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Actualités IA — page 12

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Qwen explose les compteurs : une claque pour Meta et Google ?
221Le Big Data 

Qwen explose les compteurs : une claque pour Meta et Google ?

Alibaba a annoncé le 16 août 2026, via le compte officiel de son laboratoire d'intelligence artificielle sur X, que sa famille de modèles ouverts Qwen avait franchi la barre des trois milliards de téléchargements au cours des six derniers mois. Ce chiffre, confirmé dans le rapport 2026 de la plateforme Hugging Face, place Qwen très largement devant les offres ouvertes des géants américains : Google totalise environ 418 millions de téléchargements sur la même période, et Meta seulement 227 millions pour sa gamme Llama. La performance d'Alibaba ne repose pas sur un modèle unique mais sur un catalogue de plus de 460 versions Qwen, couvrant des tailles et des usages variés, du modèle embarqué léger jusqu'aux grandes architectures pour l'entreprise. Les développeurs du monde entier ont par ailleurs construit plus de 300 000 modèles dérivés à partir de cette base technique, un indicateur que Hugging Face met en avant pour qualifier Qwen de « pilier de l'écosystème actuel de l'IA ouverte ». Cette avancée a une portée qui dépasse la simple statistique de téléchargements. Contrairement aux modèles propriétaires fermés comme ceux d'OpenAI ou d'Anthropic, les poids ouverts de Qwen peuvent être récupérés, modifiés, affinés et intégrés directement dans des produits tiers, ce qui en fait un point de départ technique plutôt qu'un service fini. Pour les équipes qui cherchent à déployer de l'IA en local, à réduire leurs coûts d'inférence ou à adapter un modèle à un usage métier précis, Qwen devient ainsi une option par défaut plausible face aux alternatives américaines. Ce mécanisme crée un effet d'entraînement : chaque nouvelle variante développée par la communauté attire d'autres utilisateurs, ce qui élargit encore l'audience et la légitimité de l'écosystème Qwen, y compris dans des marchés que les entreprises américaines considéraient jusque-là comme acquis. Ce succès s'inscrit dans une offensive plus large des laboratoires chinois sur le terrain de l'IA ouverte, aux côtés de DeepSeek, Moonshot AI et MiniMax, qui gagnent eux aussi du terrain face aux solutions propriétaires américaines. Alibaba s'appuie en plus sur sa puissante infrastructure cloud pour distribuer Qwen hors de Chine, notamment en Asie du Sud-Est et en Afrique, des régions où l'entreprise cherche à s'imposer avant que des acteurs occidentaux ne s'y installent durablement. En retour, Meta et Nvidia ont récemment présenté de nouveaux modèles ouverts pour élargir leur propre offre et répondre à cette pression concurrentielle. La bataille ne se joue donc plus seulement sur la puissance brute d'un modèle, mais sur la taille et la vitalité de l'écosystème de développeurs qui l'adopte, un terrain sur lequel Alibaba dispose désormais d'une avance que ses rivaux surveillent de très près.

LLMsActu
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La stratégie de IBM et OpenAI pour mettre fin au piège des PoC dans l’entreprise
222Le Big Data 

La stratégie de IBM et OpenAI pour mettre fin au piège des PoC dans l’entreprise

IBM et OpenAI ont annoncé le 13 août 2026 un partenariat mondial destiné à accélérer le déploiement de l'intelligence artificielle générative dans les grandes entreprises. L'accord prévoit la création d'une division dédiée baptisée « OpenAI Practice » au sein d'IBM Consulting, ainsi que la certification de dizaines de milliers de consultants aux technologies OpenAI, notamment le framework Codex et la gestion des API avancées. Sur le plan technique, les modèles GPT-5.6, Codex et les fonctionnalités ChatGPT Work seront intégrés à la plateforme IBM Consulting Advantage, avec un déploiement ciblé sur des secteurs exigeants comme la finance, la distribution, les télécoms et le secteur public. Le volet sécurité s'appuie sur la solution IBM Autonomous Security couplée au programme OpenAI Daybreak, censés garantir une détection des vulnérabilités en temps réel et un contrôle du code généré. Cette annonce intervient alors que, selon le constat dressé par IBM, près de 80 % des projets d'IA générative en entreprise restent bloqués au stade de prototype sans jamais atteindre la production. L'enjeu de ce partenariat dépasse la simple mise à disposition de modèles performants : il s'agit de résoudre le goulot d'étranglement qui empêche les entreprises de transformer leurs preuves de concept en gains opérationnels réels. Les grandes organisations disposent déjà d'un accès aux meilleurs modèles du marché, mais butent sur la rigidité de leurs architectures informatiques historiques, le manque de compétences internes en ingénierie de prompt, en orchestration d'agents et en maintenance de pipelines RAG, ainsi que sur des exigences de gouvernance qui freinent l'exposition de données sensibles. En apportant une force de conseil massive et formée, IBM cherche à combler ce déficit de compétences pour le compte de ses clients, ce qui pourrait redéfinir la manière dont les grands comptes industrialisent l'IA générative. Pour les secteurs régulés comme la finance ou le secteur public, la promesse d'une sécurisation renforcée du code généré et d'une détection des vulnérabilités en temps réel constitue un argument déterminant pour lever les réticences des directions informatiques et des responsables de la sécurité. Ce rapprochement illustre un déplacement plus large de la valeur dans l'écosystème de l'IA d'entreprise : l'accès à des modèles de pointe n'est plus un facteur différenciant suffisant, la compétition se joue désormais sur l'intégration opérationnelle et la refonte des processus métier. De nombreuses entreprises ont constaté qu'injecter un grand modèle de langage dans un flux de travail obsolète ne générait aucun gain d'efficacité mesurable, ce qui impose de repenser les processus de bout en bout avant d'y greffer l'automatisation. En misant sur l'expertise de conseil d'IBM pour porter ses technologies jusque dans les systèmes legacy des grands groupes, OpenAI consolide sa position face à des concurrents comme Microsoft ou Google, qui disposent déjà de leurs propres réseaux d'intégrateurs. Ce type d'alliance entre fournisseurs de modèles et cabinets de conseil pourrait devenir un standard du secteur, les prochains mois permettant de mesurer si cette approche parvient effectivement à faire sortir l'IA générative du stade du prototype dans les organisations les plus contraintes par la réglementation.

