Le pape Léon appelle au désarmement de l'IA : « Les machines sont des outils, pas des personnes
Le pape Léon XIV demande que les systèmes d'intelligence artificielle soient « désarmés », estimant que les humains « ont la responsabilité de guider, de changer et, si nécessaire, de rejeter ses applications ». Dans une allocution publiée vendredi, il exhorte les États membres des Nations unies à « prendre des mesures concrètes en faveur de l'interdiction des armes autonomes létales » lors de leur réunion prévue à Genève le mois prochain. Le texte reprend plusieurs idées de sa première grande lettre pontificale, publiée en mai, consacrée à la sauvegarde de la personne humaine à l'ère de l'intelligence artificielle. Fidèle à cette encyclique, il rappelle aux participants que « les machines sont des outils, pas des personnes ».
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L'enjeu dépasse la sphère religieuse. En s'adressant directement aux diplomates chargés des négociations sur les armes autonomes, le pontife apporte le poids moral d'une institution de 1,4 milliard de fidèles à un débat où les avancées restent lentes. Son message vise aussi les entreprises et les gouvernements qui déploient l'IA : l'idée d'un « désarmement » suggère que la technologie ne doit pas être traitée comme une fatalité, mais comme un ensemble d'usages que la société peut limiter, encadrer ou refuser. Pour les ingénieurs, les fabricants d'armements et les décideurs publics, cette position renforce la pression en faveur d'un contrôle humain réel sur toute décision impliquant l'usage de la force.
Cette prise de parole s'inscrit dans une série d'interventions du Vatican sur l'IA, devenue l'un des thèmes centraux du pontificat de Léon XIV. Depuis plusieurs années, les Nations unies débattent d'un encadrement des systèmes d'armes létaux autonomes, sans parvenir à un traité contraignant, plusieurs grandes puissances militaires y étant réticentes. Le Saint-Siège plaide de longue date pour une interdiction, au nom de la dignité humaine et de la responsabilité morale. La réunion de Genève sera donc un test de la capacité des États à transformer ces appels en engagements concrets, alors que les applications militaires de l'IA progressent rapidement.
La France et les autres États européens sont invités à soutenir l'interdiction des armes autonomes létales lors de la réunion onusienne de Genève le mois prochain.