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La guerre des IA sur Android ? L’Union européenne veut forcer Google à faire de la place à la concurrence
RégulationFrandroid6sem· 1 min de lecture

La guerre des IA sur Android ? L’Union européenne veut forcer Google à faire de la place à la concurrence

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Egalement couvert par :Next INpactNumerama

La Commission européenne a conclu, au terme de quatre mois d'enquête, que Google devrait ouvrir Android à des assistants IA concurrents de Gemini. Cette décision s'inscrit dans le cadre du Digital Markets Act (DMA), la législation européenne sur les marchés numériques qui impose aux grandes plateformes désignées comme "contrôleurs d'accès" de ne pas favoriser leurs propres services. Google, qui voit d'un mauvais œil cette injonction, risque des sanctions pouvant atteindre 10 % de son chiffre d'affaires mondial en cas de non-conformité.

L'enjeu est considérable : Android équipe plus de 70 % des smartphones dans le monde, et l'assistant IA préinstallé bénéficie d'un avantage structurel massif sur ses concurrents. Forcer Google à proposer un choix d'assistants IA, comme cela a déjà été fait pour les moteurs de recherche avec l'écran de sélection, permettrait à des acteurs comme Mistral, Meta AI, ou d'autres de s'installer sur des centaines de millions d'appareils. Pour les utilisateurs européens, cela signifierait concrètement la possibilité de définir un assistant IA tiers comme assistant par défaut sur leur téléphone Android.

Cette enquête s'inscrit dans une pression réglementaire européenne croissante sur les géants du numérique américains, accentuée depuis l'explosion de l'IA générative en 2023. Google a déjà fait l'objet de condamnations antitrust en Europe concernant son moteur de recherche et son système publicitaire. La bataille autour de Gemini sur Android représente le prochain front de ce bras de fer, à un moment où la course aux assistants IA est devenue l'enjeu stratégique central pour Apple, Google, Microsoft et Meta.

Impact France/UE

Les utilisateurs européens pourraient bientôt choisir leur assistant IA par défaut sur Android, ouvrant la voie à des acteurs comme Mistral et offrant une alternative concrète à Gemini sur des centaines de millions d'appareils en Europe.

💬 L'analyse de Mathieu

C'est le même bras de fer qu'avec les moteurs de recherche, version IA. L'avantage de la préinstallation, c'est écrasant : si Gemini est là par défaut et que tu n'y touches pas, Mistral n'existe pas pour toi. La DMA force le sujet, c'est déjà ça, reste à voir si l'écran de choix sera moins ignoré que celui qu'on avait eu pour les navigateurs.

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UELa Commission européenne pourrait imposer à Google d'ouvrir Android aux assistants IA tiers comme Mistral dès l'été 2026, ce qui transformerait radicalement l'expérience mobile des 150 millions d'utilisateurs européens d'Android.

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La Commission européenne a transmis fin avril à Google ses conclusions préliminaires dans le cadre du règlement sur les marchés numériques (DMA), lui reprochant de réserver à son assistant Gemini un accès privilégié aux couches profondes d'Android. Concrètement, seul Gemini peut aujourd'hui envoyer des e-mails, partager des photos ou déclencher des actions dans des applications tierces directement depuis le système d'exploitation, un avantage que l'annonce de Gemini Intelligence a encore renforcé. Bruxelles a donc ouvert une consultation publique clôturée ce mercredi 13 mai, pour forcer Google à accorder le même niveau d'accès aux assistants IA concurrents. C'est dans ce contexte qu'Apple a pris la parole publiquement pour défendre Google, comme le rapporte Reuters : les mesures envisagées par l'exécutif européen « soulèvent des préoccupations urgentes et sérieuses ». Pour Apple, ouvrir Android en profondeur à n'importe quel assistant IA tiers créerait « des risques profonds pour la confidentialité, la sécurité et la sûreté des utilisateurs, ainsi que pour l'intégrité et les performances des appareils ». Ces risques seraient selon le groupe « particulièrement aigus » dans un secteur où les capacités des modèles d'IA, leurs comportements et leurs vecteurs d'attaque restent « imprévisibles ». L'argument n'est pas purement altruiste : si la Commission européenne impose cette ouverture à Android, elle pourrait exiger la même chose pour iOS, forçant Apple à ouvrir à des IA rivales des accès système qu'elle contrôle aujourd'hui jalousement. Le mouvement de Cupertino vise donc autant à protéger son propre modèle qu'à défendre son concurrent américain. La prise de position d'Apple est d'autant plus savoureuse qu'une information de Bloomberg évoquait récemment la possibilité qu'iOS 27 autorise des modèles d'IA tiers à alimenter certaines fonctions d'Apple Intelligence, ce que réclame précisément Bruxelles. La différence, qu'Apple souligne implicitement, est qu'elle dicterait alors ses propres conditions plutôt que de se soumettre à celles d'un régulateur. Le groupe va plus loin en remettant en cause l'expertise technique de la Commission, qui « substitue son propre jugement à celui des ingénieurs de Google sur la base de moins de trois mois de travail ». Cette fronde intervient dans un bras de fer plus large entre les géants américains et l'UE : Apple avait déjà porté plainte contre le DMA devant la Cour de justice de l'Union européenne au Luxembourg en octobre dernier, un contentieux qui illustre la résistance croissante de la Silicon Valley face à la régulation européenne des plateformes numériques.