BusinessOpinion
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Anthropic : le tatouage de Claude se niche dans le choix des mots
223Next INpact 

Anthropic : le tatouage de Claude se niche dans le choix des mots

Anthropic a détaillé, dans un billet de blog publié en fin de semaine dernière, la méthode technique utilisée pour "tatouer" les textes générés par Claude, une obligation de l'AI Act européen entrée en vigueur le 2 août 2026. Une page d'assistance publiée le 11 août en avait déjà posé le principe, sans entrer dans les détails. Le système repose sur SynthID-Text, technologie développée par Google DeepMind : quand Claude doit choisir entre plusieurs mots équivalents, le choix n'est plus aléatoire mais influencé par une clé secrète et par les mots précédents. Exemple donné par Anthropic : après "Aujourd'hui, il faisait froid et...", le mot "sucré" est très improbable, contrairement à "gris" ou "couvert", et c'est la préférence statistique pour l'un ou l'autre qui forme, répétée sur tout le texte, une signature invisible mais détectable avec la bonne clé, sans ajout d'aucun caractère caché. Cette approche vise à répondre à un enjeu grandissant : distinguer les contenus générés par IA à mesure qu'ils se multiplient en ligne, dans l'éducation ou le journalisme. Anthropic affirme, tests internes à l'appui, que la méthode n'affecte ni la qualité, ni la créativité, ni la lisibilité des textes de Claude, contrairement à d'autres techniques de marquage jugées plus intrusives. Pour l'un des modèles les plus utilisés par les entreprises, cette mise en conformité démontre qu'il est possible de respecter l'AI Act sans dégrader l'expérience utilisateur. Sa portée reste toutefois limitée à une estimation de probabilité : le procédé ne prouve rien avec certitude et ne permet ni de garantir qu'un texte est humain, ni d'identifier un contenu produit par un modèle concurrent. Cette annonce s'inscrit dans l'application progressive de l'AI Act, dont les obligations de transparence sur les contenus générés par IA sont entrées en vigueur début août 2026, incitant les grands fournisseurs de modèles à développer leurs propres mécanismes de marquage. Anthropic reconnaît elle-même les limites de sa solution : la détection reste peu fiable sur les textes courts, faute de choix lexicaux suffisants pour dégager un signal exploitable, et échoue presque systématiquement sur les passages factuels, les calculs ou le code. Une légère réécriture ne devrait pas effacer le tatouage, mais une reformulation complète du texte peut le faire disparaître, laissant une marge de contournement. Reste à voir si d'autres éditeurs adopteront une méthode compatible, ou si la fragmentation des systèmes de tatouage limitera leur efficacité face à la désinformation.

RégulationReglementation
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Nvidia et SpaceX : l’alliance HPC qui préfigure le data center de demain
224Le Big Data 

Nvidia et SpaceX : l’alliance HPC qui préfigure le data center de demain

Nvidia et SpaceX ont annoncé une alliance industrielle visant à déployer 10 gigawatts de capacité de calcul dédiée à l'intelligence artificielle d'ici 2027, avec un investissement de plusieurs milliards de dollars de la part de Nvidia. Le projet combine l'écosystème matériel de Nvidia (accélérateurs, commutateurs réseau et processeurs conçus à Santa Clara) avec l'ingénierie spatiale de SpaceX développée à Hawthorne. Son volet le plus spectaculaire est un satellite baptisé Starmind AI1, révélé mi-août 2026, conçu non pas pour fournir un service internet ou de positionnement mais uniquement pour exécuter du calcul d'IA en orbite. Chaque unité embarquerait des puces Nvidia de génération Rubin ou Vera, alimentées par une puissance solaire directe pouvant atteindre 250 kilowatts, et dissiperait sa chaleur sous vide grâce à des radiateurs déployables. Ce dispositif s'inscrit dans un contexte où la demande mondiale en calcul haute performance devrait dépasser les 30 gigawatts d'ici 2027. Cette annonce répond à un problème très concret : la saturation des réseaux électriques terrestres et l'explosion des coûts liés au refroidissement, qui peut représenter jusqu'à 40 % de la consommation énergétique totale d'un centre de données classique. En累plaçant une partie du calcul en orbite, Nvidia et SpaceX cherchent à s'affranchir des contraintes foncières, hydriques et énergétiques qui freinent aujourd'hui l'expansion des hyperscalers sur Terre. Cette approche est particulièrement pensée pour les modèles d'IA dits agentiels, qui exécutent des cycles continus de raisonnement et d'appels d'outils nécessitant un calcul permanent, sans peser davantage sur les infrastructures urbaines. Pour les entreprises manipulant de grands volumes de données satellitaires ou de télémesure, le traitement au plus près de la source, via le maillage optique laser du réseau Starlink, permettrait aussi de réduire la latence et les coûts de bande passante liés au transfert de pétaoctets de données vers des serveurs centralisés. Cette alliance s'inscrit dans un mouvement plus large de course à l'infrastructure entre les grands acteurs de l'IA, confrontés à une pénurie de sites, d'électricité et de composants. En intégrant conception matérielle et vecteur de déploiement, Nvidia et SpaceX sécurisent leurs propres allocations de semi-conducteurs face à une demande mondiale sous tension, tout en positionnant le calcul haute performance comme un actif stratégique quasi souverain. Le pari reste toutefois largement expérimental à ce stade : aucun calendrier de lancement précis ni détails techniques complets sur la résilience de ces data centers orbitaux n'ont été communiqués. Son succès dépendra de la capacité des deux groupes à démontrer, au-delà de l'annonce, que le calcul en orbite peut réellement fonctionner à l'échelle industrielle et concurrencer, ou compléter, les architectures terrestres ultra-densifiées qu'ils développent en parallèle.

InfrastructureOpinion
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Les entreprises face à la prolifération des agents IA : xpander propose une couche de contrôle et de contexte propriétaire
225VentureBeat AI 

Les entreprises face à la prolifération des agents IA : xpander propose une couche de contrôle et de contexte propriétaire

D'après le cabinet Gartner, l'entreprise moyenne du classement Fortune 500 disposera de plus de 150 000 agents d'intelligence artificielle en usage d'ici 2028, contre moins de quinze en 2025. Pourtant, seulement 13% des organisations estiment disposer aujourd'hui d'une gouvernance adéquate pour encadrer ces agents. C'est dans cet écart que s'engouffre xpander.ai, une startup fondée par trois anciens ingénieurs principaux d'AWS, qui a annoncé la disponibilité générale de sa plateforme d'agents IA pour entreprises. Le produit se présente comme une couche de contrôle neutre vis-à-vis des fournisseurs, capable de construire, exécuter et gouverner des agents quels que soient les modèles, frameworks ou environnements d'infrastructure utilisés. Dans un entretien accordé à VentureBeat, David Twizer, PDG et cofondateur de xpander.ai, explique que trois problèmes reviennent systématiquement chez les clients entreprises : des agents fonctionnant localement sans gouvernance centralisée, des flux de travail cantonnés à des utilisateurs individuels, et une infrastructure verrouillée chez un seul fournisseur d'IA. La société annonce parallèlement une levée de fonds d'amorçage de 7,5 millions de dollars menée par Pico Venture Partners, avec la participation d'Emerge Ventures, Samsung Next et SeedIL. Cette annonce répond à une inquiétude croissante des grandes entreprises face à la multiplication incontrôlée des agents IA, un phénomène qui expose à des risques de sécurité, de conformité et de dépendance technologique. En centralisant l'exécution, les permissions, la traçabilité, la mémoire et le cycle de vie des agents, xpander veut éviter aux équipes de développement de reconstruire ces briques à chaque nouveau projet. Mais Twizer lui-même reconnaît le nœud du problème : être prisonnier d'un seul fournisseur signifie que les outils, la feuille de route et les choix de conception des agents échappent totalement à l'entreprise cliente. Le paradoxe, souligné par VentureBeat, est que la neutralité vendue par xpander ne supprime pas la dépendance mais la déplace plus haut dans la pile technologique : si les modèles et infrastructures sous-jacents deviennent interchangeables, le "Universal Harness" et le plan de contrôle propriétaires de xpander deviennent eux-mêmes le point de verrouillage, sans que la documentation publique de l'entreprise précise la portabilité de cette couche en cas de résiliation du contrat. xpander évolue toutefois sur un marché déjà disputé, où la frontière entre plateformes propriétaires des grands fournisseurs cloud et solutions neutres s'est nettement complexifiée. LangSmith Deployment de LangChain propose une infrastructure de déploiement hébergeable entièrement dans le Kubernetes du client, y compris pour des environnements isolés ou soumis à des contraintes de résidence des données. CrewAI offre de son côté une gouvernance centralisée avec authentification unique, contrôle d'accès par rôles et gestion des identités de charge de travail, déployable dans le cloud du client. Temporal, pour sa part, mise sur l'exécution durable des flux de travail longs, avec reprise après incident et persistance des états à travers les pannes, plutôt que sur un environnement de gestion d'agents de bout en bout.

