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Musk contre Altman devant la justice, et le problème de rentabilité de l'IA
BusinessMIT Technology Review6sem· 2 min de lecture

Musk contre Altman devant la justice, et le problème de rentabilité de l'IA

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Elon Musk et Sam Altman s'affrontent cette semaine devant un tribunal américain dans un procès aux conséquences potentiellement historiques pour l'industrie de l'intelligence artificielle. Musk, cofondateur d'OpenAI, réclame 134 milliards de dollars en dommages et intérêts, l'éviction d'Altman et du président Greg Brockman, ainsi que le retour de l'entreprise à son statut d'organisation à but non lucratif. Il affirme avoir été trompé lors de son financement initial de la société. Le tribunal pourrait décider si OpenAI est autorisée à poursuivre sa transformation en entreprise commerciale en vue d'une introduction en bourse, une décision dont la portée dépasse largement le simple litige entre deux milliardaires. Dans ce contexte tendu, OpenAI a également mis fin à son partenariat exclusif avec Microsoft, ouvrant la voie à des accords avec des concurrents comme Amazon, même si Microsoft conserve une licence d'utilisation des technologies du groupe. Par ailleurs, DeepSeek a annoncé que son nouveau modèle d'IA est proposé à un prix 97 % inférieur à celui du GPT-5.5 d'OpenAI, ciblant délibérément les entreprises, les développeurs et les applications d'agents autonomes.

Ce procès cristallise une tension plus profonde qui traverse toute l'industrie : les entreprises d'IA ont construit des technologies impressionnantes et promis des transformations radicales, mais le modèle économique qui relie ces deux extrémités reste encore flou. Pendant ce temps, les deepfakes weaponisés constituent une menace concrète et immédiate : des images sexuelles explicites non consenties aux campagnes de désinformation politique, les modèles génératifs bon marché produisent des contenus d'une crédibilité alarmante. Ces outils alimentent déjà des violences réelles, influencent des opinions et détruisent la confiance, avec un impact disproportionné sur les femmes et les groupes marginalisés. La montée d'une résistance populaire contre l'IA dans les zones rurales américaines, de l'Indiana à l'Idaho, traduit ce même malaise qui s'étend désormais à l'échelle mondiale.

L'environnement réglementaire et géopolitique complique encore davantage ce tableau. Google a signé un accord classifié avec le Pentagone autorisant l'usage de l'IA à des fins gouvernementales, malgré l'opposition interne de plus de 600 employés. L'Union européenne a simultanément ordonné à Google d'ouvrir Android à des assistants IA concurrents de Gemini, une décision finale attendue avant fin juillet. OpenAI travaillerait en parallèle sur un smartphone centré sur l'IA, développé avec des processeurs potentiellement fournis par Qualcomm et MediaTek, un appareil qui remplacerait les applications traditionnelles par des agents. Le verdict du procès Musk-Altman, attendu dans les prochaines semaines, pourrait redéfinir non seulement l'avenir d'OpenAI, mais aussi les règles du jeu pour l'ensemble du secteur.

Impact France/UE

L'Union européenne a ordonné à Google d'ouvrir Android aux assistants IA concurrents de Gemini, avec une décision finale attendue avant fin juillet, ce qui impacte directement l'écosystème des assistants IA pour les utilisateurs et développeurs européens.

