Aller au contenu principal
D&B a reconstruit sa base de 642 millions d'entreprises pour les agents IA
InfrastructureVentureBeat AI6sem· 2 min de lecture

D&B a reconstruit sa base de 642 millions d'entreprises pour les agents IA

Source originale ↗·

Dun & Bradstreet, entreprise vieille de 180 ans spécialisée dans les données commerciales, vient d'annoncer une refonte complète de son infrastructure de données pour la rendre compatible avec les agents d'intelligence artificielle. Son "Commercial Graph" couvre 642 millions d'entreprises, soit presque le double des 300 millions de dossiers qu'il contenait il y a cinq ans, avec 11 000 champs par enregistrement et 100 milliards de vérifications qualité effectuées chaque mois. Cette base de données, utilisée par près de 200 000 clients dans le monde, analystes crédit, gestionnaires de risques, commerciaux, était conçue pour des humains capables d'attendre quelques secondes et d'interpréter des résultats ambigus. Quand les clients de D&B ont commencé à intégrer des agents IA dans leurs workflows de crédit, d'achats et de chaîne d'approvisionnement, l'architecture existante s'est révélée incompatible. Gary Kotovets, directeur des données et de l'analytique chez D&B, a expliqué à VentureBeat que l'entreprise devait désormais considérer les agents comme une nouvelle catégorie de consommateurs à part entière.

Le problème fondamental est que les agents IA ne peuvent pas fonctionner avec des systèmes fragmentés, des latences élevées ou des relations statiques entre entités. Là où un analyste humain naviguait à travers plusieurs bases de données hétérogènes via des requêtes SQL, un agent a besoin d'une réponse en moins d'une seconde, d'une résolution d'entité vérifiée, et de relations dynamiques : si un PDG quitte une entreprise pour une autre, le dossier de risque doit suivre en temps réel ; si une filiale change de propriétaire, la hiérarchie complète doit se mettre à jour automatiquement. D&B a donc migré ses bases vers le cloud, redessiné son schéma de données, construit une couche de "data fabric" unifiant les enregistrements à l'échelle mondiale tout en respectant les contraintes réglementaires régionales, puis exposé l'ensemble via des outils MCP (Model Context Protocol) qui permettent aux agents d'interroger des données structurées avec leur contexte. Un moteur de résolution d'entités valide chaque requête pour garantir qu'une demande portant sur une entreprise renvoie bien vers un enregistrement unique et vérifié. L'entreprise a également créé un nouveau modèle d'authentification spécifique aux agents, distincts des utilisateurs humains.

Ce chantier illustre une réalité que Kotovets dit avoir entendue de la bouche de centaines de directeurs des données et directeurs informatiques au cours des six derniers mois : les ambitions en matière d'IA se heurtent systématiquement à des fondations de données non standardisées et inexploitables par des machines. D&B, pourtant l'une des entreprises les mieux dotées en données commerciales structurées au monde, a quand même dû tout reconstruire. La montée en puissance des agents autonomes dans les processus métier critiques, évaluation du risque fournisseur, scoring crédit, due diligence, crée une pression inédite sur les fournisseurs de données pour qu'ils passent d'une logique de consultation humaine à une logique d'alimentation machine en temps réel. D&B se positionne ainsi en infrastructure de référence pour les agents d'entreprise, à un moment où MCP s'impose progressivement comme standard d'interopérabilité entre agents et sources de données.

Impact France/UE

Les entreprises européennes clientes de D&B pour le risque crédit ou fournisseur peuvent désormais connecter leurs agents IA à cette base via MCP, dans le respect des contraintes réglementaires régionales incluant le RGPD.

💬 L'analyse de Mathieu

Si D&B, avec 180 ans de données commerciales structurées, a quand même dû tout reconstruire pour les agents IA, ton stack de données a peu de chances de s'en tirer sans casse. C'est le vrai enseignement de cet article, pas les 642 millions d'entreprises ou les 11 000 champs par dossier. Les agents ne tolèrent pas l'ambiguïté, pas la latence, pas les silos, et ça va forcer une vague de refonte data que beaucoup n'ont pas encore budgétisée.