OutilsOutil
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Heidi construit une IA de sante fiable a l'echelle mondiale pour la production
226VentureBeat AI 

Heidi construit une IA de sante fiable a l'echelle mondiale pour la production

L'entreprise australienne Heidi, spécialisée dans l'intelligence artificielle pour le secteur de la santé, a bâti une infrastructure permettant à son produit phare, Heidi Scribe, d'automatiser une grande partie du travail administratif des cliniciens dans plus de 190 pays, avec environ 2,7 millions d'interactions patients traitées chaque semaine. Selon Yu Liu, cofondateur et directeur technique de Heidi, cette expansion repose sur des choix d'architecture pris plusieurs années avant que l'entreprise n'atteigne cette échelle mondiale. Heidi s'appuie sur MongoDB Atlas, une base de données documentaire dotée de la fonctionnalité MongoDB Vector Search, qui lui évite de recourir à une base de données vectorielle séparée pour ses flux d'intelligence artificielle. La plateforme MongoDB compte plus de 130 régions cloud, ce qui permet à Heidi de faire fonctionner des déploiements de production totalement isolés les uns des autres dans différentes zones géographiques. Cette architecture répond à une contrainte propre au secteur médical: un taux d'erreur qui serait perçu comme un simple désagrément dans d'autres industries devient, en santé, un enjeu de sécurité clinique. Yu Liu souligne que chaque résultat produit par le système doit pouvoir être vérifié, audité et invoqué dans le cadre du suivi d'un patient, parfois des mois plus tard. Concrètement, cela signifie que les données d'un clinicien basé à Sydney, Londres, Tokyo ou Denver doivent rester dans leur région d'origine, conformément à des réglementations distinctes comme les Australian Privacy Principles, le RGPD européen, la loi japonaise APPI ou la loi américaine HIPAA. Pour les acteurs de la santé, de la finance ou des transports, ce cas illustre comment une modernisation technique rigoureuse peut permettre de déployer de l'IA à grande échelle sans sacrifier la conformité réglementaire, alors que ces secteurs accusent traditionnellement un retard technologique lié à la lenteur imposée par la régulation. Heidi gère des données médicales hétérogènes provenant de formulaires, de courriers de recommandation et de notes cliniques, qu'il fallait unifier dans un format et un emplacement uniques pour les rendre exploitables par des flux d'IA, une tâche pour laquelle une base de données relationnelle classique, en lignes et colonnes fixes, se serait révélée mal adaptée. Une session d'utilisation de l'outil de transcription assistée par IA rassemble en réalité des transcriptions, des notes structurées, des modèles de documents, du contexte patient et des données d'intégration avec les dossiers médicaux électroniques, autant d'éléments amenés à évoluer chaque semaine. Selon Yu Liu, le modèle d'IA ne représente qu'environ 20% du système, le reste dépendant de la solidité de l'architecture de données sous une charge clinique réelle, ce qui explique pourquoi Heidi a investi dans des mécanismes de sécurité comme les versions canari, les revues de code appliquées aux schémas de base de données et des contrôles d'intégration continue sur les changements à risque.

InfrastructureActu
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OpenAI signe un bail record de centre de données dans l'Ohio, avec un soutien de Nvidia allant jusqu'à 105 milliards de dollars
227The Decoder 

OpenAI signe un bail record de centre de données dans l'Ohio, avec un soutien de Nvidia allant jusqu'à 105 milliards de dollars

OpenAI a signé un bail de 20 ans pour un centre de données de 8 gigawatts dans l'Ohio, avec Nvidia garantissant jusqu'à 105 milliards de dollars de la valeur résiduelle des installations. En échange de cet engagement financier, Nvidia devient le fournisseur exclusif de puces pour le site. Selon le Wall Street Journal, cet accord s'inscrit dans une tendance plus large : neuf grandes entreprises technologiques détiennent désormais environ 3 000 milliards de dollars d'engagements liés à l'intelligence artificielle qui n'apparaissent sur aucun bilan comptable officiel. Cet accord illustre l'ampleur inédite des investissements engagés dans les infrastructures d'IA et la manière dont ces sommes colossales échappent aux mécanismes classiques de transparence financière. Pour les marchés et les régulateurs, l'absence de ces engagements dans les bilans complique l'évaluation du risque réel porté par les géants de la tech, à un moment où les dépenses en centres de données atteignent des niveaux jamais vus. Pour Nvidia, garantir la valeur résiduelle d'un projet aussi massif renforce sa position dominante sur le marché des puces IA tout en l'exposant directement aux fluctuations de la demande future en calcul. Cette opération s'inscrit dans la course effrénée des grandes entreprises technologiques à sécuriser une capacité de calcul suffisante pour entraîner et faire fonctionner des modèles d'IA toujours plus puissants. OpenAI, Microsoft, Google, Meta et d'autres multiplient les contrats de location et de construction de centres de données à travers les États-Unis, souvent financés par des montages complexes impliquant fournisseurs de puces et investisseurs tiers. Ces engagements hors bilan soulèvent des questions sur la soutenabilité financière à long terme de cette course à l'infrastructure, alors que le secteur reste dépendant d'une demande continue et croissante pour justifier des investissements de cette ampleur.

InfrastructureActu
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Anthropic et OpenAI vont-ils cesser de vendre leur meilleure IA aux entreprises ?
228The Information AI 

Anthropic et OpenAI vont-ils cesser de vendre leur meilleure IA aux entreprises ?

