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Mercedes-Benz mise sur l’IA on-device avec Liquid AI pour ses futurs modèles
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Mercedes-Benz mise sur l’IA on-device avec Liquid AI pour ses futurs modèles

1 source couvre ce sujet·Source originale ↗·

Mercedes-Benz a officialisé le 23 avril 2026 un partenariat pluriannuel avec Liquid AI, une startup spécialisée dans les modèles d'intelligence artificielle embarquée. L'accord prévoit le déploiement à grande échelle de l'IA on-device sur les véhicules équipés des systèmes MBUX de troisième et quatrième générations en Amérique du Nord, avec un premier déploiement en production attendu dès le second semestre 2026. Concrètement, Mercedes-Benz intégrera les modèles Liquid Foundations (LFM) directement dans le matériel du véhicule, ce qui permettra à l'assistant vocal MBUX de traiter localement la reconnaissance vocale, la compréhension du langage naturel et certaines capacités de raisonnement, sans passer par des serveurs distants. Cette IA embarquée ne remplacera pas les architectures cloud existantes, mais les complètera dans une logique hybride : le traitement local pour les usages quotidiens, le cloud pour les cas plus complexes.

L'enjeu est double : rapidité et confidentialité. En éliminant la latence des échanges avec des serveurs distants, le système peut répondre en temps réel aux demandes du conducteur, y compris des requêtes complexes combinant navigation, confort et information. La relation entre le conducteur et son véhicule devient plus conversationnelle, moins dépendante de commandes rigides et préformatées. Pour l'industrie automobile, ce virage vers l'IA locale représente une rupture significative : les constructeurs ne sont plus contraints de s'appuyer entièrement sur des infrastructures cloud tierces, ce qui réduit les coûts d'exploitation et renforce la souveraineté sur les données des utilisateurs, un argument commercial de poids face aux régulations croissantes sur la vie privée.

Ce partenariat s'inscrit dans la stratégie plus large du "software-defined vehicle", le véhicule défini par logiciel, que Mercedes-Benz construit autour de son système d'exploitation propriétaire MB.OS. Jörg Burzer, membre du directoire de Mercedes-Benz, présente cette approche comme "les bases d'une nouvelle génération d'expériences embarquées intuitives et multimodales". Pour Liquid AI, fondée par Ramin Hasani, le secteur automobile constitue l'un des débouchés les plus ambitieux de l'IA dans le monde physique : ses modèles sont conçus pour être légers et optimisés, capables de fonctionner sur le matériel déjà présent dans les véhicules sans nécessiter de composants supplémentaires coûteux. L'automobile devient ainsi un nouveau terrain de compétition pour les acteurs de l'IA embarquée, aux côtés d'Apple, Google et des équipementiers traditionnels, dans une course où la maîtrise du logiciel embarqué conditionne désormais la différenciation entre constructeurs.

Impact France/UE

Mercedes-Benz, constructeur allemand emblématique, renforce la souveraineté des données de ses clients européens en traitant localement les interactions vocales, un argument de conformité direct face au RGPD.

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JoyAI-RA 0.1 : un modèle de base pour l'autonomie robotique
1arXiv cs.RO 

JoyAI-RA 0.1 : un modèle de base pour l'autonomie robotique

Des chercheurs ont publié le 28 avril 2026 sur arXiv un nouveau modèle de fondation baptisé JoyAI-RA 0.1, conçu pour doter les robots d'une autonomie généralisable dans des environnements réels et variés. Ce modèle de type vision-langage-action (VLA) s'appuie sur un cadre d'entraînement multi-sources et multi-niveaux inédit : il combine des données issues du web, des vidéos en vue subjective de manipulations humaines à grande échelle, des trajectoires générées par simulation, et des données collectées sur de vrais robots. Selon les résultats présentés, JoyAI-RA surpasse les méthodes les plus avancées sur des benchmarks en simulation comme en environnement réel, particulièrement sur des tâches variées nécessitant une capacité de généralisation. L'enjeu central de ce travail est la généralisation inter-robots, un problème récurrent dans le domaine : les modèles entraînés sur un type de robot peinent à s'adapter à d'autres architectures mécaniques ou capteurs différents. JoyAI-RA propose une unification explicite des espaces d'action, ce qui lui permet de transférer efficacement des comportements appris depuis des vidéos de manipulation humaine vers le contrôle robotique. Ce pont entre geste humain et mouvement machine est particulièrement prometteur pour réduire les coûts de collecte de données et accélérer le déploiement de robots polyvalents dans des contextes industriels, logistiques ou domestiques. La robotique autonome bute depuis des années sur deux obstacles structurels : la faible diversité des jeux de données disponibles et l'impossibilité de réutiliser des comportements appris d'un robot à l'autre. JoyAI-RA s'inscrit dans une tendance de fond qui voit émerger des modèles de fondation généralistes pour la robotique, à l'image de RT-2 de Google DeepMind ou d'OpenVLA. La particularité de cette approche réside dans l'intégration massive de vidéos de manipulation humaine comme source de supervision implicite, une stratégie qui contourne partiellement la rareté des données robotiques annotées. La publication en version 0.1 suggère que l'équipe, vraisemblablement liée à l'écosystème chinois au vu du nom JoyAI, entend faire évoluer ce modèle rapidement.