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Elon Musk et Sam Altman se font face depuis la semaine dernière devant un tribunal fédéral d'Oakland, en Californie, dans un procès qui met en jeu l'avenir d'OpenAI. Musk poursuit Altman et le président d'OpenAI Greg Brockman pour violation d'une fiducie caritative, affirmant que les millions qu'il a investis vers 2015 pour cofonder la société étaient destinés à une organisation à but non lucratif, et non à une entreprise commerciale. Il réclame plusieurs réparations : des dommages considérables, la révocation d'Altman, et surtout l'annulation de la restructuration d'OpenAI. En octobre 2025, la société avait conclu des accords avec les procureurs généraux de Californie et du Delaware permettant à sa branche non lucrative de réduire son contrôle opérationnel quotidien, un compromis qu'OpenAI présentait comme raisonnable, mais que Musk entend bloquer. OpenAI, de son côté, soutient que Musk était parfaitement au courant de la nécessité d'un bras commercial, compte tenu des coûts astronomiques du développement de l'IA. L'enjeu procédural central porte sur la prescription : Musk ayant déposé plainte en 2024, il doit prouver qu'il n'a découvert les agissements qu'en 2022 au plus tôt, sous peine de voir sa demande rejetée pour tardiveté. L'issue du procès pourrait avoir des conséquences directes sur les ambitions d'entrée en Bourse d'OpenAI, prévue cette année selon plusieurs sources. Une victoire partielle de Musk suffirait à bloquer ou retarder significativement cette opération. Mais l'enjeu dépasse la finance : si un tribunal fédéral venait à reconnaître qu'OpenAI a trahi sa mission d'origine, développer une IA sûre pour le bénéfice de l'humanité, cela remettrait en question la légitimité même de son modèle de gouvernance. Dehors, des manifestants brandissaient des pancartes estimant que, quelle que soit l'issue, c'est le public qui perd, signe d'une méfiance croissante envers les deux protagonistes et envers l'IA en général. Les premiers jours d'audience ont déjà produit des moments saillants. L'un des avocats de Musk a déclaré en salle d'audience : "Nous pourrions tous mourir à cause de l'IA", provoquant un malaise visible dans la salle. La juge a aussitôt fait remarquer que Musk lui-même dirige xAI, une entreprise concurrente dans le même domaine, semblant suggérer qu'il n'est pas davantage qualifié qu'Altman pour "garder" l'IA. Elle a finalement recadré les débats sèchement, rappelant que ce procès ne portait pas sur les dangers existentiels de l'intelligence artificielle. Ce moment illustre la tension sous-jacente à tout le dossier : derrière une bataille juridique sur des statuts associatifs et des textos d'entreprise se joue une question beaucoup plus large sur qui doit contrôler les technologies les plus puissantes jamais développées.

UESi le tribunal bloque la restructuration ou l'entrée en Bourse d'OpenAI, cela pourrait fragiliser la gouvernance de l'un des principaux fournisseurs d'IA en Europe et compliquer sa conformité à l'AI Act.

💬 Le moment où l'avocat de Musk sort "on pourrait tous mourir à cause de l'IA" devant une juge qui rappelle aussitôt que son client dirige une boîte d'IA concurrente, ça résume tout le dossier. Je trouve que la juge a vu juste : c'est pas un procès sur la sécurité de l'IA, c'est un règlement de comptes entre deux acteurs qui veulent chacun contrôler le jackpot. L'IPO d'OpenAI se joue peut-être là, mais aucun des deux ne mérite vraiment d'être présenté comme le gardien de l'IA.