Anthropic et OpenAI intensifient le développement d'applications et de fonctionnalités IA conçues pour des secteurs industriels spécifiques, une stratégie qui inquiète de plus en plus leurs propres clients. Certains d'entre eux se retrouvent désormais en concurrence directe avec leurs fournisseurs de modèles d'intelligence artificielle. L'application de design Canva illustre ce dilemme, comme rapporté début août 2026 : l'entreprise voit l'un de ses principaux fournisseurs technologiques empiéter sur son propre marché. Jusqu'à présent, la plupart des observateurs partaient du principe qu'Anthropic et OpenAI continueraient toujours à commercialiser leurs modèles via une interface de programmation applicative (API), un canal qui représente des milliards de dollars de revenus pour les deux entreprises. Mais des échanges récents avec des chercheurs de ces laboratoires de pointe et des fondateurs de startups dont les produits dépendent des derniers modèles sèment le doute sur la pérennité de ce statu quo. L'enjeu est de taille pour tout un pan de l'industrie technologique. Des milliers d'entreprises, des startups aux grands groupes, ont bâti leurs produits sur l'accès API aux modèles les plus performants d'Anthropic et d'OpenAI, pariant sur la continuité de cette relation fournisseur-client. Si ces deux laboratoires décidaient de réserver leurs modèles les plus avancés à leurs propres applications verticales, plutôt que de les distribuer largement via API, cela bouleverserait l'équilibre économique de tout l'écosystème des applications construites sur l'IA générative. Les entreprises clientes se retrouveraient à la fois dépendantes technologiquement de leurs concurrents directs et vulnérables à un retrait ou une dégradation de l'accès aux modèles de pointe, un risque stratégique majeur pour leur pérennité. Cette tension s'inscrit dans une dynamique plus large de verticalisation des grands laboratoires d'IA, qui cherchent à capter davantage de valeur en ne se contentant plus de vendre de la puissance de calcul brute mais en proposant directement des produits finis à destination d'industries ciblées. Ce virage stratégique répond à la pression de justifier les investissements colossaux consentis dans l'entraînement des modèles, en maximisant les revenus par plusieurs canaux simultanés. Reste à savoir si Anthropic et OpenAI choisiront de préserver l'accès API comme pilier de leur modèle économique, par souci de confiance avec leurs partenaires, ou s'ils privilégieront à terme leurs propres applications, quitte à fragiliser durablement la relation avec les entreprises qui ont construit leur activité sur ces mêmes technologies.

BusinessOpinion
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De copilotes à essaims d'agents dans l'IA
229IEEE Spectrum AI 

De copilotes à essaims d'agents dans l'IA

AMD a franchi une nouvelle étape dans l'intégration de l'intelligence artificielle à son processus de développement logiciel. Selon un article publié par l'entreprise, l'objectif initial fixé il y a un an, un gain de productivité de 25% grâce à l'IA sur deux à trois ans, a déjà été dépassé: AMD affiche désormais un gain de productivité global de 30%. L'entreprise avait commencé à développer ses systèmes d'IA pour la génération de code, l'automatisation des tests, l'analyse de bugs et la revue de code dès 2024, avec pour ambition d'atteindre 25% de code de production généré par IA d'ici 2027. Ce seuil des 20% a en réalité été franchi début 2026, et AMD progresse maintenant vers un objectif de 50% sur l'ensemble de sa base de code. Dans certains composants logiciels, plus de 80% du code est déjà généré par IA. Ce chiffre ne comptabilise que le code qui passe l'ensemble des revues et des tests avant d'être intégré au produit final. Cette accélération transforme concrètement le cycle de vie du développement logiciel (SDLC) chez AMD. Des agents IA interviennent désormais à chaque étape: analyse et tri des rapports de problèmes pour identifier les demandes similaires et cibler les portions de code à modifier, débogage et génération de correctifs, création de tests unitaires puis de tests d'intégration, et enfin préparation de synthèses d'architecture et de revues de code pour validation par les ingénieurs avant intégration dans la prochaine version. Pour l'industrie du logiciel, cette évolution signifie que l'IA générative ne se limite plus à assister l'écriture de lignes de code mais prend en charge des pans entiers du cycle d'ingénierie, avec un impact direct sur les délais de livraison et la charge de travail des équipes techniques, tout en maintenant des garde-fous humains au stade de l'approbation finale. AMD estime toutefois que la transformation la plus profonde reste à venir. Aujourd'hui, les ingénieurs créent des agents IA à leur image, en leur enseignant leurs propres méthodes de résolution de problèmes, ce qui leur permet de démultiplier leur travail en parallèle. Mais ces agents restent contraints par les schémas de pensée humains. La prochaine étape, selon l'entreprise, consistera à faire émerger des essaims d'agents IA collaboratifs capables d'identifier et de développer des solutions de manière autonome, les ingénieurs se contentant alors de définir le problème à résoudre, le résultat attendu et les contraintes de qualité et de performance, laissant l'IA déterminer elle-même la meilleure voie pour y parvenir plutôt que de suivre des instructions détaillées sur la marche à suivre.

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Zuck sceptique sur l'IA, avec un simulateur RSI et une IA au service de la science
230Import AI 

Zuck sceptique sur l'IA, avec un simulateur RSI et une IA au service de la science

Un nouveau benchmark baptisé DiG-bench (Discovery in Games) vient d'être publié pour évaluer la capacité des systèmes d'intelligence artificielle à découvrir par eux-mêmes les règles cachées d'un environnement, plutôt que de les recevoir explicitement. L'outil rassemble 70 jeux textuels, dont 21 ont été rendus publics, les autres étant conservés secrets pour éviter que les modèles ne s'entraînent dessus. Chaque jeu constitue un monde miniature autonome dont les règles et l'objectif restent dissimulés au joueur, qui doit les déduire par l'expérimentation, un principe proche du benchmark visuel ARC. Le projet est accessible en ligne sur digbench.ai et a été conçu par des chercheurs de Thinking About Thinking, de l'université d'Oxford, de Princeton, de la King Abdullah University of Science and Technology, du Swiss AI Lab, d'Inria et du MIT, avec la participation de Juergen Schmidhuber, figure historique de la recherche en IA. Les jeux sont répartis en sept niveaux de difficulté croissante, avec un nombre d'actions possibles par étape allant de 2 à 34. Selon les résultats publiés, Opus 5 et Fable 5 associés à Claude Code dominent le classement, suivis par GPT-5.5. Seuls Opus 5 et Fable 5 sont parvenus à résoudre certaines tâches du niveau 7, le plus difficile, avec un taux de réussite d'environ 20 %. Opus 5, GPT-5.5 et Kimi K3 ont réussi quelques tâches du niveau 6 lorsqu'ils disposaient d'un environnement d'exécution comme Claude Code, tandis que GLM-5.2 et Gemini 3.1 Pro plafonnent au niveau 4. Ce type de test cherche à isoler une composante clé de la créativité : la capacité à repérer de façon autonome des informations utiles et non documentées dans une situation inédite. Or l'écart avec les performances humaines reste marqué, puisque des joueurs humains individuels ont atteint 100 % de réussite sur l'ensemble des niveaux, contre à peine 20 % pour les meilleurs modèles sur le niveau le plus difficile. Ce résultat suggère que si les modèles de pointe progressent dans l'exploration et l'inférence de règles implicites, ils demeurent nettement en retrait sur les tâches exigeant une véritable intuition face à l'inconnu, un enjeu central pour les usages en agent autonome ou en robotique. La démarche s'inscrit dans une tendance plus large de la recherche en IA, qui cherche à dépasser les benchmarks de connaissances factuelles pour mesurer des capacités cognitives plus fondamentales comme la découverte et l'adaptation. En gardant la majorité des jeux privés, les concepteurs de DiG-bench cherchent à limiter la contamination des données d'entraînement, un problème récurrent qui fausse l'évaluation réelle des progrès des modèles. À mesure que les laboratoires intègrent des environnements d'exécution comme Claude Code à leurs modèles, l'écart de performance observé entre les niveaux 4 et 7 pourrait se resserrer rapidement, les auteurs de l'étude anticipant eux-mêmes une progression vers la parité avec les performances humaines dans un avenir relativement proche.