Dans nos dossiers

Cet article vous a été utile ?

Vu une erreur factuelle dans cet article ? Signalez-la. Toutes les corrections valides sont publiées sur /corrections.

À lire aussi

Les surcouches à base d'agents pour moderniser les services d'entreprise existants
1AWS ML Blog 

Les surcouches à base d'agents pour moderniser les services d'entreprise existants

Les infrastructures d'entreprise reposent depuis des années sur des API REST et des microservices, des systèmes stables, bien rodés, mais conçus bien avant l'émergence des agents autonomes. Dans un article technique publié en collaboration entre des ingénieurs de Cisco et d'AWS, les auteurs présentent une approche baptisée "agentic overlays" : des couches d'enveloppe légères qui transforment des services REST existants en agents capables de participer au protocole A2A (Agent-to-Agent), le standard de communication inter-agents en train de s'imposer dans l'industrie. L'idée centrale est de ne rien réécrire : aucune duplication du code métier, aucune infrastructure parallèle à opérer, aucune migration forcée. Ces overlays exposent également les API REST comme outils compatibles avec le Model Context Protocol (MCP), permettant ainsi aux agents d'orchestration modernes de les invoquer directement. L'enjeu est considérable pour les entreprises qui ont déjà déployé des agents maison, souvent construits comme de simples endpoints REST avec de la logique agent embarquée. Ces agents ne sont pas nativement A2A : ils ne savent pas se découvrir mutuellement via des métadonnées (un "agent card"), négocier des capacités, ni échanger des messages structurés en JSON-RPC pour coordonner des tâches complexes. Sans solution de transition, les entreprises se retrouvent face à un choix coûteux : maintenir deux mondes en parallèle (l'ancien en REST, le nouveau en A2A) ou tout réécrire. Les overlays proposés permettent d'éviter ce dilemme en réduisant ce que les auteurs appellent l'"agent sprawl", la prolifération incontrôlée d'agents disparates dans l'infrastructure. Cette approche s'inscrit dans un contexte d'accélération rapide des standards d'interopérabilité entre agents. Le protocole A2A, porté notamment par Google, vise à établir un langage commun pour que des agents d'éditeurs différents puissent collaborer, déléguer des sous-tâches et composer des workflows multi-étapes, là où REST se contentait d'exécutions isolées et déterministes. L'adoption a jusqu'ici été freinée par la complexité opérationnelle d'introduire ces nouvelles infrastructures sans perturber les systèmes en production. En proposant des architectures de référence et du code d'exemple, les auteurs cherchent à abaisser cette barrière d'entrée et à accélérer la migration progressive des parcs applicatifs existants vers un monde d'agents interopérables, sans rupture brutale.

UELes entreprises européennes disposant de parcs applicatifs REST existants pourraient adopter ces patterns d'overlay pour migrer progressivement vers des architectures multi-agents sans réécriture coûteuse, mais aucun acteur ou réglementation européen n'est spécifiquement concerné.

InfrastructureOpinion
1 source
HP et l'art de l'IA et des données pour les entreprises
2AI News 

