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ÉthiqueLe Big Data6h· 2 min de lecture

Google utilise votre historique pour entraîner son IA : voici comment l’en empêcher

Résumé IASources croisées · 2Impact UE
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Egalement couvert par :Siècle Digital

Google déploie progressivement une nouvelle fonctionnalité nommée « Historique des services de recherche », qui permet à l'entreprise d'utiliser certaines activités des utilisateurs pour entraîner ses modèles d'intelligence artificielle. Concrètement, Google collecte les contenus envoyés directement à ses services : les photos soumises via Google Lens, les recherches et commandes vocales, ainsi que les données issues de Google Translate. L'entreprise précise qu'elle ne récupère pas les fichiers externes simplement consultés ou écoutés, mais uniquement ceux transmis activement par l'utilisateur. Ces données sont associées au compte Google, donc au nom de la personne concernée. Même en cas de suppression ultérieure de l'historique, les fichiers déjà exploités pour l'entraînement peuvent subsister dans les systèmes de Google sous une forme anonymisée, et ce pendant une durée pouvant aller jusqu'à quatre ans.

Cette annonce soulève des questions concrètes de confidentialité pour des centaines de millions d'utilisateurs des services Google. Le fait que des photos, des commandes vocales ou des traductions personnelles puissent servir à entraîner des modèles d'IA, tout en restant liées à l'identité du compte, interroge sur le contrôle réel que les usagers conservent sur leurs propres données. La persistance des fichiers pendant quatre ans, même après suppression et sous forme anonymisée, complique également la possibilité d'un effacement total et immédiat. Pour les professionnels ou les utilisateurs sensibles à la protection de leurs données, cette fonctionnalité impose une vigilance accrue sur les paramètres de confidentialité, d'autant que son activation semble par défaut plutôt qu'optionnelle à l'inscription.

Heureusement, il est possible de désactiver cette collecte en quelques étapes. Il faut se rendre sur myactivity.google.com, se connecter à son compte, puis chercher l'onglet « Historique des services de recherche » s'il est déjà visible, et désactiver l'option correspondante ainsi que la case « Enregistrer les médias ». Pour les comptes où cette fonctionnalité n'est pas encore apparue, la fonctionnalité étant déployée progressivement, il faut se rendre dans la section « Activité Web et applications », puis décocher l'option « Inclure l'activité vocale et audio ». Cette démarche s'inscrit dans un contexte plus large où les géants technologiques, dont Google, cherchent à alimenter leurs modèles d'IA avec des volumes croissants de données réelles issues de l'usage quotidien de leurs utilisateurs, une pratique qui alimente les débats sur la régulation des données personnelles et la transparence des entreprises technologiques envers leurs utilisateurs.

Impact France/UE

Les utilisateurs europeens des services Google doivent desactiver manuellement cette collecte pour proteger leurs donnees personnelles.

