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Attention ! Google Chrome télécharge son IA sur votre PC à votre insu
ÉthiqueLe Big Data · 2 min de lecture

Attention ! Google Chrome télécharge son IA sur votre PC à votre insu

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Egalement couvert par :Numerama01net

Google Chrome télécharge discrètement un fichier de 4 gigaoctets baptisé « weights.bin » sur les ordinateurs de ses utilisateurs, sans les en informer ni leur demander leur accord. La découverte est signée Alexander Hanff, chercheur en sécurité connu sous le pseudonyme « That Privacy Guy », qui a documenté le phénomène sur un Mac configuré avec un profil Chrome vierge. En une quinzaine de minutes d'inactivité apparente, le navigateur a créé le dossier correspondant et téléchargé l'intégralité du modèle en arrière-plan. Ce fichier est lié à Gemini Nano, la version allégée du modèle d'intelligence artificielle développé par Google, destinée à fonctionner directement sur l'appareil. Chrome analyserait les capacités matérielles de la machine avant de déclencher le téléchargement, ce qui confirme selon Hanff une sélection automatique des appareils compatibles. Plus préoccupant encore : si l'utilisateur supprime le fichier, celui-ci se réinstalle de lui-même, sauf à désactiver certaines options expérimentales du navigateur ou à désinstaller Chrome entièrement.

Ce comportement soulève plusieurs problèmes concrets. Sur le plan juridique, Hanff estime que le procédé pourrait contrevenir au RGPD et à la directive ePrivacy européenne, qui imposent une transparence claire pour tout stockage de données sur un appareil. L'absence de consentement explicite constituerait une violation de ces cadres réglementaires. Sur le plan pratique, un téléchargement non sollicité de 4 Go représente une nuisance réelle pour les utilisateurs sous forfait mobile limité ou dans des pays où la bande passante est coûteuse. L'impact environnemental chiffré par Hanff est également frappant : à l'échelle de 100 millions d'appareils, le transfert représenterait 400 pétaoctets de données, 24 GWh d'énergie consommée et environ 6 000 tonnes équivalent CO₂. Ces volumes atteignent 4 exaoctets, 240 GWh et 60 000 tonnes de CO₂ si l'on extrapole à un milliard d'appareils, soit 30 % de la base utilisateurs Chrome.

Cette affaire s'inscrit dans une critique plus large adressée aux géants technologiques, et nommément à Google et Anthropic, que Hanff accuse de déployer leurs technologies avant toute explication aux utilisateurs. Que ce soit via l'intégration silencieuse de Claude Desktop dans les systèmes ou le téléchargement automatique de modèles IA, la logique est identique : les appareils des utilisateurs deviennent des infrastructures au service des ambitions IA des plateformes, sans que ceux-ci n'aient eu leur mot à dire. Google n'a pas officiellement commenté ces révélations. La question de savoir si Chrome propose à terme une option de désactivation claire, ou si des régulateurs européens saisiront le sujet, reste ouverte, mais la pression sur les pratiques de déploiement silencieux de l'IA embarquée monte visiblement d'un cran.

Impact France/UE

Le téléchargement silencieux de Gemini Nano par Chrome constitue une violation potentielle du RGPD et de la directive ePrivacy, exposant Google à des poursuites par des régulateurs européens comme la CNIL et rendant la pratique illégale pour les 400+ millions d'utilisateurs Chrome en Europe.

💬 L'analyse de Mathieu

4 Go téléchargés sans te prévenir, et qui se réinstallent d'eux-mêmes si tu les supprimes. C'est pas une négligence de déploiement, c'est un choix produit qui part du principe que ton disque dur fait partie de l'infrastructure de Google. Ce genre de truc va finir devant la CNIL, et cette fois-ci ils auront du mal à plaider la bonne foi.

