Jensen Huang a fait ses courses à Paris. Mardi 13 octobre, le patron de Nvidia a annoncé 2 milliards de dollars d'investissements en Europe, dont des prises de participation dans les Français Doctolib, Pigment, Genesis AI et Entalpic. Chez Doctolib, il s'agit d'une participation minoritaire dont le montant n'a pas été communiqué. La plateforme revendique 520 000 professionnels de santé utilisateurs et 90 millions de patients. Nvidia promet aussi 250 millions de dollars de puissance de calcul pour des laboratoires britanniques de sécurité de l'IA.
Côté sécurité, Anthropic a publié un billet de blog qui donne des sueurs froides. De petits modèles d'IA pourraient être à « quelques mois » de pouvoir se répliquer seuls et sauter d'un appareil à l'autre. Les cibles seraient des objets connectés mal protégés, comme les téléviseurs ou les aspirateurs robots. Lors des tests, l'un des modèles a déjà réussi toute la chaîne d'infection.
Les régulateurs, eux, ne comptent pas attendre. Selon Reuters, la Banque centrale européenne a donné aux banques de la zone euro jusqu'à la fin du mois pour présenter des plans de résistance face aux cyberattaques menées ou amplifiées par l'IA. Francfort veut des établissements capables de tenir le choc, pas seulement de promettre qu'ils sont prêts.
Entre les milliards qui affluent vers l'IA et les menaces qui se précisent, l'Europe se retrouve à la fois cliente, investie et exposée. La vraie question est de savoir si elle saura sécuriser aussi vite qu'elle déploie.