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Comment les agentic databases redéfinissent l’IA en entreprise ?
InfrastructureLe Big Data6sem· 2 min de lecture

Comment les agentic databases redéfinissent l’IA en entreprise ?

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Un nouveau concept s'impose dans les stratégies technologiques des grandes entreprises : les agentic databases. Selon une étude récente citée dans l'article, 95 % des dirigeants souhaitent transformer leur organisation en véritable plateforme d'IA et de données d'ici trois ans. Ces bases de données de nouvelle génération ne se contentent plus de stocker des informations : elles deviennent des couches actives capables d'alimenter des agents IA autonomes, de conserver leur mémoire opérationnelle et d'optimiser leurs performances en continu. Concrètement, elles doivent gérer simultanément des données relationnelles classiques, des contenus non structurés, des historiques conversationnels, de la mémoire d'agents et des données vectorielles pour la recherche sémantique. Des technologies comme PostgreSQL regagnent du terrain grâce à leur flexibilité, leur écosystème open source et leur capacité à gérer ces charges de travail hybrides.

L'enjeu est considérable pour les entreprises. Aujourd'hui, la plupart fonctionnent encore avec des architectures fragmentées : données dispersées entre plusieurs outils, agents IA opérant dans des environnements cloisonnés, équipes techniques qui passent plus de temps à connecter des systèmes qu'à développer de nouveaux usages métier. Les organisations qui ont su centraliser leurs données, leurs flux et leurs agents dans une infrastructure cohérente obtiennent un retour sur investissement nettement supérieur et déploient davantage d'applications couvrant plusieurs fonctions, de la finance aux ventes en passant par le juridique. La différence de performance entre ces leaders et le reste du marché ne tient pas à la qualité des modèles LLM utilisés, mais à leur capacité à construire une couche de données unifiée fournissant un contexte fiable et une mémoire persistante aux agents. Chaque nouvel agent enrichit alors progressivement la base de connaissances commune, générant un cercle vertueux d'automatisation où les performances s'améliorent avec l'usage.

Cette évolution répond aussi à une contrainte technique fondamentale : les infrastructures de données traditionnelles n'ont tout simplement pas été conçues pour des systèmes qui agissent, raisonnent et exécutent des tâches de manière autonome. La latence devient critique à mesure que les agents s'intègrent dans les opérations métier en temps réel, poussant les entreprises à adopter des systèmes de stockage multiniveaux capables de prioriser les données chaudes. Les agents doivent désormais non seulement répondre à des requêtes, mais comprendre des intentions et exécuter des actions complexes en chaîne, ce qui exige des mécanismes d'indexation hybrides avancés. L'agentic database n'est donc pas un produit unique mais une architecture complète, et les acteurs qui la maîtriseront en premier disposeront d'un avantage compétitif structurel difficile à rattraper.

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D&B a reconstruit sa base de 642 millions d'entreprises pour les agents IA
1VentureBeat AI 