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Des utilisateurs de Google Chrome ont découvert sur leurs machines un fichier baptisé weights.bin, pesant jusqu'à 4 gigaoctets, téléchargé sans la moindre notification ni demande de consentement. Ce fichier est stocké dans un dossier nommé OptGuideOnDeviceModel, accessible sous Windows dans AppData\Local\Google\Chrome\User Data\Default\ et sous macOS dans ~/Library/Application Support/Google/Chrome/Default/. Les premiers signalements remontent à mi-2025, mais le sujet a resurgi le 4 mai 2026 avec la publication d'une analyse détaillée par Alexander Hanff, consultant en sécurité connu sous le pseudonyme ThatPrivacyGuy. Selon ses observations, Chrome télécharge ce fichier dans les quinze minutes suivant l'ouverture du navigateur, et le recrée automatiquement à chaque lancement s'il a été supprimé manuellement. Le phénomène n'est pas universel : les auteurs de l'article source n'ont trouvé aucune trace du fichier sur quatre machines testées sous Windows et macOS. L'absence totale d'information de la part de Google constitue le cœur du problème. Occuper 4 gigaoctets sur le disque d'un utilisateur sans explication ni possibilité simple de refus représente une atteinte directe à la maîtrise que chacun devrait avoir sur son propre matériel. Alexander Hanff va plus loin : il estime que ce comportement contrevient à la directive européenne e-Privacy de 2002, qui encadre précisément les accès aux ressources des terminaux des utilisateurs. Il réclame de Google une communication claire sur la nature du fichier, l'adoption d'un mécanisme d'opt-in exigeant un consentement préalable, et la possibilité de supprimer définitivement ce contenu. L'impact n'est pas seulement individuel : le consultant tente également d'évaluer l'empreinte environnementale de ces téléchargements répétés sur des centaines de millions d'appareils, même si ce calcul reste hautement spéculatif. Ce fichier n'est pourtant pas totalement opaque sur le plan technique. Il correspond à l'intégration de Gemini Nano, le modèle d'intelligence artificielle embarqué de Google, directement dans Chrome, une démarche documentée publiquement depuis fin 2024. Ces poids de modèle servent à alimenter des fonctionnalités comme la détection automatique de langue ou d'autres outils d'IA locale dans le navigateur. Google n'a pas encore réagi publiquement à la controverse. L'affaire s'inscrit dans un contexte plus large de déploiement silencieux de fonctions d'IA par les grands éditeurs : Alexander Hanff avait récemment épinglé Claude Desktop d'Anthropic pour un comportement similaire, pré-autorisant ses extensions de navigateur sans en informer l'utilisateur. La pression réglementaire européenne et la sensibilité croissante du public sur la souveraineté numérique rendent ce type de pratique de plus en plus difficile à maintenir sans déclencher de réaction.

UELe comportement de Chrome pourrait enfreindre la directive e-Privacy européenne de 2002, exposant Google à des recours réglementaires pour dépôt de fichiers sur les terminaux d'utilisateurs européens sans consentement préalable.

💬 4 Go sans demander, n'importe quelle startup se ferait retourner pour ça. Le fichier en lui-même n'est pas mystérieux, c'est Gemini Nano, documenté depuis fin 2024, mais déposer ça silencieusement sur des centaines de millions de machines sans opt-in, ça ne tient pas face à l'e-Privacy. Reste à voir ce que ça va coûter à Google au niveau réglementaire.

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Google déploie progressivement une nouvelle fonctionnalité nommée « Historique des services de recherche », qui permet à l'entreprise d'utiliser certaines activités des utilisateurs pour entraîner ses modèles d'intelligence artificielle. Concrètement, Google collecte les contenus envoyés directement à ses services : les photos soumises via Google Lens, les recherches et commandes vocales, ainsi que les données issues de Google Translate. L'entreprise précise qu'elle ne récupère pas les fichiers externes simplement consultés ou écoutés, mais uniquement ceux transmis activement par l'utilisateur. Ces données sont associées au compte Google, donc au nom de la personne concernée. Même en cas de suppression ultérieure de l'historique, les fichiers déjà exploités pour l'entraînement peuvent subsister dans les systèmes de Google sous une forme anonymisée, et ce pendant une durée pouvant aller jusqu'à quatre ans. Cette annonce soulève des questions concrètes de confidentialité pour des centaines de millions d'utilisateurs des services Google. Le fait que des photos, des commandes vocales ou des traductions personnelles puissent servir à entraîner des modèles d'IA, tout en restant liées à l'identité du compte, interroge sur le contrôle réel que les usagers conservent sur leurs propres données. La persistance des fichiers pendant quatre ans, même après suppression et sous forme anonymisée, complique également la possibilité d'un effacement total et immédiat. Pour les professionnels ou les utilisateurs sensibles à la protection de leurs données, cette fonctionnalité impose une vigilance accrue sur les paramètres de confidentialité, d'autant que son activation semble par défaut plutôt qu'optionnelle à l'inscription. Heureusement, il est possible de désactiver cette collecte en quelques étapes. Il faut se rendre sur myactivity.google.com, se connecter à son compte, puis chercher l'onglet « Historique des services de recherche » s'il est déjà visible, et désactiver l'option correspondante ainsi que la case « Enregistrer les médias ». Pour les comptes où cette fonctionnalité n'est pas encore apparue, la fonctionnalité étant déployée progressivement, il faut se rendre dans la section « Activité Web et applications », puis décocher l'option « Inclure l'activité vocale et audio ». Cette démarche s'inscrit dans un contexte plus large où les géants technologiques, dont Google, cherchent à alimenter leurs modèles d'IA avec des volumes croissants de données réelles issues de l'usage quotidien de leurs utilisateurs, une pratique qui alimente les débats sur la régulation des données personnelles et la transparence des entreprises technologiques envers leurs utilisateurs.

UELes utilisateurs européens des services Google doivent désactiver manuellement cette collecte pour protéger leurs données personnelles.

