Emil Michael, du Pentagone, menace de contrôles à l'exportation si les laboratoires d'IA ne coopèrent pas avec le gouvernement
Emil Michael, haut responsable du Pentagone et membre de la task force « super intelligence » du président Donald Trump, a affirmé dans un entretien que l'administration recourrait à toute une gamme d'outils exécutifs, dont les contrôles à l'exportation, pour encadrer le comportement des entreprises d'IA qui refuseraient de coopérer avec le gouvernement. Il a aussi comparé les laboratoires de pointe qui réclament davantage de régulation à des conducteurs ivres exigeant que quelqu'un d'autre les arrête. Michael est l'un des quatre hauts responsables qui dirigent la Super Intelligence Force annoncée par Donald Trump ce mois-ci. Il y joue le rôle d'interlocuteur du gouvernement auprès d'Anthropic et des autres entreprises du secteur.
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L'enjeu est considérable pour l'industrie. La menace de contrôles à l'exportation signale que Washington envisage de traiter les modèles et les capacités des laboratoires américains comme des actifs stratégiques, dont la diffusion peut être restreinte si leurs créateurs ne s'alignent pas sur les priorités de l'État. Pour les entreprises, cela signifie que la coopération avec les autorités, notamment sur la gestion des cyberattaques, des piratages et d'autres incidents critiques, pourrait devenir une condition implicite de leur liberté d'opérer et de commercialiser leurs technologies à l'international.
Michael s'est fait connaître comme figure de proue du conflit public entre l'administration et Anthropic. Il a poussé le département de la Défense à classer l'entreprise comme risque pour la chaîne d'approvisionnement, après qu'elle a refusé de retirer certaines garde-fous de sécurité de ses systèmes. Sa mission actuelle consiste à élaborer avec Anthropic et ses concurrents des protocoles de réponse aux incidents graves. Ses propos laissent entrevoir une approche où la coopération est exigée plutôt que négociée, ce qui pourrait durcir les relations entre Washington et les laboratoires, y compris ceux qui plaident eux-mêmes pour un cadre réglementaire.
Une éventuelle restriction à l'exportation des modèles d'IA américains pourrait limiter l'accès des entreprises européennes à ces technologies et les inciter à se tourner vers des alternatives européennes.