D&B a reconstruit sa base de 642 millions d'entreprises pour les agents IA

Dun & Bradstreet, entreprise vieille de 180 ans spécialisée dans les données commerciales, vient d'annoncer une refonte complète de son infrastructure de données pour la rendre compatible avec les agents d'intelligence artificielle. Son "Commercial Graph" couvre 642 millions d'entreprises, soit presque le double des 300 millions de dossiers qu'il contenait il y a cinq ans, avec 11 000 champs par enregistrement et 100 milliards de vérifications qualité effectuées chaque mois. Cette base de données, utilisée par près de 200 000 clients dans le monde, analystes crédit, gestionnaires de risques, commerciaux, était conçue pour des humains capables d'attendre quelques secondes et d'interpréter des résultats ambigus. Quand les clients de D&B ont commencé à intégrer des agents IA dans leurs workflows de crédit, d'achats et de chaîne d'approvisionnement, l'architecture existante s'est révélée incompatible. Gary Kotovets, directeur des données et de l'analytique chez D&B, a expliqué à VentureBeat que l'entreprise devait désormais considérer les agents comme une nouvelle catégorie de consommateurs à part entière. Le problème fondamental est que les agents IA ne peuvent pas fonctionner avec des systèmes fragmentés, des latences élevées ou des relations statiques entre entités. Là où un analyste humain naviguait à travers plusieurs bases de données hétérogènes via des requêtes SQL, un agent a besoin d'une réponse en moins d'une seconde, d'une résolution d'entité vérifiée, et de relations dynamiques : si un PDG quitte une entreprise pour une autre, le dossier de risque doit suivre en temps réel ; si une filiale change de propriétaire, la hiérarchie complète doit se mettre à jour automatiquement. D&B a donc migré ses bases vers le cloud, redessiné son schéma de données, construit une couche de "data fabric" unifiant les enregistrements à l'échelle mondiale tout en respectant les contraintes réglementaires régionales, puis exposé l'ensemble via des outils MCP (Model Context Protocol) qui permettent aux agents d'interroger des données structurées avec leur contexte. Un moteur de résolution d'entités valide chaque requête pour garantir qu'une demande portant sur une entreprise renvoie bien vers un enregistrement unique et vérifié. L'entreprise a également créé un nouveau modèle d'authentification spécifique aux agents, distincts des utilisateurs humains. Ce chantier illustre une réalité que Kotovets dit avoir entendue de la bouche de centaines de directeurs des données et directeurs informatiques au cours des six derniers mois : les ambitions en matière d'IA se heurtent systématiquement à des fondations de données non standardisées et inexploitables par des machines. D&B, pourtant l'une des entreprises les mieux dotées en données commerciales structurées au monde, a quand même dû tout reconstruire. La montée en puissance des agents autonomes dans les processus métier critiques, évaluation du risque fournisseur, scoring crédit, due diligence, crée une pression inédite sur les fournisseurs de données pour qu'ils passent d'une logique de consultation humaine à une logique d'alimentation machine en temps réel. D&B se positionne ainsi en infrastructure de référence pour les agents d'entreprise, à un moment où MCP s'impose progressivement comme standard d'interopérabilité entre agents et sources de données.

UELes entreprises européennes clientes de D&B pour le risque crédit ou fournisseur peuvent désormais connecter leurs agents IA à cette base via MCP, dans le respect des contraintes réglementaires régionales incluant le RGPD.

💬 Si D&B, avec 180 ans de données commerciales structurées, a quand même dû tout reconstruire pour les agents IA, ton stack de données a peu de chances de s'en tirer sans casse. C'est le vrai enseignement de cet article, pas les 642 millions d'entreprises ou les 11 000 champs par dossier. Les agents ne tolèrent pas l'ambiguïté, pas la latence, pas les silos, et ça va forcer une vague de refonte data que beaucoup n'ont pas encore budgétisée.

InfrastructureActu
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CopilotKit redéfinit l'architecture IA à base d'agents en 2026
2MarkTechPost 

