Schneider Electric a annoncé cette semaine le rachat de Cognite pour 3,1 milliards de dollars, une opération qui doit transformer le géant français de l'énergie et de l'automatisation industrielle en acteur de poids de l'intelligence artificielle appliquée à l'industrie. Cognite, éditeur de logiciels spécialisé dans l'IA pour les usines et infrastructures, apporte à Schneider les briques technologiques qui lui manquaient pour rivaliser sur ce segment en pleine expansion. Signal net que les industriels traditionnels ne comptent plus laisser aux seuls pure players de la tech le terrain de l'IA appliquée.
Le secteur des neoclouds poursuit sa ruée vers l'or: jeudi, SoftBank a annoncé la création d'une coentreprise dédiée à la location de serveurs équipés de puces Nvidia aux États-Unis, rejoignant les centaines d'acteurs déjà positionnés sur ce marché. Ces neoclouds, spécialisés dans la fourniture de capacité de calcul IA à des clients tiers, captent une part croissante des investissements liés à la demande en puissance de calcul. Nvidia voit ainsi son écosystème de partenaires s'élargir à mesure que la course aux GPU s'intensifie.
Anthropic a par ailleurs obtenu la levée des restrictions à l'exportation qui visaient ses modèles Claude Fable 5 et Claude Mythos 5, environ trois semaines après que l'administration Trump les avait désignés comme des risques pour la sécurité nationale. L'entreprise a en parallèle plaidé pour un durcissement des tests de sécurité, alors même que ces modèles se déploient désormais à l'échelle mondiale. Un équilibre délicat entre expansion commerciale et prudence réglementaire, à l'heure où Washington affine sa doctrine sur l'IA.
Trois mouvements, une même dynamique: l'IA sort du seul cercle des géants de la tech pour irriguer simultanément l'industrie, l'infrastructure et la géopolitique.
