Le chiffrement menacé ? OpenAI et Anthropic réfutent un théorème clé de la cryptographie
OpenAI et Anthropic ont annoncé lundi que leurs modèles d'IA internes avaient réfuté l'hypothèse du temps exponentiel (Exponential Time Hypothesis), un théorème de l'informatique théorique qui fixe la difficulté minimale de résolution d'une certaine catégorie de problèmes. Les cryptographes tenaient cette hypothèse pour vraie depuis longtemps et ont bâti d'autres résultats sur cette base. Selon Matthew Green, professeur d'informatique à l'université Johns Hopkins et fondateur de la startup de chiffrement Zeutro, cette réfutation ne met en danger aucune méthode de chiffrement actuellement utilisée.
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Le résultat n'en reste pas moins un pas théorique considérable. Il montre que certains problèmes sont plus faciles à résoudre que les spécialistes ne le pensaient. Cela soulève une question inconfortable : si une hypothèse aussi solide s'est révélée fausse, d'autres hypothèses qui sous-tendent le chiffrement moderne pourraient l'être aussi. C'est le cas, par exemple, de celles qui fondent le chiffrement par courbes elliptiques, une technique sur laquelle repose la majorité du trafic internet. Si l'une de ces bases venait à fléchir, il faudrait trouver en urgence de nouvelles façons de protéger les informations qui circulent en ligne. Pour les cryptographes, l'annonce sonne donc comme un avertissement sur la fragilité des fondations de leur discipline.
Cette annonce simultanée de deux des principaux laboratoires d'IA illustre un autre phénomène : leurs modèles internes commencent à produire des résultats originaux dans des domaines de recherche fondamentale, ici des mathématiques et de l'informatique théorique. La sécurité numérique repose depuis des décennies sur des conjectures jamais démontrées, tenues pour vraies faute de contre-exemple. Si des systèmes d'IA savent désormais en identifier les failles, les chercheurs en cryptographie devront probablement réexaminer plus systématiquement leurs hypothèses de départ. Les suites dépendront de la validation de ces travaux par la communauté scientifique et de leurs éventuelles répercussions sur d'autres hypothèses utilisées en cryptographie.
Pas d'impact direct sur la France/UE