HP et l'art de l'IA et des données pour les entreprises

À quelques jours du salon AI & Big Data Expo, prévu les 18 et 19 mai au McEnery Convention Center de San Jose, Jérôme Gabryszewski, responsable du développement commercial IA et Data Science chez HP, a accordé une interview à Artificial Intelligence News pour évoquer les défis concrets que rencontrent les grandes entreprises dans leur adoption de l'intelligence artificielle. Le constat est sans appel : malgré un accès abondant à leurs propres données, la plupart des organisations peinent à en tirer parti. La première embûche n'est pas technique : c'est la dette organisationnelle et architecturale. Avant d'automatiser quoi que ce soit, les entreprises doivent réconcilier des données éparpillées entre départements, des schémas incohérents et des systèmes legacy jamais conçus pour l'interopérabilité. Le travail de gouvernance précède toujours le déploiement technique. Sur la question des modèles en apprentissage continu, Gabryszewski recommande d'appliquer les mêmes exigences qu'un déploiement logiciel classique : aucune mise à jour en production sans validation formelle. La dérive conceptuelle est surveillée via des pipelines MLOps avec détection automatique, et la contamination des données d'entraînement est traitée comme un problème de traçabilité autant que de sécurité. Les entreprises qui maîtrisent ces risques ne sont pas forcément les plus avancées techniquement, mais celles qui ont intégré la gouvernance IA dans leur cadre de gestion des risques avant de passer à l'échelle. Ce positionnement a des implications concrètes pour des milliers d'équipes data qui cherchent à réduire leur dépendance au cloud sans sacrifier la puissance de calcul. La question du local versus cloud est au cœur des arbitrages actuels : chaque inférence envoyée dans le cloud représente un coût, une latence et une exposition potentielle de données sensibles. Disposer d'une infrastructure locale capable de faire tourner des modèles de grande taille change fondamentalement l'équation économique et réglementaire, notamment pour les secteurs soumis à des contraintes strictes comme la finance, la santé ou la défense. HP s'appuie sur quinze ans de développement de sa gamme professionnelle Z pour positionner son matériel comme épine dorsale de ce cycle IA autonome. Le ZBook Ultra et le Z2 Mini couvrent les usages mobiles et compacts, mais c'est le ZGX Nano qui attire l'attention : un supercalculateur IA de 15x15 cm, équipé du superpuce NVIDIA GB10 Grace Blackwell, 128 Go de mémoire unifiée et 1 000 TOPS de performance FP4, capable de faire tourner localement des modèles jusqu'à 200 milliards de paramètres. En interconnectant deux unités, on atteint 405 milliards de paramètres, sans cloud, sans datacenter, sans file d'attente. L'appareil est livré préconfiguré avec la pile logicielle NVIDIA DGX et le HP ZGX Toolkit, permettant aux équipes d'être opérationnelles en quelques minutes. HP vise ainsi le segment des équipes IA qui ont besoin de puissance souveraine et immédiate, à l'heure où la course aux modèles toujours plus grands redistribue les cartes du marché des workstations professionnelles.

InfrastructureActu
1 source
Comment les agentic databases redéfinissent l’IA en entreprise ?
3Le Big Data 

Comment les agentic databases redéfinissent l’IA en entreprise ?

Un nouveau concept s'impose dans les stratégies technologiques des grandes entreprises : les agentic databases. Selon une étude récente citée dans l'article, 95 % des dirigeants souhaitent transformer leur organisation en véritable plateforme d'IA et de données d'ici trois ans. Ces bases de données de nouvelle génération ne se contentent plus de stocker des informations : elles deviennent des couches actives capables d'alimenter des agents IA autonomes, de conserver leur mémoire opérationnelle et d'optimiser leurs performances en continu. Concrètement, elles doivent gérer simultanément des données relationnelles classiques, des contenus non structurés, des historiques conversationnels, de la mémoire d'agents et des données vectorielles pour la recherche sémantique. Des technologies comme PostgreSQL regagnent du terrain grâce à leur flexibilité, leur écosystème open source et leur capacité à gérer ces charges de travail hybrides. L'enjeu est considérable pour les entreprises. Aujourd'hui, la plupart fonctionnent encore avec des architectures fragmentées : données dispersées entre plusieurs outils, agents IA opérant dans des environnements cloisonnés, équipes techniques qui passent plus de temps à connecter des systèmes qu'à développer de nouveaux usages métier. Les organisations qui ont su centraliser leurs données, leurs flux et leurs agents dans une infrastructure cohérente obtiennent un retour sur investissement nettement supérieur et déploient davantage d'applications couvrant plusieurs fonctions, de la finance aux ventes en passant par le juridique. La différence de performance entre ces leaders et le reste du marché ne tient pas à la qualité des modèles LLM utilisés, mais à leur capacité à construire une couche de données unifiée fournissant un contexte fiable et une mémoire persistante aux agents. Chaque nouvel agent enrichit alors progressivement la base de connaissances commune, générant un cercle vertueux d'automatisation où les performances s'améliorent avec l'usage. Cette évolution répond aussi à une contrainte technique fondamentale : les infrastructures de données traditionnelles n'ont tout simplement pas été conçues pour des systèmes qui agissent, raisonnent et exécutent des tâches de manière autonome. La latence devient critique à mesure que les agents s'intègrent dans les opérations métier en temps réel, poussant les entreprises à adopter des systèmes de stockage multiniveaux capables de prioriser les données chaudes. Les agents doivent désormais non seulement répondre à des requêtes, mais comprendre des intentions et exécuter des actions complexes en chaîne, ce qui exige des mécanismes d'indexation hybrides avancés. L'agentic database n'est donc pas un produit unique mais une architecture complète, et les acteurs qui la maîtriseront en premier disposeront d'un avantage compétitif structurel difficile à rattraper.