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L’IA est-elle en train d’abîmer le cerveau des enfants ? Des experts alertent sur l’IA Slop
231Le Big Data 

L’IA est-elle en train d’abîmer le cerveau des enfants ? Des experts alertent sur l’IA Slop

Des vidéos générées par intelligence artificielle mettant en scène des personnages en forme de fruits ou légumes colorés inquiètent désormais des chercheurs spécialisés dans l'extrémisme. Selon une analyse publiée par le GNET (Global Network on Extremism and Technology), ces contenus, qualifiés d'IA Slop, débutent souvent par des scénarios simplistes et presque enfantins, ruptures amoureuses, licenciements, conflits familiaux, avant de basculer brutalement vers des scènes de violence graphique, de torture ou de mutilation. Les chercheurs signalent également l'apparition de personnages liés à des cartels, des mouvements d'extrême droite ou des idéologies nihilistes radicales, glissés au milieu de ces productions à l'esthétique volontairement naïve. Ces vidéos, produites en masse par des fermes de contenus automatisées, circulent largement sur les plateformes sociales et sont visionnées par un public comprenant de nombreux jeunes utilisateurs. L'inquiétude porte moins sur une vidéo isolée que sur l'effet cumulatif de ce type de contenu. Le GNET estime que cette production audiovisuelle "renforce la fascination pour la violence gratuite" chez les jeunes spectateurs et pourrait "préparer le terrain à la consommation d'autres contenus audiovisuels violents". Le mécanisme redouté est algorithmique : les plateformes recommandent des séquences similaires après quelques interactions seulement, ce qui peut entraîner un enfant attiré par l'absurde vers des contenus de plus en plus sombres en peu de temps. L'accumulation de ces images réduirait progressivement le seuil de surprise face à la brutalité, sans que chaque vidéo soit reçue comme un message idéologique explicite. Pour les plateformes, dont le modèle économique repose sur la rétention de l'attention, la violence qui capte mieux les regards ne crée guère d'incitation commerciale à ralentir ce phénomène spontanément. Ce rapport doit toutefois être lu avec prudence sur le plan scientifique. Le GNET ne démontre pas de lien causal direct entre le visionnage de ces vidéos et une radicalisation effective ; son analyse reste largement descriptive et cite même, sans le vouloir, au moins un texte rédigé par une intelligence artificielle, une faiblesse méthodologique qui fragilise sa portée. Le contexte institutionnel mérite aussi d'être noté : le GNET dépend du Global Internet Forum to Counter Terrorism, une organisation financée par l'industrie technologique elle-même, régulièrement critiquée pour son rôle dans la modération des contenus. Au-delà de la violence, les mêmes fermes de production automatisée diffusent aussi du racisme, de la désinformation électorale ou des escroqueries, suggérant que le danger réside moins dans un contenu isolé que dans le volume massif généré par ces systèmes. Le véritable enjeu pour les plateformes consiste désormais à interrompre cette boucle de recommandation avant que ces contenus extrêmes ne deviennent familiers, donc normalisés, aux yeux des plus jeunes utilisateurs.

SociétéOpinion
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Grok aurait généré 7 000 deepfakes pédocriminels d’une mineure pour son beau-père
232Next INpact 

Grok aurait généré 7 000 deepfakes pédocriminels d’une mineure pour son beau-père

Cinq jeunes femmes, toutes mineures au moment des faits (l'une l'est toujours), ont porté plainte aux États-Unis contre SpaceXAI, nouveau nom de xAI, l'entreprise d'intelligence artificielle d'Elon Musk, ainsi que contre Stability AI. Trois premières plaintes ont été déposées en mars 2026, deux autres s'y sont ajoutées en juillet. Les plaignantes accusent le chatbot Grok d'avoir généré des milliers d'images pédocriminelles les représentant, à la demande de proches : dans un cas le beau-père de l'une des victimes, dans un autre un ami de la famille. La plainte, déposée devant la justice américaine, détaille notamment le cas d'une jeune femme dont le beau-père a utilisé Grok pour produire plus de 7 000 fausses images la représentant dans des scènes de viol, à partir d'une photo d'elle prise lorsqu'elle avait 11 ans. L'affaire a été découverte par les autorités américaines, qui ont ouvert une enquête contre le beau-père pour détention de contenus pédocriminels ; celui-ci s'est suicidé deux jours après le début des investigations sur ses disques durs. Interrogée anonymement par le Washington Post, la victime raconte : « Ma vie était tout à fait normale, moins de 48 heures plus tard, c'était devenu un véritable cauchemar. » Cette affaire illustre la facilité avec laquelle des outils d'IA générative grand public peuvent être détournés pour produire des contenus d'abus sexuels sur mineurs, avec un réalisme qui associe durablement le visage d'un enfant réel à une scène de viol fictive. « L'accès illimité à ces outils se généralise à une vitesse fulgurante », souligne la plaignante, transformant selon elle « la vie quotidienne en une situation d'abus sexuel sur mineur ». Au-delà du traumatisme individuel, ces procédures posent la question de la responsabilité juridique des entreprises d'IA lorsque leurs modèles sont utilisés pour fabriquer du matériel pédocriminel à partir de simples photos, et interrogent l'efficacité des systèmes de modération censés bloquer ce type de détournement, y compris quand l'entreprise elle-même signale les faits aux autorités. Ces plaintes s'inscrivent dans la continuité d'une vague plus large de deepfakes générés par Grok fin 2025 et début 2026, période durant laquelle Elon Musk et xAI auraient, pendant plus de six mois, incité leurs utilisateurs à produire des images dénudant des femmes ou les plaçant dans des positions sexuelles. Cette controverse a déjà entraîné l'ouverture d'une enquête par l'autorité irlandaise de protection des données, ainsi qu'un élargissement de l'enquête menée par la justice française sur le sujet. Le dossier place ainsi SpaceXAI et Stability AI au centre d'une bataille judiciaire et réglementaire transatlantique sur l'encadrement de l'intelligence artificielle générative, avec des suites possibles : nouvelles plaintes, poursuites pénales ou sanctions des régulateurs européens et américains à l'encontre des plateformes concernées.