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Comment les musiciens peuvent être rémunérés pour l'entraînement de l'IA
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Warner Music Group a récemment acquis la startup Sureel, spécialisée dans la gestion des droits musicaux à l'ère de l'intelligence artificielle. Sureel s'est associée à l'agence suédoise de droits d'auteur STIM pour explorer un système de rémunération des artistes lorsque leur musique sert à entraîner des modèles d'IA générative. Concrètement, le logiciel de Sureel appose des métadonnées sur les fichiers audio afin d'indiquer si une entreprise d'IA est autorisée à utiliser le fichier librement, de manière limitée ou pas du tout, puis suit l'utilisation réelle pour calculer les redevances correspondantes. De son côté, la société d'IA musicale SoundVerse a publié un livre blanc en 2025 pour rejeter les rachats uniques de droits et défendre une participation continue des artistes à chaque génération d'output par un modèle. Le co-président de Sureel, Benji Rogers, et son PDG, Tamay Aykut, portent le projet, tandis que Simon Gozzi, directeur du développement chez STIM, évalue comment les rapports d'attribution de Sureel pourraient fonder de nouveaux accords de licence entre musiciens et entreprises d'IA. L'enjeu est considérable pour l'ensemble de l'industrie musicale, qui dispose depuis des décennies de mécanismes précis pour rémunérer l'utilisation des œuvres, ventes physiques, streaming, radio, reprises, karaoké. L'IA générative a fracturé cette logique en rendant floue la notion d'utilisation : une chanson utilisée une seule fois pour l'entraînement d'un modèle continue d'influencer chaque output produit par ce modèle. Sureel propose d'aller plus loin qu'une simple mesure de similarité entre la donnée d'entraînement et l'output généré, en cherchant à établir un lien de causalité réel entre les deux. Si le modèle produit du jazz, les enregistrements jazz du corpus auraient davantage contribué que les pièces folk, et seraient rémunérés en proportion. Rogers résume l'ambition : "L'attribution ne cherche pas à recréer l'ancienne économie, mais à mesurer pour la première fois ce que l'ancienne économie ne faisait qu'approximer." Ce chantier s'inscrit dans un contexte de tension croissante entre l'industrie créative et les géants de l'IA, accusés par certains de commettre "le plus grand acte de vol de droits d'auteur de l'histoire". La question de l'attribution causale reste techniquement non résolue et pourrait nécessiter des outils issus de la théorie de l'information ou une modélisation de l'impact historique des œuvres individuelles. Le risque existe aussi de voir naître une musique conçue pour maximiser les redevances d'entraînement, comme le streaming a déjà poussé les artistes à raccourcir leurs intros. Aykut suggère néanmoins que des systèmes d'attribution bien conçus pourraient valoriser les œuvres rares et originales davantage que les tubes radiophoniques, ouvrant la possibilité que l'IA devienne un vecteur de diversité musicale plutôt qu'un facteur d'uniformisation.

UELa participation de l'agence suédoise STIM à ce système d'attribution ouvre la voie à de nouveaux cadres de licence pour les artistes européens, en cohérence avec les exigences de l'AI Act sur la transparence des données d'entraînement.

💬 Ce que Sureel essaie de faire, c'est mesurer l'influence réelle d'une œuvre sur un modèle, pas juste vérifier si elle était dans le corpus de départ. Ça paraît évident dit comme ça, mais c'est techniquement non résolu, et si ça marche, ça change tout à la logique des licences forfaitaires. Le vrai risque après, c'est l'effet streaming : des artistes qui composent pour maximiser leurs redevances d'entraînement plutôt que pour les oreilles.

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☕️ Meta veut regarder tout ce que font ses employés pour entraîner ses IA
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☕️ Meta veut regarder tout ce que font ses employés pour entraîner ses IA