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Une confusion a récemment agité les utilisateurs de Chrome sur ordinateur : certains ont constaté que leur navigateur téléchargeait discrètement un modèle d'intelligence artificielle de 4 Go, le Gemini Nano de Google. Sur les réseaux sociaux, la découverte a été interprétée comme un déploiement massif et soudain d'IA sur toutes les installations Chrome. En réalité, ce comportement n'a rien de nouveau. Google avait annoncé dès 2024 l'intégration de capacités d'IA locale dans Chrome, destinées à alimenter des fonctionnalités comme "Help Me Write" (aide à la rédaction), l'organisation automatique des onglets et la détection des tentatives d'arnaque. Le modèle est téléchargé en arrière-plan depuis plusieurs années déjà, ce n'est pas une nouveauté technique, mais une nouveauté dans la perception des utilisateurs. Ce que cet épisode révèle avant tout, c'est l'incapacité chronique de Google à communiquer clairement sur ses déploiements d'IA. L'entreprise intègre des modèles lourds dans ses produits sans informer explicitement les utilisateurs, ce qui génère régulièrement des incompréhensions et une méfiance justifiée. Pour les 4 milliards d'utilisateurs de Chrome dans le monde, la question de ce qui tourne en local sur leur machine, et pourquoi, est pourtant loin d'être anodine, notamment sur des appareils aux ressources limitées. Ce flou s'inscrit dans une tendance plus large chez Google, qui multiplie les annonces d'IA sans toujours en expliquer les implications concrètes. Chrome embarque désormais bien d'autres fonctionnalités alimentées par Gemini : un chatbot en mode écran partagé, ainsi qu'une capacité à automatiser la navigation web. Le traitement local via Gemini Nano vise à préserver la confidentialité des données en évitant les allers-retours vers les serveurs cloud, un argument de poids face aux critiques sur la vie privée. Reste que sans transparence sur ce qui est installé, quand et pourquoi, la confiance des utilisateurs risque de s'éroder plus vite que les bénéfices de ces fonctionnalités ne s'imposent.

UELes centaines de millions d'utilisateurs européens de Chrome sont concernés par ce manque de transparence de Google sur le déploiement silencieux de Gemini Nano, une pratique potentiellement en tension avec les obligations d'information du RGPD.

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Suno, la start-up américaine spécialisée dans la génération musicale par intelligence artificielle, avait déjà reconnu en 2024, lors d'une procédure judiciaire intentée par l'industrie du disque aux États-Unis, avoir aspiré « pratiquement tous les fichiers musicaux de qualité raisonnable accessibles sur l'internet ouvert ». Un hacker vient de fournir au média 404media des données internes qui précisent enfin l'ampleur réelle de cette collecte. Les plateformes pillées incluent YouTube Music, Deezer, Genius, Pond5, Jamendo, Freesound et IMSLP. Les volumes révélés sont considérables : plus de deux millions d'extraits provenant de YouTube Music, et des dizaines de milliers d'heures issues du seul catalogue de Deezer. Le code dérobé montre aussi que Suno recherchait spécifiquement des versions a cappella sur YouTube, vraisemblablement pour isoler et analyser les voix plus facilement. Pour mener cette collecte à grande échelle, l'entreprise se serait appuyée sur Bright Data, spécialiste de l'extraction automatisée de données. Le même pirate affirme avoir également accédé aux coordonnées de centaines de milliers de clients de Suno ainsi qu'à des informations liées à des paiements Stripe, après s'être introduit dans les systèmes de l'entreprise grâce aux identifiants compromis d'un salarié, lors d'un incident survenu en novembre dernier. Ces révélations pourraient peser lourd dans le rapport de force entre Suno et l'industrie musicale. La RIAA, puissant lobby des maisons de disques américaines, accuse déjà la start-up d'avoir extrait directement des fichiers audio depuis YouTube en contournant les mécanismes anti-copie de la plateforme. Si les données du hacker confirment que Suno a siphonné des catalogues commerciaux et enfreint les conditions d'utilisation de plusieurs services, les ayants droit disposeraient d'arguments supplémentaires pour faire tomber la défense de « fair use » invoquée par l'entreprise, une exception au droit d'auteur régulièrement brandie par les laboratoires d'IA générative. Au-delà de Suno, l'affaire alimente un débat plus large sur la légitimité de l'entraînement des modèles d'IA à partir d'œuvres protégées, sans consentement ni rémunération des créateurs. La fuite de données personnelles de clients ajoute une dimension supplémentaire, même si l'entreprise assure qu'aucune information sensible ni numéro complet de carte bancaire n'a été compromis. Ce dossier s'inscrit dans une bataille juridique plus vaste que l'ICMP a qualifiée de « plus grand vol de propriété intellectuelle de l'histoire ». Suno a toutefois vu son horizon judiciaire s'éclaircir en novembre dernier en signant un accord avec Warner Music, lui permettant désormais d'exploiter légalement le catalogue de la major. Cette entente contraste avec les pratiques de collecte révélées par le piratage, et illustre la stratégie des acteurs de l'IA musicale : négocier des licences avec certains labels tout en continuant de se défendre juridiquement sur les usages passés. L'issue des procédures en cours pourrait déterminer si d'autres géants du disque, comme Universal ou Sony, suivront la voie de Warner ou maintiendront la pression judiciaire contre Suno.

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