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La troisième et dernière semaine du procès opposant Elon Musk à Sam Altman et OpenAI s'est achevée par les plaidoiries finales des deux camps, devant un jury californien. L'avocat de Musk, Steven Molo, a soutenu qu'Altman et Greg Brockman, président d'OpenAI, ont trahi la promesse faite au milliardaire lorsqu'il a financé l'organisation : maintenir OpenAI comme une association à but non lucratif développant l'IA au bénéfice de l'humanité. Au lieu de cela, ils ont créé une filiale commerciale qui les a rendus extraordinairement riches. L'avocate d'OpenAI, Sarah Eddy, a répliqué qu'aucune telle promesse n'a jamais été formulée, que l'organisation reste une entité non lucrative malgré sa restructuration, et que Musk a attendu trop longtemps pour agir, révélant ainsi son véritable mobile : saboter un concurrent direct de sa propre entreprise d'IA, xAI, lancée en 2023. Musk réclame l'annulation de la conversion d'OpenAI en société à bénéfice public réalisée en 2025, l'éviction d'Altman et Brockman, ainsi que jusqu'à 134 milliards de dollars de dommages à verser à Microsoft et OpenAI. Le jury entame ses délibérations lundi et rendra un verdict consultatif dès la semaine prochaine, verdict qui ne lie pas le juge, seul décideur final. L'enjeu financier est colossal. Une décision favorable à Musk pourrait compromettre l'introduction en bourse d'OpenAI, dont la valorisation approche les 1 000 milliards de dollars. Pendant ce temps, xAI devrait entrer en bourse dans le cadre de SpaceX dès juin prochain, avec une valorisation cible de 1 750 milliards de dollars. Le procès met également sous pression la crédibilité d'Altman, déjà fragilisée par son licenciement temporaire en novembre 2023. Ses anciens collègues, dont Ilya Sutskever et Mira Murati ainsi que les ex-administrateurs Helen Toner et Tasha McCauley, ont témoigné qu'il leur avait menti. Le comité de surveillance de la Chambre des représentants américaine a ouvert la semaine dernière une enquête sur ses conflits d'intérêts potentiels, notamment son investissement d'un tiers dans Helion Energy, société de fusion nucléaire à qui il aurait tenté d'orienter des contrats d'approvisionnement en énergie pour OpenAI. Des procureurs généraux d'au moins six États ont également demandé à la SEC d'examiner ces liens. Le procès révèle une fracture idéologique et personnelle profonde entre deux hommes qui cofondèrent OpenAI en 2015 avec une vision commune. Altman a affirmé devant le jury qu'en 2017, lors de discussions sur une possible filiale commerciale, Musk avait suggéré que le contrôle d'OpenAI passe à ses enfants en cas de décès, témoignage présenté comme preuve d'une ambition de pouvoir personnel. L'audience a aussi vu apparaître une anecdote symbolique : OpenAI a sorti un trophée en forme de postérieur d'âne, remis à un employé après que Musk l'eut traité de "jackass" pour avoir freiné ses plans d'accélération vers l'AGI. Quelle que soit l'issue, le procès a exposé publiquement les tensions internes qui ont secoué le laboratoire le plus influent de l'IA mondiale, à un moment où la course à l'intelligence artificielle générale s'intensifie entre tous les acteurs du secteur.

UEUn verdict défavorable à OpenAI pourrait compromettre son introduction en bourse et perturber l'accès aux services OpenAI utilisés massivement par les entreprises et développeurs européens, sans impact réglementaire direct sur la France ou l'UE à ce stade.

💬 Ce procès va surtout révéler ce que tout le monde savait au fond : la mission "IA pour l'humanité" n'était pas la priorité numéro un des deux hommes. Les anciens collègues d'Altman ont témoigné sous serment qu'il leur avait menti, et ça, ça colle à la peau longtemps, verdict consultatif ou pas. Un an avant une IPO à mille milliards, c'est franchement le pire moment pour que ça sorte.

