Aller au contenu principal
InfrastructureNVIDIA AI Blog · 2 min de lecture

Bristol Myers Squibb construit l'usine d'IA la plus avancée du secteur des sciences de la vie sur NVIDIA Vera Rubin

Source originale ↗·

Erin Davis appelle ça la "SuperDuperPOD". Bristol Myers Squibb (BMS), qui exploite déjà l'un des plus grands clusters d'IA du secteur pharmaceutique, a annoncé le déploiement de son second NVIDIA DGX SuperPOD, cette fois construit autour de huit systèmes DGX Vera Rubin NVL72. Combinant processeurs NVIDIA Vera et GPU Rubin, cette infrastructure est présentée comme le cluster d'IA le plus puissant et le plus économe en énergie du secteur des sciences de la vie, avec des performances jusqu'à 10 fois supérieures par mégawatt par rapport à l'infrastructure qu'elle remplace. Erin Davis, vice-présidente en charge de la recherche business et de la technologie chez BMS, explique que l'accès ne sera plus réservé à un petit groupe de chercheurs mais ouvert à l'ensemble des scientifiques de l'entreprise. La plateforme unifiée intégrera notamment le NVIDIA BioNeMo Agent Toolkit pour l'IA biologique, permettant prédictions, entraînement de modèles et flux de travail agentiques sur l'ensemble du pipeline de découverte de médicaments.

Cette montée en puissance vise à transformer concrètement la recherche pharmaceutique. Selon Payal Sheth, nommée en janvier vice-présidente senior des sciences de découverte thérapeutique chez BMS après une carrière entière en laboratoire, l'objectif est de passer d'un discours abstrait sur les capacités de l'IA à un impact mesurable. BMS exploite déjà un DGX SuperPOD depuis environ trois ans, avec des résultats concrets : l'identification de cibles thérapeutiques assistée par IA fait gagner des semaines de travail manuel aux chercheurs, qui peuvent se concentrer sur les décisions scientifiques à plus forte valeur ajoutée. L'entreprise a notamment utilisé l'IA pour étoffer sa bibliothèque de composés CELMoD, des molécules conçues pour dégrader sélectivement les protéines responsables de cancers, avec des applications contre les cancers du sang et au-delà, ouvrant la voie à de nouvelles cibles thérapeutiques. Sheth évoque aussi une méthodologie baptisée "Predict First", qui utilise des prédictions computationnelles pour prioriser la synthèse des molécules les plus prometteuses et écarter en amont celles qui ne répondraient pas aux critères recherchés, économisant ainsi des expériences de laboratoire coûteuses.

Cette dépendance croissante à l'IA a fait exploser les besoins en calcul de l'organisation de recherche. "Nous sommes saturés", résume Davis, évoquant des prédictions à grande échelle sur de grosses molécules et l'entraînement de modèles fondationnels maison, très gourmands en GPU. D'où l'arrivée de ce nouveau système, présenté en interne comme la promesse d'un "calcul sans limites" pour les chercheurs. Davis, chimiste computationnelle de formation, a passé une quinzaine d'années côté éditeurs technologiques, chez ChemAxon, Schrödinger puis X-Chem, avant de rejoindre BMS convaincue que le vrai goulot d'étranglement de l'industrie pharmaceutique n'était pas la technologie elle-même, mais sa mise à disposition effective des scientifiques et la capacité à en tirer des enseignements. Cette conviction, dit-elle, est aussi nourrie par une expérience personnelle : son père est mort il y a cinq ans d'une maladie que la recherche pharmaceutique n'est pas encore parvenue à vaincre.

Dans nos dossiers

Cet article vous a été utile ?

Vu une erreur factuelle dans cet article ? Signalez-la. Toutes les corrections valides sont publiées sur /corrections.

À lire aussi

NVIDIA et la Corée du Sud s'associent pour construire l'avenir de l'IA
1NVIDIA AI Blog 

