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« Vallée de l'étrange » : le procès Anthropic-Pentagone, les mèmes de guerre et l'IA qui cible les postes en capital-risque
ÉthiqueWired AI14sem· 1 min de lecture

« Vallée de l'étrange » : le procès Anthropic-Pentagone, les mèmes de guerre et l'IA qui cible les postes en capital-risque

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Anthropic se retrouve au cœur d'une controverse impliquant le Département de la Défense américain, un litige qui est loin d'être résolu. L'épisode aborde également l'essor de l'IA dans le secteur du capital-risque, où elle commence à menacer certains emplois traditionnels.

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💬 Consulter des chefs religieux sur l'IA, c'est un coup de communication bien ficelé, et pas grand-chose d'autre. Rumman Chowdhury a raison : tant qu'il n'y a pas de responsabilité légale réelle au bout de la chaîne, ces sommets servent surtout à montrer patte blanche avant que le régulateur tape. Bon, au moins ils parlent à des gens en dehors de leur bulle tech, c'est déjà ça.

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Alors qu'elle se prépare à entrer en bourse, Anthropic a publié sur son site web un texte alarmiste sur les risques de l'IA générative, signé notamment par Marina Favaro, responsable de son pôle R&D. Le document avance un chiffre frappant : en mai 2026, Claude serait l'auteur de plus de 80 % du code intégré dans la base de code d'Anthropic elle-même. Partant de ce constat, l'entreprise de Dario Amodei extrapole vers le scénario de l'« auto-amélioration récursive » : des systèmes d'IA capables de créer leurs propres successeurs sans intervention humaine. Pour conjurer ce péril, Anthropic propose un moratoire sur la R&D en IA générative et convoque la comparaison avec le traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire signé en 1987 par Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev, tout en avertissant que « nous n'avons pas autant de temps devant nous ». Le problème, pour ses critiques, est que ce discours catastrophiste arrive à un moment particulièrement opportun pour l'entreprise. En présentant l'IA comme une force potentiellement incontrôlable, Anthropic se positionne simultanément comme la firme la plus responsable du secteur, celle qui prend au sérieux les risques que ses concurrents minimisent. Cette posture de « safety company » n'est pas nouvelle, mais elle prend une dimension particulière à la veille d'une introduction en bourse qui s'annonce comme l'une des plus importantes de l'histoire de la tech. Le chercheur Irénée Régnauld résume le paradoxe en une formule : « Anthropic agite le drapeau des risques avec la Pause comme horizon moral juste avant la plus vaste IPO du monde », et s'interroge sur les militants de la sécurité de l'IA : « les Pausistes vont-ils se rendre compte qu'ils sont les dindons de la farce ? » Ce type de rhétorique ne surgit pas dans le vide. Dès 2024, les chercheuses Emile Torres et Timnit Gebru avaient documenté la manière dont les discours sur la sécurité de l'IA permettent aux grandes entreprises tech d'attirer des ressources et de détourner l'attention des critiques concrètes, réglementaires ou sociales. Anthropic s'inscrit dans une tradition plus large, héritée des courants TESCREAL (transhumanisme, long-termisme), qui tend à dramatiser des risques spéculatifs à long terme pour éclipser les nuisances actuelles et mesurables. Le texte lui-même contient une contradiction révélatrice : si Claude génère 80 % du code d'Anthropic, c'est bien l'équipe dirigeante qui choisit quelles fonctionnalités développer, pas le modèle. L'entreprise instrumentalise son propre succès commercial pour nourrir une peur qu'elle se propose ensuite, seule, de maîtriser.

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