☕️ Google accusé d’avoir entraîné Gemini avec des millions de livres sans autorisation
Google fait face à une plainte pour violation massive de droits d'auteur, déposée le 10 juillet à New York et révélée par The Wrap. Parmi les plaignants figurent l'éditeur Hachette, le spécialiste de l'éducation Cengage, le groupe scientifique Elsevier ainsi que l'auteur à succès Scott Turow. Ils accusent Google d'avoir entraîné son modèle Gemini à partir de millions de livres et d'articles obtenus via Google Books, Google Play Books et Google Scholar, des services dont les autorisations se limitaient pourtant à la recherche, l'affichage d'extraits ou la vente d'ouvrages. La plainte va plus loin: Google aurait aussi intégré des textes récupérés sur le web, y compris depuis des sites pirates, et réalisé des copies de ces œuvres lors de la préparation des données d'entraînement. Plus grave encore, l'entreprise aurait supprimé les informations de gestion des droits d'auteur attachées aux œuvres protégées, dans le but de dissimuler l'origine des contenus utilisés. Les plaignants réclament la reconnaissance d'un recours collectif, la reconnaissance d'une infraction au droit d'auteur et au DMCA, l'arrêt des pratiques incriminées, des dommages et intérêts, ainsi que la transparence sur les contenus ayant servi à l'entraînement de Gemini.
Cette affaire illustre concrètement le préjudice que peuvent subir auteurs et éditeurs face aux IA génératives: la plainte affirme que Gemini est capable de produire des résumés très détaillés, des passages proches des textes originaux, des chapitres entiers ou des imitations du style de certains auteurs, des contenus qui concurrencent directement les œuvres sources sans qu'aucune compensation ne soit versée. Pour l'industrie de l'édition, l'enjeu dépasse le seul cas Google: il s'agit d'établir un précédent sur l'obligation des géants de l'IA à rémunérer les créateurs dont le travail nourrit leurs modèles, et sur la transparence des données d'entraînement, un sujet sur lequel les entreprises du secteur restent généralement très évasives.
Cette procédure s'inscrit dans une vague plus large de contentieux visant les acteurs de l'intelligence artificielle. Anthropic avait choisi la voie du règlement à l'amiable en septembre 2025, acceptant de verser 1,5 milliard de dollars pour clore une poursuite lancée par des auteurs et autrices. Apple fait elle aussi l'objet d'une plainte de chaînes YouTube, tandis que le français Mistral AI a été visé par une enquête révélant l'entraînement de ses modèles sur des textes littéraires protégés. Le sort de la plainte contre Google, qui invoque également l'abandon symbolique de la devise « Don't be evil », pourrait peser lourd sur la manière dont l'ensemble du secteur collecte et exploite ses données à l'avenir.
L'affaire, qui mentionne aussi une enquête visant le français Mistral AI pour l'entraînement de ses modèles sur des textes littéraires protégés, pourrait influencer les débats européens sur la transparence des données d'entraînement et l'application de l'AI Act aux acteurs de l'IA générative.
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