations contractuelles avec les distributeurs compliquent toute décision unilatérale. Le secteur musical s'approche d'un point de bascule où la majorité des morceaux uploadés pourraient être d'origine artificielle, rendant urgente une gouvernance commune que personne n'a encore réussi à mettre en place.

UEDeezer, plateforme française leader du streaming, est en première ligne face à l'inondation de contenus IA, ce qui fragilise directement les revenus des artistes français et révèle une faille de gouvernance collective urgente pour toute la filière musicale européenne.

💬 44 % de musique IA en upload quotidien, ça veut dire que le problème n'est plus hypothétique. Ce qui m'intéresse chez Deezer, c'est qu'ils ont construit leur propre détecteur plutôt que d'attendre que l'industrie se réveille, parce que DDEX n'est clairement pas prêt. Reste à voir ce que ça donne quand les modèles génératifs commenceront à lisser leurs empreintes statistiques.

ÉthiqueOpinion
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3The Verge AI 

L'article sur l'IA n'a pas besoin d'illustrations générées par l'IA

Le New Yorker a publié un portrait de Sam Altman, PDG d'OpenAI, illustré par une image générée avec l'intelligence artificielle, signée de l'artiste David Szauder. L'illustration montre Altman entouré de visages flottants aux expressions diverses, certains à peine reconnaissables. La mention "Generated using A.I." figure en bas de page, dans une transparence qui n'est pas passée inaperçue dans le milieu de l'illustration professionnelle. Ce choix éditorial relance le débat sur l'utilisation de l'IA générative dans les médias de prestige. Pour les illustrateurs et artistes, voir une publication aussi établie que le New Yorker recourir à l'IA pour illustrer un article sur... le PDG d'OpenAI lui-même, représente une forme d'ironie doublée d'une menace concrète. Cela normalise le recours à ces outils dans des contextes où des artistes humains auraient traditionnellement été commissionnés, pesant directement sur leurs revenus et leur visibilité. David Szauder n'est pas un novice en la matière : il travaille depuis plus d'une décennie avec des processus d'art génératif et de collage vidéo, antérieurs aux outils commerciaux d'IA. Son profil brouille donc la frontière entre artiste établi et simple utilisateur d'IA. Ce cas illustre une tension croissante dans les rédactions : comment encadrer l'usage de l'IA dans la création visuelle, à qui en attribuer la paternité, et quand ce choix est-il justifié face à l'alternative humaine disponible ?

UELe recours à l'IA générative par des médias de prestige accentue la pression économique sur les illustrateurs européens et alimente le débat sur les droits d'auteur dans le cadre de l'AI Act.

💬 Illustrer un article sur Sam Altman avec de l'IA générative, c'est soit du second degré assumé, soit une erreur de jugement assez flagrante. Le vrai sujet, c'est que le New Yorker valide le geste, et quand une publication comme ça normalise le truc, les commandes perdues pour les illustrateurs ne sont plus une abstraction. Szauder a un vrai parcours d'artiste, d'accord, mais le signal envoyé, lui, est limpide.

ÉthiqueOpinion
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Images et vidéos pédocriminelles crédibles générées par IA se multiplient, alerte l’IWF
4Next INpact 

Images et vidéos pédocriminelles crédibles générées par IA se multiplient, alerte l’IWF

L'Internet Watch Foundation (IWF), organisation britannique indépendante spécialisée dans la lutte contre les contenus pédocriminels en ligne, tire la sonnette d'alarme dans un rapport publié en 2025 : les images et vidéos d'agressions sexuelles sur mineurs générées par intelligence artificielle sont devenues « routinières ». En juillet 2024, ses analystes repéraient encore les premières vidéos entièrement produites par IA, facilement identifiables à leurs défauts techniques. Un an plus tard, l'organisation a recensé plus de 8 000 images et près de 3 500 vidéos crédibles de ce type, contre seulement 13 vidéos l'année précédente. Plus alarmant encore, 65 % de ces vidéos appartiennent à la « catégorie A », réservée aux contenus les plus extrêmes, une proportion supérieure aux 43 % observés pour les contenus criminels non générés par IA traités sur la même période. Ces contenus ne sont pas moins dangereux parce qu'ils sont artificiels. Selon l'IWF, ils renforcent l'attrait sexuel pour les enfants, contribuent à normaliser des actes d'une violence extrême et peuvent accroître le risque de passages à l'acte. S'y ajoute une double victimisation : les modèles génératifs sont entraînés sur des images d'agressions réelles, ce qui signifie que l'image de survivants est réutilisée, modifiée et parfois « augmentée » pour produire de nouveaux contenus. Cette réexploitation démultiplie le traumatisme des victimes initiales. Le phénomène présente également une dimension de genre très marquée : 97 % des enfants représentés dans ces contenus générés par IA sont des filles, une surreprésentation encore plus forte que dans les affaires de pédocriminalité réelle. Des cas concrets ont illustré cette dérive, notamment en Espagne à Almendralejo, où des images de lycéennes réelles ont été manipulées par IA pour produire des contenus à caractère sexuel. L'IWF, fondée en 1996 et membre du réseau international INHOPE, auquel appartient également l'association française Point de Contact, travaille en lien avec les forces de police et les fournisseurs d'accès à internet, auxquels elle transmet notamment une liste noire d'environ 150 000 URL de sites diffusant des contenus illégaux. Ce rapport s'inscrit dans un contexte où la démocratisation des outils de génération d'images et de vidéos par IA pose des défis croissants aux dispositifs légaux et techniques de protection de l'enfance à l'échelle mondiale.

UELe réseau INHOPE, dont fait partie l'association française Point de Contact, est directement impliqué dans la lutte contre ces contenus, et la multiplication de ces matériaux générés par IA accroît la pression sur le cadre réglementaire européen pour encadrer les outils génératifs.

ÉthiqueActu
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