SpaceXAI veut faire annuler la loi du Minnesota contre la « nudification »
Voici l'article :
SpaceXAI, l'entreprise dirigée par Elon Musk et propriétaire du chatbot Grok, a engagé une procédure judiciaire pour faire invalider une loi du Minnesota qui doit entrer en vigueur le 1er août 2026. Ce texte interdit les technologies de « nudification », c'est-à-dire les outils permettant de générer des deepfakes dénudés de personnes réelles sans leur consentement. Grok est directement concerné : le chatbot a été accusé en début d'année de permettre très facilement la création de ce type d'images, majoritairement de femmes, une pratique qui aurait bénéficié du soutien actif d'Elon Musk. La loi du Minnesota, la première du genre aux États-Unis, prévoit des sanctions lourdes pour les opérateurs de tels services : jusqu'à trois fois le montant des dommages subis par les victimes, des dommages punitifs, et une amende civile pouvant atteindre 500 000 dollars par accès, téléchargement ou utilisation illégale, l'argent collecté devant financer des organismes d'aide aux victimes de violences sexuelles. Une exception est prévue pour les logiciels de retouche classiques comme Photoshop, qui exigent une compétence technique substantielle de l'utilisateur.
Cette bataille juridique dépasse le simple cas de Grok : elle interroge les limites entre liberté d'expression et protection des victimes de deepfakes non consentis, à un moment où ces contenus se multiplient et touchent en majorité des femmes. Si SpaceXAI obtient gain de cause, ce serait un signal fort envoyé aux autres États américains qui envisagent des textes similaires, et un frein potentiel à toute régulation future de ces technologies aux États-Unis. À l'inverse, un échec de la procédure renforcerait la légitimité des lois anti-nudification et pourrait inciter d'autres juridictions, y compris en Europe, à durcir leurs propres cadres. Pour les utilisateurs et surtout les victimes potentielles, l'issue du procès conditionne directement le niveau de protection juridique et financière dont elles pourront bénéficier face à la diffusion de leur image sans consentement.
L'affaire s'inscrit dans un contexte de multiplication des enquêtes visant X et Grok : en France, à la Commission européenne, et auprès de la Commission de protection des données irlandaise, chargée de faire appliquer le RGPD à la plateforme. Dans sa plainte, SpaceXAI ne conteste pas l'objectif du Minnesota de lutter contre la diffusion non consentie d'images dénudées, mais estime que la loi va « bien au-delà » de cet objectif et expose des formes d'expression protégées à des poursuites abusives. L'entreprise pointe notamment une définition trop large des parties intimes, qui engloberait des images d'hommes torse nu ou en maillot de bain, ainsi que des exceptions pour valeur artistique, scientifique ou satirique qui, selon elle, viderait la loi de sa portée. Son argument central reste que la génération d'images par IA relève de la liberté d'expression protégée par le Premier amendement, une position qui, si elle est validée par les tribunaux, pourrait fragiliser durablement l'arsenal juridique disponible contre les deepfakes non consentis aux États-Unis.
L'issue de ce procès americain pourrait influencer les enquetes en cours en France, aupres de la Commission europeenne et de la CNIL irlandaise visant X et Grok pour des faits similaires.
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