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Le fonds IA de Bernie Sanders ? Une idée plus courante qu’on le croit
RégulationNext INpact4h· 2 min de lecture

Le fonds IA de Bernie Sanders ? Une idée plus courante qu’on le croit

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Bernie Sanders a publié début juin 2026 une tribune dans le New York Times proposant de créer un fonds souverain américain de l'IA, l'American A.I. Sovereign Wealth Fund Act. Le principe : obliger les grandes entreprises du secteur à céder 50 % de leurs actions à un fonds géré dans l'intérêt commun, permettant à l'ensemble de la population américaine de détenir une part de sociétés comme OpenAI, Anthropic ou xAI. Sanders argue que ces technologies reposent sur des données personnelles et des œuvres protégées extraites « sans permission, sans crédit, sans compensation », et que leur création doit donc être considérée comme une ressource publique. L'IA n'est pas encore rentable : le site isaiprofitable.com, qui traque les investissements tech versus les revenus générés, l'indique clairement, et les documents qu'OpenAI vient de soumettre à la SEC en vue d'une probable introduction en bourse confirment des pertes massives.

La proposition vise un problème concret et immédiat : des entreprises justifient déjà des plans sociaux par les gains de productivité que l'IA leur procure, redistribuant les bénéfices vers les actionnaires plutôt que vers les salariés ou la société. Sanders veut court-circuiter cette dynamique en donnant aux citoyens un droit de regard direct sur l'orientation de ces technologies, et surtout une part des gains financiers lorsqu'ils se matérialiseront. Elon Musk venait de devenir le premier « trillionaire » de l'histoire grâce à l'entrée en bourse de SpaceX, cette concentration de richesse sert de toile de fond à la proposition du sénateur, qui veut éviter que les milliers de milliards potentiellement générés par l'IA ne profitent qu'à une poignée d'individus déjà ultra-riches.

Ce qui est frappant, c'est que l'idée traverse les clivages politiques habituels. D'après le média NOTUS, l'administration Trump elle-même aurait approché plusieurs grandes entreprises d'IA pour prendre des participations au capital, dans un contexte où OpenAI et Anthropic préparent leurs IPO. L'État avait déjà pris 9,9 % du capital d'Intel il y a un an. Sam Altman a lui-même suggéré par le passé un fonds donnant à chaque citoyen une part de la croissance économique tirée par l'IA, et Musk s'est prononcé favorablement, à sa manière lapidaire, sur X. Sanders, lui, légifère à l'approche des élections de mi-mandat de novembre 2026, donnant à sa proposition une dimension électorale évidente. La vraie question reste ouverte : un fonds en actions a-t-il un sens si l'IA ne génère pas encore de profits, et qui contrôle réellement l'orientation des entreprises quand l'État en devient actionnaire ?

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