Meta a discrètement déployé un outil de surveillance baptisé Model Capability Initiative (MCI) sur les ordinateurs de ses employés, révèlent des mémos internes obtenus par Reuters. Concrètement, le dispositif enregistre l'intégralité des interactions des salariés avec leurs applications et sites web, mouvements de curseur, clics, frappes clavier, et effectue des captures d'écran à intervalles réguliers. L'entreprise précise que MCI n'a pas vocation à évaluer la productivité des employés ni à les surveiller au sens disciplinaire du terme, et affirme avoir mis en place des protections pour les "contenus sensibles", sans en détailler la nature. Andrew Bosworth, directeur technique du groupe, a exposé l'ambition derrière l'initiative dans un mémo interne : construire un environnement où les agents IA réalisent l'essentiel du travail pendant que les humains les dirigent, les évaluent et les corrigent. L'enjeu est précis : les modèles d'IA de Meta peinent à reproduire fidèlement les comportements humains face à un ordinateur, sélectionner une option dans un menu déroulant, enchaîner des raccourcis clavier, naviguer intuitivement entre applications. Ces lacunes limitent directement les capacités des agents IA qui prennent le contrôle d'un poste de travail à la place de l'utilisateur. En collectant des données comportementales réelles en conditions de travail, Meta espère combler ces angles morts et produire des agents capables, selon les mots de Bosworth, "d'identifier automatiquement les moments où nous avons ressenti le besoin d'intervenir, afin de faire mieux la fois suivante". C'est un pari industriel majeur : la course aux agents autonomes se joue désormais sur la qualité des données d'entraînement comportementales, et Meta entend utiliser ses propres effectifs comme terrain d'expérimentation. L'initiative se heurtera probablement à des obstacles juridiques significatifs en Europe. Le RGPD encadre strictement la collecte de données personnelles, y compris en contexte professionnel, et plusieurs législations nationales vont plus loin encore. En Italie, la surveillance électronique de la productivité des salariés est explicitement interdite. En France, si l'employeur peut accéder au matériel informatique mis à disposition des salariés, il doit préalablement informer les employés concernés et consulter les représentants du personnel, comité d'entreprise et comité social et économique. La CNIL a rappelé à plusieurs reprises que tout dispositif de surveillance doit être "strictement proportionné à l'objectif suivi" et ne peut servir à une surveillance permanente ; les keyloggers sont d'ailleurs explicitement cités parmi les outils prohibés. Meta devra donc adapter ou suspendre MCI dans plusieurs pays européens, sous peine de sanctions qui pourraient compromettre l'ensemble du programme.

UEMeta devra suspendre ou adapter son outil MCI en France et dans l'UE, où le RGPD, la CNIL (qui interdit explicitement les keyloggers) et le droit du travail français (consultation obligatoire du CSE) s'opposent à une surveillance permanente des salariés à des fins d'entraînement IA.

💬 Le problème des agents IA, c'est pas l'intelligence, c'est les micro-gestes : savoir qu'après ce menu tu fais Tab et pas clic, que ce champ se remplit dans tel ordre. Pour combler ça, Meta filme ses propres employés en permanence. Bon, sur le papier c'est du bon sens industriel, mais en Europe c'est un keylogger permanent sur du matériel pro, et la CNIL a été très claire là-dessus : non.

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Attention ! Google Chrome télécharge son IA sur votre PC à votre insu
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Attention ! Google Chrome télécharge son IA sur votre PC à votre insu

Google Chrome télécharge discrètement un fichier de 4 gigaoctets baptisé « weights.bin » sur les ordinateurs de ses utilisateurs, sans les en informer ni leur demander leur accord. La découverte est signée Alexander Hanff, chercheur en sécurité connu sous le pseudonyme « That Privacy Guy », qui a documenté le phénomène sur un Mac configuré avec un profil Chrome vierge. En une quinzaine de minutes d'inactivité apparente, le navigateur a créé le dossier correspondant et téléchargé l'intégralité du modèle en arrière-plan. Ce fichier est lié à Gemini Nano, la version allégée du modèle d'intelligence artificielle développé par Google, destinée à fonctionner directement sur l'appareil. Chrome analyserait les capacités matérielles de la machine avant de déclencher le téléchargement, ce qui confirme selon Hanff une sélection automatique des appareils compatibles. Plus préoccupant encore : si l'utilisateur supprime le fichier, celui-ci se réinstalle de lui-même, sauf à désactiver certaines options expérimentales du navigateur ou à désinstaller Chrome entièrement. Ce comportement soulève plusieurs problèmes concrets. Sur le plan juridique, Hanff estime que le procédé pourrait contrevenir au RGPD et à la directive ePrivacy européenne, qui imposent une transparence claire pour tout stockage de données sur un appareil. L'absence de consentement explicite constituerait une violation de ces cadres réglementaires. Sur le plan pratique, un téléchargement non sollicité de 4 Go représente une nuisance réelle pour les utilisateurs sous forfait mobile limité ou dans des pays où la bande passante est coûteuse. L'impact environnemental chiffré par Hanff est également frappant : à l'échelle de 100 millions d'appareils, le transfert représenterait 400 pétaoctets de données, 24 GWh d'énergie consommée et environ 6 000 tonnes équivalent CO₂. Ces volumes atteignent 4 exaoctets, 240 GWh et 60 000 tonnes de CO₂ si l'on extrapole à un milliard d'appareils, soit 30 % de la base utilisateurs Chrome. Cette affaire s'inscrit dans une critique plus large adressée aux géants technologiques, et nommément à Google et Anthropic, que Hanff accuse de déployer leurs technologies avant toute explication aux utilisateurs. Que ce soit via l'intégration silencieuse de Claude Desktop dans les systèmes ou le téléchargement automatique de modèles IA, la logique est identique : les appareils des utilisateurs deviennent des infrastructures au service des ambitions IA des plateformes, sans que ceux-ci n'aient eu leur mot à dire. Google n'a pas officiellement commenté ces révélations. La question de savoir si Chrome propose à terme une option de désactivation claire, ou si des régulateurs européens saisiront le sujet, reste ouverte, mais la pression sur les pratiques de déploiement silencieux de l'IA embarquée monte visiblement d'un cran.

