Les bandes magnétiques ont encore de beaux jours devant elles, notamment grâce à l’IA
Fujifilm a annoncé des investissements significatifs pour produire davantage de bandes magnétiques, et l'article évoque une production multipliée par cinq. La demande repart en effet fortement. Selon le consortium LTO, piloté par IBM, HPE et Quantum, la capacité totale des cartouches livrées l'an dernier a atteint 160,3 exaoctets. C'est 9 % de moins que le record de 2024, mais le deuxième plus haut niveau de l'histoire. Au premier trimestre 2026, le marché a rebondi de 57 % sur un an, porté par les cartouches LTO de dernière génération. Fujifilm et Sony sont les derniers fabricants de ces bandes au standard LTO (Linear Tape-Open), conçu par HP, IBM et Seagate. La génération 10 du LTO Ultrium atteint 40 To non compressés, jusqu'à 100 To compressés. Elle combine des particules de ferrite de baryum (BaFe) et de ferrite de strontium (SrFe). La débit annoncé est d'environ 400 Mo/s en lecture et en écriture avec le LTO-9.
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Cette reprise s'explique par l'explosion des données produites par l'IA générative et les services cloud. Il faut conserver les jeux de données d'entraînement et ceux utilisés pour l'exécution des modèles, et la bande offre un stockage froid à faible coût pour de très gros volumes. Son autre atout est la durée de conservation : Fujifilm affirme que ses performances magnétiques durent plus de 50 ans sans influence externe. Les cartouches peuvent aussi être isolées physiquement des réseaux. Cela intéresse de plus en plus les entreprises qui veulent se protéger des rançongiciels, car une sauvegarde hors ligne reste hors d'atteinte d'une attaque informatique. À 40 To par cartouche, la capacité rejoint celle des disques durs HAMR et MAMR actuels, mais l'avantage tient au prix et à la longévité.
L'histoire de la bande est longue. Dans les années 1970 et 1980, les micro-ordinateurs enregistraient leurs programmes sur de simples cassettes audio, cousines lointaines des cartouches conçues ensuite pour le numérique. Fujifilm a lancé ses premiers modèles LTO Ultrium en 2000. En 2011, le groupe s'est présenté comme le premier au monde à passer aux particules de ferrite de baryum. La feuille de route prévoit quatre générations supplémentaires. La génération 14 viserait 365 To non compressés, soit 913 To compressés. Les bandes entièrement à base de SrFe sont attendues dès la génération 11, avec 70 To et plus. Le fabricant espère atteindre 580 To non compressés par cartouche. Cette progression se fait en parallèle de celle des disques durs : Seagate valide en laboratoire des modèles de 69 To et garde les 100 To en ligne de mire. Les deux technologies se partagent donc le stockage de masse, chacune avec ses usages.
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