UEL'application du DMA pourrait contraindre les grandes plateformes mobiles à ouvrir leurs couches système aux assistants IA concurrents, créant un terrain de jeu plus équitable pour les acteurs européens sur les marchés mobiles.

💬 Apple qui défend Google devant Bruxelles, je l'ai lu deux fois pour être sûr. L'argument confidentialité est audible, mais ça sonne creux quand Bloomberg annonce dans la foulée qu'iOS 27 pourrait ouvrir Apple Intelligence aux IA tierces de toute façon. Ce qu'Apple défend ici, c'est pas la sécurité des utilisateurs, c'est qui fixe les règles.

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Dans le cadre du règlement européen sur les marchés numériques (DMA), la Commission européenne a transmis à Google ses conclusions préliminaires fin avril 2025, reprochant au groupe de Mountain View de réserver à son assistant Gemini un accès privilégié aux couches profondes d'Android. Seul Gemini peut aujourd'hui envoyer des e-mails, partager des photos ou déclencher des actions dans des applications tierces depuis le système d'exploitation, un avantage renforcé récemment avec le lancement de Gemini Intelligence. Bruxelles a ouvert une consultation publique sur des mesures correctives, close le 13 mai 2025, exigeant que les assistants IA concurrents bénéficient du même niveau d'accès. C'est dans ce contexte qu'Apple a pris la parole pour défendre... Google. Dans sa réponse à la consultation, Apple estime que les mesures envisagées par la Commission « soulèvent des préoccupations urgentes et sérieuses », notamment en matière de vie privée, de sécurité et de stabilité des appareils. Ouvrir les API bas niveau d'Android à n'importe quel assistant IA tiers serait particulièrement risqué dans un secteur où les capacités, comportements et vecteurs d'attaque restent « imprévisibles », selon le groupe de Cupertino. Cette prise de position n'est pas désintéressée : si la Commission impose cette logique à Android, elle pourrait exiger la même ouverture sur iOS. Apple ajoute une critique plus acerbe sur la méthode : l'autorité européenne « substitue son propre jugement à celui des ingénieurs de Google sur la base de moins de trois mois de travail », s'arrogeant de fait la compétence technique de redessiner un système d'exploitation entier. Le contexte est riche en contradictions. Bloomberg rapportait récemment qu'Apple envisagerait d'autoriser des modèles tiers pour propulser certaines fonctions IA d'iOS 27, soit précisément ce que demande la Commission à Google. Mais la différence est de taille : Apple dicterait ses propres conditions d'accès, sans que ce soit un régulateur qui impose ses règles. Ce double jeu illustre la tension structurelle entre les grands acteurs tech et Bruxelles : en octobre 2024, Apple avait déjà porté plainte contre l'UE devant la Cour de justice européenne (CJUE) au Luxembourg sur l'application du DMA. La solidarité affichée entre Apple et Google dans ce dossier reflète moins une convergence d'intérêts qu'une stratégie commune de défense contre une régulation que les deux groupes jugent techniquement naïve et commercialement menaçante.

UELa Commission européenne pourrait contraindre Google à ouvrir les API profondes d'Android à tous les assistants IA concurrents, remodelant la concurrence sur le marché européen des assistants intelligents, et potentiellement créer un précédent applicable à iOS.

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L'Union européenne vient de réviser en profondeur le calendrier d'application de son règlement sur l'intelligence artificielle. Dans le cadre du "Digital Omnibus on AI", les institutions européennes ont décidé de repousser les principales obligations pour les systèmes dits à haut risque, comme ceux utilisés dans le recrutement, la justice ou la santé, à fin 2027, voire 2028 selon les cas. Parallèlement, les exigences imposées aux petites et moyennes entreprises ont été allégées pour réduire la charge administrative jugée disproportionnée. Cette décision soulage à court terme les acteurs industriels qui peinaient à se conformer à un texte perçu comme trop complexe et trop rapide à mettre en oeuvre. Pour les PME en particulier, qui constituent l'essentiel du tissu économique européen, l'assouplissement évite une mise en conformité coûteuse face à des grandes entreprises mieux armées. En contrepartie, certains observateurs y voient un recul de l'ambition régulatrice de Bruxelles face aux pressions du lobbying technologique. Tout n'est pas repoussé : l'obligation d'étiquetage des deepfakes et des contenus générés par IA entre toujours en vigueur en août 2026, et les applications de "nudification", qui permettent de déshabiller numériquement des personnes à leur insu, sont désormais explicitement interdites. Ce compromis reflète la tension persistante entre la volonté européenne de réguler en pionnière et la crainte de freiner l'innovation face à la concurrence américaine et chinoise, dans un contexte où les modèles d'IA se déploient à une vitesse que les législateurs peinent à suivre.

UELe report des obligations de l'AI Act pour les systèmes à haut risque à fin 2027/2028 offre aux entreprises françaises et aux PME européennes un délai supplémentaire pour se mettre en conformité, tout en maintenant l'obligation d'étiquetage des contenus générés par IA dès août 2026.

💬 C'est le texte qui était trop ambitieux sur le mauvais timing, pas les entreprises qui manquaient de bonne volonté. Je ne pleure pas sur le report, les obligations pour les systèmes à haut risque demandaient une maturité technique qu'on n'avait pas encore. Ce qui compte, c'est que l'étiquetage des deepfakes et l'interdiction des apps de nudification passent quand même, parce que ça ne pouvait vraiment pas attendre.

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