UELe téléchargement silencieux de Gemini Nano par Chrome constitue une violation potentielle du RGPD et de la directive ePrivacy, exposant Google à des poursuites par des régulateurs européens comme la CNIL et rendant la pratique illégale pour les 400+ millions d'utilisateurs Chrome en Europe.

💬 4 Go téléchargés sans te prévenir, et qui se réinstallent d'eux-mêmes si tu les supprimes. C'est pas une négligence de déploiement, c'est un choix produit qui part du principe que ton disque dur fait partie de l'infrastructure de Google. Ce genre de truc va finir devant la CNIL, et cette fois-ci ils auront du mal à plaider la bonne foi.

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Meta surveille désormais l'activité informatique de ses employés pour entraîner ses agents IA
4The Verge 

Meta surveille désormais l'activité informatique de ses employés pour entraîner ses agents IA

Meta installe en ce moment un outil de surveillance sur les ordinateurs de ses employés basés aux États-Unis, selon une information révélée par Reuters. L'outil, baptisé Model Capability Initiative (MCI), tourne en arrière-plan dans les applications et sites web liés au travail et enregistre les mouvements de souris, les clics, les frappes au clavier ainsi que des captures d'écran ponctuelles. L'objectif affiché par l'entreprise est d'utiliser ces données comportementales pour entraîner ses modèles d'intelligence artificielle à interagir avec les ordinateurs de la même façon que le font les humains au quotidien. Meta précise que les données collectées ne seront pas utilisées à des fins d'évaluation des performances des salariés. Cette initiative s'inscrit dans la course aux agents IA capables d'automatiser des tâches informatiques complexes, remplir des formulaires, naviguer dans des interfaces, exécuter des workflows bureautiques. En capturant directement les gestes réels de travailleurs qualifiés, Meta cherche à constituer un jeu de données d'entraînement à haute valeur, bien plus représentatif que des données synthétiques. Pour les employés concernés, cela soulève des questions concrètes sur la frontière entre contribution au produit et surveillance au travail. La démarche rappelle celle d'autres géants tech qui collectent des données humaines pour affiner leurs systèmes d'automatisation, comme Google ou Microsoft avec leurs outils Copilot. Meta, qui développe activement ses propres agents IA sous l'impulsion de Mark Zuckerberg, considère visiblement ses équipes internes comme un terrain d'entraînement privilégié. Le fait que le programme soit pour l'instant limité aux États-Unis suggère des contraintes légales en Europe, où le RGPD encadre strictement ce type de collecte en milieu professionnel.

UELe RGPD protège directement les salariés européens de Meta contre ce type de surveillance systématique, ce qui explique que le programme soit pour l'instant limité aux États-Unis et soulève des questions sur la conformité des pratiques de collecte de données en milieu professionnel au sein de l'UE.

ÉthiqueActu
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