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InfrastructureMIT Technology Review · 2 min de lecture

La construction de l'environnement d'entreprise pour l'IA à base d'agents

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Intel a mené plusieurs milliers d'expériences sur des charges de travail d'IA agentique afin d'identifier ce dont une entreprise a réellement besoin pour faire fonctionner des agents logiciels à grande échelle. Pour cela, le groupe a étendu Terminal-Bench, un outil open source de benchmark pour agents IA, en y ajoutant des capacités de profilage, de télémétrie et de rejeu. La méthode retenue repose sur un enregistrement déterministe des réponses des modèles de langage, rejouées ensuite à l'identique à chaque test : cela permet de mesurer la performance des agents indépendamment de la variabilité propre au LLM. Le panel de tâches utilisé était volontairement large : compilation, tests logiciels, opérations de bases de données, logique booléenne, interprétation, ray tracing, compression de données, algèbre linéaire, transcodage vidéo et entraînement de modèles de machine learning. Cette diversité visait à rapprocher les résultats des conditions réelles rencontrées en entreprise. De ces travaux, Intel tire cinq enseignements pratiques, dont l'idée centrale que l'IA agentique constitue un problème de système complet et non un simple enjeu d'inférence.

Cette distinction a des conséquences concrètes pour les équipes qui déploient des agents en production. Plutôt que de se limiter aux métriques classiques d'évaluation des modèles, Intel recommande de suivre six indicateurs : le taux de réussite des tâches, le coût par tâche, le temps par tâche, le débit de traitement, la densité d'agents par vCPU et la latence. Le point le plus contre-intuitif concerne le dimensionnement des infrastructures : la bonne unité de mesure n'est pas le nombre brut d'agents déployés, mais la densité d'agents par processeur virtuel disponible. Ainsi, dix agents tournant sur un système à 8 vCPU et vingt agents sur un système à 16 vCPU se comportent de façon comparable, dès lors que la densité reste identique. Cela donne aux architectes un moyen fiable de comparer des capacités entre différentes tailles d'instances et générations de processeurs, et de calibrer leurs infrastructures selon les objectifs métier : les assistants interactifs orientés utilisateur exigent une densité plus faible pour préserver le temps de réponse, tandis que les traitements par lots, comme les flux de travail IT internes, peuvent tourner à densité plus élevée.

Ces travaux s'inscrivent dans un contexte où l'IA agentique dépasse largement le cadre du chatbot conversationnel pour devenir un outil d'automatisation de bout en bout des processus métier, capable de planifier des tâches multi-étapes, d'appeler des outils, de lire des résultats et de relancer une action en cas d'échec. Intel préconise notamment de surveiller la latence réelle des tâches plutôt que la seule utilisation moyenne du CPU, et de privilégier une architecture en scale-out plutôt qu'en scale-up, cette dernière n'étant réservée qu'aux charges nécessitant davantage de calcul par agent ou soumises à des contraintes architecturales spécifiques. Ces recommandations visent à outiller les équipes techniques face à la montée en charge attendue des déploiements agentiques dans les prochains mois.