InfrastructureOpinion
1 source
Reconstruire la pile de données pour l'IA
4MIT Technology Review 

Reconstruire la pile de données pour l'IA

L'intelligence artificielle occupe désormais le sommet des priorités des directions d'entreprise, mais une réalité s'impose de plus en plus clairement : le principal frein à une adoption concrète n'est pas la technologie elle-même, mais l'état des données. Bavesh Patel, vice-président senior chez Databricks, résume le problème sans détour : "La qualité de l'IA, son efficacité réelle, dépend directement de l'information disponible dans votre organisation." Or dans la grande majorité des entreprises, cette information reste dispersée entre des systèmes hérités, des applications cloisonnées et des formats incompatibles. Sans infrastructure unifiée, les modèles d'IA produisent des résultats peu fiables, dépourvus de contexte, ce que Patel qualifie simplement de "terrible AI". La solution passe par une consolidation des données dans des formats ouverts, une gouvernance rigoureuse des accès, et une architecture capable de combiner données structurées et non structurées en temps réel. L'enjeu est directement compétitif. Pour Patel, "le vrai différenciateur concurrentiel de la plupart des organisations, c'est leur propre data, combinée aux données tierces qu'elles peuvent y ajouter". Les entreprises qui parviennent à poser ces fondations correctement débloquent des gains mesurables : automatisation de workflows complexes, efficacité opérationnelle accrue, voire création de nouvelles lignes de revenus. Rajan Padmanabhan, responsable technologique chez Infosys, insiste sur la nécessité de relier chaque initiative IA à des indicateurs business précis, plutôt que de traiter ces projets comme des expérimentations isolées. Les entreprises les plus avancées utilisent des cadres de gouvernance pour identifier rapidement ce qui produit des résultats concrets et abandonner ce qui n'en produit pas, une discipline que peu d'organisations ont encore intégrée dans leur fonctionnement quotidien. Cette transformation s'inscrit dans un changement de paradigme plus profond. Pendant des décennies, les systèmes d'information ont été conçus comme des outils d'exécution ou d'engagement. Padmanabhan décrit une nouvelle logique en train d'émerger : "des systèmes d'action", capables de décider et d'agir de manière autonome. C'est précisément la promesse des agents IA, qui évoluent de simples assistants vers des opérateurs autonomes gérant des flux de travail et des transactions entières. Mais cette évolution suppose que les données sous-jacentes soient fiables, accessibles et gouvernées, une condition que la plupart des grandes entreprises ne remplissent pas encore. La question n'est donc plus de savoir si l'IA va transformer l'entreprise, mais si les organisations sauront construire l'infrastructure de données nécessaire avant que la fenêtre d'opportunité ne se referme sur celles qui auront avancé plus vite.

InfrastructureOpinion
1 source

Recevez l'essentiel de l'IA chaque jour

Une sélection éditoriale quotidienne, sans bruit. Directement dans votre boîte mail.

Recevez l'essentiel de l'IA chaque jour

Gratuit · 1 email le matin, l'essentiel de l'IA · désinscription en un clic