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Le procès Musk contre Altman, et l'IA au service de la démocratie
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Le procès opposant Elon Musk à Sam Altman, fondateur d'OpenAI, est entré dans sa deuxième semaine devant un tribunal californien. Musk, qui a cofondé OpenAI en 2015 avant de quitter son conseil d'administration en 2018, accuse Altman de l'avoir induit en erreur sur la transformation de l'organisation à but non lucratif en entreprise commerciale. La journaliste Michelle Kim du MIT Technology Review, elle-même avocate, a suivi les audiences quotidiennement et rapporte que la première semaine a livré des détails inédits sur le fonctionnement interne d'OpenAI ainsi que sur la relation entre les deux hommes. En parallèle, le Pentagone a annoncé des contrats de grande ampleur avec Microsoft, Nvidia, Amazon Web Services et la start-up Reflection AI pour des travaux d'intelligence artificielle sur données classifiées, dans le cadre d'une ambition affichée de faire des forces américaines une puissance "IA en premier". Sur un autre front, Musk a conclu un accord avec la SEC, acceptant de payer une amende de 1,5 million de dollars pour avoir tardé à déclarer ses achats initiaux d'actions Twitter en 2022. Ces développements simultanés illustrent la tension croissante autour du contrôle de l'IA à plusieurs échelles. Le procès Musk-Altman soulève une question fondamentale pour toute l'industrie : peut-on engager des capitaux dans une organisation à but non lucratif et la voir se muer en entreprise valorisée à plusieurs centaines de milliards sans recours juridique ? L'issue du procès pourrait redéfinir les règles de gouvernance applicables aux futures transformations de structures similaires. Les contrats du Pentagone, qui excluent Anthropic, repositionnent Microsoft, Nvidia et AWS comme piliers de l'IA militaire américaine, un signal structurant pour l'ensemble du secteur. Pendant ce temps, un tribunal chinois a établi un précédent notable : une entreprise ne peut pas licencier des salariés au seul motif de les remplacer par des outils d'IA, une décision qui résonne dans un secteur mondial où la pression à l'automatisation ne cesse de s'intensifier. Ce cycle d'actualité dense reflète l'accélération des enjeux de gouvernance de l'IA sur tous les fronts à la fois. La genèse du procès remonte à la décision d'OpenAI, en 2019, de créer une entité commerciale pour lever des capitaux, une évolution que Musk conteste aujourd'hui en justice. Parallèlement, la Maison Blanche travaillerait à la création d'un groupe de travail chargé d'évaluer les modèles d'IA avant leur diffusion publique, signe que Washington cherche à encadrer un secteur qui échappe encore à toute régulation fédérale cohérente. Des chercheurs s'interrogent également sur l'émergence des "scientifiques artificiels", des systèmes d'IA capables de conduire des projets de recherche de manière autonome : une perspective aux possibilités immenses, mais qui soulève des inquiétudes sur l'appauvrissement de la diversité scientifique si ces outils convergent tous vers les mêmes priorités de recherche.

UELe précédent chinois interdisant les licenciements motivés uniquement par le remplacement par l'IA alimente directement le débat européen sur la protection des travailleurs face à l'automatisation, un angle encore insuffisamment couvert par l'AI Act.

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Musk propose de reverser tous les dommages à l'association Open AI pour vaincre Altman en justice
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Musk propose de reverser tous les dommages à l'association Open AI pour vaincre Altman en justice

Elon Musk a modifié mardi sa plainte contre OpenAI et son PDG Sam Altman, qui les accuse d'avoir trahi la mission originelle de l'organisation. Dans ce nouvel amendement, il précise que les éventuels dommages et intérêts récupérés ne lui reviendraient pas personnellement, mais seraient reversés intégralement à la branche caritative à but non lucratif d'OpenAI. Son avocat, Marc Toberoff, a confirmé l'information au Wall Street Journal : Musk « ne cherche pas un seul dollar pour lui-même ». Cette clarification vise à neutraliser l'un des principaux arguments défensifs d'OpenAI, qui présentait la procédure comme une manœuvre d'intimidation destinée à nuire à une entreprise concurrente. En retirant toute dimension financière personnelle du recours, Musk tente de recentrer le débat sur le fond : le respect de la mission sociale d'OpenAI, initialement constituée comme une organisation d'intérêt public, et non comme une entreprise commerciale orientée vers le profit. Musk est l'un des cofondateurs d'OpenAI, qu'il a quitté en 2018, avant de devenir l'un de ses rivaux les plus directs avec xAI et son modèle Grok. Le contentieux s'inscrit dans un contexte de transformation profonde d'OpenAI, qui cherche à convertir sa structure en société à but lucratif classique, un virage que plusieurs observateurs et anciens membres contestent. La bataille juridique, doublée d'une guerre commerciale dans l'IA générative, pourrait contraindre OpenAI à justifier publiquement l'évolution de sa gouvernance devant les tribunaux.

UELa bataille juridique pourrait forcer OpenAI à justifier sa gouvernance publiquement, ce qui aurait des répercussions sur sa conformité avec l'AI Act européen et ses obligations envers ses partenaires en Europe.

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