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D&B a reconstruit sa base de 642 millions d'entreprises pour les agents IA
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Dun & Bradstreet, entreprise vieille de 180 ans spécialisée dans les données commerciales, vient d'annoncer une refonte complète de son infrastructure de données pour la rendre compatible avec les agents d'intelligence artificielle. Son "Commercial Graph" couvre 642 millions d'entreprises, soit presque le double des 300 millions de dossiers qu'il contenait il y a cinq ans, avec 11 000 champs par enregistrement et 100 milliards de vérifications qualité effectuées chaque mois. Cette base de données, utilisée par près de 200 000 clients dans le monde, analystes crédit, gestionnaires de risques, commerciaux, était conçue pour des humains capables d'attendre quelques secondes et d'interpréter des résultats ambigus. Quand les clients de D&B ont commencé à intégrer des agents IA dans leurs workflows de crédit, d'achats et de chaîne d'approvisionnement, l'architecture existante s'est révélée incompatible. Gary Kotovets, directeur des données et de l'analytique chez D&B, a expliqué à VentureBeat que l'entreprise devait désormais considérer les agents comme une nouvelle catégorie de consommateurs à part entière. Le problème fondamental est que les agents IA ne peuvent pas fonctionner avec des systèmes fragmentés, des latences élevées ou des relations statiques entre entités. Là où un analyste humain naviguait à travers plusieurs bases de données hétérogènes via des requêtes SQL, un agent a besoin d'une réponse en moins d'une seconde, d'une résolution d'entité vérifiée, et de relations dynamiques : si un PDG quitte une entreprise pour une autre, le dossier de risque doit suivre en temps réel ; si une filiale change de propriétaire, la hiérarchie complète doit se mettre à jour automatiquement. D&B a donc migré ses bases vers le cloud, redessiné son schéma de données, construit une couche de "data fabric" unifiant les enregistrements à l'échelle mondiale tout en respectant les contraintes réglementaires régionales, puis exposé l'ensemble via des outils MCP (Model Context Protocol) qui permettent aux agents d'interroger des données structurées avec leur contexte. Un moteur de résolution d'entités valide chaque requête pour garantir qu'une demande portant sur une entreprise renvoie bien vers un enregistrement unique et vérifié. L'entreprise a également créé un nouveau modèle d'authentification spécifique aux agents, distincts des utilisateurs humains. Ce chantier illustre une réalité que Kotovets dit avoir entendue de la bouche de centaines de directeurs des données et directeurs informatiques au cours des six derniers mois : les ambitions en matière d'IA se heurtent systématiquement à des fondations de données non standardisées et inexploitables par des machines. D&B, pourtant l'une des entreprises les mieux dotées en données commerciales structurées au monde, a quand même dû tout reconstruire. La montée en puissance des agents autonomes dans les processus métier critiques, évaluation du risque fournisseur, scoring crédit, due diligence, crée une pression inédite sur les fournisseurs de données pour qu'ils passent d'une logique de consultation humaine à une logique d'alimentation machine en temps réel. D&B se positionne ainsi en infrastructure de référence pour les agents d'entreprise, à un moment où MCP s'impose progressivement comme standard d'interopérabilité entre agents et sources de données.

UELes entreprises européennes clientes de D&B pour le risque crédit ou fournisseur peuvent désormais connecter leurs agents IA à cette base via MCP, dans le respect des contraintes réglementaires régionales incluant le RGPD.

💬 Si D&B, avec 180 ans de données commerciales structurées, a quand même dû tout reconstruire pour les agents IA, ton stack de données a peu de chances de s'en tirer sans casse. C'est le vrai enseignement de cet article, pas les 642 millions d'entreprises ou les 11 000 champs par dossier. Les agents ne tolèrent pas l'ambiguïté, pas la latence, pas les silos, et ça va forcer une vague de refonte data que beaucoup n'ont pas encore budgétisée.