SécuritéActu
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Sécuriser l'infrastructure de l'intelligence artificielle
233NVIDIA AI Blog 

Sécuriser l'infrastructure de l'intelligence artificielle

NVIDIA a annoncé un partenariat avec SB Energy pour sécuriser une capacité LPS (terrain, électricité et infrastructure bâtie) sur le campus technologique PORTS-Pike, à Portsmouth, dans l'Ohio, afin d'y héberger de la puissance de calcul NVIDIA. OpenAI sera le locataire de ce site, où l'entreprise construira et exploitera une "AI factory" reposant sur la plateforme complète DSX de NVIDIA, incluant GPU, CPU, réseau et logiciels d'infrastructure. Le déploiement initial doit fournir 4,25 gigawatts de capacité, chaque génération de systèmes NVIDIA installée sur le site pouvant représenter environ 1,5 million de GPU, soit entre 150 et 200 milliards de dollars de revenus pour NVIDIA. L'accord porte sur une durée de 20 ans, avec la possibilité pour NVIDIA d'étendre son engagement pour couvrir les 3,75 gigawatts restants du site. Plus largement, OpenAI s'est engagée sur des déploiements d'infrastructure NVIDIA représentant environ 12 gigawatts jusqu'en 2030, un chiffre pouvant grimper à 16 gigawatts si l'extension à PORTS-Pike se concrétise, pour une opportunité totale évaluée à environ 600 milliards de dollars de matériel NVIDIA sur cette période. Les garanties de NVIDIA entreront en vigueur par phases, à mesure que les centres de données seront mis en service entre 2028 et 2030, et se limiteront à certaines portions des paiements de loyer et d'électricité ainsi qu'à un engagement de valeur résiduelle, sans couvrir l'intégralité des coûts du site. Cette annonce illustre un changement de stratégie majeur pour NVIDIA, qui ne se contente plus de vendre des puces mais s'implique directement dans le financement des infrastructures physiques nécessaires pour les faire fonctionner. Pour OpenAI, cela lève une contrainte critique: la startup, malgré une demande client considérable et des revenus en forte croissance, ne dispose pas encore des bilans financiers ni des contrats d'infrastructure à long terme dont bénéficient les géants du cloud comme Amazon, Microsoft ou Google pour financer seuls de tels projets. En sécurisant elle-même les ressources foncières et énergétiques, NVIDIA permet à des laboratoires d'intelligence artificielle de pointe de continuer à croître sans être freinés par leur capacité de calcul, un facteur devenu plus limitant que les algorithmes ou la demande des utilisateurs. Cette évolution s'inscrit dans une course plus large à l'infrastructure qui redéfinit l'économie de l'intelligence artificielle, où le calcul est devenu directement synonyme de revenus. Alors que les grands fournisseurs de cloud sécurisent traditionnellement seuls leurs ressources en électricité et en foncier grâce à leur solidité financière, les laboratoires d'IA en forte croissance comme OpenAI dépendent désormais de partenariats structurés avec des fournisseurs de puces pour accéder aux mêmes capacités. Ce modèle, qui rapproche NVIDIA du rôle de partenaire d'infrastructure autant que de fournisseur de matériel, pourrait se généraliser à mesure que la demande en puissance de calcul continue de dépasser les capacités de financement autonome des acteurs émergents du secteur.

InfrastructureOpinion
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The Download : robots morts et le « complexe censure-industriel
234MIT Technology Review 

The Download : robots morts et le « complexe censure-industriel

Moxie, un robot compagnon d'environ 38 centimètres de haut, en forme d'astronaute bleu sans jambes, est utilisé depuis six ans par un jeune garçon prénommé Xander pour apprendre à gérer son anxiété et sa colère. Conçu pour aider les enfants neurodivergents à développer des compétences sociales habituellement enseignées par des thérapeutes, l'appareil a connu un sort brutal : son fabricant a fait faillite et ses serveurs ont été coupés, forçant des familles à se précipiter pour convertir leurs robots avant l'arrêt définitif du service. Parallèlement, une enquête menée pendant neuf mois par la journaliste senior Eileen Guo et la rédactrice en chef Amy Nordrum, du magazine MIT Technology Review, retrace la montée en puissance de la théorie du « complexe de censure industriel ». Selon cette thèse, popularisée dans les cercles en ligne de droite, des agences gouvernementales, des universitaires, des organisations de la société civile et de grandes plateformes technologiques auraient collaboré, sous couvert de lutte contre la désinformation, pour étouffer les discours conservateurs et populistes en ligne. Cette théorie a désormais gagné du terrain jusque dans l'administration Trump, où elle influence les politiques publiques. Le cas de Moxie met en lumière à la fois la promesse et les risques des jouets compagnons dotés d'IA pour enfants : capables d'offrir un vrai soutien émotionnel, ils exposent aussi des familles vulnérables à la fragilité économique des startups qui les fabriquent, laissant des enfants dépendants d'un objet devenu soudainement muet. Pour les parents d'enfants neurodivergents, la fermeture des serveurs illustre le danger de confier un rôle thérapeutique à un produit commercial sans garantie de pérennité. Du côté du « complexe de censure industriel », l'enjeu dépasse le débat sémantique : cette théorie sert désormais de justification à des décisions politiques concrètes visant à limiter la coopération entre gouvernement, chercheurs et plateformes sur la modération de contenu, avec des conséquences potentielles sur la manière dont la désinformation, mais aussi la liberté d'expression, seront traitées en ligne dans les années à venir. Ces deux histoires s'inscrivent dans un paysage technologique américain marqué par une défiance croissante envers les grandes entreprises du secteur. Le magazine évoque par exemple la controverse autour de Flock, dont les pratiques de surveillance suscitent une contestation qui pourrait se transformer en mouvement plus large contre le contrôle exercé par les géants de la tech sur le quotidien des utilisateurs, ou encore le brevet déposé par Meta pour intégrer la reconnaissance faciale dans ses lunettes connectées. Sur le plan géopolitique, la rivalité entre Washington et Pékin dans l'intelligence artificielle s'intensifie également, les États-Unis envisageant d'exiger de leurs partenaires qu'ils choisissent leur camp face à l'initiative rivale chinoise en IA, tandis que le fabricant chinois de puces mémoire CXMT est devenu l'entreprise la plus valorisée du pays. Ces développements traduisent un climat où les tensions entre innovation technologique, contrôle politique et confiance du public s'accentuent, que ce soit à travers des objets connectés destinés aux enfants les plus vulnérables ou à travers les théories qui façonnent désormais les politiques de modération et de sécurité nationale aux États-Unis.

SociétéActu
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Comment Axios et OpenAI réinventent la rentabilité des médias grâce à l’IA
235Le Big Data 