CopilotKit redéfinit l'architecture IA à base d'agents en 2026

CopilotKit, startup basée à Seattle et co-fondée par Atai Barkai et Uli Barkai, s'est imposée en 2026 comme l'un des acteurs centraux de l'infrastructure pour agents IA. La société a lancé en avril 2026 AIMock, un outil de test pour systèmes agentiques, et AG-UI, un protocole d'interaction entre agents et utilisateurs au sein des applications. AG-UI est aujourd'hui soutenu par Google, Microsoft, Amazon et Oracle, ainsi que par des frameworks majeurs comme LangChain, Mastra, PydanticAI et Agno. AWS l'a intégré dans son template FAST (Fullstack AgentCore Solution Template) et dans Bedrock AgentCore. Des SDKs communautaires couvrent déjà Kotlin, Go, Dart, Java, Rust, Ruby et C++, tandis que .NET, Nim, Flowise et Langflow sont en cours de développement. Atai Barkai enseigne par ailleurs un cours complet sur AG-UI chez DeepLearning.AI, couvrant un backend LangChain, un frontend React et AG-UI comme runtime. Ce que CopilotKit résout est concret : jusqu'ici, intégrer une IA dans une application signifiait coller un widget de chat dans un coin d'interface. L'utilisateur tapait, le modèle répondait en texte, et personne ne prenait en charge la traduction de cette réponse en action réelle. AG-UI comble le troisième maillon manquant de la pile agentique : MCP standardise l'accès aux outils externes, A2A coordonne les agents entre eux, AG-UI gère la couche d'interaction entre l'agent, l'application et l'utilisateur. Il permet le streaming en temps réel, la génération dynamique de composants d'interface, la synchronisation d'état bidirectionnelle, et les pauses "human-in-the-loop" où l'agent attend une confirmation avant d'agir. AIMock, lui, s'attaque à un problème que peu d'équipes osent admettre : les suites de tests pour agents sont, pour la plupart, de la fiction. Une requête agentique typique en 2026 traverse six ou sept services (LLM, serveur MCP, base vectorielle, reranker, API de recherche web, couche de modération, sous-agent A2A) et la plupart des équipes n'en simulent qu'un seul, laissant les autres non-déterministes et incontrôlés. L'analogie avancée par CopilotKit est parlante : AG-UI serait à la pile agentique ce que HTML est au web, la couche de présentation et d'interaction que TCP et HTTP rendent possible sans pouvoir la fournir eux-mêmes. Pendant des années, l'IA dans les logiciels est restée un outil passif, fonctionnel comme une calculatrice mais incapable d'agir de façon autonome. CopilotKit parie que l'avenir appartient aux agents qui vivent à l'intérieur des applications, comprennent le contexte de l'utilisateur, prennent des actions et génèrent des interfaces adaptées plutôt que de longs blocs de texte. Avec l'adoption par les grands fournisseurs cloud et l'entrée dans les cursus pédagogiques, la startup semble avoir franchi le cap qui sépare le protocole expérimental de l'infrastructure de production. La prochaine étape annoncée porte sur la persistance runtime, troisième chantier d'une feuille de route 2026 qui vise délibérément les angles morts de l'architecture agentique.

💬 L'idée du maillon manquant est bonne : MCP pour les outils, A2A pour la coordination, AG-UI pour l'utilisateur, la stack agentique commence à avoir une vraie colonne vertébrale. Ce qui me parle autant, c'est AIMock, parce que les suites de tests pour agents c'est de la fiction dans la plupart des équipes, et c'est enfin assumé. AWS dans Bedrock, Google et Microsoft embarqués, bon, sur le papier c'est le seuil qui sépare le protocole expérimental du vrai standard de prod.

InfrastructureOpinion
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Comment xAI Colossus redéfinit les règles de la course à l’IA
3Le Big Data 

Comment xAI Colossus redéfinit les règles de la course à l’IA

En mars 2023, Elon Musk fonde xAI pour affronter directement OpenAI, Google et Meta dans la course aux grands modèles de langage. Le premier modèle, Grok, sort fin 2023 avec des résultats prometteurs, mais l'entreprise se heurte rapidement à un obstacle structurel majeur : elle ne possède aucune infrastructure propre et loue sa puissance de calcul auprès de fournisseurs cloud comme Oracle. Pour briser cette dépendance, Musk lance dès le printemps 2024 un chantier d'une rapidité inédite. xAI rachète une ancienne usine Electrolux de 73 000 mètres carrés à Memphis, Tennessee, et y déploie le supercalculateur Colossus. Début 2026, le site concentre environ 555 000 processeurs NVIDIA interconnectés, principalement des H100 et H200 dans le premier bloc (Colossus 1), et la nouvelle architecture Blackwell GB200/GB300 dans le second (Colossus 2), auxquels s'ajoute une extension satellitaire en cours à Southaven. À près de 35 000 dollars l'unité, le seul achat des composants dépasse les 18 milliards de dollars. Cette infrastructure redéfinit les rapports de force dans l'industrie de l'IA. En contrôlant son propre parc de calcul, xAI s'affranchit des délais et des contraintes imposés par les fournisseurs tiers, ce qui lui permet d'accélérer l'entraînement de ses modèles au rythme qu'elle impose. La densité thermique extrême générée par 555 000 puces a nécessité l'abandon du refroidissement par air au profit d'un système à eau intégral en circuit fermé, fourni par Dell et Supermicro, qui capte la chaleur directement sur le silicium et réduit significativement les coûts d'électricité liés à la climatisation. Sur le plan réseau, xAI a fait le choix de rejeter l'InfiniBand, standard dominant mais coûteux et en rupture mondiale, pour déployer la plateforme NVIDIA Spectrum-X Ethernet, avec routage adaptatif et protocole RoCE, afin d'éliminer la latence de queue qui paralyse les clusters lors des échanges massifs de paramètres entre processeurs. Ce projet s'inscrit dans une rivalité technologique et géopolitique qui dépasse largement xAI. La puissance de calcul est devenue la ressource stratégique centrale de l'IA : qui contrôle les clusters contrôle le rythme d'innovation. Microsoft, Google et Amazon ont chacun engagé des dizaines de milliards dans leurs propres datacenters, tandis que la pénurie mondiale de puces NVIDIA maintient une pression constante sur les acteurs moins capitalisés. En construisant Colossus en moins d'un an, là où l'industrie estimait le délai à deux ans minimum, xAI a envoyé un signal clair sur sa capacité d'exécution. La prochaine étape sera de transformer cette puissance brute en avance technologique durable face à des concurrents qui ne restent pas immobiles.

