Avec Bee, Amazon propose de transcrire et résumer les conversations du quotidien
Amazon a lancé deux appareils portables baptisés Bee, du nom de la start-up rachetée l'an dernier, qui écoutent les conversations du quotidien pour en tirer des résumés, des listes de tâches et des aide-mémoire. Le Bee Frontier ressemble à un bracelet de suivi de santé et coûte 74,99 dollars, tandis que le Bee Eclipse, vendu 99,99 dollars, prend la forme d'une batterie externe fixée au dos du smartphone par aimants. Les deux offrent les mêmes fonctions. Un bouton active l'enregistrement audio, signalé par un témoin lumineux, et l'utilisateur peut aussi programmer des périodes d'écoute de 5 ou 15 minutes. L'application mobile envoie l'audio aux serveurs pour traitement, classe les informations et produit des « mémoires » des derniers jours ainsi que des objectifs personnalisés. Elle se connecte à Gmail, Google Calendar et Outlook pour rédiger des brouillons de courriels ou créer des invitations, et à HealthKit d'Apple. Elle s'intègre aussi à l'assistant Alexa+, qui peut restituer résumés et tâches à la voix. Un abonnement Bee Pro à 11,99 dollars par mois ajoute résumés illimités, suggestions de tâches, assistant de discussion et intégration à Alexa+ et à Amazon.
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Le dispositif vise à compenser une mémoire défaillante. Amazon cite l'exemple de l'organisation de vacances entre amis, où l'appareil retient horaires d'arrivée et restaurants préférés de chacun. Mais il pose une question de fond : connecté à Amazon, il permet d'exploiter le contenu des conversations pour proposer des achats, ce qui fait des échanges privés un levier commercial. Cela touche aussi les tiers, enregistrés sans l'avoir demandé. Amazon n'a annoncé aucun lancement européen, probablement à cause du RGPD, qui exige le consentement non seulement de l'utilisateur, mais aussi de ses interlocuteurs. Pour rassurer, le groupe affirme que l'audio n'est pas conservé après la transcription en temps réel. Transcriptions, résumés et tâches seraient chiffrés et traités dans un environnement sécurisé inaccessible à Amazon comme à Bee. L'utilisateur seul pourrait les consulter, les partager ou les supprimer à tout moment.
Le rachat de Bee s'inscrit dans la course aux appareils d'IA portés au quotidien, après plusieurs tentatives de la concurrence, et dans la stratégie d'Amazon d'étendre Alexa+ à de nouveaux usages. Pour appuyer ses promesses, l'entreprise a publié un livre blanc et commandé un audit à la société Trail of Bits au printemps. Le rapport décrit les grands principes de l'infrastructure Private Compute dédiée à Bee et a relevé 19 vulnérabilités potentielles, dont 17 ont été corrigées par les équipes d'Amazon. Reste à savoir ce qu'il advient des deux autres, et si ces garanties techniques suffiront à convaincre le public, ainsi que les régulateurs européens, qu'un assistant à l'écoute permanente peut cohabiter avec le respect de la vie privée.
Amazon n'a annoncé aucun lancement européen des appareils Bee, probablement en raison du RGPD qui exige le consentement des interlocuteurs enregistrés.