Bristol Myers Squibb achète un système IA Nvidia pour la découverte de médicaments
Bristol Myers Squibb va acquérir un supercalculateur Nvidia DGX SuperPOD reposant sur l'architecture Vera Rubin, tout juste dévoilée cette année par Nvidia comme la relève de sa génération actuelle de systèmes d'intelligence artificielle. Le laboratoire pharmaceutique affirme être la première entreprise du secteur des sciences de la vie à s'équiper d'un DGX SuperPOD basé sur cette architecture. Le nouveau cluster comprendra huit systèmes DGX Vera Rubin NVL72, chacun combinant les processeurs Vera et les puces graphiques Rubin de Nvidia à l'échelle d'un rack complet. Le montant de la transaction n'a pas été communiqué. Cette acquisition vient compléter l'infrastructure Nvidia déjà utilisée par BMS, qui exploite depuis environ trois ans un SuperPOD antérieur, aujourd'hui jugé deux à trois générations en retard par les dirigeants de l'entreprise. Les deux systèmes seront réunis au sein d'un environnement de calcul partagé, accessible depuis l'ensemble des sites de recherche du groupe dans le monde, avec une pile logicielle capable de répartir automatiquement les charges d'entraînement, de prédiction et de développement.
Cette montée en puissance répond à une saturation de l'infrastructure actuelle. Erin Davis, vice-présidente en charge des technologies et des données de recherche chez BMS, explique que la demande croissante provient des prédictions à grande échelle sur les grosses molécules ainsi que du développement de modèles de fondation internes. Selon Greg Meyers, directeur digital et technologique de BMS, les besoins en puissance de calcul ont explosé à mesure que l'entreprise déploie des modèles d'IA toujours plus volumineux dans ses équipes de recherche. Concrètement, l'IA intervient désormais dans la conception de tous les programmes portant sur de petites molécules et de la majorité de ceux portant sur de grosses molécules, notamment pour l'identification de cibles thérapeutiques, l'optimisation de candidats médicaments et les prédictions moléculaires. BMS indique que l'identification de cibles assistée par IA a permis de réduire de plusieurs semaines certaines tâches de recherche manuelles. Surtout, l'accès à cette puissance de calcul sera désormais ouvert à l'ensemble de l'organisation de recherche, sans les délais d'attente ni les restrictions d'accès qui limitaient jusqu'ici l'usage aux seuls chercheurs spécialisés en calcul.
Robert Plenge, directeur de la recherche chez BMS, illustre l'ampleur du changement attendu : là où l'entreprise pouvait auparavant évaluer une dizaine de candidats médicaments lors des premières étapes de développement, elle pourra désormais en tester des dizaines. Cette capacité s'appuie sur une méthode maison baptisée "Predict First", qui utilise des prédictions générées par des modèles pour écarter en amont les molécules ne répondant pas aux critères requis, avant même leur synthèse en laboratoire. Payal Sheth, vice-présidente senior chargée des sciences de découverte thérapeutique, précise que ces prédictions permettent de prioriser la synthèse des molécules présentant la combinaison de propriétés recherchée, afin de concentrer les expérimentations coûteuses sur les candidats ayant la plus forte probabilité de succès. BMS a également utilisé l'IA pour étoffer sa bibliothèque de composés CELMoD, conçus pour dégrader sélectivement les protéines impliquées dans le développement de cancers.
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