UELa concentration de capacité de calcul chez les acteurs américains creuse l'écart avec les laboratoires et startups européens, renforçant leur dépendance aux infrastructures cloud extérieures à l'UE.

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HP et l'art de l'IA et des données pour les entreprises
4AI News 

HP et l'art de l'IA et des données pour les entreprises

À quelques jours du salon AI & Big Data Expo, prévu les 18 et 19 mai au McEnery Convention Center de San Jose, Jérôme Gabryszewski, responsable du développement commercial IA et Data Science chez HP, a accordé une interview à Artificial Intelligence News pour évoquer les défis concrets que rencontrent les grandes entreprises dans leur adoption de l'intelligence artificielle. Le constat est sans appel : malgré un accès abondant à leurs propres données, la plupart des organisations peinent à en tirer parti. La première embûche n'est pas technique : c'est la dette organisationnelle et architecturale. Avant d'automatiser quoi que ce soit, les entreprises doivent réconcilier des données éparpillées entre départements, des schémas incohérents et des systèmes legacy jamais conçus pour l'interopérabilité. Le travail de gouvernance précède toujours le déploiement technique. Sur la question des modèles en apprentissage continu, Gabryszewski recommande d'appliquer les mêmes exigences qu'un déploiement logiciel classique : aucune mise à jour en production sans validation formelle. La dérive conceptuelle est surveillée via des pipelines MLOps avec détection automatique, et la contamination des données d'entraînement est traitée comme un problème de traçabilité autant que de sécurité. Les entreprises qui maîtrisent ces risques ne sont pas forcément les plus avancées techniquement, mais celles qui ont intégré la gouvernance IA dans leur cadre de gestion des risques avant de passer à l'échelle. Ce positionnement a des implications concrètes pour des milliers d'équipes data qui cherchent à réduire leur dépendance au cloud sans sacrifier la puissance de calcul. La question du local versus cloud est au cœur des arbitrages actuels : chaque inférence envoyée dans le cloud représente un coût, une latence et une exposition potentielle de données sensibles. Disposer d'une infrastructure locale capable de faire tourner des modèles de grande taille change fondamentalement l'équation économique et réglementaire, notamment pour les secteurs soumis à des contraintes strictes comme la finance, la santé ou la défense. HP s'appuie sur quinze ans de développement de sa gamme professionnelle Z pour positionner son matériel comme épine dorsale de ce cycle IA autonome. Le ZBook Ultra et le Z2 Mini couvrent les usages mobiles et compacts, mais c'est le ZGX Nano qui attire l'attention : un supercalculateur IA de 15x15 cm, équipé du superpuce NVIDIA GB10 Grace Blackwell, 128 Go de mémoire unifiée et 1 000 TOPS de performance FP4, capable de faire tourner localement des modèles jusqu'à 200 milliards de paramètres. En interconnectant deux unités, on atteint 405 milliards de paramètres, sans cloud, sans datacenter, sans file d'attente. L'appareil est livré préconfiguré avec la pile logicielle NVIDIA DGX et le HP ZGX Toolkit, permettant aux équipes d'être opérationnelles en quelques minutes. HP vise ainsi le segment des équipes IA qui ont besoin de puissance souveraine et immédiate, à l'heure où la course aux modèles toujours plus grands redistribue les cartes du marché des workstations professionnelles.

InfrastructureActu
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