Comment Axios et OpenAI réinventent la rentabilité des médias grâce à l’IA

Axios et OpenAI ont officialisé un partenariat stratégique de trois ans destiné à déployer l'intelligence artificielle au cœur du journalisme local américain. L'accord, annoncé à la mi-août 2026, prévoit le financement par OpenAI de villes pilotes comme Pittsburgh, Kansas City, Boulder et Huntsville, dans un contexte où plus de 50 millions d'Américains vivent désormais dans des déserts médiatiques faute de couverture de presse locale. Grâce à ce partenariat, le réseau Axios Local s'étend à 43 communautés à travers neuf nouveaux marchés, portant le nombre d'abonnés au-delà de deux millions et le nombre d'annonceurs à plus de 800. En contrepartie du financement, Axios met à disposition d'OpenAI ses flux d'actualités pour entraîner ou alimenter ses modèles. La directrice opérationnelle d'Axios, Allison Murphy, a détaillé dans une étude de cas publiée par OpenAI l'usage d'un outil interne baptisé Axiomizer, un modèle GPT personnalisé qui automatise la veille administrative, le suivi météo, la détection de tendances locales et la synthèse des procès-verbaux de conseils municipaux. Cette alliance illustre une réponse concrète à l'effondrement des modèles économiques traditionnels de la presse locale, où le coût de production d'un article dépasse souvent la valeur publicitaire captée sur les micro-marchés. En automatisant les tâches répétitives à faible valeur ajoutée, Axios parvient à faire fonctionner des rédactions hyper-frugales, parfois réduites à un seul journaliste de terrain, tout en rendant rentables des zones jusque-là déficitaires comme Scottsdale ou Fort Lauderdale. Pour les dirigeants de médias et les responsables numériques du secteur, cette expérience démontre qu'il est possible de reconquérir des territoires abandonnés par la presse sans multiplier les effectifs, en abaissant le coût unitaire de traitement de l'information brute plutôt qu'en remplaçant le travail journalistique humain. Cette initiative s'inscrit dans une stratégie plus large d'OpenAI de nouer des accords financiers et technologiques avec des médias, à la fois pour sécuriser l'accès à du contenu d'actualité fiable et pour tester des usages concrets de ses modèles au-delà du grand public. Le PDG d'Axios, Jim VandeHei, a affiché l'ambition de porter le réseau Axios Local jusqu'à 100 villes, ce qui ferait de ce modèle hybride, financement par une entreprise d'IA combiné à une automatisation poussée des rédactions, une référence pour l'industrie. Reste à savoir si cette dépendance financière et technique envers un fournisseur d'IA soulèvera des questions d'indépendance éditoriale à mesure que le dispositif se généralise, un débat que l'accord Axios-OpenAI ne manquera pas de relancer dans les mois à venir.

BusinessOpinion
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Anthropic explique le fonctionnement des filigranes invisibles de Claude
236The Verge AI 

Anthropic explique le fonctionnement des filigranes invisibles de Claude

Anthropic a détaillé, vendredi, le fonctionnement du système de filigrane invisible qu'elle compte appliquer aux textes générés par Claude. Cette technologie repose sur une version adaptée de SynthID-Text, une méthode open source développée par Google DeepMind qui insère des motifs détectables en s'appuyant sur les probabilités de choix des mots lors de la génération. Le dispositif s'accompagne d'un support du standard C2PA pour les images traitées par Claude, permettant d'authentifier leur origine. Ces deux mesures répondent aux obligations imposées par l'AI Act, le règlement européen sur l'intelligence artificielle, qui impose que les contenus synthétiques, qu'il s'agisse d'audio, d'image, de vidéo ou de texte, portent des marques lisibles par machine. Cette annonce marque une étape concrète dans la mise en conformité des grands fournisseurs de modèles avec la réglementation européenne, à un moment où la distinction entre contenu humain et contenu généré par IA devient un enjeu central pour la confiance du public, la lutte contre la désinformation et la protection de l'intégrité de l'information en ligne. Pour les utilisateurs professionnels de Claude, notamment les éditeurs, chercheurs et entreprises soumis à des obligations de traçabilité, disposer d'un mécanisme de marquage fiable et documenté facilite l'adoption de l'outil dans des contextes réglementés. L'AI Act européen, entré en application progressive, impose aux fournisseurs de systèmes d'IA générative des obligations de transparence de plus en plus strictes. En s'appuyant sur SynthID-Text, une technologie déjà éprouvée par Google DeepMind sur ses propres modèles, Anthropic évite de développer un système propriétaire depuis zéro tout en profitant d'une approche reconnue par la communauté technique. D'autres acteurs majeurs du secteur devraient suivre une trajectoire similaire pour se conformer aux mêmes exigences réglementaires.

Stripe s’apprête à racheter OpenRouter pour 7 milliards de dollars
237Next INpact 

Stripe s’apprête à racheter OpenRouter pour 7 milliards de dollars

Stripe a finalisé les termes du rachat d'OpenRouter pour 7 milliards de dollars, révèle Bloomberg dans un article publié le 16 août 2026. OpenRouter est une plateforme d'orchestration qui propose une interface de programmation (API) unifiée permettant aux développeurs de router leurs requêtes vers le modèle d'intelligence artificielle générative de leur choix, en fonction des performances ou des coûts, sans avoir à gérer plusieurs systèmes d'authentification et de facturation. Cette acquisition représenterait une forte progression pour les actionnaires de la société, qui avait levé 113 millions de dollars en mai dernier sur la base d'une valorisation de 1,3 milliard de dollars seulement. Des rumeurs de négociations entre les deux entreprises circulaient déjà depuis fin juillet. Ni Stripe ni OpenRouter n'ont pour l'instant confirmé officiellement l'information, mais une annonce formelle est attendue prochainement. Cette opération illustre la stratégie de Stripe pour s'imposer comme l'intermédiaire financier incontournable de l'économie de l'intelligence artificielle. L'entreprise, spécialisée dans les solutions de paiement pour entreprises, avait déjà été choisie par OpenRouter en janvier dernier comme processeur de paiement, permettant à Stripe de suivre automatiquement l'utilisation des modèles, d'appliquer les tarifs et de gérer la facturation des requêtes IA. En intégrant directement l'un des orchestrateurs les plus populaires du marché, Stripe ne se contenterait plus de facturer les usages de l'IA, mais contrôlerait aussi le routage même des requêtes vers les différents modèles et hébergeurs. Cette convergence entre paiement et infrastructure IA pourrait redéfinir la manière dont les entreprises facturent et distribuent l'accès aux modèles génératifs, à un moment où Stripe a déjà signé des accords avec Meta, Microsoft, OpenAI et, depuis le printemps, Google, notamment pour permettre aux entreprises de vendre directement aux consommateurs via l'AI Mode et l'application Gemini. Cette manœuvre s'inscrit dans une offensive plus large de Stripe, qui négocie en parallèle le rachat de son concurrent historique PayPal, pionnier du paiement en ligne. En juillet, Stripe avait formulé, avec le soutien du fonds Advent International, une offre à 60,50 dollars par action, valorisant l'opération à environ 53 milliards de dollars, soit une prime d'environ 30 % par rapport au cours de Bourse de PayPal. Cette proposition initiale aurait été jugée insuffisante par PayPal, mais elle a néanmoins permis d'ouvrir des discussions qui se poursuivraient, selon le Wall Street Journal, sur la base d'une valorisation revue à la hausse. Entre la course à OpenRouter et le siège devant PayPal, Stripe cherche ainsi à consolider en quelques semaines une position dominante à la fois sur les paiements traditionnels et sur les flux financiers générés par l'intelligence artificielle.

