Anthropic se retrouve au centre de la tempête politico-technologique du moment. La société a lancé le 9 juin Fable, une version allégée de son modèle interne Mythos, lequel avait fait sensation en avril en compromettant la quasi-totalité des systèmes classifiés de la NSA lors d'un exercice encadré. Ce niveau de performance, inédit pour un système commercial, cristallise désormais une tension ouverte entre Anthropic et Washington, avec trois fronts à surveiller selon le MIT Technology Review.
La réaction internationale n'a pas tardé. Les cinq pays membres de l'alliance Five Eyes, États-Unis, Canada, Royaume-Uni, Australie et Nouvelle-Zélande, ont publié ce mois-ci une déclaration commune sur les risques des modèles d'IA de frontière, rompant avec la discrétion habituelle de ces agences de renseignement. C'est la première fois que les Five Eyes coordonnent une prise de position publique sur l'IA, un signal qui dit beaucoup sur le niveau d'alerte réel.
Sur le terrain, les usages avancent eux à toute vitesse. Selon l'étude Havas Market 2026, 66 % des Français utilisent désormais des outils d'IA générative, contre 59 % un an plus tôt, et un sur trois fait maintenant plus confiance à l'IA qu'à Google pour s'informer, y compris chez les 55 ans et plus, qui progressent de 9 points. Ce n'est plus une adoption de niche : c'est un basculement de fond, qui survient précisément au moment où les gouvernements cherchent à encadrer des technologies dont ils commencent seulement à mesurer la puissance réelle.