NVIDIA et la Corée du Sud s'associent pour construire l'avenir de l'IA

Jensen Huang, fondateur et PDG de Nvidia, a atterri à Séoul vendredi 4 juin, accueilli par des fans et des journalistes dès sa descente d'avion. Ce déplacement fait suite à la conférence GTC Taipei organisée lors du COMPUTEX, et s'inscrit dans une tournée asiatique chargée. Huang a tenu à préciser l'enjeu central de sa visite : aligner la chaîne d'approvisionnement en IA avant une deuxième partie d'année qui s'annonce intense. Il a confirmé que Grace Blackwell, la plateforme phare de Nvidia, affiche de solides performances commerciales, et que Vera Rubin, la génération suivante, est désormais en pleine production industrielle. "Le premier semestre a déjà été très réussi, et nous allons être très occupés au second semestre", a-t-il déclaré à la presse. La Corée du Sud n'est pas un simple arrêt diplomatique dans l'agenda de Huang : c'est l'un des maillons stratégiques de l'écosystème mondial de l'IA. Le pays abrite des acteurs critiques de la fabrication de mémoires, une communauté gaming parmi les plus actives au monde, et un tissu industriel en robotique en pleine montée en puissance. Huang a explicitement identifié la robotique et l'IA physique comme "le prochain grand secteur" pour la Corée, appelant à des investissements ciblés dans ce domaine. Ce positionnement n'est pas anodin : la robotique incarnée, qui nécessite des puces, des capteurs et des modèles d'inférence rapide, est précisément le terrain où Nvidia cherche à imposer ses architectures comme standard de fait. La visite de Huang à Séoul s'inscrit dans une dynamique plus large de consolidation des alliances industrielles face à la pression géopolitique sur les semi-conducteurs. Alors que les restrictions américaines sur les exportations de puces vers certains marchés asiatiques compliquent le paysage, la Corée du Sud reste un partenaire de premier plan, à la fois client et fournisseur clé via Samsung et SK Hynix. Le programme de la visite inclut des rencontres avec des partenaires locaux dans la mémoire, la robotique et le gaming, avant que Huang ne passe à la table pour du poulet frit et du barbecue coréen, qu'il a jugés, sobrement, "délicieux".

UELes entreprises européennes dépendantes des puces NVIDIA et de la mémoire coréenne (Samsung, SK Hynix) pourraient bénéficier indirectement d'une chaîne d'approvisionnement renforcée, mais l'impact direct sur la France ou l'UE reste limité.

InfrastructureOpinion
1 source
De la simulation des matériaux à l'astronomie : NVIDIA lance un logiciel d'IA pour la découverte scientifique
2NVIDIA AI Blog 

De la simulation des matériaux à l'astronomie : NVIDIA lance un logiciel d'IA pour la découverte scientifique

Lors de la conférence ISC qui se tient cette semaine à Hambourg, NVIDIA a annoncé plusieurs nouvelles bibliothèques logicielles destinées à accélérer la recherche scientifique grâce à l'IA et au calcul GPU. Parmi elles : la bibliothèque DAQIRI (Data Acquisition for Integrated Real-time Instruments), les microservices ALCHEMI NIM, et le code de référence cuPhoton, bientôt disponible. Ces outils font partie de l'écosystème CUDA-X de NVIDIA. Les gains de performance sont spectaculaires : cuPhoton, testé sur des systèmes GB200 NVL72, accélère le chargement et l'analyse des images astronomiques au format FITS par un facteur 14 900 pour les données du Rubin Observatory, et offre un traitement du signal jusqu'à 8 400 fois plus rapide avec 32 superchips Grace Blackwell. DAQIRI, de son côté, a été utilisé dans le cadre du projet A-GHOST, développé par le CERN, l'Université de Chicago et l'University College London, pour analyser en temps réel les données de collisions de l'expérience ATLAS, données qui étaient auparavant rejetées à plus de 99 % faute de capacité de stockage. ALCHEMI, quant à lui, propose déjà deux microservices pour la simulation moléculaire (relaxation de géométrie et dynamique moléculaire par lots), avec un support du logiciel VASP prévu prochainement. Ces outils changent fondamentalement l'échelle à laquelle la science peut opérer. Le Rubin Observatory et son instrument LSST, la plus grande caméra numérique jamais construite, génèrent des pétaoctets de données sur des milliards de galaxies et d'objets faiblement lumineux. Transformer ces flux massifs en résultats analysables en temps quasi réel ouvre des possibilités inédites pour la recherche sur la matière noire et l'énergie sombre. De même, A-GHOST permettra au CERN de récupérer des signaux potentiellement cruciaux qui disparaissaient jusqu'ici dans les filtres de sélection. Pour la chimie computationnelle, ALCHEMI permet de simuler des millions de molécules simultanément, ce qui accélère la découverte de nouveaux matériaux pour les batteries, les catalyseurs, les écrans OLED ou encore les formulations cosmétiques. Ces annonces s'inscrivent dans une tendance de fond : depuis plusieurs années, le calcul GPU migre des centres de données commerciaux vers les laboratoires scientifiques, portés par des projets comme AlphaFold ou les grands modèles de fondation pour la physique. NVIDIA positionne CUDA-X comme l'infrastructure transversale de cette transformation, en couvrant aussi bien l'astrophysique que la chimie ou la physique des particules. Les partenariats avec Princeton, Harvard et le CERN donnent une légitimité institutionnelle forte à ces outils. La prochaine intégration de VASP dans ALCHEMI, logiciel de référence mondial pour les simulations de matériaux ab initio, est particulièrement significative : elle signale que NVIDIA vise désormais le cœur des workflows scientifiques établis, et pas seulement leurs marges computationnelles.