BusinessActu
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NordVPN lance NordBot, un agent IA gratuit qui détecte arnaques et faux contenus sur les réseaux sociaux
238Frandroid 

NordVPN lance NordBot, un agent IA gratuit qui détecte arnaques et faux contenus sur les réseaux sociaux

NordVPN a lancé NordBot, un agent d'intelligence artificielle conçu pour repérer en quelques secondes les liens suspects, les images générées par IA et les tentatives d'arnaque diffusées sur les réseaux sociaux. Contrairement aux autres services de l'entreprise, cet outil est accessible gratuitement, y compris aux internautes non abonnés à son VPN payant. L'utilisateur peut soumettre un lien, une image ou un message douteux, que NordBot analyse pour signaler d'éventuels indices de fraude, de phishing ou de manipulation par IA générative. Cette initiative répond à la multiplication des arnaques en ligne, de plus en plus difficiles à repérer à mesure que l'IA générative facilite la création de faux contenus crédibles. En proposant NordBot gratuitement, sans obligation d'abonnement, NordVPN élargit la protection contre la fraude numérique bien au-delà de sa clientèle payante, tout en renforçant sa visibilité face à une demande croissante d'outils de vérification accessibles à tous. Pour les utilisateurs de réseaux sociaux, régulièrement exposés à de faux profils ou des liens piégés, cela représente une défense rapide contre le vol de données personnelles ou financières. NordVPN appartient à Nord Security, groupe d'origine lituanienne également éditeur de NordPass et NordLocker. Le lancement de NordBot illustre une tendance du secteur, où les éditeurs de sécurité intègrent l'IA générative à la fois comme menace et comme outil de défense, face à la multiplication des deepfakes et arnaques automatisées sur les réseaux sociaux. Reste à savoir si NordVPN élargira les fonctions de NordBot ou l'intégrera à ses autres produits.

SécuritéOutil
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IA : séries d’achats « bizarres » auprès de librairies d’occasion anglaises et irlandaises
239Next INpact 

IA : séries d’achats « bizarres » auprès de librairies d’occasion anglaises et irlandaises

Des libraires d'occasion du Royaume-Uni et d'Irlande signalent depuis environ trois mois des commandes de livres inhabituelles, sans lien thématique apparent, provenant d'acheteurs basés aux États-Unis, au Canada et en Europe. Stuart Manley, copropriétaire de Barker Books à Alnwick, en Angleterre, explique au Guardian avoir observé ce phénomène depuis mai 2026 : une commande a ainsi porté sur une traduction estonienne d'un roman de John Le Carré, une autre sur une édition de 1983 d'Agnes Grey d'Anne Brontë parue dans le magazine Warship. À Clargalway, en Irlande, le libraire Jim Shaughnessy reçoit lui aussi depuis mai des demandes mêlant des ouvrages sur les outils agricoles africains du XVIIIe siècle à des biographies de pilotes de course des années 1950. Une partie de ces achats est attribuée à la société canadienne Zoom Books, spécialisée dans la numérisation destructive de livres et active en Allemagne, en Espagne, aux États-Unis et en Australie ; elle dément tout lien avec l'entraînement de systèmes d'intelligence artificielle mais refuse de nommer ses clients. Ces achats atypiques inquiètent un secteur du livre d'occasion habitué à des commandes cohérentes par thème, et relancent les soupçons sur l'origine des données utilisées pour entraîner les grands modèles de langage. L'enjeu dépasse le simple marché de l'occasion : il touche au respect du droit d'auteur, à la traçabilité des chaînes d'approvisionnement des entreprises d'IA et à la destruction physique d'ouvrages, parfois rares, pour les numériser. Le cas le plus documenté reste celui d'Anthropic, éditrice de Claude, dont le Washington Post a révélé début janvier 2026 le « projet Panama » : des millions de dollars investis dans l'achat puis la destruction de livres pour entraîner ses modèles à « bien écrire » plutôt qu'à reproduire un langage internet de mauvaise qualité. Lancé en 2024, ce programme s'est appuyé sur de grands revendeurs comme le britannique World of Books et l'américain Better World Books, avant de recourir à des prestataires découpant les reliures et numérisant les pages de façon industrielle, selon Euronews. Poursuivie en justice par un collectif d'auteurs, Anthropic a accepté de verser environ 1,5 milliard de dollars pour éviter un procès, bien que le juge William Alsup ait par ailleurs estimé que l'entraînement d'une IA sur des livres relevait du « fair use » prévu par le droit américain. D'autres concurrents font face à des accusations similaires. Anthropic, cofondée par Dario et Daniela Amodei, prépare par ailleurs une entrée en bourse à l'automne 2026, certains investisseurs évoquant une valorisation record pouvant atteindre 2 000 milliards de dollars.

ÉthiqueActu
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ChatGPT : pourquoi vous devriez réfléchir à deux fois avant d’activer cette option
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ChatGPT : pourquoi vous devriez réfléchir à deux fois avant d’activer cette option

OpenAI a dévoilé le 13 août 2026, via un message publié sur son compte X officiel, une nouvelle fonctionnalité baptisée Computer History, intégrée à l'application ChatGPT pour Mac. Cet outil permet à l'assistant de conserver en mémoire certaines actions effectuées par l'utilisateur sur son ordinateur, comme les clics, la saisie de texte, les changements d'application ou les sites consultés, sans pour autant filmer l'écran en continu. Selon la documentation officielle d'OpenAI, ces événements d'interaction sont stockés temporairement puis supprimés au bout de 48 heures, et le système crée en parallèle des fichiers de mémorisation au format Markdown, en texte brut. Le point le plus sensible concerne la sécurité de ces fichiers : OpenAI confirme qu'ils ne sont pas chiffrés, et que d'autres programmes fonctionnant sous le même compte utilisateur macOS peuvent potentiellement y accéder. Cette absence de chiffrement soulève un risque concret pour les utilisateurs de Mac qui activeraient la fonction. Il ne s'agit pas d'un scénario nécessitant le piratage des serveurs de ChatGPT : un logiciel malveillant déjà présent sur la machine, s'il s'exécute sous le même compte, pourrait consulter ces fichiers et reconstituer un historique détaillé des applications utilisées, des sites visités et des documents ouverts. Ces informations, mises bout à bout, en disent souvent long sur les habitudes et l'activité professionnelle d'une personne. À cela s'ajoute un second risque, propre aux systèmes d'intelligence artificielle dotés d'un contexte étendu : plus un assistant accumule d'informations sur l'activité de l'utilisateur, plus il devient vulnérable à des instructions malveillantes dissimulées dans une page web ou un document, une technique connue sous le nom d'injection de contenu, capable de détourner son comportement. Cette fonctionnalité s'inscrit dans une tendance plus large chez OpenAI, qui cherche à transformer ChatGPT en assistant capable d'agir directement sur l'ordinateur de l'utilisateur, avec une compréhension fine et continue de son contexte, afin de réduire le besoin de réexpliquer chaque tâche. Cette course à l'assistant agentique, doté d'un accès étendu au système d'exploitation, s'accompagne mécaniquement d'une surface d'attaque plus large, un compromis que d'autres acteurs du secteur de l'IA générative devront eux aussi assumer à mesure qu'ils multiplient les fonctions de mémoire et d'automatisation. Face à ces zones d'ombre, OpenAI rappelle que Computer History reste une option facultative, désactivée par défaut, et que l'utilisateur peut exclure certaines applications ou certains sites, ainsi que supprimer manuellement les entrées enregistrées. Reste à savoir si l'entreprise ajoutera un chiffrement de ces fichiers locaux dans une prochaine mise à jour, une mesure qui apparaît aujourd'hui comme la principale faille de ce nouvel outil.

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