RobotiqueOpinion
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X Square Robot lance WALL-B, un modèle d'IA embarquée pour usage domestique
2Pandaily 

X Square Robot lance WALL-B, un modèle d'IA embarquée pour usage domestique

La startup chinoise X Square Robot a présenté le 21 avril 2026 WALL-B, qu'elle décrit comme le premier modèle fondamental d'IA incarnée au monde basé sur une architecture World Unified Model (WUM). Contrairement aux approches traditionnelles de type Vision-Language-Action (VLA), WALL-B fusionne nativement la vision, le langage, le mouvement et la prédiction physique dans un entraînement conjoint. Le modèle repose sur trois capacités clés : la multimodalité native, la compréhension de la dynamique du monde physique, et la capacité d'auto-amélioration après un échec. Pour construire ce modèle, X Square Robot a utilisé une combinaison de données expérimentales et de scénarios réels, incluant des données collectées dans des centaines de foyers. La société a annoncé qu'en l'espace de 35 jours, des robots équipés de WALL-B et d'un hardware amélioré seront déployés dans de vraies maisons, avec un recrutement d'utilisateurs déjà lancé. Des détails techniques supplémentaires seront dévoilés le 27 avril lors de la première conférence sur les applications de l'IA du Guangdong. Ce lancement marque une rupture significative dans la robotique domestique. Les architectures VLA classiques souffrent de pertes d'information entre leurs modules et peinent à modéliser la physique du monde réel, deux limitations directement adressées par WALL-B. La capacité d'auto-évolution après l'échec est particulièrement notable : elle permettrait à un robot de s'adapter aux imprévus du quotidien sans intervention humaine, ce qui est le principal obstacle à la commercialisation grand public de robots domestiques. Pour les utilisateurs, cela ouvre la voie à des assistants capables de naviguer dans l'environnement complexe et imprévisible d'un foyer réel. La Chine investit massivement dans la robotique humanoïde et incarnée, avec une concurrence intense entre startups locales et géants comme Huawei ou Xiaomi. X Square Robot s'inscrit dans cette dynamique en ciblant explicitement le marché résidentiel, là où des acteurs comme Figure AI ou Boston Dynamics se concentrent davantage sur l'industrie. Pour lever les freins liés à la vie privée, la société a intégré une anonymisation visuelle locale, une autorisation explicite des utilisateurs et des restrictions d'usage strictes. La prochaine étape sera le déploiement en conditions réelles dans des foyers, un test grandeur nature qui déterminera si l'approche WUM tient ses promesses face aux exigences du monde domestique.

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Pénurie de main-d'œuvre : le Japon mise sur l'IA physique pour rester compétitif
3La Tribune 

