
NVIDIA et la Corée du Sud s'associent pour construire l'avenir de l'IA
Jensen Huang, fondateur et PDG de Nvidia, a atterri à Séoul vendredi 4 juin, accueilli par des fans et des journalistes dès sa descente d'avion. Ce déplacement fait suite à la conférence GTC Taipei organisée lors du COMPUTEX, et s'inscrit dans une tournée asiatique chargée. Huang a tenu à préciser l'enjeu central de sa visite : aligner la chaîne d'approvisionnement en IA avant une deuxième partie d'année qui s'annonce intense. Il a confirmé que Grace Blackwell, la plateforme phare de Nvidia, affiche de solides performances commerciales, et que Vera Rubin, la génération suivante, est désormais en pleine production industrielle. "Le premier semestre a déjà été très réussi, et nous allons être très occupés au second semestre", a-t-il déclaré à la presse.
La Corée du Sud n'est pas un simple arrêt diplomatique dans l'agenda de Huang : c'est l'un des maillons stratégiques de l'écosystème mondial de l'IA. Le pays abrite des acteurs critiques de la fabrication de mémoires, une communauté gaming parmi les plus actives au monde, et un tissu industriel en robotique en pleine montée en puissance. Huang a explicitement identifié la robotique et l'IA physique comme "le prochain grand secteur" pour la Corée, appelant à des investissements ciblés dans ce domaine. Ce positionnement n'est pas anodin : la robotique incarnée, qui nécessite des puces, des capteurs et des modèles d'inférence rapide, est précisément le terrain où Nvidia cherche à imposer ses architectures comme standard de fait.
La visite de Huang à Séoul s'inscrit dans une dynamique plus large de consolidation des alliances industrielles face à la pression géopolitique sur les semi-conducteurs. Alors que les restrictions américaines sur les exportations de puces vers certains marchés asiatiques compliquent le paysage, la Corée du Sud reste un partenaire de premier plan, à la fois client et fournisseur clé via Samsung et SK Hynix. Le programme de la visite inclut des rencontres avec des partenaires locaux dans la mémoire, la robotique et le gaming, avant que Huang ne passe à la table pour du poulet frit et du barbecue coréen, qu'il a jugés, sobrement, "délicieux".
Les entreprises européennes dépendantes des puces NVIDIA et de la mémoire coréenne (Samsung, SK Hynix) pourraient bénéficier indirectement d'une chaîne d'approvisionnement renforcée, mais l'impact direct sur la France ou l'UE reste limité.
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