UELe CERN, institution de recherche pan-européenne, intègre déjà DAQIRI dans le projet A-GHOST pour analyser en temps réel les données de l'expérience ATLAS, récupérant des signaux jusqu'ici perdus faute de capacité de traitement.

💬 99 % des données de collision de l'expérience ATLAS au CERN finissaient à la poubelle faute de capacité de traitement en temps réel. DAQIRI change ça, et c'est la stat la plus vertigineuse dans un article qui en compte pourtant beaucoup. L'intégration de VASP dans ALCHEMI dit le reste : NVIDIA ne vend plus des GPUs aux labos scientifiques, il en devient le système nerveux.

InfrastructureOpinion
1 source
3NVIDIA AI Blog 

NVIDIA Vera Rubin maximise l'intelligence par dollar pour les charges post-entraînement, une métrique clé pour l'IA à base d'agents

Un athlète professionnel ne se distingue pas pendant le match, mais dans l'intervalle entre deux matchs, quand il ajuste sa technique face à un nouvel adversaire. NVIDIA applique cette logique à l'intelligence artificielle agentique avec sa plateforme Vera Rubin, conçue pour maximiser ce que l'entreprise appelle "l'intelligence par dollar" lors du post-entraînement, cette phase qui affine un modèle après son apprentissage initial sur des données brutes. Contrairement à un modèle génératif qui répond simplement à une requête, un modèle agentique doit planifier, utiliser différents outils et se rétablir seul face aux imprévus rencontrés en cours de tâche. Cet apprentissage repose sur des techniques de renforcement (RL) : le modèle rédige une tentative de réponse lors d'une passe avant (inférence), cette tentative est notée, puis la leçon tirée met à jour les poids du modèle lors d'une passe arrière. NVIDIA a illustré cette approche avec Nemotron 3 Ultra, un modèle ouvert à mixture d'experts de 550 milliards de paramètres, entraîné via la bibliothèque NeMo RL, qui a obtenu un score de 71,7% sur SWE-bench Verified, un benchmark de référence pour l'évaluation du codage en conditions réelles. Cette évolution change fondamentalement l'économie du calcul dans l'industrie de l'IA. Le post-entraînement n'est plus une étape ponctuelle de finition mais un processus continu, car les environnements dans lesquels opèrent les agents évoluent en permanence : les outils utilisés changent d'une semaine à l'autre, des cas limites imprévus par les jeux de test apparaissent en production, et chaque déploiement implique son propre code, ses propres règles et son propre environnement. L'empreinte de calcul ne grossit donc pas parce qu'une seule exécution devient plus lourde, mais parce que ces cycles d'entraînement ne s'arrêtent jamais. Pour les entreprises qui construisent et déploient des agents IA, cela signifie que la valeur d'un modèle ne se mesure plus seulement au coût par token généré lors de l'inférence, mais à la capacité de continuer à investir dans son intelligence à mesure que son environnement de production change, un enjeu direct pour la rentabilité de ces systèmes à grande échelle. Cette approche s'inscrit dans un effort plus large de NVIDIA pour transformer le post-entraînement, longtemps considéré comme un travail de recherche artisanal, en infrastructure reproductible à l'échelle industrielle. Les bibliothèques ouvertes NeMo Gym, pour créer des environnements d'entraînement, et NeMo RL, pour l'entraînement distribué, visent à orchestrer des milliers d'environnements générant des tentatives en parallèle, avec vérification des récompenses et mise à jour des poids en continu, tout en maintenant les accélérateurs pleinement utilisés. L'enjeu stratégique pour NVIDIA est de positionner sa plateforme matérielle Vera Rubin comme le socle indispensable de cette nouvelle génération de calcul intensif, où le coût par token d'inférence et l'intelligence construite par dollar investi deviennent deux mesures complémentaires plutôt que concurrentes. À mesure que les entreprises technologiques déploient des agents IA de plus en plus autonomes dans des environnements réels, la capacité à financer et industrialiser ce cycle d'apprentissage continu pourrait devenir un facteur déterminant de compétitivité dans le secteur.