Pénurie de main-d'œuvre : le Japon mise sur l'IA physique pour rester compétitif

Face à une pénurie de main-d'œuvre structurelle, le ministère de l'Économie japonais a annoncé un plan de transition vers l'intelligence artificielle physique pour maintenir la compétitivité industrielle du pays. Le Japon, qui contrôlait déjà 70 % du marché mondial de la robotique industrielle en 2022, franchit une nouvelle étape en intégrant des systèmes d'IA directement dans ses chaînes de production et ses infrastructures critiques. Cette initiative s'inscrit dans une politique nationale coordonnée entre le gouvernement, les grands groupes industriels et les fabricants de robots. L'enjeu est considérable pour une économie de la taille du Japon : automatiser les tâches physiques répétitives permet de compenser le recul de la population active sans recourir massivement à l'immigration, une option politiquement sensible. Les secteurs ciblés incluent la logistique, la construction, l'agriculture et les soins aux personnes âgées, autant de domaines où le manque de travailleurs se fait déjà sentir de manière aiguë. Pour les entreprises japonaises, cela représente aussi une opportunité d'exporter ces solutions vers d'autres pays vieillissants. Le Japon n'est pas seul dans cette course : la Corée du Sud et l'Allemagne poursuivent des stratégies similaires, tandis que les États-Unis et la Chine investissent massivement dans la robotique humanoïde. Mais Tokyo dispose d'un avantage historique dans la fabrication de robots industriels, avec des acteurs comme Fanuc, Yaskawa et Kawasaki. La prochaine étape sera d'y greffer des modèles d'IA capables d'apprentissage autonome, transformant des automates programmés en systèmes réellement adaptatifs.

UEL'Allemagne, explicitement citée comme poursuivant une stratégie similaire, risque d'intensifier la compétition avec le Japon sur les marchés de la robotique industrielle, ce qui concerne directement les industriels européens du secteur.

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AWS et NEURA Robotics unissent leurs forces pour industrialiser l’IA physique
4Le Big Data 

AWS et NEURA Robotics unissent leurs forces pour industrialiser l’IA physique

Amazon Web Services et NEURA Robotics ont annoncé le 21 avril 2026 un partenariat stratégique destiné à industrialiser ce que l'industrie appelle l'IA physique, soit des systèmes robotiques capables d'agir et d'apprendre dans des environnements réels. L'objectif affiché est le déploiement de millions de robots cognitifs d'ici 2030. Le partenariat repose sur trois piliers : l'hébergement du Neuraverse, l'environnement numérique centralisé de NEURA dédié à l'entraînement et au partage de données robotiques, sur l'infrastructure AWS ; la connexion des installations NEURA Gym à Amazon SageMaker pour standardiser la formation des modèles d'IA ; et l'intégration expérimentale des robots NEURA dans des centres logistiques d'Amazon, où la manutention, le tri et la collaboration homme-machine serviront de terrain de validation à grande échelle. L'enjeu central de cet accord est de résoudre un problème structurel qui bloque l'essor de la robotique intelligente : le manque chronique de données d'entraînement. Contrairement aux grands modèles de langage, nourris par des milliards de documents issus du web, les robots doivent apprendre à partir d'expériences physiques concrètes, difficiles à collecter et à reproduire. En couplant la plateforme cognitive de NEURA, qui permet aux machines de s'adapter en temps réel à leur environnement, avec la capacité de calcul distribuée et la couverture mondiale d'AWS, les deux acteurs cherchent à créer des boucles d'apprentissage continues entre simulation et réalité. Pour les industriels partenaires, cela signifie des cycles de développement raccourcis et des performances reproductibles quelle que soit l'implantation géographique de leurs flottes. Ce rapprochement s'inscrit dans une tendance de fond qui voit l'innovation robotique européenne s'appuyer sur les infrastructures cloud américaines pour franchir le cap du prototype à la production. NEURA Robotics, start-up allemande fondée en 2019 et déjà reconnue pour son approche intégrée de la robotique cognitive, dispose d'une expertise hardware et logicielle pointue mais manque de l'échelle nécessaire pour collecter et traiter des volumes de données comparables à ceux des géants technologiques. AWS, de son côté, cherche à positionner son cloud comme colonne vertébrale de la prochaine vague d'automatisation industrielle, un marché estimé à plusieurs centaines de milliards de dollars. Les entrepôts Amazon constituent un laboratoire idéal : si les robots NEURA y font leurs preuves, le modèle pourra être répliqué chez des milliers de clients industriels à travers le monde, accélérant la normalisation de l'IA physique bien au-delà de la logistique.

UELe partenariat implique NEURA Robotics, startup allemande de référence en robotique cognitive, illustrant comment l'innovation robotique européenne s'adosse aux infrastructures cloud américaines pour passer à l'échelle industrielle.

💬 Le vrai verrou de la robotique, c'est pas le hardware, c'est les données d'entraînement, et c'est un problème que personne n'avait vraiment résolu jusqu'ici. En ouvrant ses entrepôts, Amazon aide NEURA à franchir ce cap tout en se constituant un corpus d'apprentissage physique que personne d'autre n'aura. Malin de leur part, mais les clés du camion, c'est eux qui les gardent.

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