Impact environnemental de l’IA : le secrétaire général de l’ONU réclame la transparence
António Guterres, secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies, a lancé le 24 juin 2026 une AI Environmental Transparency Initiative lors de la London Climate Action Week, en pleine vague de chaleur historique sur l'Europe. Dans un discours prononcé à Londres, il a exhorté l'industrie de l'intelligence artificielle à « dire la vérité » sur ses impacts environnementaux, appelant les entreprises du secteur à basculer vers les énergies renouvelables. L'urgence de cette initiative est soulignée par des chiffres vertigineux : selon une étude de l'ONU publiée début juin, les centres de données consomment déjà plus d'électricité que la quasi-totalité des pays du monde, seuls dix nations dépassant leur niveau de consommation. À ce rythme, d'ici 2030, l'IA et ses infrastructures pourraient engloutir plus d'énergie que tous les pays sauf cinq, et mobiliser autant d'eau que celle nécessaire aux besoins élémentaires des 1,3 milliard d'habitants d'Afrique subsaharienne sur une année entière.
L'initiative onusienne dépasse la seule question énergétique pour pointer les pressions sur les ressources hydriques et foncières. Deux tiers des centres de données que l'industrie prévoyait de construire au premier trimestre 2025 devaient être implantés dans des zones déjà soumises à un stress hydrique. Cette réalité touche différemment les territoires : si la France refroidit ses serveurs assez peu à l'eau, d'autres régions du monde subissent des tensions bien plus vives, comme l'a documenté l'enquête Dirty Data. La transparence réclamée par Guterres concerne donc aussi la géographie de l'expansion numérique, avec des populations locales qui supportent des coûts environnementaux sans bénéficier des retombées de l'IA.
Cette prise de position intervient dans un contexte de tension entre objectifs climatiques et course à la puissance numérique. Quelques jours avant le discours de Guterres, Lex Coors, représentant du lobby européen des centres de données, avait publiquement plaidé pour ouvrir la porte aux énergies fossiles, estimant que respecter les ambitions climatiques de l'UE condamnerait l'Europe à se faire distancer par les États-Unis et la Chine sur le terrain de l'IA. Pendant ce temps, xAI d'Elon Musk a déjà mis en service des générateurs au gaz non autorisés pour alimenter ses infrastructures. Face à ce mouvement de fond, l'ONU tente de poser un cadre de reporting volontaire, mais l'essentiel du secteur continue d'utiliser toutes les sources d'énergie disponibles, nucléaire et solaire inclus, sans obligation de rendre des comptes sur l'ensemble de son empreinte environnementale réelle.
Le lobby européen des centres de données réclame l'accès aux énergies fossiles pour rester compétitif face aux États-Unis et à la Chine, mettant directement en tension les ambitions climatiques de l'UE avec la course à la puissance numérique.
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