💬 Bon, sur le papier c'est malin : NVIDIA arrête de vendre le post-entraînement comme une finition ponctuelle et le repositionne comme un flux continu, parce que les agents en prod rencontrent sans cesse des cas que personne n'avait testés. Le vrai message, c'est que le coût par token à l'inférence ne dit plus grand-chose tout seul, ce qui compte c'est le coût pour continuer à réentraîner le modèle chaque fois que son environnement change. Ça sent la stratégie commerciale évidente derrière (vendre du Vera Rubin en continu plutôt qu'un pic ponctuel), mais l'intuition économique tient : les boîtes qui déploient des agents vont payer pour l'apprentissage permanent, pas juste pour la réponse.

InfrastructureActu
1 source
Comment Shopify a construit un stack IA indifférent à la survie des modèles
4VentureBeat AI 

Comment Shopify a construit un stack IA indifférent à la survie des modèles

Shopify a développé un proxy LLM maison qui connecte l'ensemble de ses ingénieurs à plusieurs fournisseurs d'IA en parallèle, avec basculement automatique en cas de panne ou de disparition d'un modèle. Quand Claude Fable 5 a été retiré du marché, aucun ingénieur de l'entreprise n'a été interrompu dans son travail : le système les a redirigés automatiquement vers Claude Opus ou GPT 5.5. Farhan Thawar, directeur de l'ingénierie chez Shopify, a détaillé cette architecture dans le podcast VentureBeat Beyond the Pilot. L'entreprise achète des tokens en volume auprès de plusieurs fournisseurs, et tous les utilisateurs passent par ce proxy unique qui centralise les rapports d'utilisation et gère la redondance. En cas d'indisponibilité d'un fournisseur, le transfert vers un autre est décrit comme "automatique et transparent". La plateforme interne Tangle permet à chacun de visualiser les pipelines d'IA en temps réel, et un tableau de bord de consommation suit les dépenses token par utilisateur, par discipline et par type de modèle. Ce choix architectural donne à Shopify une indépendance réelle vis-à-vis des fournisseurs, là où la plupart des entreprises restent exposées aux mises à jour non concertées ou aux arrêts de modèles. La stratégie de distillation pousse l'avantage plus loin encore : un modèle "enseignant" (par exemple Opus 4.8) transfère ses capacités vers un modèle "élève" plus petit et spécialisé (par exemple Qwen 3.5) en une journée de pipeline. Le résultat est évalué automatiquement sur la vitesse, le coût et la précision pour une tâche précise. Dans certains cas, les gains atteignent un facteur 2 en coût et en latence ; dans des cas extrêmes, jusqu'à 30 fois moins cher et plus rapide. Ces modèles distillés alimentent notamment Sidekick, l'assistant IA phare de Shopify destiné aux marchands, conçu pour automatiser les tâches répétitives du quotidien. Les ingénieurs peuvent déployer directement sans processus d'approbation, ce qui accélère considérablement les cycles d'itération. La démarche s'inscrit dans un contexte où le marché des modèles évolue à une vitesse difficile à anticiper : des modèles apparaissent, sont mis à jour silencieusement ou disparaissent en quelques mois. Shopify tire les conséquences pratiques de cette instabilité en construisant une infrastructure qui ne parie pas sur un seul acteur. Thawar évoque aussi une vision plus ambitieuse : à terme, le pipeline de distillation choisirait lui-même le meilleur modèle cible en fonction des données et des évaluations fournies, sans que l'ingénieur ait à le spécifier. "Peut-être que ça donnera un modèle si petit qu'il pourrait tourner sur un téléphone", dit-il. Des garde-fous existent également côté consommation : si un modèle tourne depuis plus de dix heures en accumulant des tokens, l'utilisateur reçoit une alerte lui demandant si la dépense est intentionnelle, une manière de concilier autonomie des équipes et maîtrise des coûts.

UELes équipes d'ingénierie européennes déployant des LLMs en production peuvent s'inspirer directement de cette architecture multi-fournisseurs pour réduire leur exposition aux changements non concertés de modèles et optimiser leurs coûts par distillation.

InfrastructureOpinion
1 source

Recevez l'essentiel de l'IA chaque jour

Une sélection éditoriale quotidienne, sans bruit. Directement dans votre boîte mail.

Recevez l'essentiel de l'IA chaque jour

Gratuit · 1 email le matin, l'essentiel de l'IA · désinscription en un clic