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Un nouveau concept s'impose dans les stratégies technologiques des grandes entreprises : les agentic databases. Selon une étude récente citée dans l'article, 95 % des dirigeants souhaitent transformer leur organisation en véritable plateforme d'IA et de données d'ici trois ans. Ces bases de données de nouvelle génération ne se contentent plus de stocker des informations : elles deviennent des couches actives capables d'alimenter des agents IA autonomes, de conserver leur mémoire opérationnelle et d'optimiser leurs performances en continu. Concrètement, elles doivent gérer simultanément des données relationnelles classiques, des contenus non structurés, des historiques conversationnels, de la mémoire d'agents et des données vectorielles pour la recherche sémantique. Des technologies comme PostgreSQL regagnent du terrain grâce à leur flexibilité, leur écosystème open source et leur capacité à gérer ces charges de travail hybrides. L'enjeu est considérable pour les entreprises. Aujourd'hui, la plupart fonctionnent encore avec des architectures fragmentées : données dispersées entre plusieurs outils, agents IA opérant dans des environnements cloisonnés, équipes techniques qui passent plus de temps à connecter des systèmes qu'à développer de nouveaux usages métier. Les organisations qui ont su centraliser leurs données, leurs flux et leurs agents dans une infrastructure cohérente obtiennent un retour sur investissement nettement supérieur et déploient davantage d'applications couvrant plusieurs fonctions, de la finance aux ventes en passant par le juridique. La différence de performance entre ces leaders et le reste du marché ne tient pas à la qualité des modèles LLM utilisés, mais à leur capacité à construire une couche de données unifiée fournissant un contexte fiable et une mémoire persistante aux agents. Chaque nouvel agent enrichit alors progressivement la base de connaissances commune, générant un cercle vertueux d'automatisation où les performances s'améliorent avec l'usage. Cette évolution répond aussi à une contrainte technique fondamentale : les infrastructures de données traditionnelles n'ont tout simplement pas été conçues pour des systèmes qui agissent, raisonnent et exécutent des tâches de manière autonome. La latence devient critique à mesure que les agents s'intègrent dans les opérations métier en temps réel, poussant les entreprises à adopter des systèmes de stockage multiniveaux capables de prioriser les données chaudes. Les agents doivent désormais non seulement répondre à des requêtes, mais comprendre des intentions et exécuter des actions complexes en chaîne, ce qui exige des mécanismes d'indexation hybrides avancés. L'agentic database n'est donc pas un produit unique mais une architecture complète, et les acteurs qui la maîtriseront en premier disposeront d'un avantage compétitif structurel difficile à rattraper.

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Les infrastructures d'entreprise reposent depuis des années sur des API REST et des microservices, des systèmes stables, bien rodés, mais conçus bien avant l'émergence des agents autonomes. Dans un article technique publié en collaboration entre des ingénieurs de Cisco et d'AWS, les auteurs présentent une approche baptisée "agentic overlays" : des couches d'enveloppe légères qui transforment des services REST existants en agents capables de participer au protocole A2A (Agent-to-Agent), le standard de communication inter-agents en train de s'imposer dans l'industrie. L'idée centrale est de ne rien réécrire : aucune duplication du code métier, aucune infrastructure parallèle à opérer, aucune migration forcée. Ces overlays exposent également les API REST comme outils compatibles avec le Model Context Protocol (MCP), permettant ainsi aux agents d'orchestration modernes de les invoquer directement. L'enjeu est considérable pour les entreprises qui ont déjà déployé des agents maison, souvent construits comme de simples endpoints REST avec de la logique agent embarquée. Ces agents ne sont pas nativement A2A : ils ne savent pas se découvrir mutuellement via des métadonnées (un "agent card"), négocier des capacités, ni échanger des messages structurés en JSON-RPC pour coordonner des tâches complexes. Sans solution de transition, les entreprises se retrouvent face à un choix coûteux : maintenir deux mondes en parallèle (l'ancien en REST, le nouveau en A2A) ou tout réécrire. Les overlays proposés permettent d'éviter ce dilemme en réduisant ce que les auteurs appellent l'"agent sprawl", la prolifération incontrôlée d'agents disparates dans l'infrastructure. Cette approche s'inscrit dans un contexte d'accélération rapide des standards d'interopérabilité entre agents. Le protocole A2A, porté notamment par Google, vise à établir un langage commun pour que des agents d'éditeurs différents puissent collaborer, déléguer des sous-tâches et composer des workflows multi-étapes, là où REST se contentait d'exécutions isolées et déterministes. L'adoption a jusqu'ici été freinée par la complexité opérationnelle d'introduire ces nouvelles infrastructures sans perturber les systèmes en production. En proposant des architectures de référence et du code d'exemple, les auteurs cherchent à abaisser cette barrière d'entrée et à accélérer la migration progressive des parcs applicatifs existants vers un monde d'agents interopérables, sans rupture brutale.

UELes entreprises européennes disposant de parcs applicatifs REST existants pourraient adopter ces patterns d'overlay pour migrer progressivement vers des architectures multi-agents sans réécriture coûteuse, mais aucun acteur ou réglementation européen n'est spécifiquement concerné.

InfrastructureOpinion
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