
Le professeur de droit derrière l'idée de fonds souverain IA de Bernie Sanders
Le 7 juin dernier, Sarah Polcz, professeure de droit à l'Université de Californie à Davis, et son mari Adam Brown, scientifique de haut rang chez DeepMind de Google, organisaient une fête dans leur maison de Portola Valley, en Californie. La soirée avait tout d'une réunion de l'élite tech : un invité faisait pleuvoir des glaces depuis un drone sur les enfants, un autre arrivait avec une minimaison flottante de sa propre fabrication, et quelqu'un avait amené un robot humanoïde arborant le chiffre « 6 7 » sur la poitrine, clin d'œil à un mème internet du moment. L'investisseur Steve Jurvetson, présent ce soir-là, a partagé une vidéo du robot sur X auprès de ses 110 000 abonnés. Parmi les habitués de ces rassemblements figure Sergey Brin, qui avait attribué à une discussion lors d'une précédente fête chez Polcz et Brown sa décision de sortir de sa retraite chez Google.
Derrière cette ambiance festive, Polcz cachait une certaine nervosité. Ces derniers mois, elle a joué un rôle discret mais décisif dans l'élaboration d'une proposition politique à Washington susceptible de remodeler en profondeur le secteur de l'intelligence artificielle : la création d'un fonds souverain national dédié à l'IA, une idée portée notamment par le sénateur Bernie Sanders. Son implication dans ce projet commence tout juste à être connue du public, y compris de certains de ses propres invités dont les emplois et investissements pourraient être directement affectés.
Adam Brown, qui dirige l'équipe Blueshift de DeepMind, consacrée à renforcer les capacités scientifiques, mathématiques et de raisonnement des modèles d'IA de Google, incarne à lui seul la tension entre le monde académique et l'industrie privée que cette proposition cherche précisément à réguler. L'idée d'un fonds souverain IA s'inscrit dans un débat plus large sur la répartition des richesses générées par l'automatisation et sur la capacité des États à peser face aux géants technologiques. Le rôle exact de Polcz dans la formulation de cette politique et ses contours précis restent à détailler, mais sa position, à l'intersection du droit, de l'académie et des cercles les plus influents de la Silicon Valley, lui confère une crédibilité rare dans ce débat.
Le débat américain sur un fonds souverain IA pourrait indirectement alimenter des réflexions similaires en Europe sur la redistribution des richesses issues de l'automatisation, sans impact direct sur la France ou l'UE à ce stade.
L'image me reste : une juriste façonne la proposition Sanders sur les fonds souverains IA pendant que Sergey Brin fréquente ses soirées. C'est pas une contradiction, c'est exactement pourquoi ça peut marcher : les politiques de redistribution sur l'IA n'avancent que portées par quelqu'un qui parle les deux langues, celle du droit et celle de la Valley. Bon, faut encore que Washington veuille écouter.
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